Que la partie commence! (pv Aaron)

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Edouard Ravenwood
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MessageSujet: Que la partie commence! (pv Aaron)   Jeu 14 Aoû - 23:55

( Avec l'accord du joueur je prend les traits de la petite Audrey Anders pour le déroulement de ce rp)


Là, déambulant comme une âme en peine, attirant les regards des passants mais pas assez pour que ceux ci prennent le temps de l'arrêt sur leurs temps personnel, marchait une petite fille dont les joues étaient rougies par le sillon des larmes. Sanglotante, gémissante, déboussolée, ne cessant de se frotter le visage avec ses petites mains, le nez morveux. Voilà comme se trouvait la petite Audrey Anders en cet instant. Malheureuse enfant humaine perdue dans la grande cité d'Asaria. Par moment son regard apeuré se posait sur les environs immenses se dressant tout autours d'elle. Comment aurait elle pu s'y retrouver et que cherchait elle en particulier. Nous aurions pu le savoir si quelqu'un avait pris la peine de s'arrêter et lui poser la question. Et encore, peut être par peur aurait elle cherchée à s'enfuir devant la présence d'un parfait inconnu, car après tout, ne lui avait on pas assez souvent dit et répété "qu'il ne faut jamais parler à des inconnus"... Mais la situation semblait particulière et donc demandait des réactions particulières.

Mais pour l'heure elle avait cessé sa marche, le frottant nerveusement le pied contre sa petite jambe rosée, ses mains avaient abandonné l'épongement frénétique de ces joues pour venir tortiller le bas de son haut, ses petits doigts resserrant le morceau de tissus comme si sa vie en dépendait. Son regard fuyant et embué de larmes cherchait çà et là un point de repère, un point qui lui permettrait de s'orienter. Soudain, comme répondant aux prières intérieures de la petite demoiselle, son visage se mis à briller, quelque chose avait retenu son attention et brusquement elle ne s'était pas mise à marcher, mais à courir. Brouillant sa vision, les larmes n'avaient pour autant cessé de couler traçant sur le sol à l'instar du petit poucet, un chemin derrière elle. C'est alors que pour la première fois depuis le début de la journée la petite fît entendre sa voix...


- Aaron...Aaron...

Un prénom. Un prénom qu'elle avait eu du mal à articuler tant les émotions étaient coincées dans sa gorge. La détresse, la tristesse, le chagrin. Tant de sentiments chargés de négativité dans un si petit corps s'en était à ce demander ce qui avait bien pu lui arriver... Mais une chose était sûre, elle avait reconnu le chemin menant vers celui qu'elle cherchait désespérément à retrouver. Tant et si bien, qu'elle ne se rendit pas compte du défaut sur la chaussée. Se sentant tomber, son premier réflexe avait été de placer ses mains vers l'avant dans l'espoir de se protéger des conséquences de cette malheureuse chute. Pourtant elle sentit sa tête de cogner contre le sol froid du trottoir, tout comme elle ressentit la douleur au niveau de ses poignets lors de l'impact... Désormais au sol, mais ne cessant toujours pas de pleurer, le visage blottit contre ses bras, elle n'avait eu de cesse d'appeler...

- Aaron...Aaron...


Pathétique tableau n'est il pas? Digne des contes d'Andersen...Et pourtant personne, mis à par vous et moi, n'aurait pu s'imaginer que devant ce spectacle, se tramait la plus sadique des mise en scène mais aussi le plus amusant des jeux ayant émergé dans mon esprit d'Ancien....
***

Depuis plusieurs semaines maintenant mon esprit était concentré sur la taupe existante au centre de recherche. J'avais dans un premier temps pris la liste des scientifiques travaillant le jour du sauvetage de l'hybride que j'avais ensuite recoupée avec la liste des scientifiques travaillant encore au centre. J'avais alors fait rejaillir certains noms chez lesquels je m'étais rendu pour obtenir d'éventuelles informations. Cependant contrairement à certains qui auraient probablement fracasser la porte et obtenu leurs réponses par la force, je préférai jouer la carte de la subtilité, gagner dans un premier temps la confiance de mes "victimes" pour ensuite pratiquer sur eux une technique que j'avais mise au point depuis peu mais qui s'était révélée fort intéressante. Bien sûr malgré les préparatifs mise en place avant d'agir, mes premières recherches n'avaient pas été couronné de succès, bien au contraire. Si la technique fonctionnait, les renseignements dont j'avais pris connaissance n'avaient rien de bien pertinent ni de révélateur dans notre affaire. Un par un, les noms avait été rayé de ma liste.

Aaron Williams était le nom suivant sur ma liste, aussi m'étais je mis à la recherche de détails qui m'auraient permis d'entrer dans son monde sans pour autant qu'il se braque. Mes archives personnelles ne m'apprirent rien de bien particulier sur le jeune homme. Célibataire, solitaire dans l'âme mais aurait probablement des sentiments pour une certaine Jessica Warner. Rien de bien intéressant pour satisfaire mon envie de m'amuser. Jusqu'à ce que je trouve une corde avec laquelle je pourrais le faire vibrer. Travaillant avec lui se trouvait une humaine, Leana Anders, mère d'une petite fille, Audrey Anders. J'admet qu'à cet instant je n'avais pu m'empêcher de retenir un sourire.

***

Désormais sous les traits de la petite Audrey, j'étais allongé sur le sol. Avec la force d'une enfant je tentais de me remettre sur pied, n'arrivant qu'avec peine à me retrouver sur les genoux. Mes tresses, probablement faites par ma "mère" ce matin pendait le long de mon visage tandis que mes yeux bleues, visés sur le sol n'arrivait pas à se détacher du bitume. Comment le corps d'un si petit être pouvait il être aussi difficile à manipuler? Sous ma réelle apparence j'avais pourtant le physique d'un gamin de 13 ans et pourtant je ne rencontrais pas autant de problème... Les filles étaient de toute évidence de constitution bien plus fragile que celle des garçons...

Me redressant temps bien que mal sur mes jambes, mes mains légèrement écorchées par la chute laissaient entrevoir des traces de sang. Pour rendre le personnage plus crédible je n'avais certainement rien laissé au hasard. Mes vêtements et mon visage salis, mes genoux et mes mains écorchés. J'avais oublié que les êtres humains étaient des créatures bien plus chétif que les Asariens. Un rien pouvaient les faire saigner. Oh certes, il en valait de même avec les Asariens puisque nos corps étaient de même composition, mais le SEER nous avait physiquement rendu plus fort, avec une capacité de régénération hors du commun. Nous pouvions mourir puisque nul n'est immortel, mais nous pouvions survivre plus facilement à des blessures qui auraient en temps normal tué un être humain. Alors se retrouver dans cette situation de faiblesse, dans ce corps enfantin et fragile me rappela l'espace d'un instant mes origines premières... Toutefois le temps n'étaient plus à la rétrospection car je te tardais pas à voir arriver la raison de ma présence en cet endroit...La villa Williams...
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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Mer 24 Sep - 18:21



Je jetai un regard à la fenêtre de ma chambre et il me sembla que le ciel plombé que j’apercevais à travers le Dôme était au diapason de l'avenir qui se dessinait pour moi : sombre, chaotique et plutôt réduit. Me détournant de la menace météo, je sortis un sac de mon armoire et entrepris d'y réunir un nécessaire de survie en milieu extérieur. Je me souvenais avec attendrissement qu'il y avait peu, je préparais cela pour Héméra. Il allait me falloir un peu plus d'équipement qu'elle pour affronter ce à quoi je pensais. J'avais privilégié les vêtements épais et opaques pour la journée. Je passai dans la réserve de la maison familiale pour y ajouter diverses conserves et des bouteilles d'eau, puis dans mon petit laboratoire personnel, contigu à ma chambre, j'ajoutai une trousse de premiers soins, un kit anti venin. Le Blood healer nous guérissait de presque tout mais parfois un petit coup de pouce accélérait le processus. Bien que les bionanites présentes dans mon sang me rendent également plus résistant aux maladies et blessures, je ne laissai rien au hasard. Je pris aussi des unités de charge pour mon gsm. Si je devais me terrer quelque part loin de toute civilisation, je risquais de ne pas trouver de prise de courant à disposition.

Quand j'eus finis de prendre quelques outils divers, mon sac pesait bien dans les 60 kgs. Pourtant, je le soulevai comme s'il n'avait pas été plus lourd que le sac à dos de ma jeune amie. Je voulais éviter de croiser mes parents. Je ne voulais pas les inquiéter. Papa, c'était facile: il était allongé dans une chaise longue sur la pelouse , en train de faire la sieste. Il ne tarderait pas à en être tiré par le bruit de l'orage qui approchait et tambourinerait bientôt sur le dôme transparent. Les orages étaient aussi rares que violents au dessus d'Asaria mais selon les livres les plus tardifs ayant suivi la pluie de feu, c'était un privilège, le reste du globe étant soumis à une fournaise balayée de vents violents. Je grimaçai d’inquiétude en songeant au dôme de la division humaine au dessus du bidonville. Combien de temps résisterait-il aux intempéries, aux variations de température ? Je résolus donc de passer par la porte de service, mais je devais me méfier tout autant de maman qui ne devait pas me voir quitter la maison avec un sac aussi volumineux. Fort heureusement, le chemin jusqu'au sous-sol de la villa était libre et j'allais pouvoir rentrer ma voiture pour charger discrètement le sac dans le petit coffre de ce modèle coupé. Je pris l'escalier qui y descendait , mon gros sac sur le dos, puis je le planquais dans un coin du garage. Sortant par le portail coulissant, je me dirigeai vers la rue latérale à notre maison pour rentrer ma voiture. Une fois le sac chargé à l'abri des regards, je pris le temps de vérifier la pression des pneus histoire de justifier la manœuvre si on me demandait puis je  la garai à nouveau à sa place.

C'est en descendant de voiture et après avoir claqué la portière que je fronçai les sourcils. Il me semblait avoir entendu un appel. Faible, ténu, mais insistant. Je m’immobilisai, les sens en alerte. Je regardai d'un côté puis de l'autre de la rue, mais celle-ci était déserte. Le cri que j'avais entendu venait peut-être de la rue qui passait devant la maison. Je tiquai. Si je passais devant la maison, Papa me verrait. Mais alors que mon regard se portait vers l'intersection et s'y attardait, je reconnus la silhouette qui avançait semblant ne pas me voir mais fixant la villa familiale... Audrey ! Je m'attendais à voir surgir non loin derrière, Leana et peut-être Dylan. Mais il n'y avait personne. Depuis combien de temps remontait-elle la rue perpendiculaire à celle où j'avais stationné ma voiture ? Qu'avait-elle vu ? J'étais à la fois content de voir ma jeune amie mais contrarié qu'elle arrive au moment où je faisais quelque chose qui devait passer inaperçu. Heureusement que j'avais poussé le portail coulissant avant de charger le sac. Mais Audrey ne semblait même pas m'avoir vu. Je remontai à mon tour la rue jusqu'au croisement mais tandis que je me rapprochai de la fillette , mon cœur s’accélérait. Ses traits se dessinaient déjà plus nettement et je pouvais lire le désarroi et la panique sur le petit visage, voir les larmes qui l'inondaient, le désordre de la tenue et la peau écorchée sur les jambes . Je me mis à courir dans sa direction.

- Audrey ! Audrey !


Elles sembla réagir à mes signes et mes appels . Arrivé à sa hauteur, je m'accroupis et la pris par les épaules, écartant des mèches de cheveux collées sur sa joue, tant par les larmes que par la morve.

- Audrey ! Ma puce ! Que se passe-t-il ? Tu es tombée ? Où est maman ? Tu t'es éloignée et tu t'es perdue ? Vous étiez venues au grand parc ?


Il y avait un très joli parc à disposition des résidents et il m'était arrivé de proposer un pique-nique à mes deux amies dans cet endroit qu'affectionnaient beaucoup les enfants du quartier. Bien sûr, il était réservé aux Asariens, mais j'étais suffisamment connu de mes voisins pour qu'ils ne s'interrogent pas sur la question. Elles étaient avec moi, donc forcément Asariennes. Sans doute pensaient-ils que c'était une de mes conquêtes. Je m'en foutais un peu. Je ne voyais que le plaisir d'Audrey de pouvoir jouer à des jeux extérieurs sympathiques avec d'autres enfants. Leana était plus angoissée que sa fille et redoutait toujours qu'elle se blesse, dévoilant ainsi sa vraie nature aux autres enfants. Il me paraissait étonnant qu'elle s'y soit risquée avec sa fille sans moi mais peut-être que c'était précisément pour cela qu'Audrey était dans cet état. Elles auraient été "repérées" par d'autres promeneurs et Leana prise à partie possiblement. Audrey, affolée, aurait pu réussir à s'échapper et s'enfuir pour venir chercher ma protection. Je la serrai contre moi pour la rassurer et calmer ses sanglots.

- Ça va aller ma chérie. On va aller voir ma maman. Elle te mettra des pansements et tu auras même droit à une bon goûter, j'en suis certain. Et moi, pendant ce temps j'appellerai la tienne .

Tout en murmurant doucement ces mot, j'avais fixé Audrey dans les yeux essayant de capter son attention pour l'apaiser. En général le regard quasi hypnotique que me conférait ma double nature marchait toujours bien sur les enfants, particulièrement ma jeune amie. Il n'eut aucun effet sur elle cette fois-ci . Décontenancé, je me dis qu'elle devait vraiment être affolée pour y être insensible et cela m'inquiéta grandement.

- Audrey ... Audrey ... Calme-toi... C'est moi, Aaron ... Ton ami...










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Edouard Ravenwood
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Jeu 23 Oct - 23:47

Immobile sur mes petites jambes, des mèches de cheveux collées au visage, je n'avais plus eu la force de faire un pas de supplémentaire. Je sentais d'ailleurs mes jambes qui commençaient à se dérober sous le poids de mon petit corps. Cependant il fallait que je tienne bon, que je me dresse autant que je le pouvais pour que celui que je cherche ne m'aperçoive et je vienne vers moi. Mes genoux tremblaient et me faisaient mal. La douleur de ma chute était gravée sur ma peaux, le sang révélant les endroits où mon épiderme avait souffert. Hoquetante, je balançais mon regard ça et là dans l'espoir de trouver celui que je cherchais désespérément. Mais comment y voir clair lorsque vos yeux, brouillés par les larmes, n'arrivent qu'à reconnaître des formes? Toutes ces maisons se ressemblaient dans de pareille condition. J'aurais de nouveau voulu crier, tenter de l'appeler, mais en vain. L'émotion était telle que ma voix semblait être coincé au fond de ma gorge, articuler était un luxe que je ne possédais plus noyé par des sanglots que je n'arrivais plus à contrôler...

C'est alors que je vis une forme au loin semblant se diriger dans ma direction. Etait ce lui? l'avais je enfin retrouvé, ou plutôt m'avait il enfin aperçu. Séchant mes yeux du revers de mes mains, ma vue ne fît plus nette et je pu enfin distinguer celui qui venait à moi. Oui, c'était bien lui ! Aaron avait fini par me retrouver et si au départ il marchait lentement dans ma direction, mon piteux état le fît presser le pas jusqu'à courir vers moi, tandis que ça voix m'appelait. Je l'avais enfin trouver et telle une mouche se dirigeant vers la toile de l'araignée, je n'allais pas tarder à enfin m'amuser. Intérieurement je jubilais puisque mon stratagème commençait à se mettre en place. Cependant il ne fallait pas sourire. Eviter toute expression extérieure de ma satisfaction personnelle pouvant me trahir. Il était si bienveillant à mon égard, si tendre que si j'avais eu un coeur j'en aurait presque éprouvé de la pitié. Ses mièvreries dont j'étais la cible me donnaient la nausée, mais il me fallait jouer le jeu, feindre la douleur et la tristesse pour gagner sa compassion. Pour le moment on pouvait aisément dire que c'était réussi je pense.

Me blottissant contre lui, mes petites mains s'étaient agrippées à son haut comme pour m'assurer qu'il était bien là. J'avais besoin de sentir sa présence, j'être sur que c'était bien lui, qu'il était bien ici et que j'avais réussi par le retrouver. Mes pleurs en firent ravivés d'ailleurs et enfin je laissais mes jambes gagnées par la sensation de coton se dérober sous mon poids. La pression que j'exerçais sur son haut en fût redoubler, mais c'était soit ça, soit je me bouffais une nouvelle fois le bitume. Rassemblant mes forces je trouvais enfin le courage d'ouvrir la bouche.


-C'...c'e....c'est...ma..ma..maman...

Impossible. La tristesse nouait ma gorge à telle point que je n'arrivais pas à prononcer un mot sans qu'il soit entrecoupé par mes pleurs. Aaron tenta de me rassurer pas des mots doux et réconfortant. Il tenta même de croiser mon regard après m'avoir fais lâcher son haut pour créer le contact visuel. Et pourtant ça non plus n'eut aucun effet pour me consoler. D'ailleurs cette échec sembla redoubler son inquiétude à mon égard, ce qui donnait d'avantage de force à mon interprétation. Mais il me fallait parler. Je ne pouvais rester là sans émettre le moindre son. Aussi après un silence bénéfique pour rassembler mes esprits je commençais...

- Ce matin... ma..maman est partie sans moi...Je p..pensais qu'elle serait au centre, mais en arrivant devant il...il..il y avait des militins...des milici...des gens qui montaient la garde...Et quand j'ai voulu rentrer...ils m'ont barré la route...et m'on dit de partir...et moi..et moi, tout ce que je voulais c'était voir...ma...maman....

L'explication fût ardu, entrecoupé par des inspirations nerveuses, mais j'avais enfin réussi à m'expliquer avant de fondre de nouveaux en larmes suite au refus des miliciens à me laisser rentrer au centre de recherche. Pourtant c'était un lieu qui ne m'était pas inconnu. Bon nombre de fois on m'avait vu rentré avec maman à l'intérieur et pourtant cette fois on ne voulait pas me faire rentrer...

- Papa n'est pas à la...la mai...maison... Et je ne savais pas ou aller...Alors..alors...alors j'ai pensé à ce que maman m'a dit un jour...Que si...si jamais j'étais seule...Il fallait que j'essaye de te trouver...


Une fois encore je tentais de sécher mes larmes de mes petites mains. Mes yeux étaient véritablement rougis à force d'être frotté, mais je cherchais à trouver le réconfort face à celui dont j'avais besoin de tirer les vers du nez.

- Mais...mais, je me suis perdue et puis...et puis je n'arrivais plus à me rappeler ou tu vivais...Alors j'ai cherché...cherché et puis je suis tombé...

Maintenant restait à savoir si la suite me serait favorable ou non, car après tout rien n'était moins sure et qui sais comment ce cher Aaron Williams allait réagir face à la détresse de la petite fille que j'étais...
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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Sam 22 Nov - 20:14

Audrey commençait à m'expliquer les événements qui l'avaient amenée à partir seule à la recherche de mon lieu d'habitation. Si je trouvais sa présence d'esprit admirable je n'en étais pas moins très inquiet des circonstances qui l'avaient contrainte à agir ainsi. Pour un enfant asarien, logiquement le Centre Ville et les quartiers résidentiels étaient pratiquement sans danger grâce aux patrouilles fréquentes des Miliciens qui décourageaient toute criminalité. En revanche pour un enfant Humain, il en allait tout autrement. Repéré et identifié par la Milice, il pouvait tout simplement être classé comme errant et retiré à sa famille pour être intégré au marché aux Esclaves. Sachant cela, Leana n'aurait jamais laissé sa fille à la maison seule ou lui aurait au moins transmis des instructions rassurantes par téléphone ou par digi-mémo. Un de ces gadget de Wright, un écran interactif sur lequel on pouvait écrire des messages avec un stylet ou le doigt. Nicholson en avait offert un à chaque directeur de recherche pour que "les précieux membres de la grande famille scientifique du Centre puissent communiquer avec leur famille à eux". Ce paternalisme bon enfant ne faisait plus d'effet sur moi depuis quelques années. Chez mes parents, on en était restés au bon vieux tableau en fausse ardoise avec des craies. Maman était assez désuète dans ses goûts et cela avait son charme. Cela me convenait et j'avais offert mon digi-mémo à Leana pour qu'elle puisse laisser des messages à son mari. Ils avaient tous les deux des boulots de dingue et ne faisaient que se croiser la semaine, au mieux, selon elle. Elle m'avait affirmé par la suite qu'il lui rendait de grands services...

Eh bien ce n'avait pas été le cas ce matin. Mais je connaissais trop mon amie pour en éprouver de la colère. En revanche, de l'inquiétude oui. Son départ n'avait pu être que précipité pour qu'elle laisse ainsi sa fille livrée à elle-même alors que son mari était absent. Cette absence, en revanche, ne me surprenait pas. Dylan était un vrai courant d'air. Les rares fois où je l'avais croisé, il m'avait paru très sympathique mais derrière ses sourires de façade, ses tapes sur l'épaule et son air de geek tranquille, se cachait autre chose. Mon instinct me trahissait rarement. Si Leana n'avait été une si belle femme, j'aurais penché pour une liaison, une bigamie, un truc dans le genre... Mais qui pourrait se lasser de cette femme dévouée et pleine de charme.  Bon, certains hommes étaient des enfoirés et, belle ou pas, il leur en fallait plusieurs. Si c'était ça, Dylan cachait bien son jeu. Il avait l'air très épris de sa femme.

- Maman était partie quand tu t'es réveillée, c'est ça ?  Pour les gardes devant le Centre, il ne faut pas t'inquiéter. Ils n'ont pas voulu être méchants avec toi. Ils ne font que leur travail, tu sais. Il y a des agents du Gouvernement qui mènent une enquête alors tout est interdit d'accès. Les gardes avaient des ordres.  

Je ne voulais pas inquiéter Audrey plus que de mesure. Elle était déjà suffisamment bouleversée. Je l'avais prise dans mes bras pour la porter jusqu'à la maison familiale . Je connaissais mes parents sur le bout des doigts et je savais qu'ils lui réserveraient un accueil digne des petits enfants qu'ils rêvaient d'avoir. Audrey avait en moi toute confiance, j'étais son homme idéal après Papa; le seul qui puisse égaler Papa. Le prince, le mari idéal, celui qui devait à défaut de l'épouser, faire des bébés avec Jessica. Pourtant je sentais comme une crispation chez la fillette, une réticence à passer ses bras autour de mon cou et à poser sa tête sur mon épaule. Elle était peut-être en état de choc après toutes ces émotions, ce qui pourrait expliquer cette défiance inhabituelle à mon égard.

Nous étions presque arrivés devant le portillon en bois peint qui ouvrait sur le côté du jardin sur une petite allée menant à la porte de service.









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Edouard Ravenwood
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Lun 29 Déc - 0:23

Comment pouvait on être pétris d'autant de gentillesses et de mièvreries? Le comportement douceâtre et bienveillant qu'Aaron avait à mon égard me donnait presque envie de me tirer une balle dans la tête tant nos deux mondes étaient éloignés. Il était l'incarnation du bon samaritain prêt à voler au secours du faible et de l'opprimé. Ce déballage de bon sentiments me donnaient la nausée. Mais en même temps je récoltais ce que j'avais semé et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même de me retrouver dans cette situation. C'était un cul de sac. Comment réagir maintenant? Par quel procédé faire évoluer les choses? Je peux le dire, j'étais réellement frustré de ne pouvoir agir à ma guise désormais. Coincé derrière les tresses d'une fillette insignifiante. Cependant j'avais gagné la confiance de celui que j'étais venu voir puisque sa démonstration de générosité à mon égard en était la preuve. Mais tout dans son comportement me donnait envie de lui arracher les cordes vocales à mains nues pour ne plus écouter se babillage plein de compassion.

Il se voulait réconfortant, bienveillant et à l'écoute de la petite personne que j'étais. Me parlant comme on parle à un débile, ou pour ne pas choqué les âmes sensibles, un simple d'esprit. Ces gestes étaient attentionné et je pouvais sentir le réconfort qu'il cherchait à transmettre à celle qu'il pensait que j'étais. Pourtant je ne pouvais de temps à autre retenir l'être que j'étais au plus profond de moi même. A tel point qu'au moment ou il tenta de me prendre dans ces bras, j'avais peiné à enroulé mes bras autour de son cou. Il voulait que je me repose sur lui, que j'ai confiance en lui. Cette petite Audrey voyait elle en Aaron l'homme idéal? Celui que personne ne pouvait surplomber? S'en était presque comique tant cela devenait ridicule. Si jamais la Grande Conseillère me voyait dans cette position, je suis prêt à vous parier que j'en entendrai encore parler jusqu'au prochain centenaire.

Il me fallait trouver quelque chose. Je n'avais pas joué cette petite comédie pour baisser les bras maintenant. Il était hors de question que je me sois déguisé sous les traits de cette enfant, que j'ai le visage morveux, couvert de larmes et les genoux en sang pour de clopinettes. Non! S'il me fallait encore prendre sur moi et serrer les dents, j'avais atteins mon but et avais approché le scientifique d'assez près pour pouvoir mettre mon plan en action. Faignant de vouloir m'accrocher un peu plus à lui, j'avais placé mes petites mimines du moment sur sa nuque. Il me fallait un contact direct avec la peau pour pouvoir agir comme je le voulais. Fermant les yeux, prétextant une quelconque fatigue oculaire à force d'avoir pleuré, je m'étais mis en quête des renseignements dont j'avais besoin.

La télépathie me direz vous? Trop prévisible et pourquoi aurais je pris la peine de me rapprocher d'aussi près si c'était pour tenter une infraction mentale. Non, mon procédé était invisible, indolore est surtout imparable. J'avais mis à certains temps à le concevoir et en plusieurs mois de pratiques peu de personnes avaient trouver la mort dans cette avancée pour mon expérience personnelle. Oui, je vous vois tous en train de vous demander, mais de quoi est il en train de nous parler? Qu'est ce que c'est encore que cette histoire qu'il va nous sortir? Patience, chaque choses arrivera en son temps. Et en parlant de temps, je venais enfin de mettre la main sur quelque chose d'intéressant concernant notre petit Aaron.

Mes paupières s'ouvrirent brusquement laissant apparaître une flamme dans ce regard qui bien souvent était vide de toute expression. Mais là, c'était trop beau, j'avais trouvé quelque chose de réellement précieux et cette asarien plein de tendresse venait de me faire le plus merveilleux de tous les présents. Mes recherches m'avaient finalement trouvé vers cette perle que j'avais cherché si désespérément. Je ne pu réfréner un sourire sur mon visage. Mais il était encore trop tôt pour faire tomber les masques, pas tout de suite, pas maintenant. Pourtant j'étais dans un tel état de jubilation que je du me faire violence. Serrant le col de sa chemise de toute mes forces, j'utilisais cet exutoire pour ne pas craquer. Dans d'autres circonstance j'aurais gardé mon sang froid, mais mon naturel joueur s'était répandu dans tout mon être. Et pour toute réponse face à ce qu'il venait de m'offrir, je lui murmurai à l'oreille...


- Merci Aaron...

Désormais le jeu du chat et de la souris pouvait commencer. Désormais j'allais vraiment pouvoir m'amuser avec celui que j'étais venu voir et qui m'avait accueilli à bras ouvert sans se douter de la menace qu'il venait de faire rentrer dans son monde. Mais il me fallait un élément déclencheur. Quelque chose qui allait lancer l'action entre nous deux. Aussi alors qu'il se dirigeait vers un portillon en bois, le temps sembla ralentir, autour de nous. Les oiseaux volaient plus lentement, leurs mouvements étaient comme freinés. Même les bruits alentours semblaient avoir changé d'octaves. Plus graves que d'habitudes. Simulant la surprise et la peur, ma petite tête s'était redressée face à ces éléments nouveaux...

- Aaron? Qu'est ce qui se passe? J... J'ai peur...

Je n'étais pas aller jusqu'au bout de mon expérience et je savais que j'aurais d'autres choses à apprendre de lui. Je m'étais simplement arrêté à un détail, le détail qui allait faire toute la différence: Aaron était un pacificateur...
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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Ven 20 Fév - 22:06

Papa était sur la pelouse, dans sa chaise longue comme je l'avais supposé. Tout ce que j'avais prévu se passait dans le monde simple et ordonné de mes parents. Lequel était aux antipodes du mien. Pourtant il semblait à présent que les deux se télescopaient. Pourquoi Audrey me disait-elle avoir peur et pourquoi mon instinct était-il en éveil comme jamais ? Celui du loup. Pourquoi enfin tout paraissait-il se dérouler au ralenti ? Même la vision de maman sortant dans le jardin et me demandant:

- Qui est cette petite ? Qu'elle est mignonne ! Mais elle est blessée ! Où l'as-tu trouvé Aaron ? Je vais chercher la trousse de secours !


Sa voix au début déformée comme un fichier son qu'on mixe au ralenti revint un moment au naturel.

- C'est Audrey Anders, la fille d'une de mes collègues de travail. Leana... J'ai sans doute du évoquer ce nom devant vous Mère ?


Je regardais maman repartir vers la maison après un hochement de tête entendu, tandis que papa se levait pour s'enquérir de ce qui se passait dans son jardin.

- Mon fils, il va falloir qu'on parle ! Si tu es le père de cette petite ...

- Père, absolument pas! Considérez son âge...


- Je le considère et c'est bien pour cela que j'évalue sa naissance à l'époque où tu avais des poussées de testostérone irréfléchies !


- Père, elles le sont par définition !

- Ne m'embrouille pas avec tes théories scientifiques ! Si tu es le père, tu dois assumer.


- Mais je ne suis pas son père ! Enfin! Léana est mon amie !

Le retour de maman me permit d'échapper à un malaise certain. Elle prit Audrey dans ses bras avec le naturel propre à une mère et l'installa sur la chaise longue de papa. Elle ausculta les jambes aux genoux écorchés, les plia et déplia plusieurs fois en s'inquiétant auprès d'Audrey " Et là ?  Tu as mal ?". Elle sortit une panoplie de pansements et fit choisir à Audrey les figurines qu'elle préférait. J'avais honte de ce déballage de prévenance qui témoignait trop de celle dont j'avais été l'objet et ce devant les yeux d'une fillette humaine. Audrey m'aimait et je ne voulais pas qu'elle me méprise comme le nanti que je n'aurais jamais voulu être et que j'étais pourtant. De plus j'avais l'échéance de la Réunion du Grand Conseil qui se profilait à l'horizon. Je devais rapidement couper tout contact avec les miens . Mon passage chez mes parents était un dernier privilège que je m'étais octroyé avant de franchir le pas et je mesurais combien il les mettait en danger. L'arrivée d'Audrey, provoquée par une détresse bien compréhensible, n'en tombait pas moins mal. J'avais croisé Dylan, son père, la veille au soir et je ne pouvais m'empêcher de trouver inquiétant de voir sa fille débarquer chez moi dans cet état d'affolement. Mais ce n'était qu'une petite fille et je devais lui dissimuler mes propres angoisses pour ne pas ajouter aux siennes. J’espérais seulement que Dylan, ou sa femme, mon amie Leana, n'avaient pas d'ennuis parce qu'il avait accepté de m'aider à entrer dans la Tour Gouvernementale. Je devais y aller, je devais le faire, quoi qu'il advienne.

Tandis qu'Audrey se débattait gentiment avec le dévouement de maman, je la fixai et essayai de comprendre. Pourquoi tous les sens du loup en moi me disaient-ils que quelque chose ne tournait pas rond ? Qu'était-il arrivé à Leana et Dylan? Qui était réellement ce père de famille? Qui était cet homme ? Je fus tiré de mes réflexions par la voix de ma mère.

- N'est ce pas qu'elle va gouter avec nous ? C'est l'heure où ton père prend son thé et j'ai fait des muffins !


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Edouard Ravenwood
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Mer 10 Juin - 23:38

Mais dans quoi m'étais je embarqué. Tant de niaiseries et de d'échanges inutiles me donnaient envie de m'arracher le cœur. Toutes ces douceurs étaient insupportables et pas un seul instant, je dois bien l'avouer je ne m'étais douté que les événements allaient prendre une telle ampleur. Partout où se posait mon regard d'enfant je ne voyais que sourires bienveillants à mon égard et moultes attentions pour l'être que je prétendais être. Était il possible d'être tout miel tout le temps? Était ce l'effet de voir une enfant qui rendait ces gens plus gâteux qu'ils ne semblaient déjà l'être? Les tuer aurait été si aisé et cela aurait enfin mis fin à mon supplice auditif.

Moi qui d'habitude faisait preuve d'une certaine patience j'en étais pourtant venu à serrer mon petit poing pour ne pas exploser. Il fallait tenir, rester concentré et continuer de sourire. Mais j'avais beau être un Ancien j'avais moi même mes propres limites et ces dernières avaient largement été entamées depuis plusieurs minutes maintenant. D'un côté j'avais un père et un fils qui conversait sur l'éventuelle paternité et de l'autre un petit bout de bonne femme probablement frustrée de ne toujours pas avoir eu de petite fille à choyer qui avait jeté son dévolu sur moi... Comment ne pas craquer après tout ça? Le visage apeurée de tout à l'heure avait disparut et comme faignant la mise en confiance je tentais comme je le pouvais d'adresser à l'assemblé un sourire. Mais ne pouvaient ils pas entendre mes hurlements intérieurs.

Et soudain ce fût l'attention de trop. Une parole qui se voulait bienveillante et qui pourtant venait de déchirer le voile de patience qui restait encore en moi. Un simple claquement de doigt raisonna l'espace d'un instant dans l'air et tout à coup, plus un bruit. Le monde semblait être devenu totalement silencieux. Mais à bien y regarder c'était plus complexe que cela. Autours d'Aaron et moi même les choses s'étaient figées. Dans le ciel les oiseaux semblaient épinglés, immobiles et coupés dans leur élan. Sur le visage de son père, un regard soucieux et patriarcale alors que sa mère avait toujours ce sourire qui me donnait littéralement envie de lui arracher les lèvres pour qu'elle arrête. Poupées de cire coincé dans la courbe du temps qui venait de s'arrêter. Satisfait je laissais échapper un soupir de soulagement...
- Mais comment peux tu supporter un tel étalage de bon sentiments? C'en est vraiment écœurant. Tant d'attentions, tant de dévotions.

De moi même j'avais décidé de faire tomber le masque. Elle était loin la petite Audrey pitoyable et pleurnicharde. Désormais c'était une petite fille au regard malicieux qui se dressait devant Aaron. Sortant de la chaise longue dans laquelle on m'avait placé précédemment j'en étais venu à m'étirer comme si de rien n'était. Sans réellement me soucier de celui qui se tenait à quelques mètres de moi. J'avais toujours cette désagréable sensation de gentillesse qui, comme une odeur infect, me coulait à la peau. Respirant l'une de mes manches je mimais la nausée tellement ces mièvreries m'était insupportable. Cette petite comédie avait été divertissante mais maintenant j'avais envie de passer à l'action et de jouer avec le jeune homme. Lui faisant alors face du haut de ma taille enfantine, j'avais saisi les bords de ma petite robe et lentement fît une révérence en signe d'un respect illusoire.

- Bonjour Aaron, je suis Audrey Anders. Ravie de pouvoir enfin faire ta connaissance.

J'avais poussé le vice en lui adressant un sourire de côté comme l'aurait fait n'importe quelle petite fille. Cette situation dans laquelle nous nous trouvions faisait vibrer tout mon être. Je sentais mon sang bouillonner de plaisir face au sentiment d'incompréhension qui, l'espace d'un instant avait traverser la prunelle du jeune homme. C'était un véritable régale et il je comptais bien faire durer ce plaisir encore un moment. Je désirais voir la détresse à venir, sentir cette impuissance qui naîtrait dans son esprit et son corps. Le voir à genoux face à ses faiblesses. Et enfin, lui porter le coup de grâce. Tellement de possibilités, tellement d'options et malheureusement juste un seul Aaron pour toute les appliquer.

Mais pour l'instant je devais me focaliser sur mon jouet. Me balançant d'avant en arrière, les mains dans le dos je continuais de jouer la carte de l'enfant innocente et naïve. Puis je repris la parole.

- Joues avec moi....Pacificateurs?

M'étant l'accent sur le dernier mot, je laissais échapper un petit gloussement amusé. J'étais l'incarnation parfaite des enfants des films d'horreurs dont on ne se méfie que trop tard, lorsque l'on se rend compte qu'ils sont les coupables.

- Et qui sait, peut être sera tu en mesure de venir en aide à tes "adorables parents"...

Mes pas m'avaient conduit près de celle qui, il y a peu encore, proposait de prendre un goûter. Laissant glisser mes doigts sur son corps figé, me servant d'elle comme d'un poteau, je contemplais l'impact de mes actions sur mon interlocuteur. Lui tendant une main amicale, une lueur assassine traversa mon regard tandis que mes ongles se mirent à s'allonger pour former des griffes...


- Allez! On joue à chat!
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Lun 28 Sep - 19:13

Effectivement, il y avait bien quelque chose qui clochait mais ce quelque chose n'était pas forcément à chercher si loin et ne concernait pas directement Leana ou Dylan. Je plissai les yeux, incrédule lorsque j'entendis la voix innocente d'Audrey vriller et prendre une tonalité entre hystérie et incantation. Quelque chose avait changé. Il me fallut un quart de seconde pour saisir quoi. J'étais tout d'abord trop interpellé par les propos de ma jeune amie. Si j'envisageai furtivement qu'un choc à la tête ait pu lui faire perdre le sens des réalités, cette hypothèse fut éphémère. Je perçus rapidement l'immobilité de notre environnement, mes parents, les voitures dans la rue, les oiseaux volant sous les Dômes. Seule Audrey se mouvait dans ce décor figé et ... moi. Je compris immédiatement que j'étais confronté à un être capable de figer le temps. Ce don, même s'il était peu répandu, se trouvait parmi les Anciens, ou certains 2nde génération très puissants. Je fronçais les sourcils. Audrey ne correspondait à aucun des deux groupes. Elle était humaine, née de mère et de père humains. Je secouai la tête, atterré, comprenant que la fillette était probablement manipulée par un télépathe.

- Audrey, c'est moi ! C'est Aaron. Je sais que tu n'as pas le contrôle de tes paroles ...

Ce télépathe l'avait peut-être enlevé dans le but d'en faire son jouet ou de tester le lien que j'entretenais avec les Anders. Pourtant cette autre hypothèse s'effondra elle aussi lorsque je vis cette enfant que je connaissais depuis sa naissance se rapprocher de maman avec un rictus malsain et enrouler sa jambe autour de ma mère immobile. Sa petite main gracile se transforma en une griffe hideuse. En l'espace de quelques secondes je saisis alors la situation et mon animorphisme se déclencha tandis que je grognais en me transformant.

- Non, on va plutôt jouer à loup, Démon !

J'avais compris qu'il ne s'agissait pas d'Audrey en face de moi, mais bel et bien d'un être doué d'anamorphose. Cela n'en était pas moins traumatisant de devoir sauter sous ma forme animale sur cette fillette dont l'apparence m'était "familière" et qui menaçait d'égorger ma mère.
Le loup fauve s'élança en direction de la fillette, espérant la plaquer au sol en posant ses pattes sur les frêles épaules. L'Homme en moi était très mal à l'aise face à cette action d'agresser une enfant qu'il aimait mais l'animal, lui, ne s'y trompait pas. Pourtant sa loyauté et sa trop grande confiance, ajoutées à mon analyse trop primaire de la situation me faisaient courir à un piège certain. J'en pris conscience au moment où mes pattes se posèrent sur les épaules d' "Audrey", peut-être trop tard...









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Edouard Ravenwood
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Dim 29 Nov - 22:06

La partie venait de commencer. Quelle ne fût pas ma satisfaction lorsque je vis le visage de mon interlocuteur pâlir face à mon changement de comportement. La surprise avait pris possession de son visage lorsque la vie autours de nous s'était figée. Rien n'existait désormais à pour lui et moi. Il me paraissait inutile que l'on détruise le quartier pour un simple petit jeu de chat et de souris. Plus encore je ne tenais par spécialement à attirer l'attention d'éventuels curieux et encore moins celui du Gouvernement. Il était certaines distractions que j'aimais m'offrir sans que les grosses têtes en charge de la cité ne soient forcément mis au courant de la vérité sur mes actions. Créer des dimensions coupés de l'espace et du temps furent le résultat de divers expériences passée. Lorsque, à la belle époque de l'éveil de mes dons je m'étais mis à les pratiquer. Cherchant toujours de nouvelles manières de les exploiter individuellement. Puis un jour j'eu l'idée de tenter l'expérience. Essayer de les fusionner pour voir ce qui pourrait en jaillir. C'est ainsi que, comme si j'avais déverrouillé une porte invisible se présentaient devant mes yeux une multitudes d'univers, de lieux que je n'avais pu imaginer quand rêve. Tellement de possibilités, de découvertes à faire et qui n'attendaient désormais que moi. Comment aurais je pu ne pas succomber à la tentation comme un enfant les yeux brillants dans une magasins de bonbons.

Cette dimension temporelle était le fruit de l'usage unique de mon don sur le temps. Figeant toute ce qui m'entoure à l'exception de l'objet de mon désir du moment. Et en ce moment je n'avais d'yeux que pour celui qui pourrait, je l'espérais, m'apporter quelques réponses. Sa tentative pour résonner la petite Audrey qu'il avait face à lui me fît éclater de rire. Ainsi il était persuadé à ce moment précis que la petite demoiselle qu'il avait en face de lui était la véritable Audrey? Légitime dans un sens comme réaction je ne pouvais m'empêcher de lui reconnaître une immense naïveté. Serait ce d'avoir vécu entouré de tellement de bons sentiments qui pouvait ramollir à ce point un homme. Le rendre si gentil et faible? La déception effleura mes pupilles lorsqu'une idée me traversa l'esprit. Et si il n'était pas aussi intéressant que je l'avais supposé? Et si, ce pacificateur rendait les armes immédiatement dans l'espoir de protéger ceux qu'il aimait? Dans ce cas de figure que pourrais je bien faire? Ce serait une véritable frustration pour moi et j'avoue égoïstement que j'espérais qu'il saurait faire preuve d'héroïsme et qu'il tenterait de se battre jusqu'au bout.

Ma main désormais griffe, toujours tendue dans sa direction l'invitait à attaquer sans la moindre retenue. Mon sang bouillonnait dans mes veines et j'attendais avec impatience le premier assaut de sa part. Commencer à jouer, parer, se battre jusqu'à la mort si cela était nécessaire. L'excitation du combat grisait tous mes sens. Qu'elle ne fût pas mon soulagement lorsque je vis ce dernier changer d'apparence. Se métamorphosant en loup devant mes yeux satisfaits. Pourtant le fait qu'il se précipite sur moi tête baissée entacha un peu mon enthousiasme. Que voulait il faire en agissant de la sorte? Achever le plus vite possible le combat? Ce n'était pourtant pas dans la précipitation que l'on trouvait la victoire. Enfin qu'à cela ne tienne, j'observais le loup se rapprocher de moi et pourtant je ne bougeais pas. Comme figer face à la créature qui me bondissait dessus. Ses pattes se posèrent sur mes épaules. C'est alors que poursuivant l'actions elles commencèrent à s'y enfoncer et finir par totalement me traverser. Mon image avait disparu ne laissant que le loup.


- Ce que tu as attaqué n'était que le reflet de ma présence temporelle à cet endroit Aaron. Tu as foncé tête baissé. Tu t'es précipité sur moi sans prendre le temps de la réflexion. Je dois dire que je suis déçu Pacificateur. Serait ce la peur de perdre des êtres qui te sont chers qui fausserait ton jugement?

Désormais je me trouvais derrière lui, les bras croisés, le regard fermés. Ce petit tour de passe-passe n'avait rien de bien glorieux je dois bien l'avouer mais je voulais analyser le comportement de cet homme. Voir ce qu'il valait, ce qu'il était capable de faire et de réaliser.

- Tes parents sont une faiblesse Aaron. L'amour que ton leur porte fausse irrémédiablement cette confrontation car la peur de les perdre va guider tes actions. Peut être faudrait il que je t'en débarrasse immédiatement. Ainsi tu ne seras plus enchaîné à eux et pourra pleinement laisser libre court à tes pulsions animales. Ce serait faire preuve de miséricordes de les soulager du poids de la vie. Leur offrir le repos auxquels ils ont droit après tant de temps?

Comme un fantôme je commençais à joindre le geste à la parole, me déplaçant avec lenteur vers mes proies. Chacun de mes pas laissaient place à un nouveau reflet. Tant et si bien que bientôt ce fût une bonne vingtaine de petite Audrey, toutes griffes dehors qui entouraient les parents de notre petite souris. Puis soudain une autre idée. Quelque chose de plus stimulant me traversa l'esprit.

- Non...Quel intérêt de leur ôter la vie si rapidement. Ce serait un loup blesser et meurtrie que j'aurais en face de moi. Une loque pleine de rage et de tristesse, déchirer par le regret de n'avoir pu les sauver à temps. Je veux du combat, je veux des réponses, mais je ne veux pas que ce soit trop facile. Aussi vais je te proposer un marché Aaron.

Claquant des doigts, les deux silhouettes des géniteurs du Pacificateurs s'élevèrent dans les airs comme suspendu. Leurs yeux s'étaient clos et ils semblaient dormir. Mes reflets s'estompaient progressivement puisque le temps présent était désormais devenu passé et le futur était mon présent. Une seule Audrey se trouvait de nouveau dans l'arène. Une Audrey souriante et déterminée.

- Je ne tuerai pas tes parents...du moins pas tout de suite. Je t'en fais le serment. Oh, tu pourrais bien me dire que tu n'as que faire de mes promesses, quelles ne valent rien. Sur ce point je ne peux te donner tords car tu n'as aucune garantie que je ne mente pas ou que je ne triche pas. Cependant sache que lorsque je fais un serment je m'y tiens jusqu'au bout...

Les faisant lentement flotter d'un revers de la main en direction du loup qui n'avait de cesse de grogner je poursuivis.

- Ce que je veux c'est un combat qui soit stimulant. En sachant que tu as une chance de sauver tes parents je sais que tu ne feras plus la même erreur que tout à l'heure. Tu feras tout pour les sauver quitte à sacrifier ta propre vie. En ayant un objectif j'ai la garantie que tu vas te battre an fond, sans retenir tes coups...Voici donc ma proposition: Je ne tuerai pas tes parents si en retour tu m'offres un combat digne de ce nom. Montres moi ce que tu vaux, ce que tu es. Tu te dis Pacificateur mais je suis sûr que derrière cette écoeurante gentillesse doit sommeiller un être bestial. Je veux voir le potentiel d'Asarien qui sommeil en toi...

La méfiance qu'il pourrait avoir envers moi serait plus que légitime mais j'avais envie de m'amuser pleinement. Aussi en sachant que son esprit serait apaisé peut être m'offrirait il ne spectacle que je voulais...

- Est ce que ça te convient?

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Aaron Williams
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MessageSujet: Re: Que la partie commence! (pv Aaron)   Mer 13 Juil - 0:54


Mes pattes s'enfoncèrent dans l'inconsistance au moment même où elles devaient toucher les épaules de la fillette. Le monstre se tenait à présent derrière moi et je fis volte-face au ralenti comme dans un de ces vieux films à effets spéciaux. En une fraction de seconde, mes yeux avaient évalué les griffes acérées qui s'étaient substitués aux doigts fins d'Audrey, la bouche hideuse et tordue déguisée sous les traits de l'innocence, le regard  torve et malsain du néant qui me contemplait. ÇA avait une réalité concrète, mais ÇA appartenait à un monde qui n'était pas le mien. Ce monde que mes intelligences rationnelles et animales me laissaient pressentir mais que mon âme refusait de concevoir. L'abomination, le mal absolu, la fin de tout, se tenait devant moi sous les traits dénaturés de l'innocence. Il m'avait choisi pour être le témoin de son avènement, le réceptacle de son innommable dessein. Le loup, une fois réceptionné sur ses pattes, recula, non par peur, mais pour mieux évaluer cet adversaire d'une nature inédite. Il grogna, puis se lécha les babines, par réflexe atavique. C'était un acte de réassurance chez nous. Notre mère nous léchait le museau pour nous réconforter. C'était un peu comme la déglutition chez l'Homme. Je ne pouvais pas parler, bien entendu, à cette ... chose qui se démenait sous mes yeux. Le loup peut hurler, le loup peut glapir, aboyer, mais il peut aussi rester incroyablement silencieux.

J'inclinai la tête en écoutant ce pantin débiter ses indécences. Un chantage affectif. Un levier vieux comme le monde... Cet artefact d'exorcisme n'avait rien de mieux dans son sac à bonbons ? Mes parents ? Dans l'état qui était le mien, ces corps qui lévitaient et traversaient l'espace de la pelouse au bon vouloir de cette aberration n'étaient que des Humanoïdes gentils à mes yeux. Des personnes qui, certes, ne méritaient pas de mourir, des innocents. Mais ils n'étaient pas ma famille. Petite marionnettiste, qui jouait avec moi, le savais-tu ? Ma famille est hors des Dômes et les Anciens l'ont exterminée. Mes narines humaient à présent le parfum de la fillette. L'homme n'aurait vu que les traits innocents. Le loup ne sentit que l'odeur de l'Ancien qui suintait. Un craquement sinistre, puis un autre. Le canis lupus magnifique céda la place à un être de la taille d'un ours; et comme un ours, il se dressa sur ses deux postérieures. D'un coup de patte, il fit voler l'abri de jardin en bois dont les débris se fichèrent dans le sol ou retombèrent sur la gamine. La mâchoire gigantesque s'ouvrit et laissa échapper un grognement rauque qui parut s'élever jusqu'au Dôme et s'y répercuter. Plusieurs alarmes de voiture se déclenchèrent.

Ma patte puissante creusa rageusement la pelouse parfaite du jardin et dénuda une canalisation de chauffage. Un jet de vapeur s'éleva du tuyau percé. Mon regard mordoré et incandescent,  perdu dans cette tête monstrueuse, ne lâchait pas cette petite poupée sanglante qui me narguait. J'étais un loup habitué à courir dans les steppes . Je portais cet atavisme en moi. Je n'avais pas appris à me battre contre des poupées. Je pris le tuyau dans ma gueule et, faisant abstraction de la brûlure, je l'orientai en direction de la Chose des profondeurs. Pourtant je sentais déjà instinctivement que seul le loup sortirait vainqueur de ce combat. Abdiquer pour le sauver ... Peut-être était-ce le mieux ? Que pouvais-je contre quelqu'un qui se glissait entre les dimensions ? Quelqu'un qui arrêtait le temps ? Rien, absolument rien. Comment de telles monstruosités, lui et moi, pouvions-nous exister ? Où était la grandeur du S.E.E.R. dans tout ça ?  L'homme savait qu'il avait perdu, le loup donnerait tout jusqu'à l'épuisement si cela pouvait occuper cette horreur un moment. Qu'allait-il sortir, d'ailleurs, de derrière ce rideau de vapeur brûlant ?

Une autre fillette, à qui j'avais présenté ma famille, s'imposa à mon esprit. A l'inverse de celle-ci qui n'était qu'un simulacre, une abomination, Héméra était l'espoir, ce qu'il y avait de meilleur dans la mutation. Mes prunelles d'ambre tentaient de percer le voile opaque derrière lequel mon aliénation se tenait, prête à me donner le coup de grâce.

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