(Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica

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Aaron Williams
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MessageSujet: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mar 15 Oct - 20:22

Déconnecter, tout oublier pour quelques heures. Le patron, les discussions creuses des collègues, si on exceptait Amaria, la pression des officiels à peine dissimulée par le directeur des recherches, l'espèce de sentiment de vide qui me nouait les tripes lorsque je regagnais chaque soir la demeure familiale. Oui, laisser tout cela de côté et me vider la tête. Il n'y avait guère que deux activités qui me permettaient de le faire: passer une soirée au Light of Diamond et faire une virée en pleine nature, hors de l'enceinte des Dômes. Une fatigue plus morale que physique m'avait fait choisir la première option ce soir. Je franchis donc le seuil de l'élégant établissement qui conjuguait avec bon goût plaisir et raffinement. Bien que je me doutai vaguement ne pas en avoir découvert la totalité, j'appréciais tout de même la bonne musique qui était proposée aux clients, les cocktails originaux et savoureux qu'offrait la carte et les danseurs plutôt talentueux qui se mouvaient sur la piste. Cet endroit était un lieu de détente fréquenté par une population majoritairement aisée et bien entendu asarienne. Les seuls humains qu'on y voyait évoluer étaient des employés au mieux, des esclaves bien souvent.

Je n'avais jamais assisté à un débordement d'humiliation envers un humain ici et c'était probablement ce qui me rendait le lieu sympathique. Devoir montrer au mieux de l'indifférence, au pire de l'assentiment aux manifestations intolérantes et méprisantes de certains des miens à l'égard des hommes ou des femmes avec qui nous cohabitions me devenait de plus en plus insupportable. Je n'y parvenais qu'au prix d'un auto conditionnement qui m'éloignait de plus en plus de ce que j'étais. Je me réveillais souvent au milieu de la nuit après des cauchemars qui me laissaient en sueur et je peinais à retrouver le sommeil, passant de longues heures à réfléchir en fixant le plafond de ma chambre. Une angoisse incoercible me serrait le coeur. Parfois j'avais l'impression de me noyer lentement dans une chape de métal liquide et de devenir insensible ... Insensible comme la plupart des Asariens. Combien de personnes connaissais-je, parmi les miens, que le sort des humains émouvait ? Très peu en vérité hormis mes parents et Leroy dont la bibliothèque demeurait pour moi un véritable trésor à explorer et la personnalité discrète et mesurée, un modèle dont j'étais pourtant loin d'égaler les qualités surtout dans le domaine de la tempérance.

Je crois qu'il avait très vite saisi la véritable nature de mon caractère sous la sagesse apparente, derrière le masque du jeune chercheur sérieux et bourreau de travail. Là où d'autres voyaient un garçon calme et réfléchi, trop raisonnable pour son âge, d'une discrétion qui confinait à la transparence, lui avait tout de suite perçu les poings serrés dans les poches de la blouse blanche, les mâchoires contractées sous l'effort pour ne pas laisser parler des mots qui me perdraient, les narines palpitantes de colère lorsque j'accusai comme autant de coups qu'on m'aurait portés, les insultes qu'un malheureux supportait parce qu'il avait juste la malchance d'être né humain. Je pensais bien jouer mon rôle de parfait petit savant à la solde du gouvernement. Il n'en était rien. Pour qui savait lire avec le coeur et non avec les yeux j'étais comme un livre ouvert. Amaria avait accès à quelques pages de ce livre mais elle les percevait plus avec le regard de la consoeur, du chercheur qui veut mettre son savoir au service du plus grand nombre et de la vie. C'est ce terrain là qui nous avait rapprochés, d'abord avant de devenir des amis. Mara .... C'était Mara. Dire ce qui l'avait poussée a me faire confiance m'était impossible. Ce soir encore, en y repensant, je demeurais perplexe. J'étais tellement parfait, dans mon rôle de collaborateur du gouvernement et cela aux yeux des plus méfiants asariens que je me demandais comment une "humaine" avait pu cerner mes intentions et en déduire qu'elles étaient sincères et dévouées à la cause des Pacificateurs. Certes j'avais un crédit de taille en la personne d'Amaria et peut-être Leroy avait-il aussi pesé dans cette prise de risque, bien que j'eus été accepté par les Pacificateurs bien avant de comprendre qu'il était des leurs. Mais comment avait-elle acquis la certitude que c'était aux miens que je jouais la comédie et non aux siens ? Je l'ignorais encore.

Toujours est-il qu'il y avait bien plus d'Asariens en position de témoigner de mon dévouement au Gouvernement que d'en douter, qu'aux yeux même des humains que je côtoyais en dehors du Phénix, j'étais certainement un collaborateur zélé du Ministre de la Recherche ou au mieux un type insignifiant dont il ne fallait espérer aucune once de bonté. C'était ainsi et je ne pouvais me permettre de faire changer cette image. Qu'on partage les vues d'Alianka et de sa clique ou pas, on devait composer et faire comme si. Un affrontement direct était voué à l'échec. Le passé l'avait maintes fois prouvé et chacun observait son voisin en se demandant à quel point il adhérait à la cruauté ambiante. Le moindre doute, le moindre signe de commisération envers le sort des esclaves humains, pouvaient déboucher sur une dénonciation anonyme et une enquête qui plongeait une famille entière dans la disgrâce, au moins le temps que les choses soient éclaircies et même après parfois, le doute persistant, les suspectés se retrouvaient isolés, maintenus à l'écart de la société asarienne, reniés par leurs "amis" passés. Il était presque nécessaire d'afficher en public une cruauté minimale, mais sans exagération qui la mit à caution non plus, les sbires de la grande conseillère et sa police étant loin d'être idiots, afin d'être à l'écart des soupçons.

Mes parents avaient toujours pris la précaution d'avertir leurs domestiques humains de ne jamais parler de la façon dont ils les traitaient, à savoir avec le respect mais la fermeté d'un patron envers des employés. De même ils ne versaient aucun salaire mais une bonne partie des acquisitions de notre foyer était destinée à nos employés, vêtements, médicaments, nourriture, tout était procuré en abondance. Mère mettait un point d'honneur à avoir des humains en bonne santé physique et mentale à notre service et cela dans notre intérêt, bien sûr. Aussi, leur salubrité mentale était-elle maintenue par des congés raisonnables pour aller visiter leur famille, accéder à des loisirs qu'elle "choisissait" pour eux, non sans avoir attentivement tenu compte de leurs goûts mais sans en avoir l'air. Cette ingéniosité qu'elle développait à leur rendre la vie plus douce sans risquer de nous mettre en danger et qui me paraissait, lorsque j'étais adolescent terriblement lâche et sans envergure, me semble aujourd'hui une forme d'héroïsme à son échelle. Il lui aurait suffit, pour son confort personnel de ne pas les laisser mourir de faim et de maladie. Ce simple fait pouvait déjà être considéré comme une absence de cruauté. Mais elle les voulait le plus heureux possible, fidèle à cet amour de la vie qu'elle m'a inculqué. J'avais peu de goûts communs avec Père et Mère, mais leur choix de tenter de concilier un respect de la conscience de leurs employés et la sauvegarde de notre famille me paraissait à présent le plus beau des exemples qu'un enfant puisse recevoir de ses parents dans une société aussi répressive que la nôtre. De cela je tirerai toujours une certaine fierté à porter leur nom, même si leur choix intime était condamné à rester secret. Quelque part je les rejoignais enfin sur ce terrain, à un autre niveau. A la différence près que je savais, qu'il n'y aurait pas d'enquête pour moi le jour où je serais dénoncé et que jamais je ne me laisserais prendre vivant.

Le mieux était encore de passer pour un salaud ordinaire et banal aux yeux des humains et pour un petit collaborateur bien lèche-cul au yeux des miens. C'est ainsi que je pourrais servir au mieux la cause qui m'était chère et que j'avais fait mienne au fond de mon coeur. Pour le moment j'y parvenais assez bien. L'accueil qui m'était fait au Light of Diamond en était une parfaite illustration. J'étais un Asarien de seconde zone qui passait complètement inaperçu aux yeux de ceux qui comptaient, comme aux yeux des esclaves, un type à qui on pouvait donc adresser la parole sans risquer de se compromettre. Un type insignifiant qui s'était fait sa place et travaillait dans l'ombre. Il y avait bien peu de personnes, hormis mes anciens professeurs et encore, qui savaient de quoi mon cerveau en ébullition était capable. De là à soupçonner au service de quelle cause, c'était une autre paire de manches. Et j'étais assuré que Jessica Warner, la jolie maîtresse des lieux avec laquelle il m'était arrivé d'échanger quelques mots aimables lors de mes précédentes visites, et qui me fixait depuis quelques minutes, ne se doutait pas le moins du monde de ce qui se tramait derrière mon regard innocent.









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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mer 16 Oct - 14:16

22 heures 43

La foule ne cessait affluer dans le night club. Tous les serveurs, barmans et autres employés exécutaient leurs tâches avec brio pour servir et combler les clients pour cette nouvelle nuit qui s‘annonçait, encore une fois, excellente. La musique s’élevait dans un rythme endiablé. J’avais engagé un nouveau DJ au grand dam de mon frère Casey qui était beaucoup plus radin dans les comptes que moi mais qui au final, savait que je gérais notre affaire familière d’une main de fer dans un gant de velours. Pour asseoir l’image de marque du Diamond, il ne fallait pas lésiner sur les moyens. Et les bénéfices n’avaient jamais étaient aussi énormes que depuis cette dernière année. Autant en profiter et surfer sur cette vague propice. J’aurai aimé que notre père soit encore vivant pour voir ce que son « bébé » était devenu, toujours aussi prestigieux et glorieux. Il aurait été certainement fière de nous deux. Vêtue d’une longue robe vermeille aux épaules dénudées et un dos nu qui soulignait le creux de mes reins. Mes boucles, de couleur châtain clair, virevoltaient librement au gré de mes mouvements félins. J’évoluais parmi les fidèles et les visages familiers que je saluais d’un sourire, certains s‘approchaient vers moi m’offrant un baisemain que j’appréciais quand cela venait de gentlemen, bavardant avec les uns et les autres, échangeant quelques mots. J’aimais faire un tour des tables et du bar lors des premières heures d’ouverture de l’établissement pour voir s’il n’y avait aucun souci du côté du personnel. Malgré mon statut, je me considérai tout de même assez proches de mes employés.

Je me languissais aussi de voir le prochain spectacle de la troupe de Marsda que ce directeur artistique avait composé exceptionnellement pour mon établissement. Tous les après-midis j’allais jeter un œil sur les répétitions. Plus jeune, j’avais fait beaucoup de danse. Aujourd’hui, je n’en avais plus l’occasion. C’était pour moi, un moyen de m’y replongeais quelques heures. Je fis le tour de la grande salle en me mouvant toute en sensualité, dans ma démarche de tigresse flamboyante et fière, récupérant sur l’un des plateaux d’un serveur une coupe de champagne. Ce qui me plaisait au Diamond, c’est de découvrir presque toutes les nuits de nouveaux visages et des personnalités fortes intéressantes et plaisantes. Mon regard se posa sur un homme en retrait, seul à une table. Il ne m’avait pas encore aperçue et, je le détaillais dans son comportement à observer les autres dans cette ambiance feutrée et luxurieuse où les limites du plaisir n’existaient plus, seuls l’alcool et la séduction étaient les maitres-mots de ce jeu à deux ou à plusieurs.  Enfin, ses prunelles croisèrent les miennes, levant ma flute de champagne devant moi pour le saluer. Ho oui, je savais qui était cet homme tranquillement installé dans son coin. Il venait très souvent passer ses soirées  dans mon Night-Club,  et avec les échanges que nous avions eus au fil du temps, j’avais pu connaitre quelques détails concernant cet Asarien. Il se nommait Aaron Williams. Il était chercheur au Centre de recherches. Pourtant, malgré ce statut fort intéressant, il ne possédait pas ce côté hautain des Nôtres. Il était vrai qu’à chaque fois que je rencontrai un homme, j’avais cette mauvaise habitude de le comparer à mon frère Casey. Casey était tout de l’Asarien imbu de sa personne, violent, maitre du monde et surtout supérieur aux humains. Je l’aimais. Oui ! C’était ma seule famille qu’il me restait …

 Ma contemplation fut arrêtée assez brusquement par un client, mais un couple d’Asariens qui voulait échanger quelques mots et me demander de mes nouvelles me coupèrent dans mon élan. En tant qu’hôtesse, je ne pouvais refusais une telle conversation même si elle tombait très mal… Je dus me détourner de lui pour converser un moment.     Enfin, ils me laissèrent seule, retournant se fondre dans la masse et dans les couleurs du Diamond. Cette fois-ci, je n’allais pas gâcher ce moment. Je me rapprochai, pas après pas, dans un froissement de tissu soyeux, vrillant mes yeux dans les siens, un petit sourire sur mes lèvres rosées, une lueur délicieuse dans mon regard noisette. Cet homme aimait la nuit et moi aussi. Une fois à sa hauteur et près de lui, je m’enquis de savoir comment se passait sa soirée.

  - J’espère que vous passez un bon moment en notre compagnie. Cela faisait un moment que je ne vous voyez plus dans mon établissement. Vous avez eu des semaines chargées au Centre ?

Je n’avais pas lâché son regard, dévisageant sans aucune pudeur ni gêne l’homme qui me faisait face. Il dégageait une allure mystérieuse, un « quelque chose » que je ne savais pas définir et qui était très agréable à chaque fois que je le croisais.

 - Puis-je vous offrir un verre, Monsieur Williams ?

Je fis signe à l’une de mes serveuses qui arriva très rapidement près de la table de l’Asarien pour y prendre sa commande.

  - Me permettez-vous de partager un moment avec vous, à votre table ?




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Aaron Williams
Pacificateur Asarien
MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Dim 20 Oct - 20:29

Je ne savais pas depuis combien de temps elle m'observait quand j'en pris conscience, mais ce qui était certain, et son attitude me le confirma une fois de plus, c'est que la séduisante maîtresse des lieux n'avait pas pour habitude de détourner le regard la première. Pourquoi l'aurait-elle fait, d'ailleurs, lorsque le mien l'avait accroché ? Elle devait être accoutumée à lire l'admiration et la convoitise dans les yeux des hommes, très probablement des femmes également et j'imaginais sans peine qu'il en fallait beaucoup pour la faire rougir ou baisser les yeux. Un regard plein d'assurance qui ne cillait pas. Il me semblait y deviner un bonheur authentique derrière l'apparat qu'exigeait la position de Reine de la Nuit qu'elle devait donner. Cet éclat, dans le velours de la prunelle, ce rayonnement du sourire esquissé pour répondre à ces importuns qui la masquèrent un moment à ma vue, cette lumière qui irradiait de son visage me fascinaient et je ne pouvais m'en détacher. Rares étaient les personnes qui portaient un tel halo en Asaria. On y croisait plutôt des visages façonnés par l'appât du gain, ou l'ivresse du pouvoir ou encore portant les stigmates de la souffrance ou de la haine. Mêmes beaux, la plupart des êtres que je connaissais n'affichaient pas cet éclat inexplicable, à part peut-être Mara furtivement quand elle n'avait pas perçu ma présence et se croyait seule. Alors, cette espèce de lumière intérieure éclairait son sourire et son regard perdu dans le vague et je savais qu'elle pensait à sa fille ou au père de sa fille. Ce devait être cela, le bonheur, furtif, à peine entrevu. En Asaria, le bonheur ne pouvait pas trop se montrer, il n'osait pas. C'était comme s'il n'avait pas droit de cité, remplacé par cette agitation tapageuse et exubérante qui tentait d'y ressembler chez les miens. Il était rare qu'on s'affiche avec son bonheur, comme si cela était suspect ou indécent. Ou alors un signe de faiblesse qu'on ne pouvait pas trop montrer, par peur qu'on nous l'arrache.

Je n'avais rien eu à redouter pour ma part, pendant très longtemps. Le véritable bonheur, que je soupçonnais d'être constitué de milliards de petits bonheurs partagés avec les gens qui comptent m'était longtemps resté étranger. J'avais ressenti la relative satisfaction de réussir mes études, celle de mener à bien des recherches importantes qui commençaient à asseoir ma réputation dans le cercle scientifique asarien mais rien qui me réchauffât le coeur au point de l'avoir sur les lèvres et dans les yeux comme un soleil. Jusqu'au jour où j'avais franchi le seuil du quartier général des Pacificateurs. J'avais éprouvé l'inexplicable sentiment d'être enfin "rentré à la maison" , ce qui était absolument irrationnel puisque j'avais déjà un "chez moi" et il était dans le quartier chic d'Asaria. Ce sentiment n'avait fait que se renforcer au gré de mes fréquentations nocturnes de ces lieux clandestins. J'étais entré dans ma double vie comme dans un costume enfin taillé pour moi. Mes petits fragments de bonheur, c'est auprès des Pacificateurs que je les collectais et un jour, ils deviendraient peut-être ma lumière intérieure. Pour le moment, c'était auprès d'eux que je me sentais le plus vivant et c'était déjà beaucoup.

Néanmoins, croiser un regard et un sourire aussi intriguant et rayonnant que ceux de Jessica Warner me donnait envie d'accorder encore un peu de crédit à mes semblables. Après tout, certains d'entre eux étaient peut-être encore doués pour le bonheur et la vie véritables, et non des pantins grotesques se démenant pour créer l'illusion d'une toute puissance vaguement inspirée de la splendeur passée de l'age d'or des longues vies. Mais quelle était l'origine de l'air radieux de mon hôtesse d'un soir ? Si parfois il m'arrivait de maudire mes pouvoirs, en ce moment précis, je brûlais littéralement d'envie de les utiliser sur mademoiselle Warner. Je ne savais pour l'heure que ce qu'elle m'avait appris au détour de quelques conversations purement formelles. Elle était la patronne des lieux, propriétaire, avait à coeur de faire prospérer son affaire et de rendre les clients les plus heureux possibles. Ca c'était une des facettes connues mais je savais déjà, comme la plupart des asariens, et par la réputation qu'il avait dans la communauté, qu'elle partageait ce pouvoir avec un homme plutôt froid et inaccessible, dont la dureté était colportée dans les revues vantant les endroits branchés. L'autre patron des lieux...

Si j'avais eu ce genre de revue entre les mains, ce n'était certes pas grâce maman, ni aux femmes que je croisais chez les Pacificateurs, les unes comme les autres ayant d'autres sujets de préoccupations, mais par le truchement de ma secrétaire, Ghislaine, qui s'était mise en tête de dévergonder le "patron". Le patron, c'était moi. Ce qui n'avait pas manqué de me faire sourire lorsque je l'avais compris. Selon elle, un homme comme moi, bien pourvu par la nature, se gâchait à passer ses week end au milieu de ses éprouvettes, centrifugeuses et microscopes à balayage, à étudier les protéines mutagènes et autres loufoqueries, au lieu de sortir et de profiter de la vie avec des gens de son âge ... Selon elle, toujours, j'étais promis à un brillant avenir mais je devais soigner aussi mon image auprès du public afin de promouvoir mes découvertes... et cela passait par une vie mondaine trépidante qu'elle s'ingéniait à programmer dans mon agenda, en me décrochant un bataillon d'invitations chaque mois. Le summum du must avait été ce cocktail de la congrégation des fabricants de brosses à cheveux et à balais wc. J'y avais senti une vague provocation de la part de ma subalterne. Il m'arrivait de lever les bras au ciel en signe d'impuissance lorsqu'elle commençait à débiter sa théorie sur le savant solitaire qui s'étiole dans l'air confiné de son labo. Parfois je croisais le regard d'Amaria, je levais les yeux au plafond, excédé et nous éclations de rire simultanément, provoquant la retraite de Ghislaine vexée, accompagnée d'un haussement d'épaules et de la sempiternelle phrase " Hé bien, je vous aurez prévenu ! Persistez et vous finirez vieux garçon, tout desséché entre vos fioles et cellules congelées !"

Il m'arrivait cependant de m'inquiéter pour elle. Plusieurs fois j'avais dû la remettre en place très durement devant témoin car son affection pour moi allait jusqu'à lui faire oublier ce que j'étais et ce qu'elle était. Sa familiarité, motivée par sa bienveillance envahissante, pouvait nous mettre dans une situation délicate devant mes supérieurs. Mais surtout, le centre de recherche pouvait à tout moment me "débarrasser" d'une secrétaire qui a oublié que son rôle est d'obéir sans réfléchir. Même les onces d'humanité qui auraient pu éclairer mes journées étaient entachées de cette terreur rampante de provoquer une mort sans le vouloir, par le simple fait d'exister...

Lundi je pourrais lui dire que j'avais passé la soirée au Light of Diamond et calmer ses tentatives de dévergondages pour quelques semaines. Cette évocation intérieure de ma trépidante assistante avait dû provoquer une alternance d'expressions sur mon visage car lorsque je revins au premier sujet de mes pensées, je captai dans son regard comme uns sorte d'interrogation muette. Je savais que lorsque je baissais ma garde, j'avais du mal à masquer mes émotions. Il me fallait être plus vigilant que jamais.
Lui dédiant un petit sourire énigmatique, je répondis à la question de la charmante asarienne enfin libérée de ses interlocuteurs.

- Vous seriez surprise d'apprendre que mes clients sont parfois aussi exigeants que les vôtres, bien que beaucoup moins ... exubérants. On ne choisit guère les plages d'entrée en activité d'une enzyme mutagène... Il m'arrive de rester plusieurs jours sans rentrer chez moi.
Je soutins son regard qui me scrutait sans aucune retenue à tel point que s'il n'y avait eu le mur derrière moi, je me serais retourné pour chercher l'objet de cette attention presque impudique. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Les quelques fois où nous avions échangés deux ou trois mots, elle ne s'était pas attardée et j'avais pris la démarche comme une simple courtoisie commerciale octroyée à tous les clients. Ce soir, elle manifestait l'intention de s'asseoir à ma table et même si j'étais peu au fait des codes sociaux des lieux, j'étais assez intelligent et surtout assez télépathe pour commencer à comprendre que l'intérêt qu'elle me portait allait au delà de la démarche commerciale.

- Aahh mais que ... ah mais volontiers ... Enfin, je veux dire ... Avec plaisir mademoiselle Warner... Faites comme ... euh ... chez vous... Répondis-je en me poussant pour lui faire de la place sur la banquette.

Je déglutis discrètement et il me sembla soudain que les lieux étaient surchauffés ou que ma veste était trop chaude pour la saison.

- Un verre ? En votre compagnie ? Bien volontiers. Mais est ce bien convenable pour un homme de se faire offrir un verre ? L'inverse me semble plus courtois... Enfin, bien sûr je ne voudrais pas que vous imaginiez que je souhaite abuser de vous, enfin je veux dire, de votre hospitalité ... générosité... largesse ... Poursuivis-je en fixant obstinément la cambrure de sa croupe.

Je me mordis les lèvres en rougissant alors que dans le même temps je riais intérieurement... Est-ce que la duperie allait fonctionner ? Est-ce qu'elle allait me prendre pour un mufle ou pour un connard de première ? L'un ou l'autre, peu importait tant qu'elle croyait à ce que je voulais faire croire...

- Désolé, le rouge vous va très bien, vraiment vous êtes resplendissante. On ne voit que vous... n'allez pas interpréter mes propos de derrière... Euh ! de travers... Puis me tournant vers la serveuse qui attendait ma commande, j'ajoutai. Pourrais-je avoir quelque chose qui me colle la langue au palais, mademoiselle ? Cela m'évitera d'ajouter d'autres bêtises.









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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Dim 20 Oct - 23:15

Que pouvait-il se passer dans la tête d’un homme tel que lui ? J’entendais par-là, d’un chercheur, d’un scientifique qui devait passer la plus grande partie de ses journées et même de ses soirées derrières ses ordinateurs et ses projets. J’avais beaucoup plus d’affinités avec les hommes d’affaires tout simplement parce qu’ils étaient plus nombreux. Ils venaient au Diamond pour y trouver une sorte de détente avec de jolies femmes à leurs bras, parfois ces mêmes Asariens préféraient se réunir autour d’une de ces tables, dans un coin plus en retrait telle qu’une alcôve privée pour des têtes à têtes plus professionnel et signer des contrats juteux. Il n’en restait pas moins que je recevais chacun d’entre eux de la même manière mais que mes affinités, elles, se révélaient au fil des rencontres.

Les yeux. Ils expriment l’âme. On peut y découvrir des secrets enfouis, la diversité des émotions et toute la complexité d’une personnalité. Les yeux ne mentent pas, parait-il ? Je ne savais pas ce que les miens pouvaient exprimer quand des inconnus osaient plonger dans l’ambre de mes prunelles. Quoi qu’il en soit, j’avais au fil des années, acquis une prestance indéniable. Comédienne jusqu’au bout des ongles, je pouvais me montrer tantôt séductrice, tantôt orgueilleuse, ou bien tantôt vénéneuse, tantôt sirène suivant mon humeur du moment. Et là, je n’avais pas envie de m’amuser, ni d’appâter un mâle dans mes griffes, j’avais juste envie d’échanger quelques mots, et pourquoi pas amorcer un lien fort intéressant et pour une fois mâtiner de sincérité. Sans me départir de ses prunelles, j’avançais, féline, dans le mouvement ondulant et gracieux de mon corps, au gré du froissement de ma longue robe rouge qui rehaussait ainsi la couleur hâlée de ma peau et mes longs cheveux châtains. Mon sourire souligna la courbe divine de mes  lèvres tandis que j’arrivais à sa hauteur, devant la table où il était installé. Polie comme à chaque fois, je m’empressais de prendre de ses nouvelles.

- Il vous arrive de ne pas rentrer chez vous durant plusieurs jours ? La science serait-elle donc votre maitresse attitrée qui impose ses charmes et ses supplices à votre personne, Monsieur Williams ? Je dois dire qu’en vivant au-dessus du night-club, je n’ai pas ce souci. J’ai juste à prendre l’ascenseur privé qui m’emmène aux étages.

Bien que maitresse des lieux, je ne me permettais jamais de m’imposer à l’un de mes clients. Ce soir, je n’allais pas déroger à ma propre règle. Je fis signe à une serveuse qui arriva à la seconde même, proposant à mon hôte de lui offrir sa boisson. Il accepta de partager ce moment avec moi, m’invitant à m’asseoir à ses côtés sur la banquette. Je pris place croisant mes longues jambes ciselées dont les pans de ma robe laissaient entrevoir leur galbe.

- Je pourrai effectivement faire « comme chez moi », mais il serait vraiment mal venue de ma part de me comporter ainsi auprès de mes clients.

J’arquais un sourcil d’amusement devant la gêne et le balbutiement de mon interlocuteur. Je faisais beaucoup d’effets sur les hommes. Ce n’était pas une question de vantardise ou d’exagération mais bien la stricte vérité. Je jouais de cette sensualité féline, de mes courbes généreuses et de ma capacité à les rendre dingues en un simple claquement de doigts. Une image sulfureuse qui me caractérisait depuis de très nombreuses années.

- J’accepte avec grand plaisir votre verre dans ce cas. Seriez-vous souffrant Monsieur Williams ? Vous me paraissez être troublé ? si ma présence vous fatigue après toutes ces longues heures passées dans votre laboratoire, je peux me retirer. Je comprends tout à fait qu’on puisse avoir besoin d’un peu de tranquillité même dans un endroit aussi empli de folie.

J’aurai pu le prendre pour un mufle, ce genre de types qui n’ont qu’une idée bien arrêtée derrière la tête. Mais je ne savais pas pourquoi, ce n’était pas cette impression qu’il me donnait. Derrière cette maladresse et cette envie de laisser parler ses émotions, il y avait un homme qui ne paraissait pas être à l’aise dans ce monde où l’ivresse coulait à flot.

- Ho… je suis navrée si le dos nu de ma robe vous a fait perdre pieds. Pourtant, je ne me suis à peine tournée. Je vous montrerai la cambrure de mes reins un peu plus tard, si vous êtes sage.

Malicieuse et tentatrice, j’observais ses réactions avec curiosité et j’attendais bien évidemment la suite de ce tête à tête charmant. Je levais mes yeux vers la serveuse.

- Pas trop quand même. Je devrai faire la conversation toute seule et ça risque d’être un ennui terrible tout autant pour vous que pour moi si vous ne pouvez plus prononcer aucun mot même si cela s'apparente à des bêtises. Laissez-moi vous faire gouter à un cocktail à base de triple sec, de gin et d’eau gazeuse que l’on nomme avec ravissement : Aphrodisiaque.
Tentez par cette délicieuse boisson ?


Je n’attendais que sa réponse pour commander, moi aussi, ce délicieux cocktail à la serveuse qui attendait docilement notre commande.




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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mer 6 Nov - 20:06

Je m'étais tourné vers elle pour mieux profiter de la vue divine que sa présence sur la banquette à côté de moi m'offrait. Même si j'étais un être aux attentes très intellectualisées, ayant besoin d'un rêve, d'un idéal même pour trouver un sens à sa vie, je n'en demeurais pas moins un homme avec des instincts d'homme. J'avais des envies, des fantasmes, des désirs comme la majorité des hommes de mon âge et si mon austérité professionnelle masquait ces élans sous ma blouse de chercheur, une fois que j'étais en vadrouille dans le monde de la nuit, je savais me départir de ce sérieux même si j'affichais une maladresse feinte avec la gente féminine alors même que je retenais dans ma gorge des réparties souvent très ironiques à leur égard, pour les parer de gaucherie feinte afin de tromper mon monde. Par exemple, j'aurai pu dire à Mademoiselle Warner que sa jolie croupe si ostensiblement affichée révélait ses courbes généreuses à outrance mais que cela ne me gênait pas le moins du monde personnellement puisque j'affectionnais les femmes pulpeuses, ce qui aurait été un moyen déguisé de dire qu'elle risquait de faire fuir les hommes préférant les femmes pudiques, ou très minces. Mais au lieu de cela, j'avais préféré manifester un trouble qui était bien réel et y ajouter une crise de balbutiements et de propos incohérents qui masquait, du moins le pensais-je, bien l'intérêt que je portais à cette jolie femme derrière un embarras maladroit. J'enfonçai le clou du parfait niais en répondant à sa conversation.

- Je n'ai pas votre chance. J'habite encore chez mes parents... Et je crains effectivement que la science soit la seule maîtresse capable de pardonner mes hésitations et mon pragmatisme.

Mais comme pour manifester l'effort que je faisais pour me détendre, j'ôtai ma veste et la posai à côté de moi, laissant ainsi entrevoir une carrure qui n'avait rien de frêle et d'intellectuel. Les séances d'entrainement au Phénix avaient développé la musculature d'un corps déjà naturellement sculpté. Je devais cela à un grand père d'origine caucasienne, selon maman. Son père était comme moi grand, blond et musclé et il était tombé amoureux d'une petite brune menue dont elle avait hérité l'apparence. J'avais passé une chemise en soie noire qui tranchait admirablement avec ma chevelure et mon teint clairs et qui laissait discrètement saillir mes muscles de mon torse à peine dévoilé par les trois premiers boutons laissés détachés. Je n'arborais aucune chaine en or digne des plus beaux clichés mais simplement un pendentif en argent, discret, qui représentait un loup de profil prêt à bondir.

- Si vous êtes prête à souffrir ma maladresse alors j'accepte avec plaisir que vous soyez mon invitée le temps qu'il vous plaira et je veux bien que nous partagions ce cocktail au nom très évocateur dont la composition est aussi savante que mes préparations... Ahh voilà que je parle encore travail... Vous voyez que j'ai grand besoin d'oublier mes recherches le temps d'un soir et croyez bien que je ne pouvais espérer plus agréable compagnie que la vôtre pour cela ! m’exclamai-je en laissant mes mains s'envoler nerveusement pour ensuite se croiser.

J'accompagnai ces mots d'un sourire qui, lui, n'avait rien de niais, mais laissait exprimer tout l'agrément que la présence de Jessica Warner provoquait en moi. D'aucunes l'auraient qualifié de charmeur pour ne pas dire enjôleur. Je tentai de chasser l'image de Mara qui m'obsédait trop souvent pour n'être motivé que par l'admiration éprouvée pour son engagement idéologique. Souvent je tentais de me persuader que si elle n'était l'égérie des Pacificateurs, elle ne m'aurait pas tant marqué, que mon cœur ne s'enflammait pour elle que parce qu’elle exacerbait mon caractère romanesque et mon avidité de justice et d'égalité entre les êtres qui peuplaient Asaria. Rien n'était possible et envisageable d'autre, entre nous. Elle était éprise follement d'un autre dont elle avait un enfant. J'étais seul avec ma passion secrète et je n'avais que ma raison à qui l'avouer. Raison qui me soufflait de me tourner vers d'autres affections qui, même si elles semblaient inaccessibles comme l'était Jessica, étaient toujours plus envisageables. Miss Warner était-elle engagée auprès d'un homme ? Certainement. Comment imaginer une si belle femme sans soupirant ou même fiancé officiel. Mais alors pourquoi s'asseyait-elle avec un client insignifiant par son statut, du moins était-ce ainsi que je me considérais, pour partager plus que quelques mots ? Je me résolus à en savoir plus tandis que la serveuse s'appliquait à servir sa maîtresse et l'homme qui l'invitait, tout en masquant difficilement son étonnement sans doute.

- Une femme de votre prestance et avec vos relations doit trouver bien fade la société d'un modeste chercheur en génétique. Vous devez côtoyer bien des puissants, hommes de pouvoir et séduisants, habiles dans la conversation, et experts à plaire à une si belle femme. Je ne doute pas que l'un d'entre eux ait su accéder à votre cœur et recueillir toute votre attention. Mais peut-être est-il tellement assuré de vous plaire, qu'il ne prendra pas ombrage du temps que vous passerez avec un autre ?

J'avais exprimé mes pensées sans les travestir cette fois-ci et ce faisant, je n'avais cessé de fixer ses magnifiques yeux d'ambre pour y déceler le fond des siennes. Comme nos deux verres étaient déposés avec dextérité par la jeune serveuse que je remerciai juste poliment pour ne pas éveiller les soupçons, je levai le mien avec un plaisir non feint mais toujours surpris de l'intérêt inespéré que je suscitais.

- A cette soirée qui s'annonce pour moi comme la meilleure depuis longtemps, Mademoiselle.









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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Lun 11 Nov - 13:59

Il était rare qu’un client éveille ainsi ma curiosité. Si j’avais eu en ma possession le pouvoir de la télépathie, je me serai immiscée immédiatement dans son esprit pour y lire et chercher ce que je voulais exactement. Ce n’était pas ses secrets que j’aurai cherché mais cette sensation particulière que je décelais auprès de lui. Un scientifique, un chercheur qui paraissait être prisonnier de cette gangue d’homme savant et qui me donnait l’impression de vouloir toute autre chose. Du moins, c’était ce que je ressentais près de lui, tout en l’écoutant. Je pouvais aussi bien me tromper. Néanmoins, j’étais certaine de ne pas être très loin de la vérité. Installée sur la banquette près de lui, il retira sa veste ne faisant qu’accentuer la carrure que j’avais déjà devinée. Les hommes n’avaient plus aucun secret pour moi, et derrière cette maladresse, Aaron Williams était un Asarien dès plus séduisant. Mes yeux mordorés détaillaient sans la moindre hésitation son torse et ses bras dont je devinais les courbes de ses muscles sous le tissu sombre de sa chemise. Son col ouvert, me laissait toute la possibilité d’admirer le grain de sa peau clair et un médaillon en forme de loup qu’il arborait autour du cou.

- Il est toujours très agréable d’avoir encore ses parents …

Mes souvenirs ressurgirent soudainement sans que je puisse les freiner. Mes parents étaient morts depuis plusieurs années, aujourd’hui. Oui, même les Asariens peuvent mourir : mon père dans l’explosion de son bureau car il était avant tout un Ancien et un membre du gouvernement. Ma mère avait malheureusement subi les effets nocifs de manipulations au Centre de recherches et même son ADN et le blood healer n’avaient pas pu enrayer le poison dans son corps. Mais, ce n’était pas le moment de me noyer dans mon passé. Je me forçais à retrouver mon sourire.

- Tout comme vous avez de la chance d’avoir une telle maitresse compréhensive. Trop de possessivité ou de jalousie n’apportent rien dans un couple. Il faut savoir garder un peu de liberté.

Si vous pensiez que j’étais mariée ou que j’avais connu une grande histoire d’amour, détrompez-vous. Je n’avais pas besoin de cela quand j’observais mes amies et leurs propres histoires  avec les hommes. Je lui proposais de partager un cocktail au nom dès plus invocateur. Sa composition était délicieuse pour en apprécier à chaque fois les saveurs subtiles. Il me fit sourire lorsqu’il s’excusa de tout ramener à ses expériences au laboratoire.

- Ce n’est pas votre maladresse qui me fera reculer de passer un moment avec vous. Il m’en faudrait beaucoup plus pour me volatiliser. En ce qui concerne de votre travail, cela ne me gêne absolument pas de vous écouter mais je pense sincèrement que vous n’être pas venu ici pour ce genre de conversations. Si un jour, vous avez besoin de moi pour une quelconque expérience … Mais attention, juste vous et vous seul, pas d’autres scientifiques ou employés. Je veux bien donner mon corps mais rien qu’à vous…

Pensez-vous que j’étais sérieuse au sujet d’expériences ? Disons que j’étais très ambiguë  dans mes propos  et qu’il fallait entrevoir une définition très différente de tout cela  qui n’avait rien avoir avec des tests et des recherches scientifiques. Son sourire fit écho au mien.  Qu’il soit charmeur, sincère ou juste trompeur, mon night-club était aussi le domaine de l’illusion et des plaisirs éphémères, alors pourquoi je m’en plaindrai ? Un silence se présenta entre nous deux. Aaron paraissait pensif, perdu dans des réflexions personnelles. Plissant légèrement mes yeux, je le regardais ainsi, presque fragilisé par son jardin secret avant qu’il ne retrouve la parole et que ses mots m’entrainent dans ma propre sphère intime. Je secouais la tête doucement de gauche à droite, marquant une réponse négative à tout ce qu’il venait de me dire.

- La femme de ma prestance – comme vous le soulignez- est avant tout une femme aimant les rencontres agréables et uniques. Vous voyez tous ces clients?

Fis-je en tournant mon visage vers toute cette salle qui grouillait d’hommes tous très différents les uns des autres.

- Je les connais par cœur. N’allez pas croire qu’ils sont tous passés dans mon lit, non ! Je veux dire par là qu’ils se ressemblent tous : ils séduisent, ils charment, leurs discussions sont d’un ennui mortel… Ils ne savent que sortir leur argent et offrir à la jeune femme de leur choix  toutes ses boissons, juste pour avoir une option entre ses cuisses. C’est un engrenage répétitif Monsieur Williams.

Je revins face à mon interlocuteur, décroisant et recroisant mes jambes alors que l’étoffe satiné de ma robe glissait sur ma peau caramélisée.

- Il y a malgré tout, des hommes  surgissent de ce lot inutile. J’en apprécie certains mais je suis une indomptable tigresse. Que voulez-vous, les félins ne s’apprivoisent pas aussi vite, n’est-ce pas ? Je suis donc libre de tous mes mouvements.

La serveuse brisa ce petit instant entre nous deux, déposant nos verres sur la table. Malgré cela, mes prunelles ne lâchèrent pas les siennes jusqu’à ce que je prenne en main mon cocktail pour saluer ce toast.

- La soirée ne fait que commencer, Monsieur Williams !

Je portais le cristal à mes lèvres, savourant l’alcool fruité dans ma gorge avant de le reposer. Ma main glissa jusqu’au col de sa chemise, découvrant le médaillon qui y était caché, non sans effleurer sa peau nue.

- Un loup ? Est-ce l’animal qui vous représente le plus ? On dit de lui qu’il est solitaire mais que lorsqu’il donne sa confiance, il demeure fidèle jusqu’à son dernier souffle ?




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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Lun 11 Nov - 19:52



Je me sentis quelque peu désemparé lorsque je compris que mes propos avaient sans doute éveillé des souvenirs douloureux dans le coeur de Miss Warner. Tout dans sa réaction laissait penser qu'elle avait perdu ses parents. Quel crétin j'étais de me plaindre ainsi de ma situation de fils vivant encore chez ses parents à 27 ans, sans même envisager que d'autres ne souhaiteraient pas mieux que de pouvoir serrer les leurs dans leurs bras chaque soir. Pas un seul instant je n'avais envisagé que cette jolie femme si sûre d'elle et de ma génération pût être orpheline. Et en y réfléchissant, je savais très bien pourquoi. Je me refusais farouchement à envisager la disparition de mes propres parents, même si je me sentais parfois terriblement étranger à eux. Je la savais possible même si beaucoup moins inéluctable que dans le cas des Humains. Je me demandais d'ailleurs comment ils pouvaient supporter la souffrance d'un tel arrachement et cela ne faisait que me rendre plus admiratif de leur courage. Miss Warner n'était pas humaine, pas plus que ses parents. Quel drame avait donc précipité leurs deux morts? Comment était-il possible que la science fut impuissante à les sauver ?

- Je suis vraiment désolé de ce deuil qui vous a frappé deux fois. Je suis confus de ma maladresse une fois de plus, croyez-le bien. J'aime mes parents plus que tout et je donnerai ma vie pour eux, sans hésiter.

J'esquissai un geste pour effleurer son bras dans un signe de compassion mais je me retins. Utiliser mon don en de pareilles circonstances ne serait pas très élégant. Néanmoins, une étrange question, qui pouvait me faire passer pour un indélicat, fusa d'entre mes lèvres.

- Étaient-ils mariés ? Comment s'appelait votre maman ?

Tout comme j'avais moi-même eu un moment de perplexité songeuse, pour ne pas dire rêveuse, lorsqu'elle m'avait fait des propositions à peine voilées, Jessica  Warner parut surprise de ma question et comme absente un court instant. Craignant de laisser une certaine lourdeur s'installer entre nous, j'en profitai pour rebondir sur le sujet de la maîtresse qui amènerait habilement, pensai-je, la réponse à son invitation déguisée.

- Oh, je ne voulais pas dire qu'elle me laisse une grande liberté. Elle est au contraire très exigeante et parfois même exclusive. En contrepartie, elle est très tolérante à l'égard de mes tâtonnements, de mes égarements et autres excentricités. Elle me laisse exprimer librement mes talents. Pour tout vous dire, il est terriblement excitant de mener de bout en bout une recherche et de sentir l'aboutissement approcher après tant de nuits passionnantes consacrées à cette exploration.Je ne demande pas mieux que vous faire partager quelques moments de cette aventure et soyez assurée que je prendrais le plus grand soin de vous durant cette expérience. N'en déplaise à la science. dis-je avant de boire une gorgée de ce délicieux breuvage qui m'était proposé.

J'avais tout à fait conscience de répondre à ses propos à double sens par des phrases du même acabit. J'entrevoyais le début d'une joute orale dans laquelle je surprenais souvent mes adversaires en y excellant et cela n'était pas pour me déplaire. Non que j'aime briller en société et fanfaronner mais j’appréciais infiniment de faire de l'esprit avec une jolie femme. J'avais écouté son raisonnement jusqu'au bout, au sujet de son statut, des hommes qu'elle côtoyait quotidiennement et si je ne pouvais que lui donner raison à leur sujet, j'avais été troublé par la contradiction qui filtrait dans ses propos. Elle semblait lassée de leur comportement de chasseur exhibant le pouvoir de leur argent pour obtenir ses faveurs, ce que je pouvais très bien comprendre, étant lassé moi-même du comportement de certaines femmes à l'égard des hommes. Non que j'eus à m'en plaindre personnellement, mon caractère discret et méfiant ne les encourageant guère à une campagne de séduction qui promettait d'être longue et ardue, mais j'avais à maintes reprises observé l'aspect vénal ou intéressé de leurs manœuvres sur les hommes détenant le pouvoir. Jessica Warner n'était certes pas de ces femmes là et ne goûtait donc point la compagnie des hommes trop puissants et assurés de leurs succès galants. Pourtant elle attisait ma convoitise en me faisant des propositions déguisées au prétexte de la science. Lasse des avances des hommes mais provocante avec moi. Que devais-je en penser ? J'eus un petit sourire en reposant mon verre et je soutins son regard bien que la confusion ne fut pas tout à fait absente de mon esprit.

- Aurais-je bien compris, selon vous, si je vous dis que vous préférez chasser que d'être la proie. Ce qui vous chagrine chez ces hommes dont vous parlez, ce n'est pas tant leur prestige ou leur richesse que le fait qu'ils ne se laissent pas choisir par vous, mais se comportent en terrain conquis.

Je fronçais les sourcils et me tendis légèrement lorsqu'elle usa de ses longues jambes éminemment sexys pour faire monter la tension d'un cran et ne pus retenir une moue énigmatique lorsqu'elle effleura ma peau au prétexte de mieux voir mon pendentif. Je reculais d'un cran et tâtonnais dans ma poche pour en sortir un paquet de cigarettes acheté à prix d'or et que je réservais aux moment de grand stress ou... de grande détente. Je supposais qu'un tel endroit était muni d'extracteurs de fumées et que ce club branché bénéficiait d'une dérogation pour les fumeurs. J'avais pris cette sale habitude lors de mes missions avec les Pacificateurs. Adrénaline et nicotine allaient maintenant de paire dans ma vie. J'étais cependant loin d'être un fumeur invétéré contrairement à certains d'entre eux. Si la maîtresse des lieux était dérangée par ce vice modéré et unique, j'éteindrais bien volontiers ma cigarette.

- Pour tout vous dire, ma chère, commençai-je l'allumant, si vous êtes une tigresse, je suis moi-même un loup, et vous avez vu juste. Cet animal me caractérise parfaitement. Je suis quelqu'un qui goûte peu la compagnie de ses semblables hormis sa meute.

Tout en tirant une bouffée, je l'observai très attentivement, de plus en plus fasciné par ce que je découvrais. Le bref contact qu'elle avait elle-même provoqué avait quelque peu confirmé ce dont je me doutais déjà mais aussi révélé des failles, des blessures, des drames et une zone d'ombre liée à un membre de sa famille, zone d'ombre qui ne me plaisait guère.

- Vous ne vous êtes pas trompée non plus au sujet de la confiance. Mes proches m'estiment, à raison, très méfiant. Ajoutai-je en lui adressant un regard de côté avant de poursuivre. Pardonnez mon manque de prévenance, peut-être la fumée vous incommode-t-elle ?... Quant à la fidélité, c'est un sujet trop intime pour que je puisse m'en ouvrir si facilement alors que nous nous connaissons à peine. Intime et complexe. La fidélité revêt bien des aspects parfois en contradiction avec d'autres sentiments comme la loyauté notamment... Oui c'est un sujet très complexe...Un peu comme les tigresses dans votre genre. Achevai-je dans un clin d'oeil, avant de lever à nouveau mon verre.









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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mer 13 Nov - 14:03

Je pensais pouvoir esquiver la question sur mes parents mais apparemment mon  cavalier de cette nuit désirait en savoir davantage sur mon père et ma mère.  Je ne désirai rien exprimer devant ses excuses et sa maladresse. C’était effectivement poli de sa part m’étendre sur ce sujet n’était pas mon objectif. J’avais toujours eu beaucoup de mal à parler d’eux même avec mon frère ainé. Non pas que l’on pouvait associer cela à un sujet tabou mais la tristesse et cette solitude parfois qui me pesait rendaient les choses plus complexe lorsque je devais évoquer ma famille. Je lui offris un sourire forcé espérant qu’il ne suive pas cette voie mais force était de me rendre compte qu’il enchaina sur des questions personnelles.

- Ce n’est ni l’endroit ni le moment de parler de mes parents. Je ne le souhaite pas. Ce n’est pas un sujet sur lequel j’aime me confier.

Ainsi, j’avais été directe peut-être un peu froide. Rien n’était véritablement dirigé vers Aaron mais c’était cette façon que j’avais de me protéger de mes blessures, de mes failles que je gardais au plus profond de moi. La discussion se poursuivit sur un ton plus badin, et je pus me détendre et redevenir joueuse lorsqu’il évoqua sa maitresse qu’était la science. Je ne pus m’empêcher d’être mutine et de lui dévoiler une facette séductrice de l’hôtesse que j’étais en acceptant de donner mon corps à sa science mais uniquement à lui. Des paroles qui n’avaient aucun rapport avec des expériences en laboratoire quoi qu’un petit tour dans son bureau ou … sur son bureau, plus précisément… serait très distrayant.

- Plusieurs nuits ? Je ne voudrai pas vous épuiser pour le reste de vos journées et que vous m’en teniez rigueur  d’être responsable de votre fatigue. Mais si cela est votre choix, je ne pourrai pas refuser une telle expérience. Quoi que vous décidiez, je serai toute aussi tolérante envers vos tâtonnements  et vos excentricités. J’ai horreur de la monotonie. C’est tellement lassant à la fin.

Le jeu s’ouvrait indéniablement entre nous deux. Aaron Williams était finalement très doué avec les mots. Si on ne faisait que passer auprès de lui, si on n’en savait davantage sur cet homme, il représentait l’archétype même du chercheur qui ne vivait que de sa passion, s’enfermant jour et nuit dans son laboratoire. Mais si on creusait habilement, l’homme se montrait terriblement charmeur et adroit. Quoi comme, il ne faut jamais s’arrêter à l’apparence. La vraie personnalité nous donne toujours de plus belles surprises. J’observais ses réactions lorsqu’il gouta au breuvage nommé : Aphrodisiaque que je j’avais commandé pour nous deux. Un gout aussi diabolique que je pouvais l’être. Oui, ce cocktail me seyait à merveille ! Ses interrogations revinrent à ma petite personne en laquelle il paraissait être intéressé surtout à me demander s’il y avait un homme dans mon cœur. Je lui démontrai que la plus grande majorité des hommes se ressemblaient et qu’à force, c’était presque risible d’être à leur côté. Je secouais ma tête en réponse à ses commentaires.

- J’aime être prédatrice mais j’aime aussi être la proie si le chasseur en vaut la peine, Monsieur Williams. Il n’est rien qui s’obtienne facilement. Il faut savoir le mériter.  Mais vous vous trompez sur le sens de mes réflexions. Tous ces hommes pensent et agissent de la même façon : ils payent un verre, plusieurs même, se contentent de parler de eux, de leurs prestiges et places dans la société, de la richesse qu’ils gagnent. Ils fanfaronnent. Cela peut attirer certaines femmes, je vous l’accorde mais pas moi. Ils sont trop prévisibles. J’aime être surprise. Et ça peu d’hommes savent le faire. Là où vous avez raison, c’est qu’ils se conduisent en terrain conquis dès l’instant où la femme leur accorde un petit intérêt. Ce qui est faux mais c’est ainsi que pensent les mâles. C’est bien dommage.

Son médaillon éveilla mon attention et tout en le sortant de dessous les pans de sa chemise, je m’étais permisse d’effleurer sa peau nue. Il se tendit sous mon geste m’efforçant de garder mon sérieux alors que je sentais un petit sourire pointer le bout de son nez sur mes lèvres rosées. Le loup était un animal rare de nos jours. Peut-être en existaient-ils encore hors des dômes ? Ce canidé possédait toute une légende à lui tout seul. Ce qui m’interloqua le plus, c’était que je ne voyais pas Aaron de cette manière-là, et encore une fois, il me prouvait que l’homme avait bien des visages différents.

- Un solitaire …

Murmurais-je tandis qu’il m’expliquait pour cet avatar lui allait si bien. Sa meute ? Parlait-il de ses parents ou de toute autre chose de plus important. Je ne le saurai certainement jamais. Je fis un signe de ma main vers sa cigarette, lui signifiant que cela ne m’importunait pas.

- La méfiance est de mise pour tout le monde, de nos jours. Serions-nous devenus trop paranoïaques avec le temps, nous obligeant à fuir les bons moments ?

Mon sourire s’affirma sur mes lèvres sur la résonance que pouvait avoir la fidélité dans sa vie. Je me redressais de la banquette tout en le fixant de mes yeux mordorés.

- Je crois avant tout que chaque sentiment, que ce soit en rapport avec la confiance, la fidélité, la loyauté, devient le reflet de ce que nous sommes et la définition que nous désirons mettre devant ces termes. Mais ce soir, c’est avant tout une nuit pour se faire plaisir, non ? Accepteriez-vous de me faire danser ?




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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mer 13 Nov - 23:55



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Quel curieux mélange d'impressions suscitait en moi Jessica Warner! A la fois séductrice et petite fille fragile même si elle voulait s'en défendre. La fêlure ne résistait guère aux révélations de l'Armadan. J'étais un homme ancré dans son ascendance, même si je me posais beaucoup de questions au sujet de ma filiation et du peu de ressemblance entre mes parents et moi-même, et il ne se passait pas un jour sans que les lignes de conduite morales inculquées par les miens ne soient sollicitées pour m'aider à y voir plus clair en ces temps incertains. J'étais touché, ému de constater chez ma jolie hôtesse les ravages que la perte des siens avaient occasionné. Si elle m'avait laissé jusqu'au bout parler sans mot dire, sa réaction au sujet de ses parents m'assura que j'avais fait le bon choix en orientant la conversation vers un sujet plus léger et fort agréable augurant la perspective d'un autre rendez-vous entre nous. Nettement plus à l'aise que sur le terrain de la famille, Miss Warner s'avérait  très joueuse lorsqu'il s'agissait de défi galant. Ce contraste empêchait que s'impose à mes yeux la femme totalement calculatrice et avide de plaisirs que j'aurais pu voir en elle. Je savais qu'un cœur battait et s'émouvait sous cette poitrine aguicheuse et que la robe moulante et satinée n'était qu'une armure contre les souffrances à venir et passées.

- Je ne m'excuserai pas davantage de mes questions indiscrètes, mais vous ne les subirez plus, Jessica Warner. Dis-je en lui lançant un regard pénétrant, et vous apprendrez un jour qu'elles n'étaient motivées que par une curiosité bien légitime. N'oubliez pas que j'ai accès aux fichiers d'archives du Centre. Je ne m'excuserai pas davantage, non. Car si nous sommes amenés un jour à mieux nous connaître, vous me poserez à votre tour des questions douloureuses auxquelles je ne pourrais pas forcément répondre mais pour lesquelles je ne n'attendrai pas d'excuses parce qu'elles seront légitimes. Nous avons tous notre part de secrets. Respecter l'autre c'est respecter son jardin secret mais aussi s'intéresser à ce qui le passionne.

Mon regard glissa un instant vers la piste de danse sur laquelle évoluaient des couples élégants. Mes pensées se perdirent un long moment dans la lente mascarade de la vie. Tous ces gens qui feignaient le bonheur et étalaient leur réussite ... Et la peur monta lentement en moi, avec la douleur sa fidèle compagne. Une vie entière de travail pouvait-elle combler un homme ? Regarder en arrière au bout du chemin et n'y voir que la solitude ? La réussite pouvait-elle remplir les étagères d'une sérénité inébranlable ou tout n'était-il que simulacre, que vaine course dans laquelle on finissait toujours second ? Pouvait-on donner le change jusqu'à la fin ? Un éclat de rire, un bruit de verre brisé me tirèrent de mes sombres réflexions et lorsque je me tournai vers mon hôtesse je crus surprendre une lueur intriguée dans ses yeux. Je lui souris et les mots qu'elle venait de prononcer effleurèrent enfin mon esprit.

- Me fatiguer ? Je suis bien plus endurant que vous semblez le croire. Sachez qu'il m'arrive de ne pas dormir durant trois jours lorsqu'un sujet d'étude me passionne. Si c'est un pass invité au centre que vous voulez obtenir, rien de plus simple. Si vous voulez pénétrer dans la zone de recherches, ce sera un peu plus compliqué mais je peux vous obtenir une accréditation en qualité de sujet d'étude. Vous maîtrisez le feu, si je ne me trompe ?

Je passai une main nerveuse dans ma chevelure indisciplinée, trop conscient que notre conversation prenait un tour plus intimiste. D'habitude, lorsque cela se produisait avec une jolie femme, je prolongeais le jeu naïf du maladroit, mais cette fois le joueur se révélait plus vite, le cynique aussi peut-être, celui qui risquait d'être tranchant et de blesser, comme une défense face à une menace. J'avais cessé de me cacher derrière le savant et je dévoilais une infime partie de l'homme .

-Ainsi donc Jessica, si vous me permettez de vous appeler Jessica et consentez à m'appeler Aaron, vous appréciez plutôt qu'un homme vous surprenne, peu importe qu'il soit la proie ou le chasseur ? En terrain conquis, dites-vous ? N'est-il pas assez évident qu'aucun Empire ne reste éternellement acquis mais se conserve de haute lutte ? Il ne suffit pas de remporter des victoires, il faut encore en garder les fruits. Pour ma part, je ne suis pas assez naïf pour escompter une affection durable de la part des hommes comme des femmes. Quand tout est clairement énoncé, quelques désillusions sont évitées. Méfiant et solitaire, oui, ce pourrait être mes deux autres prénoms.

J'avais bien entendu sa requête et son envie de danser, et si j'avais reçu une éducation assez accomplie pour y répondre, je différai volontairement sa satisfaction. Je n'allais certes pas me précipiter pour me vautrer dans une galanterie qu'elle pourrait réprouver durement, ni montrer un empressement trop vif envers une femme qui semblait si amère envers la plupart des hommes. Si d'aventure elle faisait mine de s'intéresser à moi pour mieux me congédier quand le jeu ne l'amuserait plus, elle ne pourrait du moins se vanter d'avoir repoussé un fâcheux. J'acquiesçai à ses derniers propos et me levai enfin pour l'inviter à danser dans un sourire, mais sans protocole. Il me suffit de prendre sa main et de l'aider à se lever, puis de l’enlacer sur une chanson d'un artiste en vogue qui avait le rythme de cette danse sud américaine qu'on nommait jadis rumba. Je préférais nettement la valse ou le tango pour un premier contact, mais je n'allais pas me formaliser pour si peu. L'air et les paroles me parurent finalement très appropriés.


- Une fois de plus vous avez raison. Et tout dépend aussi de la personne à qui nous adressons ces mots sans doute ?

Je resserrai mon étreinte tandis que je l'entraînais au centre de la piste  sur ce rythme à la fois langoureux et marqué. Je devais encore la surprendre mais je dissimulai la satisfaction que j'en retirais derrière un sourire tout à fait timide tandis que je la guidais avec assurance.









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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Ven 22 Nov - 19:09

Mes parents n’étaient pas un sujet tabou. Il m’arrivait souvent d’en parler avec mon frère ainé. Mais m’étaler ainsi devant un homme que je ne connaissais pas, cela ne faisait pas partie de ma personnalité. Je pouvais être séductrice, joueuse, séductrice mais lorsqu’on touchait de trop près à ma vie privée, je devenais une toute autre femme avec ses blessures. Son regard pénétrant était franc, et je ne pus m’empêcher de réfléchir à ses mots. Il avait raison. Aaron Williams travaillait exactement là où ma mère, jadis, travaillait. Il avait accès aux archives, à des documents importants mais est-ce que j’avais envie de remuer le passé pour avoir enfin des réponses à toutes mes questions ? Sincèrement, je ne le savais pas moi-même. C’était complexe et très déroutant à la fois. Ses paroles, pourtant, me rendirent perplexe. Pourquoi s’intéressait-il à moi, pourquoi souhaitait-il en savoir davantage sur la croqueuse d’hommes que j’étais. Malgré cela, je préférai reporter mon attention sur un autre sujet et il l’avait très bien compris.

La conversation prit une tournure plus intéressante, plus légère et surtout plus séductrice. J’observais sa ténacité à me tenir tête, à me répondre avec cette même ambiguïté, à emprunter le même chemin que moi et surtout à le poursuivre sans sembler reculer. Derrière le visage paisible de cet Ange blond, chercheur et scientifique, il y avait toute autre chose que je n’arrivais pas encore à comprendre et à percevoir, comme une seconde facette que j’étais loin de soupçonnée.

- Je maitrise le feu, oui. Enfin pas tout le temps pour être précise. Il arrive parfois que mon pouvoir se calque sur mes sentiments, mes émotions du moment. Je n’ai perdu qu’une seule fois le contrôle sur ce dernier, il y a bien longtemps …

Étrangement, les souvenirs sur la mort de ma mère en avait été ce déclencheur. Je me souvenais de ces flammes autour de moi, dans cette chambre où son corps était étendu. Je ne m’étais plus servie de la pyrokinésie depuis très longtemps. J’avais fait tout mon possible pour endormir et étouffer cette part de moi pour ne pas blesser les gens qui pourraient m’entourer.

- Je suis très tentée par votre idée. Je suis certaine que vous trouverez un autre moyen de … pénétrer … les accès … pour les besoins de votre étude sur mon cas. Après tout, c’est vous le scientifique. Vous allez tout au bout, et au fond de vos projets.

Le face à face prenait de plus en plus de proportions intenses et intimes. Je ne dissimulais en rien cette façon que j’avais de le charmer. J’attendais néanmoins ses réactions qui me confirmeraient ou pas le comportement que j’adopterai pour la suite des évènements. Mon sourire se fit gourmand, dissimulé derrière le verre de mon cocktail dont je savourais avec délice le gout sucré. Puis vint, des questions de nouveau sur la femme qui paraissait l’intrigué. J’étais si différente de lui, tellement prédatrice et charmeuse, tigresse et joueuse. Mais qui était-il vraiment, lui. J’acquiesçais d’un simple hochement de tête lorsqu’il me proposa de nous appeler par nos prénoms.

- Vous venez de résumer clairement ma façon de voir les mâles de notre société. Vous devriez écrire un manuel pour les hommes, vous deviendrez certainement très réputé. J’aime votre vision. Une femme est comme un Empire, il faut se battre perpétuellement pour la mériter. Et vis-versa. J’estime qu’une femme doit aussi garder cela en tête si un homme lui plait.
Par contre, il est bien dommage que vous ne soyez pas dépourvu de tout espoir envers de tels sentiments. Il existe toujours une perle rare. Il faut savoir la dénicher et la chérir. Mais restons logiques, ce n’est pas ici dans une telle luxure, une telle débauche que l’on trouvera quelque chose qui attire notre attention et qui nous émeut… Quoi qu’on ne peut jamais dire jamais. Tout arrive quand on s’y attend le moins.


Une fois mon beau petit laïus terminé, je me relevais de la banquette, l’invitant à me faire danser. Aaron paraissait pensif et je me demandais, quitte à terminer là notre tête à tête, à le laisser avec ses pensées. Je reculais d’un pas au moment où il se redressa, à son tour, me prenant la main pour me guider sur la piste de danse. La dernière chanson venait tout juste de se terminer et une autre commençait sur des paroles qui définissaient ce que nous étions. Ma main sur son épaule, l’autre dans sa main, je me blottis contre lui, ma joue effleurant la sienne doucement tandis que nous commencions à évoluer sur les notes de musiques.

- Tu es là, je suis là et nous sommes, deux étrangers
On peut aussi ne s'aimer que la nuit.
Laissons faire le jour


Je répétais quelques paroles au creux de son oreille. Ma main remonta de son épaule à sa nuque. Mes doigts caressaient sa peau contre le col de sa chemise, divinement chaude.

- La nuit est un monde à part. Et c’est au petit matin qu’on se réveille pour comprendre tout ce qui s’est passé, pour mieux apprécier ou alors pour tout effacer et s’apercevoir qu’on a fait une terrible erreur …  Tout dépend de la personne avec laquelle on se trouve mais comme vous l’avez si bien dit Aaron, nous sommes toujours méfiants car on se protège des douleurs. On ne se laisse que peu approcher. On ne montre qu’une partie de nous, la plus apparente mais pas la vraie, pas celle qui est au plus profond de nous.

Je me reculais juste pour frôler mes lèvres des siennes, indécemment, outrageusement provocante.

- Qu’en pensez-vous ?




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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Mer 8 Jan - 15:19



La musique qui me portait doucement, le parfum de Jessica, le contact de ses mains sur moi, les paroles chargées de sous entendus que nous avions échangées, tout cela commençait à me faire de l'effet bien que je tente de garder la tête froide. Le scientifique connaissait ses points faibles et luttait contre lui-même pour ne plus en être victime. Trop sentimental, j'avais fait les frais de désillusions qui m'avaient laissé un goût amer et me poussaient à développer un cynisme qui pouvait décourager bien des tentatives d'approche. Pourtant Jessica avait tous les atouts pour percer cette carapace que je m'étais forgé et le jeu n'en était que plus excitant. Magnifique et charmeuse, elle avait aussi su éveiller ma curiosité et toucher une corde sensible en montrant juste ce qu'il fallait de vulnérabilité et d'émotions, sans pour autant dévoiler d'autres intentions que celle, assez criante, de me séduire ce soir. Elle s'intéressait à moi et avait envie de poursuivre ce jeu de séduction que nous avions entamé. C'était une évidence, sinon nous ne serions pas là au milieu des danseurs, enlacés, nos corps se frôlant, nos mains avides de sentir l'autre et ce sourire en coin, à échanger des mots propices à allumer le feu en nous. Lorsqu'elle prononça des paroles sans équivoque au sujet de ce qui pourrait se passer à l'issue de la soirée, je resserrai davantage mon étreinte et répondis à ses avances sans me soucier des autres danseurs qui pouvaient assister à la scène. Qu'en pensais-je ? Sa question trouva réponse lorsque mes lèvres cueillirent les siennes, avec douceur tout d'abord, puis exprimèrent plus de l'ardeur qui couvait en moi.

Le plaisir irradia mon corps et accéléra considérablement mon rythme cardiaque, ce qui laissait augurer des heures à venir prometteuses en sensations fort agréables. Je neutralisai toutefois l'Armadan afin de me préserver de révélations qui pourraient être désagréables au sujet de l'opinion que me portait Jessica. Après tout, je n'étais qu'un scientifique, client de son établissement, qui avait l'heur de lui plaire physiquement et de l'intriguer un peu par sa personnalité atypique. Je n'étais pas le genre d'homme qu'elle avait l'habitude de côtoyer et j'avais sans doute pour moi le fait d'être "exotique", le goût de la nouveauté en quelque sorte. Mais mon statut ne pouvait rivaliser en rien avec celui des hommes d'affaires ou des hommes de pouvoir hauts placés qui fréquentaient les lieux. Je n'avais pas de poste décisionnaire au sein du gouvernement, ni n'étais issu d'une famille d'Anciens, et si j'avais une situation confortable, je n'étais pas à la tête d'une fortune. Je n'avais rien de commun avec ces hommes prédateurs et carnassiers qui pouvaient fasciner les femmes. C'était sans doute ce qui l'attirait en moi, mais j'étais très conscient que cette attraction ne ferait pas long feu une fois le parfum d'exotisme passé. Je ne serais probablement, si nous allions plus loin cette nuit, qu'un trophée de plus dans le tableau de chasse varié d'une très belle femme qui aimait choisir les hommes et être désirée par eux. Mais je n'avais rien qui puisse la séduire durablement sauf peut-être mes talents d'amant qui n'avaient jamais été mis en doute par celles dont j'avais partagé les nuits.

Tandis que je prolongeai le baiser tout en caressant son dos du bout de mes doigts, frissonnant moi même du contact des siens sur ma nuque, je ne voulais plus songer à tout cela mais seulement m'étourdir et donner une chance à cette nuit d'être belle et riche en plaisir. Au delà de la perspective de lui faire l'amour, l'idée de découvrir davantage Jessica Warner me tentait beaucoup. Cela n'avait jamais été le cas pour les autres femmes, dont je savais pertinemment qu'une fois le moment consommé, je ne pouvais même pas attendre une amitié ou un peu d'affection. Mais je me surpris à espérer de ma cavalière un peu plus qu'une nuit de plaisir charnel. Que m'arrivait-il ? Était-ce la solitude qui finissait par me peser au point que j'étais en quête d'amitié et de tendresse à défaut d'amour ? Ou était-ce cet écho vraiment troublant de vulnérabilité, peut-être une autre forme de solitude, que j'avais perçu chez elle ? Toujours est-il que je me prenais à souhaiter pouvoir lui dire à l'issue de cette nuit " A bientôt, Jessica!" même si c'était pour lui proposer une simple invitation amicale au restaurant, ou un café pris à la vas vite sur le bord d'une table. Juste pouvoir espérer la revoir ailleurs que dans un lit. J'interrompis notre baiser avec douceur mais à mon vif regret. Je ne me souvenais pas avoir échangé un baiser aussi agréable et chargé d'émotion. La plupart du temps le plaisir était bien réel mais purement physique, lié à une réaction chimique que mon esprit scientifique ne savait que trop bien identifier. Celui-ci m'avait paru porteur d'autre chose. Est ce que je me leurrais en ayant ressenti comme un besoin de partager un moment de complicité, certes placé sous le signe du jeu et de la séduction, mais au-delà, une envie de se laisser aller l'espace d'un instant, de s'abandonner. J'avais toutefois tellement peur de me fourvoyer encore que je décidai de ne rien laisser paraître des pensées qui m'agitaient.

La musique prenait fin et je la gardais toujours dans mes bras, contre moi, mes deux mains plaquées sur ses omoplates. Je me mordis les lèvres en baissant les yeux sur son décolleté et étouffai un petit rire puis j'osai enfin la regarder dans les yeux... Ses magnifiques yeux de biche.

- La nuit nous appartient, Jessica. Laissons notre envie nous guider... Murmurai-je à mon tour à son oreille.









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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Dim 12 Jan - 15:34

L’entrée de mon night-club stipulait que les paparazzis et les photographes étaient interdits et mes agents de la sécurité étaient extrêmement compétents dans ce domaine-là. Respecter la vie privée d’un homme d’affaires ou encore plus d’un ministre, d’une célébrité. Tout ceci a toujours été une sorte de combat que je menais car nous avions tous droit à un moment de détente sans que tous nos gestes soient épiés d'une façon malsaine comme les miens. Bien sûr, cela n’empêcherait pas les clients de parler une fois sortie du Diamond mais sans réelles preuves pour accompagner leurs dires, il n’y avait que du vide. Alors, lorsqu’à ma question, Aaron me répondit par un doux baiser qui me prit par surprise. Sa caresse devint plus ardente, et mon étreinte fit écho à cette passion qu’il m’offrit. Une petite voix tambourinait inlassablement dans ma tête, me mettant en garde que mon passé récent m’avait brisée et que je devais rester seulement l’Asarienne prédatrice et croqueuse d’hommes que je savais être auprès des hommes. Mais je ne le désirai pas… pas avec lui. Pourtant j’avais souffert. Cette toute petite partie de moi que j’étouffai sous des sourires séducteurs et des paroles charmeuses pour ne pas laisser entrevoir cette faille. J’étais fille d’un Ancien. J’avais été éduquée dans l’esprit de tout jeune Asarien : supérieure aux humains et à tous ceux qui ne seraient pas de mon niveau. Pourtant, ma vie avait été bouleversée par la présence d’un esclave que j’avais cru pouvoir aider en lui offrant une quasi liberté mais cela n’avait pas suffi à le protéger de mon entourage et de ma propre nature.

Lorsque mon cavalier se recula de moi, je sentis comme un manque sur mes lèvres. De retour à la réalité, je venais d’entendre les dernières notes de musique qui s’achevaient lentement. Mais ni lui ni moi, nous semblions désirer le fait de nous séparer. Ses bras m’enveloppaient, et pour la première fois depuis très longtemps, j’étais bien, là, blottie contre un homme. Son murmure acheva ma raison pour ne laisser parler que mon envie. Je glissais alors mon bras sous le sien.

- Venez, accompagnez-moi s’il vous plait. Nous serons bien mieux dans un endroit plus intime, loin de tous ces badauds qui nous observent. Non pas que je ne sois pas habituée à tout cela mais j’aime aussi pouvoir profité de moments plus privés.

Il me laissa le guider vers le fond de la salle qui donnait sur un petit couloir. Derrière le comptoir entrain de s’amuser à épater de jeunes demoiselles avec la création de ses cocktails vertigineux, mon frère remarqua mon éloignement. D’un signe de tête, il me souhaita bonne nuit et j’en fis tout autant à voir les petites abeilles qui tournaient autour de lui comme du miel. Entrainant Aaron loin du brouhaha du Club, nous bifurquâmes  sur notre gauche pour arriver devant un autre agent de sécurité qui nous salua. Derrière l’immense silhouette de cet homme en costard-cravate, se dressait un petit ascenseur privé. La porte coulissa dès notre arrivée.

- Cet ascenseur dessert les étages supérieurs du Diamond : en l’occurrence mon appartement et celui de mon frère ainé. Nous avons chacun le nôtre.

Arrivés à l’étage supérieur, je glissais une carte magnétique dans  un petit boitier mural qui ouvrit la porte d’entrée de mon jardin personnel.

- Je vous en prie, entrez Aaron.

J’effleurai un autre petit panneau mural près de l’entrée et la lumière éclaira le vestibule qui donnait directement vers mon grand salon. Un canapé en cuir trônait près de la baie vitrée. La pièce était séparée en deux partie grace à la disposition des meubles : d’un côté, le coin repas et détente, de l’autre le coin pour diner.

- Il n’y a personne ici à part nous deux …

Mon explication avait tout lieu d’un aveu pour me défendre qu’il n’y avait ni domestique, ni esclave qui vivait sous le même toit que moi. Si mon frère Casey aimait avoir des esclaves humaines à son service, mon expérience m’avait laissée un gout amer ce qui ne plaisait pas particulièrement à mon frère. Je me retournais vers mon invité, m’approchant de lui tout doucement, démarche gracieuse qui faisait onduler l’étoffe de ma robe de soirée.

- Vous pouvez vous mettre à l’aise…

Mes mains glissèrent contre le tissu de sa chemise, remontant sur son torse dont je sentais la chaleur se répandre sur mes paumes, jusqu’à ses épaules pour le délester habilement de sa veste que je plaçais sur le dossier d’une chaise pour revenir auprès de lui. Je baissais mes yeux, suivant le mouvement de mes doigts qui jouaient et s’attardaient sur les boutons de sa chemise. Le premier céda, puis le second avant que je ne brise ce silence brulant entre nous et que je plonge de nouveaux mes prunelles ambrées dans les siennes.

- Embrassez-moi.




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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: (Terminé) Un salaud ordinaire ou un collaborateur exemplaire ? Pv Jessica   Dim 9 Fév - 22:10

Je m'étais laissé guider sans résistance, un peu étourdi par la chaleur ambiante et les cocktails que j'avais absorbé mais surtout quelque peu grisé par la présence de Jessica à mes côtés. Cette femme qui avait bien des hommes à ses pieds sans doute, avait jeté son dévolu sur moi et ce soir j'étais simplement un homme avec ses faiblesse, un homme qui se sentait flatté d'être distingué parmi les autres, choisi par celle que bien d'autres convoitaient. J'aurai bien le temps, demain de rire de ma fatuité et de mes illusions lorsqu'elles se seraient envolées. Ce soir j'étais celui qui partagerait la nuit de la reine des nuits asariennes. J'avais à peine tiqué en passant devant le bar derrière lequel un homme séduisant lui avait dédié un regard en coin, un regard entendu. Bien sûr je ne devais pas être le premier que cet homme voyait monter dans les appartements privés de sa soeur, car oui, j'avais reconnu le frère tout aussi célèbre que Jessica, dont l'image s'étalait dans la presse people, souvent légendée comme "le gardien des nuits branchées asariennes". Je me souciais comme d'une guigne de ce qu'il pouvait en penser. Jessica et moi étions deux adultes consentants et j'étais certainement celui qui laisserait le plus d'illusions dans l'aventure mais j'étais absolument sous le charme de mon hôtesse qui n'était pas en reste d'attentions à mon égard. J'étais, par ailleurs, sensible à la marque de confiance qu'elle me donnait en m'invitant dans ses appartements. Même s'il y avait peu de risques que cela se retourne contre elle, l'influence de la famille Warner dissuadant sans aucun doute toute velléité d'utilisation malencontreuse de ce privilège . C'était plus le fait qu'elle m'ouvre la porte de son univers privé qui me touchait.

Les lieux étaient à l'image du club concernant la sophistication mais surtout en accord avec la maîtresse de maison, raffinés mais sans ostentation exagérée et de très bon goût. Tout le mobilier reflétait l'élégance affichée de la propriétaire. J'avais à peine eu le temps de rattraper ma veste sur la banquette du club et de l'enfiler avant qu'elle ne m'entraine dans son sillage voluptueux mais je ne la gardai pas longtemps sur les épaules sitôt le seuil de son appartement franchi. J'étais peu loquace pour le moment, encore sous le choc de l'enchainement d'émotions qui m'avait mené jusqu'ici. Je me laissais porter et je ne manifestai pas davantage de résistance lorsqu'elle me débarrassa de ma veste de costume et commença à défaire les boutons de ma chemise après avoir promené ses mains fines sur mon torse.

J'avais juste acquiescé avec un soulagement discret lorsqu'elle avait précisé que nous étions complètement seuls, c'est à dire hors la présence de serviteurs. J'étais quelqu'un de très paradoxal, tantôt réfléchi et pragmatique, tantôt enflammé et passionné mais s'il demeurait une constante à mon caractère en toute occasion, c'était bien la pudeur. Ma passion ne s'exprimait que rarement en public même pour des sujets bien plus raisonnables que ce qui allait advenir entre nous. Tous mes engagements, et pour cause, se faisaient sous le sceau du secret, de l'intimité. Bien peu de personnes pouvaient se vanter de connaître ma vraie nature, le vrai Aaron. Je préférais que la nuit que nous allions partager le soit dans une totale intimité. J'y voyais comme une invitation à laisser paraître ma vraie personnalité mais aussi un danger bien réel de baisser trop la garde mis en confiance par cette intimité totale. Pourtant le désir et la promesse des plaisirs que nous pouvions nous donner, cette indicible vulnérabilité que je sentais chez Jessica, vinrent à bout de mes dernières réticences. Je percevais derrière ce qui aurait pu passer pour un ordre, une supplique, une envie farouche de combler une solitude qui faisait écho à la mienne et au delà de cela peut-être bien un léger tremblement, une peur sourde de souffrir à nouveau. Mais je n'avais aucune envie de faire du mal à Jessica. Bien au contraire. Et je comptais bien lui montrer tout le bien que je lui voulais.

J'obéis à sa requête sans l'ombre d'une hésitation, faisant glisser mes doigts sur ses épaules pour tester la résistance de la magnifique robe rouge et jouer encore un peu à deviner ses courbes sous l'étoffe écarlate. Je pris ses lèvres tandis que mes mains cherchaient déjà à avoir plus. Le canapé semblait nous tendre les bras mais je voulais qu'elle découvre debout contre mon corps la force de mon désir et je l'attirai d'une main plaquée sur le bas de son dos tandis que l'autre s’ingéniait à explorer la peau nue de celui-ci. Le contact me procura un frisson encore intensifié par la douce caresse de ses lèvres tandis que notre baiser devenait plus ardent par le jeu de nos langues audacieuses.


HRP:
 









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