(Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)

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Gabriel Laymann
Asarien, 2e Génération
MessageSujet: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Sam 26 Sep - 20:02





Pourquoi avais-je décidé d'aller à la rencontre de Jessica Warner et de l'aider dans l'épreuve qu'elle traversait ? C'était un mystère qui viendrait s'ajouter à la longue liste de choix inexpliqués que je faisais depuis ma naissance. Peut-être que sa ligne de vie faisait écho à une certaine période passée de la mienne. Peut-être que certains êtres me touchaient encore durant de cours moments aussi fugaces que la plupart de mes apparences. Et ce malgré le tourbillon noir qui me suivait partout et menaçait chaque jour un peu plus de m'engloutir. Ce n'était qu'une question de temps, je le savais. Chaque levé de soleil sur les Dômes me rapprochait du jour où je ne ressentirais plus rien. Ce jour-là, Gabriel s'en irait à jamais et laisserait place au Scarecrow, impitoyable, inexorable, implacable. J'avais pourtant réussi à m'attacher, à aimer à ma façon.

J'avais aimé cette femme, humaine,  et d'une certaine façon, je l'aimais encore, peut-être parce que sa fragilité et sa force m'en rappelaient une autre. J'aimais aussi sa fille que je considérais comme la mienne. Je pensais parfois à elles. J'avais épousé cette femme, je lui avais donné mon nom, et même si c'était un nom d'emprunt, encore une fois, cela avait un sens à l'époque dans mon esprit. Je m'étais fait passer pour un humain afin d'en avoir le droit. C'était si simple à présent, de projeter des illusions dans les deux sens. Zack, le guitariste humain qui jouait dans mon groupe, pouvait paraître asarien selon mon bon vouloir, mais je pouvais aussi faire passer tout asarien, moi y compris, pour un simple mortel. Bien sûr ce pouvoir phénoménal avait un prix, très lourd, mais moi seul le connaissait et pouvait en sentir le poids majoré après chaque usage. Je suivais de loin en loin la vie quotidienne de ces deux petites étoiles qui avaient éclairé ma vie. Je savais qu'il y avait peu de probabilités que nos chemins se croisent à nouveau. Je ne le souhaitais d'ailleurs pas. Je n'avais plus rien de commun avec l'homme qu'elles avaient appris à aimer comme un mari et un père malgré le fait qu'il était peu présent. J'avais pu améliorer leur quotidien et leur condition humaine et rien que pour cela, je ne regrettais pas d'être entré dans leurs vies. J'avais utilisé l'une et l'autre comme couverture mais en retour, je leur avais apporté une certaine sécurité et un mode de vie proche des asariens moyens. Je le regrettais d'autant moins depuis que je savais ce qui se tramait dans le Dôme humain.

Comment un type tel que moi, un saltimbanque, un artiste en marge pouvait-il être au courant de tels événements ? Cela en aurait étonné plus d'un si cela pouvait se savoir. Mais j'étais le seul, si j'ose dire, à savoir que je savais. A porter le poids de toute cette connaissance, de toutes ces informations qui se bousculaient dans ma tête, dans mon esprit. Déjà dérangés... Oui, mes deux anges roux étaient mieux dans ce petit appartement du quartier résidentiel que dans le bidonville. Ma fille de cœur et sa mère adorables auraient peut-être une chance de survivre à l'enfer que j'allais déchainer. Si je souhaitais bien épargner quelques vies, ces deux-là étaient dans les premières lignes.

J'avais déjà donné tellement un lourd tribut dans mes jeunes années, tribut résultant de mes choix. Du fait que j'avais toujours voulu penser par moi-même et ne pas suivre la voie qu'on avait dessinée pour moi. La volonté, le besoin irrépressible de liberté, et de m'affranchir des valeurs qu'on m'avait martelées dans le crâne depuis ma tendre enfance, m'avaient fait choisir une voie absolument bannie, que ce soit sur le plan idéologique ou sur le plan sentimental- mais choisit-on d'aimer ou de haïr ?- et j'avais fini par être désigné par ma propre caste, comme une aberration, une altération génétique, et vouée à l'exécution. On ne me jugea pas comme un criminel ou comme un traitre. Étant donné mon identité et mon statut, un procès public aurait trop ébranlé les certitudes asariennes et le potentat des Anciens. On m'abattit comme un chien au coin d'une rue.

Une histoire banale de pouvoir et de nettoyage d'un dissident trop encombrant. Oui, on pouvait voir les choses ainsi. Je les voyais bien autrement et j'avais l'intention de ne pas m'étriquer dans une simple vengeance de caste et de pouvoir. Pour le moment, mes vies, mes intentions, mes ressentis étaient tissées dans la trame de mes chansons, leurs textes, leur musique. Bien des fans n'y voyaient qu'un effet de genre, celui voulu par un artiste qui se fait le porte étendard d'une jeunesse toujours plus ou moins en rébellion contre ses aînés, parce qu'être jeunes, c'est déjà avoir un pouvoir sur les ancêtres, tout en ne détenant pas les clefs exécutives du pouvoir. Un mélange de puissance et d'impuissance explosif s'il en est, et que je comptais bien exploiter au maximum. Donc, oui, je flattais l'esprit rebelle de mes jeunes fans en écrivant des textes dont le sens premier s'adressait bien à eux. Mais les degrés successifs de mes textes restaient obscures à la plupart de mes fans. Seule une oreille attentive aurait pu déceler une confidence, l'aveu de souffrances enfouies, le désir de revanche, pour ne pas dire de vengeance, l'amertume, la rage, le désespoir, cachés derrière les mots et les notes de musiques.  


Mais tous n'y voyaient que du feu. Et c'était tant mieux. La musique adoucit les mœurs, disait un vieux dicton. Elle pouvait aussi singulièrement les diriger et les Souverains de cette Cité allaient bientôt le réaliser à leurs dépens. Le Light of Diamond serait un tremplin rêvé pour y distiller mon venin. Encore fallait-il que je convainque Jessica Warner qu'elle avait à gagner sur bien des plans que mon groupe se produise dans son club et que nous devenions associés sur de multiples plans. Le Gabriel aspirant à la vengeance ne voyait qu'une association logistique purement commerciale et stratégique mais une part plus sombre ne pourrait résister à l'appel prédateur qui était devenu un réflexe depuis que Gabriel Laymann était sorti de l'ombre. Tester la loyauté de Mademoiselle Diamond, comme il l'avait déjà surnommée, à l'égard de son scientifique idéaliste serait un défi à la mesure des compétences du Maître des Illusions qu'il était devenu.
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On camera security one : Let s' make the show :

La limousine se gara au bord du trottoir où un tapis rouge constellé d'étoiles se déroulait jusqu'à l'entrée du club. Miss Warner savait recevoir et avait le sens de l'ostentation. Elle allait être plus que satisfaite avec l'arrivée du Scarecrow lui-même. Gabriel s'extirpa de sa banquette et sortit sur le trottoir où un voiturier s'était précipité. Deux gorilles sortaient simultanément de la voiture, l'un à la place passager avant et l'autre ... du coffre. Hé oui avec les fans surexcités, il fallait s'attendre à tout. Ils encadrèrent Gabriel comme le protocole l'exigeait. Grand bien leur en prit car une horde de fan apparut derrière la haie d'orangers qui bordait le tapis constellé. La sécurité du Club vint en renfort tout à fait à propos mais Gabriel ne put résister, au grand dam des agents de sécurité, à l'envie de signer quelques autographes. Il adressa un signe à la foule qui se pressait déjà... et aussi un message un peu présomptueux. Mais Gabriel n'était pas que cet être brisé aux chairs déchirées par l'abandon. Il était aussi cet être ne doutant de rien. Un mélange du fils choyé des jeunes années et du mégalomaniaque surdoué qu'aucun domaine n'avait mis en échec.

- Hey Guys! Je vais jouer ici prochainement! J'espère ! Venez faire salle comble au Diamond! Ici il se passe des choses !

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Go-back to myself.

Je touche des mains, je frôle des vies. J'échange des bouts de papier contre des larmes de joie. Je leur donne du rêve... Étrange, mais pourtant vrai. Comment un concept aussi sombre peut-il apporter une lumière, un espoir ? Une voix souffle en moi: "c'est le propre de toute dictature que d'ériger la mort en salut". Tiens, je la reprendrais dans une chanson, celle-là ! Les haies d'orangers dressées de parts et d'autres du tapis sont quelques peu malmenées. La sécurité du lieu, combinée à celle qui me suit partout, forme rapidement un mur de corps entre moi et mes fans. Mur de corps, garde du corps, encore un visuel qui ne correspond pas tellement à l'idée que je me fais des mots. Je verrais mes gardes du corps plus chaleureux et de formes plus sinueuses. Un mur de corps dressé devant moi m'évoque plus naturellement une vision dantesque et éthérée. Même les étoiles n'ont pas toujours les cieux qu'elles souhaitent.

Un vigile s'interpose et je devine à sa façon de se tenir, qu'il est leur chef, le chef des vigiles ! Attention Virgile, on ne rigole pas. Je reste donc sérieux.

- Je suis Gabriel Laymann. Je suis attendu par Mademoiselle Warner. Désolé pour le dérangement avec les orangers... Les fans, vous savez. Envoyez-moi la note, et n'ennuyez pas miss Warner pour si peu.

Je tends ma carte au vigile.
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 6 Oct - 18:26



Cinq jours s’étaient écoulés depuis que j’avais vu Aaron se faire arrêter devant les portes de la tour gouvernementale. J’étais restée impuissante devant cette scène à la fois irréelle et cauchemardesque qui s’était déroulée  sous mes yeux. J'avais reçu un message sur mon téléphone d'un numéro masqué. Il était signé d'Aaron. Il me demandait de le rejoindre et de l'attendre devant la tour gouvernementale. Brièvement j'avais pensé à une personne qui pouvait me manipuler, mais d'après tout ce que m'avait raconté Aaron sur ses activités sans toute fois y mettre des véritables mots, tout cela me laissait supposer qu'il prenait toutes les sécurité nécessaire. Un message assez bref où il me disait qu'il avait hâte de me voir. J'étais dans ce même tourbillon d'émotions. Nous avions perdu tellement de temps à nous éloigner l’un de l’autre, que nous avions un besoin fou de combler ce fossé qu’on avait su si bien instauré au début de notre rencontre. Nous avions besoin de ces moments de tête à tête pour mieux nous connaitre, pour mieux nous apprivoiser et  pour nous aimer. Mais tout ceci s’était volatilisé en quelque secondes, comme les cendres d’un feu ardent sous la menace d’une tempête.  En le voyant dans cette tenue, dans cet uniforme qui ne lui correspondait pas, passer les portes coulissantes et ces hommes armés qui lui courraient après, je compris que son monde et le mien venait de vaciller dans les ténèbres. Je pouvais entendre de là où j’étais les alarmes de la tour et mon cœur s’était brisé en morceaux lorsqu’on le ceintura à quelques mètres de moi.  Ce qui m’avait frappé aussi, c’était ce postiche qu’il portait et qui était tombé lors de l’affrontement. Pourquoi ce déguisement ? Je me souvenais alors des paroles que m’avait chuchotées cet inconnu : ne pas baisser les bras et demeurer forte quelle que soit la tournure que prendrait le futur. Qu'Aaron aurait besoin de moi. Je n’avais pas tout saisi de la teneur de ses mots, ni pourquoi il s’était adressé à moi. Il s’était engouffré à l’intérieur des locaux administratif du gouvernement et il avait disparu peu avant qu’Aaron soit pris au piège.  Se connaissaient-ils tous les deux ? Qui pouvait-il être ?

Cinq jours où le sommeil m’interdisait tout repos. Je n’arrivais pas à dormir et je ressassais cette scène encore et encore en me repassant les moindres détails comme un mauvais film, au ralenti, dans les draps froissés de mon lit. Son odeur était encore là. Partout dans mon appartement et principalement dans ma chambre. C’était un vrai déchirement. J’avais demandé une autorisation pour aller parler à Aaron, mais on m’avait stipulé, à la prison, que personne ne pouvait approcher le prisonnier, qu’il était gardé sous haute surveillance. Les ordres venaient de la Grande Conseillère. Et moi j’étais dans un état d’anxiété permanente. Vers qui pourrai-je me tourner pour l’aider ? Pleurer sur mon sort n’aiderait pas l’homme que j’aimais et je n’étais pas ce genre de femme. J’allais me battre, contourner et renverser des montagnes et je trouverai le moyen de le sortir de là ! Il me restait encore des contacts dans la haute sphère de la société asarienne que je pourrai joindre. J’étais la fille d’un Ancien, ministre dans les dernières années de sa vie avant l’explosion de son bureau. J’étais une Warner et mon père m’avait transmis son caractère persévérant, organisé et passionné.

Dès le lendemain de l’arrestation d’Aaron, j’avais reçu un courrier qui provenait de cette star dont tout le monde ne faisait que des éloges depuis le concert qu’il avait donné à guichets fermés au Multiplex. Même si on ne s’intéressait pas à ce genre de musique, personne ne pouvait passer à côté du phénomène appelé Scarecrow. J’avais vaguement lu des articles au sujet du concert et vu quelques informations à la télévision même si toutes mes pensées étaient dirigées vers Aaron. Le Diamond devait continuer à tourner et je ne devais pas mêler mon frère Casey dans mon histoire personnelle. Les sous-entendus et les pistes qu’Aaron m’avait donnés la première fois concernant son combat qui n’avait rien avoir avec ses recherches au Centre, m’ordonnaient d’être prudente et cela même avec ma propre famille. Je devais me parer alors de ce masque que j’arborai toutes ces nuits en étant la maitresse des lieux et encore plus aujourd’hui. Ce courrier était une invitation à discuter d’une éventuelle alliance professionnelle. Gabriel Laymann souhaitait s’entretenir avec moi pour discuter d’un futur contrat où il pourrait se produire avec son groupe. J’étais restée très indécise devant cette démarche. Le Diamond était doté d’une très grande salle principale et d’une scène, mais cela n’équivalait en rien avec celle du Multiplex où il s’était produit. J’avais écouté les albums qu’il m’avait envoyés et surtout son best of des ballades. De très belles compositions qui  m’avaient donné une énergie et un bon coup de fouet que j’avais perdu durant ces derniers jours. Je ne comprenais, cependant, toujours pas pourquoi il désirait se produire ici, dans un night-club. La seule option qui me restait à faire, c’était de l’inviter un soir et d’en discuter avec lui. J’en saurai alors d’avantage sur son idée et de cet ami commun. Sa seconde réponse me perturba beaucoup plus. Il avait précisé cette phrase que je n’avais cessé de répéter en boucle dans ma tête : « C'est que pour votre ami le temps presse bien plus que pour nous autres ! » Parlait-il d’Aaron ? Comment cela pouvait-il être possible ? J’étais perdue, déboussolée.

Et ce soir-là arriva.  Tout avait été prévu pour le recevoir. Le tapis rouge à l’entrée du Diamond marquait l’arrivée d’une célébrité, ce qui n’avait pas échappé ni aux clients ni aux curieux qui s’étaient entassés derrières les haies d’orangers pour observer toutes les limousines qui s’arrêtaient devant mon établissement. J’étais dans la salle principale, discutant avec des VIP quand l’extérieur fut pris d’assaut par des fans qui venaient de reconnaitre leur idole. Personne ne pouvait entendre   ce qui se passait ni ce qui se déroulait sauf quand les portes s’ouvrirent et que mes agents se précipitèrent dehors. Je savais alors qu’il ne pouvait y avoir qu’une star de son acabit pour déchainer les passions et cette frénésie. Je rassurai mes clients sur la venue imminente d’une célébrité de la musique. Ils approuvèrent cette venue et je sentis une curiosité s’étendre à toutes les tables. Un de mes agents revint près de moi et il me présenta la carte de mon invité.

- Mademoiselle Warner, Monsieur Laymann est là.

- Cela ne m’avait pas échappé. Conduisez-le jusqu’à l’alcôve privé qui lui a été réservé.

J’étais nerveuse. Non pas de recevoir le chanteur, mais d’en apprendre davantage sur cette énigme. C’était peut-être l’aide que j’attendais pour sauver Aaron. Mon agent  retourna à l’extérieur tandis que je faisais signe à une de mes serveuses de se tenir prête pour prendre la commande. Gabriel Laymann apparut alors entouré de ses gorilles et de mes agents. Certains de mes clients applaudirent son arrivée, mais il était de règle ici de ne jamais déranger qui que ce soit. Je m’excusai auprès de ce couple avec lequel je conversai et je pris la direction de l’alcôve avec ma serveuse dans un froissement  du tissu soyeux de ma robe de soirée. Les rideaux de perles formaient un magnifique rempart privé et je glissai délicatement mes mains entre celles-ci, découvrant mon invité.



- Monsieur Laymann, bonsoir et quelle entrée !
Je suis Jessica Warner. J’espère que l’alcôve vous convient pour discuter de votre proposition ? Ma serveuse va prendre votre commande. Nous serons tranquilles. J’ai beaucoup de questions à vous poser.





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Gabriel Laymann
Asarien, 2e Génération
MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 6 Oct - 23:56




Lyrics:
 

J'avais ôté mon chapeau et mes lunettes en franchissant le seuil du club.
La chaleur et la lumière tamisée, mêlées aux parfums de femme et aux battements de cœur de tous ces êtres proches, peut-être intimement, me sauta au visage lorsque le service de sécurité du Diamond poussa les portes de l'entrée réservée aux Invités de marque. Elles s'ouvrirent sur un vaste hall drapé de tentures lourdes dont l'épaisseur atténuait les conversations. Des confidences d’alcôve, des aveux passionnés, des tentations exposées sous le nez de naïves ou d'ingénues, un étalage de faste et d'opulence avec lequel les Hommes achetaient les Femmes ou l'inverse.

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C'est dans ce monde que j'étais né et que j'avais grandi, usant de toutes les règles qui le régissaient pour arriver à mes fins d'enfant capricieux. C'était dans cet univers que Maman m'avait élevé, espérant en faire de moi le Roi. Mais ma sensibilité était bien trop différente de celle de tous ces Asariens. J'observai, je jouai aussi la comédie du parfait Héritier de l'Ancienne qu'elle était, mais ce faisant, j'avais déjà infligé à mon âme la fêlure qui deviendrait un gouffre au fil du temps. J'encaissais sans jamais rien trahir de l’écœurement et de la douleur que je ressentais, toutes les scènes violentes, dégradantes auxquelles j'assistais dans mes nuits de débauche ou les galas officiels du Gotha asarien. Ces images s'ancraient en moi comme autant de viols de ma nature profonde. Chaque coup porté à un innocent, à un faible, par les bourreaux asariens me blessait autant que le malheureux qui le recevait. Il était brisé physiquement, et sans doute moralement. J'étais ravagé par la duplicité que je m'imposais. Chaque coup dont j'étais témoin, chaque complot dont j'étais le complice passif portait un coup à ma conscience et me faisait descendre les premières marches vers le néant.

Quand je croisai la route de mon premier amour, peut-être unique, mon esprit était déjà atteint des stigmates de la compromission et du cynisme. Mon âme couverte des ecchymoses psychologiques de coups reçus par d'autres. Elle me fit entrevoir que je pouvais choisir une autre voie et m'affranchir de ce qui me rongeait. Libérer le vrai Gabriel. Suivre ce nouvel espoir ne fut pas difficile, quoiqu'on puisse en penser. Je n'eus pas besoin de peser le pour et le contre, ni de réfléchir. J'étais en train de mourir de toute façon. Je renaissais une première fois en choisissant de m'interposer entre les miens et leurs victimes. J'étais tellement naïf et amoureux. Il n'en faut pas plus pour devenir idéaliste ... Je n'avais même pas pensé que ma famille puisse me couper les vivres. Pour moi il était évident qu'elle allait comprendre que je montrais la seule voie possible pour l'avenir en initiant un mouvement d'apaisement entre les castes. Nous étions jeunes, nous étions beaux, pleins d'espoir et d'amour. Bien sur le combat entra dans nos vies, et nous nous y étions préparés. Meetings, accrochages, manifestations pacifistes, campagnes de propagande, contre campagne de désinformation, nous essayions tant bien que mal de propager nos idées. Sans nous en rendre compte, nous étions entrés en politique. J'étais étudiant mais cela me mobilisait peu de temps, tant les connaissances s'assimilaient à mon esprit sitôt que je me penchais sur un sujet. Chaque domaine abordé m'ouvrait ses secrets avec une facilité déconcertante. J'appris par une conversation surprise entre deux de mes professeurs que j'étais ce qu'on nommait un polymathe. Un être qui pouvait tout apprendre et comprendre pour peu qu'il s'intéresse à un domaine. Les seules limites étaient le temps que cela demandait et le risque de s'y perdre corps et âme. Je mis mes connaissances au service de la cause que j'avais embrassé. Mais aucuns des enseignements de ma mère ne m'avait préparé au cynisme poussé à son paroxysme, malgré les ombres qui avaient corrompu mon âme, une part restait innocente et crédule. Il fut facile de porter le coup de grâce lorsque cette aberration de la nature que j'étais fus tombée dans le guet-apens savamment tissé par elle-même.

Bien sûr, je ne le sus pas sur le fait. Sur les dalles froides où je gisais, tandis que mon sang s'écoulait en formant une large flaque qui s'étendait jusqu'aux pieds des badauds, tandis que je percevais comme assourdis, les cris de mes amis eux aussi abattus, que ma vue se brouillait, la joue contre terre, je voyais confusément des bottes noires faire refluer la foule, puis des tirs, plus loin. Tout le monde semblait courir dans une direction, même les bottes noires. Je compris que les miens tentaient le tout pour le tout pour me sauver mais j'avais envie de leur crier de fuir, de ne pas s'inquiéter, parce que je me sentais bien, comme flottant sur une onde fraiche. J'avais un peu froid. Je sentais mon corps lutter pour réparer les dommages, lutter pour ne pas me trahir, le bloodhealer surpuissant de ma lignée, tournant à plein régime. Mais mon esprit partait déjà. Il se laissait porter par une sorte de paix intérieure... Tout était effacé, le noir sur le blanc, le sang sur le béton, la haine sur la vie... Tout s'envolait vers le bleu, ce bleu au delà des Dômes et l'asarien que j'étais s'envolait vers cet azur au delà du Dôme. Je ne brûlais pas, je volais, un peu frissonnant, aveuglé par ce soleil qui n'arrivait pas à me réchauffer. Je ne voyais plus le Dôme mais seulement le bleu partout. Puis une lame froide me frappa au côté et je tombai. Je me sentis happé par le sol froid et dur. Cette lame n'était qu'un pied. Un pied botté qui me retournait pour s'assurer de ma mort. C'était presque fait. Sous le masque de sang qui couvrait mon visage lacéré, mes yeux étaient déjà fixes, lançant un dernier regard au visage qui se présentait. Elle eut un rictus de satisfaction abjecte et un regard plein de joie mauvaise. Elle avait passé sa main sous ma nuque, sans doute pour vérifier que j'avais cessé de respirer et elle laissa retomber ma tête sur le pavé. Je la fixai toujours de côté, mon cerveau enregistrant ces dernières images. Mais alors qu'elle se penchait une dernière fois pour essuyer le sang sur mon visage, du tranchant de sa main, sans doute pour graver dans sa mémoire le visage de ce pauvre type, le choc de ma tempe heurtant la pierre réactiva un ultime sursaut de vie dans ce pauvre pantin. Mes yeux captèrent le prolongement de son bras, l'arme qu'elle tenait encore dans sa main. J'avais essayé d'articuler une question mais rien ne sortit. Elle était masquée. Elle osait me contempler derrière son masque. Mon bras devint mon esprit et tout ce qui pouvait rester d'impulsion électrique dans mon cerveau se tendit vers ce masque. Je le lui arrachai d'une main crispée en murmurant dans un dernière souffle.

- Regarde la Mort en face...


Son visage fut la dernière chose que je vis.

Revenu à la vie, je restai longtemps persuadé qu'elle était l'instigatrice de ma mort, probablement poussée par les ennemis de ma cause. Ou peut-être même payée par une de mes maîtresses que j'avais bafouée dans ma vie de débauche. Je connaissais mon bourreau, du moins le croyais-je. Mais une conversation terrible avec celui auquel je devais ma renaissance devait me révéler que la vérité est souvent pire que nos pires cauchemars.

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Ce soir, je les avais à nouveau à mes pieds, ceux qui avaient applaudit à ma mise à mort. Ces même pantins qui applaudissaient à présent mon triomphe.
S'ils savaient ! S'ils savaient que ce n'était que le début de mon envol. Je souriais, inclinant la tête en signe de remerciement, adressant quelques regards de braises aux belles femmes qui me détaillaient parfois sans aucune retenue. Je suivis "Virgile, le chef des Vigiles" jusqu'à une alcôve tout à fait indécente de luxe. Tout à fait ce qu'il me fallait. Je m'assis en écartant les pans de mon long manteau et tout en gardant mon inénarrable canne en main, je détaillai le faste de l'endroit sans me départir de mon étrange sourire. Jessica Warner apparut, bien plus poignante et appétissante que sur les gravures de magazine que j'avais pu voir. Je me levai et tendis la main pour saisir la sienne et la porter à mes lèvres.

- Mademoiselle Warner, mes hommages. Les photos ne vous rendent pas justice ... mais comment le pourraient-elles  ?  Il n'est pas facile de capturer l'éclat d'une étoile. Enchanté de faire votre connaissance. Mon entrée ? C'est à mes Fans que je la dois... Je leur dois tout ... Absolument tout. Je crains qu'ils ne soient un peu remuants, comme moi, mais rassurez-vous, je sais les canaliser...

J'attendais qu'elle s’assoit pour retrouver le confort de la banquette. Si bien des changements s'étaient opérés au fil de mes mutations successives, la bienséance et l'éducation asarienne des Élites était gravées en moi comme au fer rouge comme la marque de mes origines.

- Vous avez su faire de ce lieu le parfait reflet de l'Hôtesse qui l'anime. C'est tout à fait délicieux. Je suis prêt à répondre à toutes les questions au sujet de notre association éventuelle. J'ai la nuit devant moi...En votre compagnie, elle ne pourra que sembler trop courte.

Je la détaillai intensément, toujours debout, la dominant légèrement malgré ses hauts talons. Williams avait du goût, je devais le concéder. Quel gâchis ... Pour un rêve illusoire ... Deux victimes de plus sacrifiées à l'autel d'un Monstre. J'allais bientôt rééquilibrer les scores ...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Jeu 15 Oct - 20:59


L’arrivée de la star de Scarecrow n’était pas passée inaperçue. Même à l’intérieur du Diamond, entre les conversations des clients, les allées et les venues des serveurs, le tintement des verres  et la musique, tout le monde savait que quelque chose se passait à l’extérieur. Les agents de la sécurité de mon établissement avaient fait du bon boulot, comme à leur habitude. Ils avaient assisté les gardes du corps du chanteur et ils avaient fait en sorte de calmer les fans. Bien sûr, je n’avais rien vu de tout cela, j’étais restée dans la salle, mais c’était ce que j’imaginais en entendant les cris de la foule en effervescence, dehors. Lorsque Gabriel Laymann passa les portes du night-club, il était bien encadré par la sécurité. Mes clients reconnurent immédiatement son visage et son style vestimentaire sur lequel on ne pouvait passer à côté. Des applaudissements s’élevèrent. Il est vrai que son concert avait été grandiose et on ne parlait que de cela dans tous les médias depuis. Les chaines de télévisions, les journaux et internet ne cessaient de revenir sur cette soirée extraordinaire et du show qui avait fasciné tant de fans. Le phénomène de la nouvelle génération. La coqueluche de toutes les femmes.  Le chef de ma sécurité était revenu vers moi pour me présenter la carte de mon invité. L’alcôve privée était déjà prête pour l’accueillir. C’était moi-même qui avait choisi cette option : se retrouver à l’abri des regards tout en restant non loin de l’ambiance feutrée et électrique du Diamond était une excellente idée pour discuter de son projet. Ce tête à tête n’était pas seulement une entrevue professionnelle pour, peut-être, un futur partenariat. C’était autre chose. Il avait été très sibyllin dans son courrier lorsqu’il avait évoqué que nous avions une connaissance en commun.  

Je devais néanmoins rester sur mes gardes. L’arrestation d’Aaron s’étalait, elle aussi, dans les informations et je détestais tout ce tapage médiatique qu’on faisait autour de lui. C’était à chaque fois un peu plus douloureux de le voir se faire maltraiter et de se faire passer les menottes. Ces images vidéo défilaient  à toutes heures. Cela me donnait la nausée et le vertige. Je ne pouvais me confier à personne pour ne pas me mettre en danger. C’était ainsi. J’avais pris conscience de ce que cela impliquait de l’aimer lorsqu’il m’avait avoué à mi- mots le combat qui l’animait. J’avais accepté de le suivre, de l’aider, d’être son refuge lors de ses repos, la gardienne de ses nuit, d’être la tendresse et l’amour lorsqu’il aurait besoin de se lover dans mes bras. J’avais failli à ce soutien. Il était dans cette prison, dans cette cellule, subissant les plus terribles tortures et chaque heure qui s‘écoulait ne faisait que rendre son supplice encore plus terrible et celui de mon cœur tout autant.

Les artistes me diraient : Show must go on ! C’est tellement facile à dire, plus compliqué à mettre en place. Je devais donner l’illusion à mon frère ainsi qu’à tous mes clients d‘être toujours la même : la maitresse des lieux, la femme séductrice et charmeuse et si intouchable. Ce n’était pas plus mal. Ma vie privée s’était transformée. Je n’étais plus la croqueuse d’hommes qui changeait d’amants suivant son désir. J’étais maintenant liée à un seul homme. Je savais arborer ce masque que j’avais si souvent porté, mais Aaron avait su me le faire retirer et j’avais de plus en plus de mal à le porter. Aujourd’hui, plus que jamais, je devais tenir bon et ne pas baisser les bras, pour Lui.

Je suivis des yeux le déplacement du chanteur jusqu’à l’alcôve et lorsqu’il disparut derrière le rideau de perles, je pris congés du couple avec lequel je discutais. Le calme était revenu dans la salle et mon responsable de la sécurité reprit son service non sans avoir donné l’ordre à ses hommes de suppléer les gorilles de la célébrité pour lui offrir toute la tranquillité nécessaire au cas où il y aurait des débordements, non pas de mes clients, mais des fans restés aux alentours du night-club. Je rejoignis mon invité et je le découvris installé sur la banquette. Il se releva immédiatement et vint à ma rencontre en m’offrant un baisemain. Je souris à cette galanterie que l’on pouvait penser inexistante chez cet homme.

- Monsieur Laymann, vous êtes un charmeur, comme tous les hommes. Néanmoins, la flatterie est toujours très agréable. Je ne le cache pas. Quant à vos fans, ils ne vous dérangeront pas ici. Vos hommes et les miens assurent votre tranquillité pour la soirée. J’ai reçu pas mal de célébrités, mais jamais avec autant de déchainement de passions. Votre succès vous suit de très près, Monsieur.

Son regard me perturba. J’avais l’habitude des hommes, de leurs réactions à mon égard, de leurs gestes, leurs comportements, mais face à lui, c’était une sensation que je n’arrivais pas à définir.

- C’est l’œuvre de mon père. Je n’ai fait que le perpétuer avec mon frère. Le night-club  a évolué, certes, au fil des années, s’ancrant dans la société et les envies de toutes les générations confondues. Je vous en prie, prenez place, ma serveuse va venir prendre votre commande.

Je pris place sur la banquette tout en relevant légèrement la traine de ma robe de soirée pour éviter qu’elle ne s’entrave avec mes talons aiguilles. Ma serveuse entra à cet instant, presque rougissante devant la star qui venait de se glisser près de moi. Je gardais mon sérieux pour ne pas déstabiliser encore plus la jeune fille, perturbée par la présence de Gabriel Laymann.  Je commandai une Tequila Sunrise, il sélectionna son alcool et j’attendis que mon employée reparte pour reprendre notre discussion.

- J’ai relu plusieurs fois votre courrier avant de vous répondre. Je dois avouer que je ne comprends toujours pas pourquoi vous voulez vous produire ici ? Vous avez pu apercevoir la scène qui est petite et qui n’a rien avoir avec l’immense scène du Multiplex. Il y a d’autres établissements qui proposent des scènes plus grandes comme le Red Devil. Pourquoi cet intérêt pour le Diamond ? Ne vous méprenez pas, Monsieur Laymann. Je suis très honorée de votre intérêt pour mon night-club. Sa scène offre une acoustique différente que celles des grandes salles. Peut-être recherchez-vous quelque chose de plus intime ?

Habituellement, la femme d’affaires prenait le dessus durant un tel rendez-vous. Mais toute ma curiosité et mon attention se tendaient vers la phrase mystérieuse qu’il avait rédigée dans sa lettre.

- Quel est cet ami commun dont vous suivez si minutieusement les conseils ?  …




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Sam 17 Oct - 23:25



Délicieuse vraiment ! Et pétillante d'intelligence ! Ainsi m'apparaissait Mademoiselle Warner. Je pensais vraiment, en venant au Diamond, m'acquitter d'une sorte de devoir moral rébarbatif. Venir soutenir la veuve effondrée et m'assurer qu'elle ne manquait de rien. Une mission que Williams ne m'avait en rien confié explicitement. Mais il y avait des contrats implicites entre l'ombre et la lumière. A bien des égards, ce scientifique me rappelait un jeune idéaliste qui avait aimé, combattu et était finalement mort dans la fleur de l'âge. Je savais depuis le début qu'il s'était engagé sur une voie sans issue. Je l'avais suivi par le truchement de mon épouse qui travaillait avec lui. J'avais pu le côtoyer presque comme un ami de ma famille du moment. J'avais écouté ma fille adoptive en chanter les louanges. Williams était digne d'admiration et pourtant parfois j'avais eu envie de le gifler et de le traiter de crétin parce que je savais qu'il allait mourir et que cela peinerait celle pour qui j'étais un père. Williams incarnait ce pour quoi j'étais mort et cela réveillait en moi des souvenirs que je ne voulais plus regarder. Pour autant, j'avais décidé de l'aider quand cela pouvait servir mes desseins. Il y avait eu d'abord les accès facilités aux programmes secrets de Nicholson. Cher Tonton LaMortenDouce, comme je l'appelais dans ma jeunesse. Williams avait pensé avoir de la chance en tombant sur ce programme dévoyé de ses recherches. Il n'en était rien. J'avais fait tomber tous les pare feu du Centre en une nuit.

C'était bien après l'affaire de la petite qu'ils avaient amenée au Centre pour lui disséquer le cerveau. J'avais semé une confusion sans nom dans les programmes des expériences. Substituer des protocoles d'expérience bridés aux originaux qu'ils projetaient de lui faire subir. Mais j'avais rapidement su qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Williams était dans les locaux mais si je lui donnais les moyens d'intervenir, seul, il était condamné. La gamine aussi. Je n'avais pas eu le choix et j'avais utilisé un de mes portables à usage unique pour appeler l'un des contacts du jeune chercheur. Recopier le répertoire de son téléphone avait été un jeu d'enfant quand il était passé prendre un café à la maison sur invitation de ma femme. Anticiper, je savais faire cela à la perfection. Ce côté prédateur embusqué, je savais très bien à qui je le devais. Et j'allais le retourner contre celle qui me l'avait transmis. La petite avait été sauvée. J'ai encore beaucoup de mal à penser à ce que j'avais alors éprouvé quand je l'avais su saine et sauve. C'était violent. Une explosion de sentiments tellement contradictoires et puissants. Mais je me souviens que j'étais heureux de la savoir vivante. Parce que c'était une victoire sur la veuve noire et aussi parce que c'était à mes yeux bien plus qu'une enfant qui était sauvée. C'était l'incarnation d'une idée, celle pour laquelle j'étais mort. Qu'elle fût la fille de mon unique amour et d'un autre n'avait que peu d'importance. J'étais parvenu à m'en convaincre.

A présent, je devais essayer de sauver ce crétin d'idéaliste qui avait pensé pouvoir jouer avec la science impunément. Et veiller sur sa potentielle veuve. Ce qui ne devait pas être la partie la plus désagréable du contrat moral qui risquait bien de devenir immoral au vu de la plastique de la dame.

- Mademoiselle Warner, chaque femme est une Rose qui désire être apprivoisée par son Petit Prince. Certaines exigent plus de temps pour laisser tomber leurs barrières. N'est pas Petit Prince qui veut. Chaque Rose a le sien et si elle se laisse flatter par tous les princes qui passent, elle ne renoncera à user de ses épines que devant celui que son cœur reconnaîtra. Peut-on en vouloir à ces Princes de tenter leur chance ? Surtout s'ils ont certains talents pour cela ? Surtout quand la Rose est si belle ?


Je levai ma main droite et lui tendis une rose rouge qui semblait s'être matérialisée le long de mon bras.

- Acceptez-là comme un message de cet ami dont vous parlez ... Voyez en elle un miroir de ce qui vous lie à lui et confiez-lui vos pensées et chagrins.

Je la sentais troublée et cela ne m'enorgueillit pas comme à l'accoutumée. Cela serait donc si facile de souiller la pureté d'un tel sentiment ? Je changeai de sujet pour lui offrir un répit.

- Un père ...

Je fermai les yeux un instant et soupirai.

- D'un père, connaître le nom pour pouvoir l'honorer. Le visage pour pouvoir l'aimer. Le destin pour pouvoir le pleurer. Vous avez eu cette chance... Tant d'enfants grandissent dans l'absence ou le mensonge. Et après il est trop tard, bien trop tard... Il peut être fier de vous... Et de votre frère...  

J'adressai un sourire à la jeune serveuse qui était là pour prendre ma commande.

- Décidément, même le service est délicieux ici... Un Bloody Mary, pour moi, ma chérie. Le rose aux joues te va merveilleusement bien. Vraiment charmante...

Un petit clin d’œil à l'attention de la belle personne et je revins à ma conversation.

- ... A l'image de la maîtresse des lieux. Le succès va et vient,  ma chère. Il est versatile comme la popularité, ou comme l'humeur d'une femme. On peut être un jour son précieux trésor, le lendemain un jouet encombrant dont elle s'est lassée. Nous passons notre vie à essayer de vous plaire.


Je m'adossai en souriant à ses questions au sujet de notre possible association.

- Il se trouve que j'ai justement envie de retrouver une dimension plus intime dans mes prestations scéniques. J'aime beaucoup les show tels que celui que j'ai donné au Multiplex, mais vous n'imaginez pas l'énergie que cela requiert de ma part. J'ai envie de renouer avec un public plus restreint et choisi. Vous l'ignorez sans doute mais j'ai déjà donné de petits concerts sur des scènes bien plus petites et confidentielles avant cela. Bien entendu j'adapterai la set list à votre clientèle. A moins que vous ne proposiez des after en sous sol qui soient moins politiquement corrects. Mais je pensais plutôt réserver mes titres les plus sulfureux pour le Red Devil. Vous savez, je suis un artiste très ouvert quant aux supports et vous seriez étonnée de savoir dans quels lieux j'ai déjà joué et j'envisage de jouer...

La jolie personne revint chargé d'un plateau sur lequel nos cocktails arboraient une présentation très originale. Je la suivis du regard avec insistance, me demandant à quelle heure elle pouvait bien terminer son service. Je me tournai à nouveau vers mon hôtesse .

- C'est un barman de talent que vous avez là!
Dis-je en prenant mon Bloody Mary décoré d'une petite poupée ensanglantée en sucre glace portant un chapeau qui ressemblait étrangement au mien. On dirait ma fiancée ! ajoutai-je en levant mon verre.

- Mademoiselle Warner, à vos plus chers projets et à notre possible association je l'espère! Mais avant tout et surtout, au plaisir de cette rencontre et à votre beauté ... Heureusement que j'étais prévenu par ma fille ... Il y a de quoi en perdre le souffle même pour un chanteur ...


Après que la serveuse se fut retirée, les joues toujours en feu, je plaquai ma main sur la table basse tout en reposant mon verre. Lorsque je la retirai, un pendentif en argent capta la lumière tamisée de l'alcôve ...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mer 21 Oct - 15:25

Son discours sur la Rose et ses épines, sur la femme qui se protège face aux hommes et qui ne se laissera approcher que par un seul homme, ce même homme qui saura la mettre en confiance, celui qui fera battre son cœur. Tout cela ressemblait à mon histoire et ma rencontre avec Aaron. Je fus troublée de voir à quel point il avait raison. Cela en était même très déstabilisant lorsqu’il matérialisa sous mes yeux une magnifique rose rouge que je pris délicatement entre mes doigts. Il parlait de cet ami commun et j’avais le sentiment en cet instant que derrière toute cette magie, il y avait un message qui m’était destinée. Je humai le parfum fragile de cette fleur épanouie dont les pétales ressemblaient à une couronne de rubis. Elle en était presque irréelle. J’aurai voulu ajouter quelque chose à cette réflexion et à l’émotion qui naissait au creux de mon ventre, mais Gabriel Laymann changea le sujet de la conversation. Ce fut encore bien plus surprenant. Il était si paradoxal : cet homme passait d’un état à un autre comme si toutes les émotions confondues glissaient sur lui et se modelaient selon ce qu’il ressentait. J’avais le sentiment qu’il me confiait une part de lui derrière toute cette représentation privée qu’il me donnait. La comédie semblait être un moyen de dissimuler une souffrance. Là, c’était celle d’un père qu’il n’avait que peu connu.

J’avais connu mon vrai père à l’âge de quatorze ans. Ma mère travaillait au Centre de recherches et des produits toxiques avaient explosés lors d’une très mauvaise manipulation. Son blood healer n’avait pas pu la sauver de ces vapeurs dangereuses. Ce fut là qu’elle me dévoila la vérité au sujet de l’histoire de mon père. Il n’était pas mort comme elle me l’avait toujours raconté, elle s’était éprise d’un homme marié. Sur son lit de mort, je rencontrai mon père et il fit la promesse à ma mère que je serai une Warner, que je porterai son nom et que je ne manquerai jamais de rien. C’est ainsi que j’entrai de plein pied dans une nouvelle famille qui n’était pas tout à fait la mienne. Casey m’avait vite adoptée. J’étais sa petite sœur et personne n’avait intérêt à lever la main sur moi, à me faire des misères ou à mal ma parler. La femme de mon père fut très bonne. Elle avait accepté de recevoir dans sa demeure, dans sa vie, la fille qui était la marque vivante de l’infidélité de son mari. Je ne savais pas où est-ce qu’elle puisait autant de force et de courage pour ne pas me détester. Nous avons appris à nous connaitre et à nous apprécier.

- J’ai peu connu mon père. J’ai grandi les quatorze premières années sans lui. J’ai pu vivre et le connaitre après, durant quelques temps, avant que son bureau n’explose, un soir. Je connais ce sentiment de ne pas pouvoir mettre un visage sur un père, de ne pas pouvoir le toucher, l’approcher, lui parler. Mon histoire est un peu compliquée. Ma mère m’a toujours certifié que mon père était mort. Elle ne voulait rien de lui et de sa fortune. Il était un homme marié. Il n’était même pas au courant de ma naissance. C’est pour cela que je ne l’ai connu que quatorze ans après. Je porte son nom, car il m’a reconnue. J’ai vécu avec lui sept ans. On ne rattrape pas une vie entière, mais c’est beaucoup mieux que rien.

Ma serveuse se pointa et nota nos commandes. Je voyais parfaitement l’effet que mon invité produisait sur la jeune femme. A son âge, j’étais comme elle. J’étais très vite perturbée par les regards indécents que les hommes me portaient.  J’avais appris à jouer de mes charmes et à en faire une arme, à ne pas plier sous le regard d’un homme et au contraire, me montrer séductrice et joueuse. Lorsqu’elle se retira, il me démontra de nouveau une autre facette. Il était déstabilisant. Je ne savais comment le juger, mais il y avait une sorte de fragilité qui émanait de lui derrière ces différents masques qui se superposaient.

- Un chagrin d’amour, Monsieur Laymann ? Les femmes sont versatiles, mais je pense que c’est une manière de se protéger. Une femme endurera les paroles blessantes, les actes déplacés, la méfiance jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Et là, oui, vous pouvez être son plus précieux trésor, son corps et son esprit seront voués alors à la protéger. Pardonnez-moi, ce sont de lointains souvenirs qui reviennent.

Ceci ne définissait pas ma relation avec Aaron. C’était mon passé qui s’éveillait d’un long sommeil. Avant Aaron, j’avais connu un humain. Avant mon Loup, j’avais connu l’amour. J’avais tout enduré, mais j’avais atteint ma limite dans le mépris et les soupçons infondés. Je n’étais pourtant pas ici pour discuter de ma vie privée et de mes expériences. Je voulais comprendre son intérêt pour le Diamond qui n’avait rien d’exceptionnel pour un groupe tel que le sien.  Sa remarque sur des after d’une dimension plus charnelle et scandaleuse me fit sourire. Je croisai mes longues jambes et le tissu soyeux de ma robe de soirée en dévoila ma peau satinée.

- Il n’y a pas de sous-sols. Navrée de vous décevoir. Les alcôves sont là pour protéger votre intimité. Et puis, il y a les suites des grands hôtels pour cela. Nous pourrions discuter de votre liste de chansons à faire écouter aux clients du Diamond. Quant à savoir dans quels autres lieux, vous avez déjà joué … je vous imagine dans des endroits où on ne vous attend pas vraiment. Vous aimez bousculer les principes et les statuts, n’est-ce pas ?

Ma serveuse revint parmi nous et déposa nos verres sur la table. J’observai avec amusement le petit jeu entre mon invité qui tentait de gagner les faveurs de la jeune femme totalement  embarrassée devant le bagou de la star.

- Le talent de ma serveuse s’arrête là où votre imagination prend le dessus, Monsieur Laymann. Quelle délicieuse attention que cette petite poupée. Mangez-là tout doucement, vous savez que les femmes aiment être dévorées lentement.

J’étais très joueuse et provocatrice aussi, mais néanmoins j’étais dans le vrai concernant la façon dont les femmes aimaient être mangées. Je pris mon verre pour porter avec lui un toast et au moment où j’allais savourer ma téquila, je restée figée par ses derniers mots.

- Votre fille ? Je ne comprends pas.  Votre fille est déjà venue ici ? Il en est même impossible. Les mineurs ne sont pas admis … Comment se nomme-t-elle ?

Il n’y avait jamais eu de dérapages pour mineurs ici et pourtant la fille du chanteur me connaissait. C’était encore une fois surprenant. Je m’adossai à la banquette en cherchant à déchiffrer sa remarque. Il ne me laissa pas de répit avec ce médaillon qu’il venait de faire apparaitre sur la table. Mon cœur le reconnut immédiatement et s’arrêta de battre quelques secondes. Je posai lentement mon verre. Je ne pouvais lâcher des yeux ce médaillon que je connaissais par cœur qui m’attirait et me ramenait vers l’homme qui j’adorai. Un médaillon en forme de loup. Celui d’Aaron. Mon cœur se serra en pensant à ce qu’il subissait entre les mains de ses geôliers. Le souffle coupé par l’émotion,  tremblante de cette apparition, mes mots franchir mes lèvres avec beaucoup de difficultés.

- Où … Où avez-vous trouvé cela ?

Doucement, comme si j’avais peur que le médaillon disparaisse je me penchai pour l’effleurer du bout de mes doigts, et je le pris entièrement dans ma paume pour le placer contre mon cœur.

- Qui vous a donné ce bijou ? Répondez …




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mer 21 Oct - 20:18

J'essayais de me remémorer cet événement. Mademoiselle Warner était de la même génération que moi. Je me souvins d'un coup de l'émoi au sein du Gouvernement. Un ministre était mort dans l'explosion de son bureau. Les terroristes Humains, les Rebelles, furent fortement suspectés et traqués. De mon côté, je vivais mes dernière heures, sans m'en douter. En écoutant parler Mademoiselle Warner, je prenais conscience que je n'étais pas le seul à payer un lourd tribut à la cruauté des Anciens. Ou de leurs ennemis. Cela ne faisait que renforcer ma conviction que tous devaient périr dans la même apocalypse. Nous avions essayé de leur montrer une autre voie et ils l'avaient ignorée. Peut-être que quand trop de souffrances ont été provoquées d'un côté comme de l'autre, tout compromis est illusoire. Pourtant j'étais là, ce soir, pour tenir une promesse implicite faite à un type probablement déjà mort. Je mesurai alors combien le paradoxe qui m'animait était profond. Tout comme l'abime qui menaçait de m'engloutir. Je projetais une solution radicale pour Asaria, mais dans le même temps, je m'ingéniais à courir partout pour adoucir les derniers instants de certains.

J'entendais les mots vibrants d'émotion de cette femme magnifique et je comprenais pourquoi Williams en était tombé amoureux. Dans le désert, il y a des cactus qui donnent des fleurs extraordinaires et Jessica Warner était cette fleur dans le désert affectif et le combat solitaire de cet homme. Tout comme j'avais eu la mienne dans mon désert, il y avait si longtemps de cela. J'avais du mal à me souvenir. J’avais verrouillé tellement fort ces souvenirs. Ils faisaient mal comme autant de brûlures que ne cesseraient jamais de se consumer.

Mais en ce qui concernait ma présence ici ce soir, tout s'éclairait à présent d'un jour nouveau. Je savais pourquoi l'histoire de ce gamin, ce scientifique naïf m’avait touché, tout comme je savais pourquoi j'avais décidé de l'aider lui et sa dulcinée. Ce qui m'avait marqué sans que j'en sois conscient, c'était la description que ma fille m'en avait fait. Elle les aimait et dans mon esprit, inconsciemment, si elle les aimait, c'était des personnes que je devais protéger. Ils avait apporté de la joie à ma fille alors que j'en était incapable. Ça justifiait toutes les entorses à ma ligne de conduite, qui était de suivre mon dessein sans me mêler de celui des autres. Seulement voilà, il y avait Audrey. Audrey me parlant d'Aaron, puis de Jessica, sa fiancée secrète qu'il voulait pas dire. Je passais peu de temps à la maison quand j'avais encore mon ancienne identité mais le peu que je passais, je le mettais à profit pour entrer dans le monde de cette petite fille que j'avais vu grandir. Aaron et Jessica en faisaient partie. Ils faisaient aussi partie de l'univers de Leana dont je m'éloignais déjà malgré toute l'affection que j'avais pu ressentir. Ma première motivation à aider ces deux-là n'avait rien d'idéologique, ne servait en rien mon projet. Elle était basiquement liée à cette incarnation de ce que je n'aurais jamais le bonheur de connaître. La paternité. Alors que Miss Warner me parlait, je devais encaisser cette prise de conscience mais, était-ce cette intimité confinée dans l'alcôve, ou la conséquence de mes graves excès sur le plan mental, j'avais du mal à masquer mes émotions par une illusion.

Je l'écoutais me questionner sur le médaillon mais sa voix devenait confuse et les lumières, les sons m'agressaient soudain.

- Miss Warner, je vais vous paraître fou, ou ma demande va vous paraître incongrue, mais ... auriez-vous à proximité une piscine ou un jacuzzi ou une baignoire dans laquelle je puisse m'immerger quelques minutes ?  ... Le médaillon ... C'est dans l'ascenseur... Dans la tour, je le lui ai pris sans qu'il s'en rende compte... Je savais que ce serait mon sauf conduit jusqu'à vous ...    

Elle allait croire à un caprice de star et me mépriser mais je savais que si elle me refusait son aide, je disparaîtrais pour une durée indéterminée et je ne pouvais pas me le permettre, pas plus qu'Aaron Williams.
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Jessica Warner
Asarienne, 2e Génération
MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 27 Oct - 18:19

Je me levais d’un bond vers mon invité, inquiète de son attitude. IL était devenu si pâle, si fragile, si vrai. Il n’y avait plus cet artiste au charme inquiétant, il n’y avait plus qu’un homme qui cherchait à s’accrocher avant de sombrer. Je glissai le médaillon d’Aaron  dans mon corsage et je me penchais vers mon invité.

- Je vais vous conduire sur le toit du Diamond. J’ai fait construire une piscine privée. Vous pourrez vous détendre. Mais avant, nous allons devoir sortir de l’alcôve. Tous les regards seront braqués sur vous. Monsieur Laymann, est-ce que vous pouvez marcher un peu ? L’ascenseur n’est pas très loin, mais nous devons rester discrets.

Ma seule solution était de passer mon bras autour de sa taille et de faire comme si nous nous enlacions, comme si nous étions devenus très intimes. Cela soulèverait moins de questions et de curiosité de la part de mes clients. Nous fîmes cela, en récupérant avec moi la rose rouge et je le guidai tout en jouant la comédie de la femme séduite par la star jusqu’à un petit couloir personnel qui donnait sur l’ascenseur. Le sas s’ouvrit lorsque j’appuyai sur le bouton et on s’y engouffra rapidement. Je l’aidai à s’appuyer contre la paroi et je lui laissai le temps de se remettre de ses émotions. Nous arrivâmes en quelques secondes sur le toit. Il y avait une partie de la piscine qui était couverte - ainsi qu’un jacuzzi - et une moitié qui donnait directement à l’extérieur. Je le conduisis devant la piscine et je m’éloignai de lui pour lui donner la tranquillité et le clame qu’il recherchait. Mon esprit était chamboulé par tant de pensées, tant d’images que cela me donnait le vertige.


Sa fille …
Ses mots résonnaient encore et encore dans ma tête. Non pas que cet homme ne pouvait avoir des enfants. Ce n’était pas la pensée que j’avais à ce sujet. C’était plutôt le fait que  je ne voyais pas quel enfant j’avais pu croiser dans mon quotidien. Je savais parfaitement qu’aucun mineur n’avait franchi les portes du Diamond et encore moins  le lit de mon frère Casey. Je n’en employais pas non plus alors que je savais que les Miens, les Asariens, ne s’arrêtaient pas à l’âge pour les soumettre de quelle que manière que ce soit. A l’extérieur de mon night-club, je n’avais que des relations professionnelles aussi. Je n’avais jamais vu d’enfants chez mon banquier, à la galerie d’arts où j’aimais venir y flâner dès que je le pouvais, au Complexe de détente, ni au restaurant ou la brasserie où j’ …
Et là, une ancienne scène se rejouera sous mes yeux. Le glacier des galeries marchandes, il y a plusieurs mois. La petite fille qui accompagnait Aaron dans les boutiques. C’était justement là que je les avais croisés. J’étais rentrée dans une cabine d’essayage et en fait cette cabine était déjà occupée par Aaron.  Cet épisode de ma vie s’était passé quelques semaines après la première nuit que j’avais passée avec lui. Nous nous étions quittés en très mauvais termes. Tout avait dégénéré et dérapé en quelques secondes après avoir partagé un plaisir intense entre ses bras. J’avais mis du temps à comprendre pourquoi j’avais agi ainsi, entre le moment où Aaron était parti de mon appartement et le moment où je l’avais revu dans cette boutique. Durant plusieurs jours, je m’étais recroquevillée sur moi-même. J’avais laissé à Casey la gérance du Diamond tout seul en prétextant avoir besoin de me changer les idées. C’était faux. J’avais surtout un besoin éminent de trouver des réponses à mon état, à ce comportement irrespectueux que j’avais eu. Je m’étais protégée d’émotions qui avaient pris beaucoup trop d’importance ce soir-là. Des émotions que je ne pouvais pas gérer et que j’avais cru étouffer pour toujours. Aaron avait éveillé tout cela et ma seule réplique avait été d’être sans pitié avec lui. J’étais passée par plusieurs étapes : la colère contre lui, la colère contre moi, le déni complet de ce que je ne voulais pas voir et enfin l’acceptation de mes sentiments naissants et puissants. Mais comment renouer avec un homme que  j’avais tant blessé ? Le destin ou la chance s’étaient alors invités dans notre histoire pour nous donner une seconde chance.

La petite fille s’appelait Audrey  et sa maman Leanna Anders.  La maman s’était présentée à moi quand elle était revenue chercher son petit bout de chou auprès d’Aaron. Je posais enfin les yeux, de nouveau, sur mon invité. J’avais vu sa petite famille sans me douter que c’était la sienne. Je me souvenais des propos de Leanna qui disait que Dylan était retenu au boulot. Qui avais-je donc devant moi ? Dylan Anders ? Gabriel Laymann ? Les artistes pouvaient avoir des noms d’emprunt, des pseudos, mais là ce n’était plus le cas. C’était comme s’il y avait deux hommes avec deux vies bien séparées l’une de l’autre. Je ne voulais pas le brusquer. Il paraissait si mal, si déstabilisé. Je pris le médaillon dans mon corsage que je gardai précieusement dans ma paume et je m’avançai jusqu’aux rambardes de ma terrasse privée. Je ne voyais aucune connexion entre le père de famille et la star. Je ne voyais même pas le lien entre lui et Aaron, si ce n’est que sa fille et sa femme connaissaient Aaron. Il devait bien y avoir une relation plus complexe entre les deux hommes, mais je ne voyais pas laquelle. J’ouvris ma main et je détaillais avec mon index le bijou de l’homme que j’aimais et qui se trouvait maintenant au fond d’une cellule. Je le portai à mes lèvres pour l’embrasser, comme si le médaillon avait le pouvoir et la capacité de me relier aux pensées d’Aaron. Et que dire de cette rose dont j’humais encore son parfum entêtant. Pouvait-elle, elle aussi, me rattacher à Aaron ? Communiquer avec lui ?

Je devais savoir, je devais comprendre avant de finir totalement folle. Je me tournai vers Gabriel et j’espérais qu’il avait repris ses esprits. Il allait devoir répondre à mes questions qu’il avait occultées la première fois. J’étais assez troublée et perplexe par toute cette situation qui m’échappait entièrement.

- Vous vous sentez mieux ? Je connais votre fille … et votre femme. Je viens de m’en souvenir … C’est Audrey et Leanna Anders, n’est-ce pas ? Alors qui êtes-vous ? Dylan Anders ou Gabriel Laymann ? A moins que vous ayez d’autres identités encore dissimulées sous votre chapeau ? Comment saviez-vous qu’Aaron serait à la tour ? Comment avez-vous fait pour l’approcher d’aussi prêt ? Il va falloir arrêter de jouer avec moi. Nous ne sommes plus sur scène …




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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mer 28 Oct - 23:21


"Les pulsations de mon cœur battaient à mes tempes et je sentais la réalité s'estomper autour de moi. Tout ce que j'avais bâti durant ces dernières années se retrouvait relégué à un combat dérisoire et inutile alors que j'étais confronté à la réalité de ce que j'étais devenu... Victime de ma propre tyrannie ... Celle qui m'imposait de punir ceux qui m'avaient anéanti... En réalité, ils avaient réussi au delà de leurs espérances, puisque je ne vivais plus que pour les châtier et que j'étais en train d'en mourir une seconde fois ..."

Si j'avais pu être calculateur souvent, cette fois je ne subissais que les effets des abus inconsidérés que j'avais infligé à mon corps. J'avais développé des dons inédits et qui n'étaient probablement qu'à un stade émergeant. La capacité de téléportation, connue chez nombre d'Asariens avait muté chez moi en une désintégration moléculaire totale qui rendait tout traçage impossible. Mon polymorphisme avait cela d'innovant qu'il pouvait s'étendre à mon environnement. Si j'avais envie d'un couché de soleil sur le désert, je pouvais le faire apparaître dans une rue d'Asaria. Le changeling, quant à lui était le plus effrayant. Je pouvais substituer un pantin sans âme à une personne que je téléportais dans un endroit de mon choix. Ce don, plus que les deux autres pouvait me conduire à ma perte. Mais aucun des trois n'était anodin car chacun entamait mon intégrité mentale et ma structure moléculaire. Depuis quelques temps, des symptômes s'étaient manifestés et, bien entendu, je n'y avais pas pris garde au début. J'avais bien d'autres sujets d'attention sans me préoccuper de ce tremblement ou de cette transparence qui envahissait parfois les mains. Jusqu'au jour où j'avais peine à me voir dans le reflet du miroir. C'était après avoir fait sauter le système de sécurité du Centre de Recherches en me dématérialisant et me rematérialisant  à haute fréquence de part et d'autre des sas de sécurité que j'avais capté une fréquence imperceptible à l'infra sensorialité humaine et même asarienne. J'avais ouvert une porte que j'étais, pour l'instant, en peine de refermer et chaque fois que j'activais mon don d'ubiquité ou de dématérialisation, j'étais comme appelé par cette porte.

Je n'avais pas de regret par rapport à ce jour. J'avais aidé à sauver l'innocence. Et cela valait toutes les damnations. Les plus grands maux provenaient souvent des plus beaux élans. Je n'en étais que l'illustration dérisoire. J'avais consulté, comme un patient lambda, suite à ce trouble. Au Centre Hospitalier, dans le service de Recherche en Génétique Moléculaire, j'étais devenu le sujet défiant toutes les thèses. Ma fréquence de vibration défiait toute tentative de mesure. A force de mesures et d'expérimentations, les spécialistes avaient fait émerger un diagnostic. J'avais amorcé une nouvelle mutation qui me faisait quitter lentement le champ de fréquence perceptible par le génome humain et asarien. En d'autres termes, j'étais en train de perdre ma structure moléculaire initiale. Pour un état qui n'était pas encore répertorié. Plus j'usais de mes pouvoirs et plus j'entamais ma structure matérialisée. Le verdict ne m'avait pas surpris. Il était à portée de mon intelligence polymathe. Plus une structure est extensible et plus elle est dispersive, intangible. J'étais en train de me perdre dans mes différentes matérialisations. Qu'y avait-il de surprenant à cela ? C'était tellement prévisible de la part d'un type dont même sa propre mère avait dénié le droit d'exister. Ce n'était que la conclusion logique à une aberration non désirée, cachée, dévoyée, rejetée.

A force de m'évertuer à exister quand même à travers de multiples apparences qui n'étaient pas vraiment moi, j'allais tout simplement cesser d'exister. Mais avant, j'avais l'espoir d'entraîner avec moi tout ce qui pouvait condamner la vie sur Terre.

Ce malaise, comme tous les autres, se manifestait lors d'une forte émotion. Jessica Warner, sans le savoir, ni le vouloir, me renvoyait à mon amour lointain, à ma candeur, à mon idéalisme. Elle me liait aussi à ma conscience en m'imposant l'image d'Audrey. J'avais échoué partout. L'être supra intelligent, le fils de l'élite ne valait rien dès qu'il s'agissait de se confronter à la réalité de l'existence. J'avais  failli aux yeux de Mara, à ceux d'Audrey  ... Un jouet, une illusion projetée par une mère mégalomane ... Je n'avais jamais été autre chose. Même au delà de la mort et de ma renaissance... Elle continuait à mener le jeu...

Je me sentis soulevé de la banquette et je perçus vaguement un parfum de femme. Des mots me parvenaient et je tournai mon visage vers elle. Son regard, au delà de l’espoir que j'y lisais, était magnifique. Je tentai de m'y accrocher. Je la savais aimer un autre mais cet amour était un îlot auquel je me retenais pour ne pas être englouti par le néant. Le corps résistait, aguerri à de nombreux tourments, l'esprit luttait pour ne pas sombrer. L'âme était déjà perdue depuis longtemps et n'aspirait plus qu'à lâcher prise.

Une image s'imposait alors que je me sentais appuyé contre une paroi froide qui s'élevait. Une fillette au visage encadré de nattes rousses et parsemé de tâches de rousseur.

- Audrey ...

Elle se superposa un instant à une autre que j'avais croisé dans le Bidonville quelques mois auparavant.

- Mara ...

Je sombrai dans le néant  ... pour un instant  ... pour une éternité

Jessica Warner m'avait conduit, j'ignorais comment, au bord d'une piscine. Je sentais sa conscience s'éloigner de la mienne. L'étendue d'eau salvatrice s'étalait à mes pieds et je donnais alors à voir le plus étonnant des tableaux. Tel un robot, je descendis, tout habillé, les marches en pente douce pour entrer dans la piscine. Peu à peu, l'eau m'enveloppait de son sarcophage bienfaisant.  Elle arrêtait les ondes qui émanaient de moi en direction de l'intangible, elle contenait ma déliquescence. Mon apparence corporelle retrouvait son unicité.
Je m’immergeai entièrement dans le silence relatif de l'eau. La distorsion était telle que les ondes n'avaient plus le même impacte sur moi. Plus la profondeur était grande, plus l'effet était lénifiant et me permettait de reconstruire ma structure moléculaire, mais je me contenterai pour ce soir des trois mètres de la piscine à la surface de laquelle surnageait mon chapeau et apparaissait la silhouette de mon hôtesse.  Je remontai aussi vite que je le pus. Je serais bien resté la nuit, mais cela n'aurait pas été correct. Bien sûr, lorsque je refis surface, je n'étais plus Gabriel Laymann. J'étais simplement moi, à vingt-quatre ans, après qu'on m'ait tiré dessus. L'illusion avait été effacée par l'eau et même s'il ne s'écoula qu'une fraction de seconde avant que je ne restaure l'apparence du Gabriel actuel, je savais que Jessica Warner n'avait rien manqué de l'apparition.

Je pris appui sur le bord de la piscine et repris mon souffle avant qu'elle me rejoigne. Elle avait déjà commencé à déchainer le feu de ses questions. Il me rappelait celui de celle que j'aimais, lorsque je projetais une sortie ou un coup de force risqué. Au fil des mois passés dans cet engagement, à ses côtés, je n'avais cessé de mettre la barre plus haut dans le défit à l'autorité du Gouvernement. Cette surenchère n'avait pas échappé à l'élue de mon cœur qui était pourtant impuissante à l'endiguer. Cette envolée m'avait conduit à ma perte ... à la chute fatale ...

Je souris alors que les gouttes d'eau glissaient sur moi comme sur le plumage d'un corbeau.

- Je me sens mieux, en effet. Grâce à vous... Vous connaissez maintenant l'un des secrets du Scarecrow ... Mais je connais aussi le vôtre... Je sais pour qui bat votre cœur. Alors nous sommes tous deux le gardien du secret de l'autre. C'est un pacte ...

Mon regard  se perdit dans les reflets artificiels de l'eau. Je songeai à l'océan, à des bains nocturnes en compagnie de celle que j'aimais. Ces rêves avaient-ils existé ou l'espérai-je seulement ? Un pan de mon passé se dressait comme un mur plein d'impacts sur lequel je peinais à lire les souvenirs. Je savais que j’occultais des sentiments pour assurer la sécurité de ceux qui comptaient encore pour moi mais cela m'infligeait une souffrance indicible. La seule chose qui s'imposait à moi à ce moment, était d'un autre âge et faisait écho à l'amour qui liait Jessica Warner à cet Asarien.

- Ma femme et ma fille ? Peut-être... Je ne sais pas...Vous me voyez avoir une fille ? C'était une boutade ... Vous savez comme sont les artistes ? Des identités ? J'en ai beaucoup, ce sont mes dons qui en sont la cause. Je sais aussi beaucoup de choses à cause de mes dons... Ne voyez en moi qu'un relais...


Je me concentrai et fermai les yeux pour réunir mes forces...

- Vous avez été juste avec moi, vous m'avez aidé sans vraiment me connaître... Bon, il est vrai que j'avais son pendentif. Mais vous avez eu confiance... J'aurais pu le tuer pour le lui arracher... Vous êtes telle que je l'ai imaginé en pensant à la femme qu'un tel homme pourrait aimer. Alors... Je vous fais ce cadeau...


De l'autre côté de la piscine, une silhouette se matérialisa, élancée, les cheveux blonds et longs...

- Profitez-en ... Je ne peux tenir que quelques minutes dans mon état...Je ne suis qu'un pauvre illusionniste ...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Dim 1 Nov - 17:30



Mon corps d’Asarienne avait une force légèrement supérieure à celle d’une humaine, mais soutenir Gabriel Laymann et le guider vers l’ascenseur privé ne fut pas si facile. Je devais maintenir une certaine illusion aux yeux de mes clients qui n’avaient sans doute pas manqué de nous voir ressortir tous les deux de l’alcôve. Je le tenais contre moi, mon bras enlaçant sa taille pour lui permettre de rester debout, pour éviter  que les plus curieux ne se posent trop de questions. J’en avais tellement de mon côté, mais je ne pouvais plus le brusquer, je ne pouvais que lui donner mon soutien. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé. Nous étions un instant plus tôt en train de converser sur son envie de chanter au Diamond avec son groupe, il avait changé la direction de notre discussion sur un ami commun,  sur l’amour et sur sa fille et c’était à ce moment-là qu’il avait éprouvé son malaise.

Je ne l’avais pas quitté une seule seconde du regard dans l’ascenseur. Il ne semblait plus être conscient de tout ce qui l’entourait. Ailleurs. Très loin d’Asaria. Très loin d’ici, de Lui-même, de Moi. Lorsque, de nouveau, les portes du sas s’ouvrirent sur le toit de mon établissement, je l’avais agrippé encore une fois par la taille et je l’avais conduit jusqu’à la piscine. Il se laissait guider sans aucune protestation et je sentais le poids de son corps contre le mien, s’affaisser de plus en plus. Telle une marionnette, il suivit et descendit les marches de la piscine pour s’immerger totalement. J’observais son corps disparaitre au fur et à mesure dans l’eau jusqu’à que seul son chapeau flotte sur cette onde bleuté. C’était troublant et impressionnant de voir cet homme … perdu ? Etait-ce le bon mot pour le définir ? Je ne possédais pas le pouvoir d’empathie pour ressentir les émotions des autres, ni j’étais télépathe pour lire dans les pensées, mais je n’avais pas besoin de cela pour en déduire que cet homme vivait une douleur privée que je ne pouvais atteindre pour l’aider, simplement l’amener là où il l’avait désiré : dans cette eau.

Je l’avais entendu murmurer deux prénoms…  L’un m’était familier, l’autre inconnu et je compris alors en me souvenant, que j’avais bien rencontré sa fille, il y avait quelque temps auparavant. Audrey était la petite fille qui avait accompagné Aaron à cette boutique. J’avais aussi croisé sa maman quand elle était venue la chercher au glacier où nous avions passé l’après-midi. Je me tenais contre la rambarde de ma terrasse et je n’arrivais pas à me défaire de cette scène : celle de Gabriel Laymann sous l’eau. Je cherchais à comprendre ce que l’eau pouvait lui apporter. Le calme ? Une sorte d’apaisement … mais de quoi ? Du corps ? De l’âme ? Du cœur ? Peut-être de tout cela. Quel était son lien véritable avec Aaron ? Et Aaron savait-il que le père d’Audrey était ce chanteur, cette star adulée ? Je serrais contre mon cœur le médaillon du loup qu’il avait fait apparaitre sur la table. Un médaillon qu’il avait arraché à Aaron dans l’ascenseur. Quel ascenseur ? Me parlait-il de ce jour où Aaron s’était fait arrêter à la tour gouvernementale ? Comment cela était-il possible que Gabriel s’y trouve aussi ? Non, non … C’était impossible. C’était bien trop incompréhensible pour que j’arrive à trouver un lien entre toutes ces informations. Un instant mes prunelles ambrées se portèrent sur cette rose que je tenais entre mes doigts depuis tout ce temps. * Aaron, dis-moi que je ne suis pas en train de devenir folle… Dis-moi que tout ceci à un sens …*

Le mouvement de l’eau me sortit de mes réflexions et je le vis remonter à la surface. Le choc fut indescriptible. Mon cœur pulsa alors à une vitesse folle. J’étais en appui contre le garde-fou et pourtant j’avais la sensation de perdre pied. L’espace de quelques seconde, l’homme qui s’était uni à l’eau, qui avait disparu dans cette  volute marine, ressortait différent. Ma louve grondait. Je l’entendais. Je percevais ses réactions, ses craintes. Elle était sur ses gardes et si Aaron me répétait d‘écouter cette partie de moi, cette nuit, je ne le fis pas. Aussi étrange et dangereux que cela pouvait l’être, Gabriel Laymann ne m’inspirait pas la crainte que j’avais vécu auprès de Damien Stark. C’était si … surprenant que je n’arrivais pas à préciser mon impression. C’était une intuition qui me conseillait et qui me menait vers cet homme au visage et à l’apparence bien plus jeune. Je restais silencieuse, à détailler cette transformation tandis que les traits de Gabriel Laymann reprenaient le dessus sur son corps. Il s’avança vers le rebord de la piscine et je m’enquerrais de son état. Enfin, j’osais prononcer des mots et le début de mes questions. Son sourire était si fragile et si sincère, loin de l’homme et de ses frasques qui avait foulé le Diamond un peu plus tôt dans la soirée.

- Un pacte … Je pourrai vous dire que ma vie privée ne regarde personne… et aujourd’hui encore bien plus. J’ai un combat à mener. Sa vie à sauver. Si vous le connaissez, si vous êtes là pour nous aider, alors oui, j’accepte ce pacte … Qui que vous soyez.

Je tremblais malgré la température agréable de la nuit. Le trop plein d’émotions commençait à m’envahir et à se répandre en moi. Il se défendit de ne pas avoir de fille … Mais son argumentation ne m’atteignait pas et sa comédie ne marchait plus. Je secouai la tête négativement.

- Permettez-moi de vous dire que je ne vous crois pas … Audrey … Vous avez prononcé son prénom dans votre semi-inconscience, quand je vous ai conduit jusqu’ici. Vous êtes le père de cette fille. Voilà pourquoi vous connaissez Aaron. Votre fille ainsi que votre femme est le lien entre vous deux. Il n’y a que nous deux ici … Vous n’avez pas besoin de porter un masque, de faire semblant Monsieur Laymann. Si on doit se faire confiance, il faut faire un pas chacun dans la même direction.

J’aurai voulu en savoir davantage, mais il redevint silencieux et ferma ses paupières. Je pensais que c’était pour reprendre des forces, pour tente de retrouver un peu de stabilité en lui. J’étais loin d’approcher la vérité. A ses mots, intriguée, je me tournai vers l’autre extrémité de la piscine et … L’émotion fut si écrasante que j’en perdis le médaillon et la rose qui tombèrent à mes pieds. La joie de le revoir noua ma gorge de sanglots. J’étais incapable de parler et d’avancer. Mes deux mains se posèrent sur mon cœur … C’était … impossible encore une fois …

- Aaron ?... murmurai-je … Non, ce n’est qu’une image, n’est-ce pas ?  Je n’ai pas besoin d’image de l’homme que j’aime pour me souvenir de lui. Pourquoi me faites-vous subir cela ? On ne m’a pas laissé le voir une seule fois depuis son arrestation Mon souffle se perdit dans mes larmes qui coulaient sur mes joues. Je commençais à deviner une autre possibilité.  Non … non… il porte la combinaison d’incarcération … Alors, c’est … C’est Lui ?

Ma louve ressentait les mêmes émotions que moi et elle m’entrainait vers cette illusion. Je retrouvai enfin l’usage de mes jambes qui me portèrent devant cette silhouette que je connaissais par cœur.

- C'est toi mon Amour ? ...





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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 3 Nov - 20:02



Tout mon esprit se tendait vers la prison où était incarcéré Williams. C'était la première fois que j'opérais un changelling de si loin et je savais que cela allait me coûter mes dernières forces déjà bien entamées par le concert et ses suites. Mais ce n'était pas cela qui m'indisposait le plus. J'avais laissé en lieu et place de l'entité que je déplaçais, un leurre, un artefact simulant le savant. Il semblait endormi, allongé sur sa couchette de prisonnier, le visage tourné vers le mur, de sorte qu'on ne pouvait pas voir son visage blafard et le tressautement de ses paupières qui s'ouvraient parfois sur un regard totalement blanc et vide. J'imaginais sans peine l'émotion de Miss Warner, son doute, son incrédulité, même. Un nombre assez conséquent d'Asariens savait projeter des illusions ou suggérer ou soumettre la raison par télépathie, mais aucun à ma connaissance n'arrivait à rematerialiser un être ailleurs tout en laissant à l'emplacement d'origine, l'illusion qu'il y était toujours. Je savais faire ce genre de chose mais dans l'état où je me trouvais actuellement, je savais que c'était un cadeau offert à cette femme comme pour acheter ma rédemption aux yeux d'Audrey. Williams était condamné et si je pouvais l'extraire momentanément de sa cellule, je ne pouvais le faire évader. Pas sans aide logistique lourde. Je pouvais être une arme de diversion et d'invasion massive mais certainement pas sans logistique, du moins sans un ordinateur puissant pour me permettre de cracker les sécurités de leur système. Je ne pouvais plus compter sur ceux de mon ancien patron et retourner dans ma dernière planque équivalait probablement à me jeter dans la gueule du loup. Jessica Warner connaissait-elle quelqu'un d'assez haut placé pour me donner accès à un système informatique d'une puissance suffisante pour tenir tête aux spécialistes que le Gouvernement n'avait sans doute pas manqué de réunir ?

Il fallait un central d'une grosse entreprise avec une équipe de hackeurs assez agiles du cerveau pour coordonner leurs attaques sous ma houlette. Cela existait-il et pouvait-on me faire confiance ? Qui serait prêt à le faire ? J'avais peu de temps devant moi avant que mes illusions soient démasquées et ne s'écroulent comme un château de cartes. Je devais trouver cette logistique pour mener mon projet à bien mais je savais qu'il était probablement trop tard pour sauver le scientifique et que l'homme qui serait arraché aux griffes d'Alianka ne serait plus le même que celui que cette jeune femme aimait, que ma fille Audrey aimait. Il ne serait qu'une ombre, brisée, souillée, détruite, anéantie. D'ailleurs, j'avais senti cette entame, cette corruption déjà présente dans l'âme du jeune idéaliste depuis un moment déjà. Je ne savais y mettre une raison,  je ne savais en trouver l'origine, mais l'âme du jeune scientifique était déjà entachée avant même qu'il ne tombe, déjà lors de notre rencontre, avant sa mission suicide, j'avais perçu une ombre jetée sur sa volonté, comme si elle était retenue en un autre lieu que son corps. Et encore cette fois, alors que j'offrais à Miss Warner un ultime moment de bonheur en lui donnant à rencontrer l'homme qu'elle aimait, je savais que ce n'était pas vraiment lui, et je savais que mon changeling n'y était pour rien. Il ne faisait que transporter d'un point à un autre, en masquant la disparition de ce qu'il avait trouvé au point de départ. Et ce n'était qu'une ombre de cet homme que j'avais croisé chez moi, quand ma femme Leana l'avait invité.

Suffisamment puissante pour tromper absolument tout le monde, à l'exception de cette cognition première que je tenais sans doute de mes gènes, la puissance qui opérait était colossale. Je ne me souvenais pas l'avoir connue chez ma mère. Alors qui opérait dans l'ombre pour assujettir Aaron Williams ? Ma chère mère n'avait certainement pas manqué de s'aliéner les services des pires bêtes de foire depuis que j'avais quitté le monde des vivants. Toujours est-il que j'avais l'impression que Jessica Warner énonçait une vérité lorsqu'elle me demandait pourquoi je lui infligeais une simple image de l'homme qu'elle aimait. Quelque part, c'était peut-être cela, sauf que j'étais bien en peine d'expliquer pourquoi j'avais cette "intuition". L'énergie que me demandait la projection était suffisante pour me plaquer mentalement sur mes assisses et j'étais à présent un pantin qu'on aurait pu noyer en le poussant dans l'eau et en le maintenant immergé. J'étais donc bien incapable de "voir" l'échange entre les deux amants. Je n'étais qu'un vecteur... Incapable même de mettre en garde ma nouvelle alliée quant à l'authenticité de ce que je venais de téléporter. Je sentais néanmoins la souffrance et la sincérité de "l'objet transporté" .

Les yeux fermés, je voyais le passé de ces deux êtres défiler et envisageais leurs futurs possibles... J'étais assis au bord de cette piscine, les jambes dans l'eau, les mains en appui sur la margelle, la tête légèrement penchée, les yeux clos. Les larmes ruisselaient sur mes joues mais j'étais incapable de bouger pour les essuyer. Je n'étais que le jouet du Destin ... Une fois de plus...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Sam 14 Nov - 0:33




Il venait d’apparaitre de l’autre côté de la piscine. Un bref instant, l’image m’avait semblé foule puis elle avait pris des traits familiers que je ne pouvais oublier. Je ne connaissais pas les dons du chanteur, je ne savais pas jusqu’où cette illusion pouvait être réelle ou seulement un reflet. Bien avant de formuler ma question à haute voix, j’avais déjà ma réponse. Aaron portait la tenue d’incarcération des prisonniers de la Milice et les cheveux attachés. Comment Gabriel Laymann pouvait –il savoir tout cela. Moi-même, on m’avait interdit de le voir. Il était devenu un prisonnier hautement surveillé pour avoir eu l’audace de jouer avec la sécurité du gouvernement et de ses membres.  Alors si ce n’était pas une chimère que j’avais sous les yeux, c’était lui… Les pouvoirs des Asariens étaient puissants, certains dotés d’aucune limite quand on arrivait à l’âge des Anciens, mais là, je n’arrivais pas à saisir l’inexplicable. Un instant, je tournai ma tête vers celui qui ne devait être qu’un futur partenaire pour une série de spectacles au Diamond. Qui était-il ? Que cachait-il derrière ce personnage de scène ? J’avais perçu un autre visage de lui, une fraction de seconde, Gabriel Laymann s’était transformé pour laisser place à un autre homme. Je ne possédais pas tous les tenants et tous les aboutissants entre mes mains, néanmoins mon instinct et ma louve n’étaient plus sur la défensive. Ils m’incitaient tous les deux à faire confiance en cet homme mystérieux qui était assis sur les marches de la piscine totalement à ma merci si j’avais été son ennemi. Il prenait des risques pour Aaron et moi sans se soucier en cet instant de sa faiblesse. Ses larmes, je les voyais ruisseler sur ses joues. Elles étaient la preuve de sa franchise, le rempart entre cet homme et Asaria qui venait de se mettre à nu, de l’abaisser pour me donner un trésor qui n’avait aucun prix.

Je fis le tour de la piscine, m’avançant vers cette silhouette qui me tournait le dos. Un spectre qui cherchait quelque chose, qui paraissait ailleurs, perdu dans ses pensées. Quand enfin, je prononçai son prénom, il se retourna vers moi et je fus frappée par la noirceur de ses prunelles, qui à l’instant où il me reconnut, reprirent la clarté d’un ciel d’été. Tous ces jours loin de lui, sans aucune nouvelle. Toutes ces heures entre les mains de ses geôliers. Quelles tortures monstrueuses lui avait-on infligées ? Ces soldats étaient réputés pour faire céder le plus loyal des hommes quelle que soit la force et les idéaux de son combat. Le briser pour le réduire à l’état de pantin. L’humilier pour le réduire à néant.





- Je ne baisserai pas les bras Aaron. Je te sortirai de là. Je t’en supplie, tiens bon.  Je ne te laisserai pas entre les mains de tes bourreaux.  Que t-ont-ils fait subir ?

Alors que j’avançais de nouveau vers son reflet, ma louve ne réagissait pas de la même façon devant Aaron. Elle me mettait en garde autant sur l’homme que sur le loup. Et je compris soudain comme si des coups de couteaux venaient se planter dans mon cœur. Je compris ce que dissimulait cette aura noire que j’avais vu dans ses prunelles, son changement. L’homme que j’aimais était différent, mais peu m’importait, il était absolument impensable pour moi de lui tourner le dos et de le laisser seul avec ses tourments. Je mettrai tout en œuvre pour l’aider.  Je tendis nerveusement ma main vers lui qu’il observa avec méfiance. C’était comme s’il ne me reconnaissait plus ou comme s ‘il cherchait dans son esprit des souvenirs de mon existence, de ce que nous avions partagé ensemble, de ce qui nous liait l’un à l’autre. Je tentais vainement de retenir mes sanglots et toute cette émotion qui était bien trop forte et écrasante. Je me souvenais de ses paroles :
*Ce serait tuer une moitié de moi-même que de nier les sentiments qui me portent vers toi*

Quoi qu’on lui avait fait, je ne pourrai pas me détourner de lui, oublier nos moments, oublier tout ce qui m’avait toujours poussé vers lui, tous ces sentiments qu’il m’avait fait découvrir. Nous étions deux loups solitaires et on s’était trouvé, on s’était blessé, on s’était affronté et on s’aimait. Rien ne pourrait me faire fuir. J’étais une Warner et dans mon sang coulé mes origines latines couplées avec celle d’une louve qui ne laisserait pas la moitié de son âme en enfer sans se battre, même si je devais le faire pour deux.

- C’est moi … Jessica.

Son sourire alors illumina son visage et ses lèvres et il tendit la main vers moi.

- Jessica, tu dois m’oublier, tu dois penser à toi. Il ne faut pas, il ne faut plus …

La torture de ses mots, ce destin de solitude auquel il me renvoyait me laissa tétanisée. Mon sanglot éclata sans que je ne puisse endiguer les larmes et ma détresse.

- Tu … tu … te souviens …

J’avais énormément de mal à prononcer mes mots. Il ne pouvait y avoir de fin, je ne le laisserai pas. Et s’il n’y croit plus, alors je me battrai pour deux. J’essuyai mes larmes du bout de mes doigts et je pris une grande inspiration pour chasser ma tristesse.

- Tu te souviens de ce que tu m’as dit un soir : « Quoi qu'il arrive ... Cet amour ne disparaitra jamais. Je ne laisserai plus jamais quoi ou qui que ce soit nous séparer. » Ce sont tes mots Aaron, et je te les répète ce soir. Tu m’as assez protégée, tu as assez pris soins de moi. Les loups ne reconnaissent qu’une seule âme sœur. Tu es la mienne. Je suis la tienne. Tout ce que tu m’as révélé à mi- mot pour ne pas m’exposer. Je sais maintenant ce que tu es et pourquoi tu te bats.  C’est à mon tour de me battre pour toi, pour nous.




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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Lun 16 Nov - 19:40




Esprit prisonnier d'un corps immobilisé par un sortilège qu'il avait lui-même initié, je ressentais la détresse de celui que j'apportais dans mes bagages mentaux. Il était conscient de ce qui se jouait, savait que j'y avais une part, puisque j'étais apparu dans sa cellule quelques minutes auparavant. Il n'était cependant plus vraiment lui-même, même si ce qui se tenait en face de moi à cet instant-là était en tout point identique à Aaron Williams. Je savais les maléfices de ma chère mère suffisamment puissants pour anéantir la volonté et la liberté de mouvement d'un homme ou d'un asarien, mais il ne s'agissait pas de cela ici. J'avais devant moi Aaron Williams, mais pourtant j'avais eu cette impression fugace, indéfinissable que ce que j'avais saisi par l'esprit pour le transporter au bord de cette piscine était tronqué d'une part intangible mais pourtant vitale: l'essence. Où était la flamme qui brûlait dans le cœur que j'avais croisé maintes fois chez moi, cet être qui faisait rire ma fille et sourire ma femme? Le regard rieur et espiègle de petit garçon qui se cachait derrière le visage grave du scientifique ? Celui qui se tenait devant moi n'était que le Aaron Williams du présent. Avec certes les souvenirs des Aaron du passé engrangés dans la mémoire. Il me semblait comme une copie système qui doit aller puiser dans la mémoire racine à chaque sollicitation de ses archives.

Je percevais tout cela, cette torture qu'il vivait face à celle qu'il aimait... "Je l'aime ... mais qui est-elle ? Pourquoi je l'aime ? Elle me touche, elle m'émeut. Mais pourquoi ? Quel est cet endroit ?" Et les réponses arrivaient, chaotiques, comme des écholalies d'un esprit dérangé qui répéterait ce qu'il a entendu à l'infini. Puis l'esprit les canalisait pour les restituer à cette jeune femme. Alors qu'il ne maîtrisait pas totalement sa pensée et son langage, le jeune scientifique avait conscience de tout ce qu'il côtoyait. Elle, moi... l'incarcération, la mort et peut-être d'autres choses qu'il essayait de lui cacher. Serait-elle dupe et resterait-elle dans l'ignorance du calvaire qu'il endurait ? En même temps je percevais l'étrangeté de son ressenti, comme si c'était lui qui avait supporté les tortures mais sans être lui. Il était juste celui qu'on sacrifie tandis que l'essence... L'essence se trouve ailleurs.

Cela me mettait en rage car quelque chose m'échappait. Une force autre que la mienne œuvrait en amont pour produire un artefact de celui que j'étais censé livrer en témoignage de ma compassion à ma future associée. Bien sûr il était peu probable qu'elle ressente la différence...Personne  ne pouvait avoir une vision aussi claire et transparente d'Aaron Williams que moi au moment ou je transportais son entité d'un point à l'autre. Pourtant, j'avais senti chez Jessica Warner une conscience primitive qui pouvait sans doute égaler ma perception kinesthésique. Une essence primaire qui recherchait, sans la trouver, son alter ego en Williams ...
Le désarroi de la jeune femme me frappa de plein fouet alors que je luttais pour maintenir le transfert encore davantage. Une part d'elle-même se dressait pleine de défiance face au vide auquel elle était confrontée. L'autre part dialoguait avec Williams mais percevait l'anomalie de façon confuse.

Leurs dualités m'apparurent alors et je sus quelle était la nature d'un don qu'ils partageaient. Je comprenais alors ce qui m'avait rendu le savant immédiatement sympathique. Il n'était pas qu'Asarien, comme un seconde génération lambda. Pas plus qu'elle ne l'était. Je percevais le déchirement de leur moitié animale qui ne se retrouvait pas, ne s'identifiait pas. Je vis des crocs luire, dans le film du transfert. Deux mâchoires se mordre et claquer. Il la repoussait pour la sauver... Je n'avais pas de conscience externe. Je n'étais qu'esprit, vecteur. Je ne pouvais même plus percevoir les sanglots qui secouaient mes épaules tandis que les larmes lavaient le maquillage du clown en un masque grotesque. La souffrance qu'il endurait en la rejetant, en verrouillant ses sentiments me renvoyait à ma propre blessure, à une plaie qui en se refermerait jamais. Je m'étais effacé, tout comme lui, pour donner une chance à celle que j'aimais d'avoir une vie, un libre arbitre. Tout être touché par Alianka de Nephthis était inévitablement corrompu et condamné à ne pouvoir effleurer du doigt la pureté sans la compromettre, la condamner à mort, ou pire, la noircir et la figer dans un enfer éternel.

Je sentis le désarroi de mon "invité" lorsqu'il comprit qu'elle ne renoncerait pas... Et je pensais en moi-même. "Disparais! Disparais, imbécile, si tu veux qu'elle t'oublie. Laisse la croire que tu ne l'aimes plus, qu'elle n'est plus rien pour toi... Essaie, c'est facile, tu verras... "  Je mentais, mais je ne mentais qu'à moi-même, car je n'avais aucun moyen de communiquer avec aucun des deux. J'ouvris alors les yeux mais ils n'étaient qu'encre, tout comme ceux de mon transfert. Ma main gauche se crispa sur la margelle de la piscine et s'en détacha. Puis elle s'éleva, paume ouverte . Je fixai de mon regard noir, et sans en avoir conscience, la surface mouvante de la piscine, offrant un tableau assez terrifiant à toute personne présente. L'eau devint sombre et un tourbillon se matérialisa au milieu du bassin. Cela n'aurait pas dû être ainsi. Cela ne se pouvait que si ...  J'aurais dû pouvoir créer un portail permanent pour Mademoiselle Warner et Aaron Williams. Un portail que j'aurai pu activer simplement en lui rendant visite. Mais ce que j'avais éveillé était terriblement puissant. Une malédiction, un sortilège d'aliénation, quelque chose entravait Aaron Williams. Qui que ce fut qui se dressait contre ma volonté, je l'anéantirai, pas seulement pour aider ces deux-là, qui même s'ils ne me laissaient pas indifférents, n'étaient que des atouts dans mon jeu, mais aussi pour relever le défi et annihiler la force qui possédait le vrai Aaron Williams. Le vortex emplissait à présent tout le ciel au dessus de nos têtes et j'ignorais où il conduisait mais j'y plongeai ma conscience sans hésiter. Tout se jouait intérieurement et si elle pouvait voir le tourbillon nauséabond au dessus de nos têtes, jamais Jessica Warner n'aurait pu soupçonner le combat que j'étais en train de livrer...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Jeu 10 Déc - 13:59


Le grognement de ma louve n’avait plus rien d’une mise en garde, c’était une réaction de protection face à un danger qu’elle n’arrivait pas à identifier. Cette part de moi qui n’avait jamais failli dans sa tâche à me protéger, elle me détournait ce soir de l’homme que j’aimais, de ce corps matérialisé devant mes yeux. Jamais ma louve n’avait émis autant résistance à m’éloigner de cet homme qui était une part de moi. Elle ne le reconnaissait plus, ni lui, ni le Loup. Ce lien si puissant qui nous avait liés dès l’instant où nos yeux s’étaient croisés, où nos corps s’étaient touchés, tout ceci n’existait plus, comme si par quel malheur ou sortilège, une personne venait d’effacer notre histoire. Je ne pouvais me résigner, je ne pouvais accepter de le perdre sans n’avoir rien tenté. Ses mots résonnaient encore dans ma tête quand il m’avait révélé que son combat, sa cause était dangereuse pour lui et pour moi, maintenant. J’avais accepté de le suivre, de l’aider, de le soutenir sans demander des détails qu’il n’aurait pas pu m’offrir. Il était loyal et fidèle dans tout ce qu’il entreprenait et c’était aussi cela qui me faisait l’aimer. Son esprit pointilleux et ses passions dévorantes m’avaient séduite, mais cela n’était rien en comparaison à l’homme, à ses failles, ses rêves et ses envies qu’il avait déposés à mes pieds.

J’avais beau lui rappeler nos souvenirs communs, ce que nous avions vécu ensemble, l’homme qui avait été transporté jusqu’à moi était différent. Je percevais son doute dans ses yeux, son incompréhension et pourtant par moment, je pouvais y voir une lueur d’amour qui illuminait son regard quand il le posait sur moi. Etait-ce un moyen de s’éloigner de moi pour ne pas me faire découvrir l’horreur qu’il avait subie ? Une pudeur qu’un homme même amoureux ne pourrait partager avec sa moitié. Je tendis ma main vers ce corps, mais il me tourna le dos. J’avais besoin de comprendre, j’avais besoin de réponses à tous ces tiraillements qui transperçaient mon âme et mon cœur. Je pris sur moi d’avancer d’un pas puis d’un second. J’avais l’impression douloureuse de me battre contre moi-même. Ma Louve m’attirait dans le sens opposé tandis que mes sentiments de femme me guidaient vers celui que je ne pouvais abandonner. Ma moitié animale grognait avec fureur face à cet homme-loup qui ne faisait plus partie de sa vie, de sa famille … de son clan.

- Tu pourras te détourner de moi, effacer tous nos souvenirs, tous nos moments précieux, tu pourras y mettre toute ta détermination à me faire changer d’avis, tu n’y arriveras pas. Je ne sais pas ce qui se passe, pourquoi tu es si … distant … différent … Quoi qu’ils t’ont fait Aaron, mon amour ne changera jamais pour toi. Tu pourras me repousser, je reviendrai toujours vers toi. Je ne t’abandonnerai pas ! Je te ferai sortir de là !

Aaron pivota vers moi et ses yeux changèrent de ton. L’onyx venait de remplacer la magnifique couleur bleue de ses prunelles. Ma louve hurla tellement fort en moi que je perdis un instant la maitrise sur ma transformation. Mes ongles devinrent des griffes acérées. Ma vision s’était accrue, plus affinée, peut-être que mon regard s’était lui aussi modifié l’espace de quelques secondes. Mes sens sauvages prirent le dessus de celui de la femme perdue dans ses émotions.

- Laisse-moi parler à Aaron !! Qui que tu sois, tu n’es pas lui !! Laisse-le tranquille !

Je m’étais tellement focalisée sur Aaron que je n’avais pas vu que le ciel avait changé, que tout le décor autour de nous avait pris des allures apocalyptiques. Une bourrasque me fit légèrement chavirer et je me tournai vers mon invité qui s’était muré dans un long silence depuis l’apparition de mon homme. La star avec laquelle j’avais échangé des mots dans l’une des alcôves du Diamond n’était plus que l’ombre de lui-même, avachi sur les marches de la piscine, ses yeux étaient de la même couleur d’ébène qu’Aaron et ses larmes aussi sombres que de l’encre noire. En levant la tête, un vortex s’état dessinait et il tourbillonnait au-dessus de lui en entrainant une odeur nauséabonde que je ne savais pas identifier. Ce maelström d‘énergies  puissantes et mystiques flottait comme une épée de Damoclès et semblait être prêt à nous dévorer ainsi que tout le Diamond. Est-ce que les gens le voyaient ce qui se passait d’en bas ? Mais mon interrogation n’était pas ma priorité du moment. Si ma louve m’interdisait d’approcher Aaron, elle m’entrainait à porter secours à Gabriel Laymann. Il paraissait si fragile en cet instant, si démuni face à cette force mystérieuse. Je me précipitai vers lui et je descendis les marches de ma piscine, mouillant par la même occasion mes talons et le bas de ma robe de soirée.

- Gabriel, Vous m’entendez ? Il faut se mettre à l’abri !

Il était dans une trance et il ne m’entendait pas, pas assez pour sortir de cette folie. Je n’étais pas télépathe ni je possédais un quelconque pouvoir sur le psychisme. Mes pouvoirs étaient incapables de l’aider, pourtant l’idée d’unir nos esprits fut ce qui orienta ma main en la posant sur son épaule.  Le contact fut électrique et tout aussi intense que le vortex qui nous attirait à lui. Cette chose, là-haut, était d’une nature extraordinaire. J’arrivais à sentir sa présence, mais je ne savais pas quel combat livrait Gabriel. Je fermai mes yeux et je dirigeai toutes mes pensées vers lui. Je trouverai bien le moyen d’atteindre son esprit et de lui donner le soutien qu’il lui faisait défaut. Le tourbillon tonna et il ouvrit sa gueule béante. Cela m’incita à darder mes prunelles vers ce spectacle phénoménal. Des gouttes vermeilles s’en échappèrent et elles tombèrent sur mon bras nu, formant sur ma peau des arabesques énigmatiques.

Soudain une douleur vrilla ma tête. Je maintenais le contact de ma main sur l’épaule de Gabriel. Il n’était pas question pour moi de mettre fin à l’union de nos forces. Ces tatouages me rongeaient et ils se déplaçaient vers mon épaule, remontant ma gorge et ma nuque à m’en faire mal. Je sentais ma nature humaine s’en aller et laisser place à ma partie sauvage. La Belle faisait place à la Bête, mais je devenir tenir bon. *Le feu par le feu … Sert-toi du feu* La voix de mon père venue d’outre-tombe me rappela que je n’avais aucun droit de baisser les bras. Je tendis ma main de libre vers le vortex et je déclenchai ma pyrokinésie en une rafale de flammes qui s‘engouffrèrent dans le trou. Les gouttelettes de sang cessèrent de perler sur moi immédiatement, mais un grondement indescriptible se fit entendre.




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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 15 Déc - 22:44



J'avais senti Jessica Warner se déplacer et se détourner d'Aaron Williams, non par la conscience de sa présence auprès de moi, mais à travers les réactions du vortex que je venais de créer. Le maintenir exigeait de moi un effort terriblement douloureux et pourtant je devais tenter de percevoir ce qui était arrivé au scientifique dans les geôles de la Milice. Je n'étais pas télépathe et ne l'avais jamais été. Je pouvais juste dématérialiser des objets et des personnes, les déplacer, y substituer des leurres, des artefacts. Je savais également changer d'apparence à volonté et selon mon humeur mon physique pouvait varier si je n'y prenais garde. En trente quatre ans mes dons avaient progressé et pris une ampleur terrifiante, se combinant entre eux. Ces pouvoirs s'étaient d'abord appliqués à moi puis s'étaient progressivement étendu à mon environnement. Seule la désintégration moléculaire appliquée à ma personne me posait encore des problèmes et il m'arrivait de me re matérialiser dans des endroits non souhaités ou de créer des distorsions que je n'arrivais pas à contrôler dans l'espace temps. Jusqu'à ce fameux soir où j'avais abusé de ce don au point de générer une sorte d'entonnoir qui ouvrait sur "quelque chose"  Le changeling et le polymorphisme étaient finalement des dons rassurants par rapport à la désintégration que je sentais très empirique chez moi. C'était comme une boîte de Pandore chaque fois que je l'activais. Je ne savais pas si j'allais revenir et dans quel état. Pourtant c'était autour de ce don que j'avais construis le plan qui devait changer le visage d'Asaria.

Ce soir, je remontais le chemin que j'avais effectué en pensée pour transporter le scientifique de sa cellule à ce toit et tentais de trouver ce qui avait opéré cette légère altération que la nature animale de sa fiancée avait elle aussi ressentie. Mais je ne trouvai rien de probant. J'étais en train de m'épuiser dans une nuit sans fin, un dédale de dimensions démultipliées qui étaient autant de leurres pour ma conscience étendue. Ce qui œuvrait avait une puissance phénoménale qui me mettait en échec. C'était regrettable pour ce couple de tourtereaux mais encore plus pour moi. Cela révélait qu'en Asaria, une force obscure était capable de rivaliser avec ma puissance et de la rendre inopérante. Cependant il valait mieux l'apprendre dès à présent qu'en plein accomplissement de mon œuvre. Je pourrais travailler à apprendre la provenance de cette force adverse et à la combattre efficacement. j'avais Aaron comme vecteur. J'allais devoir l'utiliser et cela me donnait une raison de plus de faire de Jessica Warner mon alliée.

Étonnamment, elle choisit ce moment de ma réflexion intérieure pour venir me rejoindre. Je le sentis aux variations du vortex et au comportement de l'entité que j'avais matérialisé pour elle. Est-ce qu'Aaron avait perçu mon injonction ? Toujours est-il qu'il s'éloignait et commençait à s'effacer. Une partie de lui voulait la protéger et s'en allait sans faire de difficulté tandis que l'autre se montrait rétive et dégageait une aura malsaine qui tentait de me circonvenir. Le contact était établi entre cette force et moi. "Elle" m'avait senti, tout comme j'avais conscience de sa présence. Pour toute personne connaissant Aaron, ce changement pouvait simplement être imputable aux tortures subies, à un conditionnement psychique. C'est ce changement que la louve avait senti. Pour ma part, je sentais une emprise d'une autre nature mais que je n'arrivais pas à définir. Williams lui-même n'était pas conscient de ce qui le dirigeait. Le vortex que j'avais créé n'était que le prolongement de ma volonté psychique et comme mon apparence, il prenait les couleurs de mes ressentis. Le tableau qui s'offrait à mon hôtesse en disait long sur la noirceur de ceux-ci et sur les barrières que j'étais contraint d'ériger pour faire face à ce que j'affrontais. C'était malsain, maléfique, sordide, sans aucune conscience morale, puissamment mortel et destructeur. J'avais l'impression de me trouver face à la part de moi la plus sombre qui serait parvenue à son évolution extrême et finale. Était-ce une manifestation d'un moi issu de l'avenir qui m'attendait ? Me trouvais-je devant un miroir qui me montrait mon avenir ? J'aurais pu le penser, car dans mes heures de folie les plus extrêmes, l'envie de devenir quelque chose de semblable m'avait effleuré. Ce désespoir, ce cynisme, cette rage destructrice me ressemblaient. Mais n'étaient pas miens... Il y avait en Asaria une puissance plus haineuse que moi et elle révélait ce soir ce que mon esprit pouvait matérialiser face à une agression.

Je fixai l'entonnoir d'encre de mon regard sombre et tournai ma main pour le contrôler. Une main se posa sur mon épaule. Je souris, mais ce sourire avait quelque chose d'inhumain. Elle pensait que la pluie de sang avait pour origine une puissance extérieure alors qu'il ne s'agissait que de la manifestation de ma volonté. J'étais en train de m'inféoder les pouvoir de Jessica Warner pour gagner en puissance. C'était la première fois que ce phénomène se produisait et s'il emplissait d'effroi l'once d'humanité qui survivait en moi, je n'avais aucun moyen de contrer cette volonté qui émanait de la part la plus obscure de mon pouvoir. Elle avait choisi de m'aider et cette bête qui se terrait en moi avait bondi pour saisir l'opportunité. Elle prit possession de ses forces vives et de son énergie psychique, la revêtit d'un voile d'aliénation que nous partagerions désormais. Elle réagit dans un sursaut et usa de sa pyrokinésie en pensant certainement viser l'altérité que sa louve avait sentie. Ce fût ma projection psychique qu'elle atteignit et qui hurla du fond du vortex. Celui-ci disparut et avec lui, la silhouette devenue diaphane d'Aaron Williams. Je retombai inerte et basculai sur le sol, inconscient, les pieds encore dans l'eau de la piscine. Mon blood healer entra en activité spontanément tandis qu'un de mes poumons se remplissait de sang. Il régénérait l'enclave de tissu endommagée, sous la violence de l'effort, par la présence de la balle. Encore une fois...  Je repris conscience et crachai un filet de sang avant de murmurer faiblement.

-Aidez-moi à me relever... Allons dans un endroit plus tranquille. Je dois me reposer et nous devons parler ... encore...


Peut-être qu'elle était en train de me sauver, peut-être que je la sauvais, peut-être que cela était écrit. Elle n'était qu'une carte de plus dans mon jeu. Un jeu que je conduisais moi-même jusqu'à présent, et qui me menait à la mort. A présent, il y avait un autre adversaire avec un jeu des plus pernicieux. Je devais le mettre en échec. Si cela ajoutait aux obstacles et compliquerait la réalisation de mes projets, le joueur invétéré que j'étais devenu prenait cela comme un défi excitant de plus à relever. La part de l'autre Gabriel n'éprouvait que lassitude et tristesse et c'était elle qui saignait intérieurement, mourrait lentement mais inexorablement.
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Jeu 17 Déc - 21:21


Le vortex sombre qui tournoyait au-dessus de nos têtes disparut au moment où j’avais lancé ma pyrokinésie en son cœur. Mais quelque chose me disait que ce Mal n’était qu’à son balbutiement. Le ciel d’encre s’effaçait lui aussi lentement et ma première réaction fut de tourner mon visage vers la silhouette d’Aaron. Lui aussi avait disparu et mon cœur se serra de tristesse. Je n’avais pu communiquer avec lui et ma Louve avait senti un changement dans la personnalité de mon Loup. J’étais perdue, totalement déboussolée, pourtant j’allais devoir m’accrocher à l’amour que je lui portais, à tout ce que nous avions vécu et partagé ensemble. C’était un défi que je relèverai et je franchirai tous les obstacles qui se dresseraient sur ma route.

Une âme s’en était allée et une autre me demandait de l’aide.

Je me redressai du rebord de la piscine. Je devais le sortir de là et l’aider à regagner mon appartement. Il était hors de question de retourner au Diamond, pas après tout ce que nous venions de vivre. Gabriel Laymann était en très mauvais état et je n’étais pas certaine de pouvoir l’aider à se soigner. J’avais l’impression que son blood healer peinait à le régénérer. J’avais lu plusieurs articles à ce sujet dans des magazines de sciences et de médecines, dont un avait été signé par le Docteur Amaria Saria qui expliquait qu’il existait des cas très particuliers où l’organisme asarien ne pouvait plus panser ses blessures. Cela était très souvent dû à un ancien traumatisme. Il restait à savoir quel était celui de cet Asarien. Je levai le menton et je cherchai des yeux où j’avais laissé tomber le médaillon d’Aaron lorsque j’avais découvert sa silhouette parmi nous. Je le trouvai un peu plus loin et je le ramassai, comme cette magnifique rose devenue plus rouge … Quel était donc le Mystère de cette Rose Rouge Sang ? Je n’avais pas le temps de m’attarder sur cette interrogation. Je plaçai le médaillon dans mon corsage et je revins auprès de Gabriel. Il crachait du sang, mais pourtant il n’avait aucune blessure apparente. Tout n’était qu’intérieur et je me trouvai terriblement impuissante.  Je me penchai vers lui et je fis passer son bras sur mes épaules pour qu’il prenne appui.

- Nous allons y aller à votre rythme. Tenez-vous à moi.

Ses jambes ne le tenaient plus, mais il avait cette force surprenante et magnifique qui émanait de lui. Il se battait contre une douleur qui m’était inconnue, que je ne voyais pas. Un combat qui lui était sien. Il se redressa avec difficulté et il remonta les marches de la piscine. J’avais glissé mon bras autour de sa taille pour rendre ses mouvements plus stables en marchant. Il vacilla tout de même sur le chemin jusqu’à l’ascenseur.

- Vous allez vous reposer chez moi. Mon appartement se situe juste en dessous.

J’appuyai sur le bouton et les portes de l’ascenseur coulissèrent devant nous. En quelques secondes nous avions quitté le toit du Diamond et on se retrouvait devant l’entrée de mon appartement. Je fis passer la rose dans mon autre main, près de sa hanche et je plaquai ma paume sur le petit récepteur devant l’entrée. Le logiciel reconnut mon identité et il déverrouilla la porte dans un petit grincement automatique. Les empreintes de mon frère Casey et d’Aaron y avaient été enregistrées elles aussi. Mon invité semblait flotter dans une semi-conscience ténébreuse.  Nous entrâmes dans le salon et je l’allongeai avec toute la précaution nécessaire dans le grand divan. Ses vêtements étaient encore humides. Je ne me serai pas gênée de désintégrer les habits d’Aaron, mais je ne me le permettrais pas avec lui. Je cherchai rapidement deux couvertures dans ma chambre et je les déployai sur son corps torturé pour le réchauffer.

J’inspirai nerveusement en essayant de détendre, par pression de mes doigts, ma nuque endolorie par autant d’émotions. Je ne savais toujours pas ce qui s’était passé là-haut, ni avec Aaron ni avec ce vortex. Mais je compris bien vite que tout ceci avait été bien réel en remarquant sur mon bras droit le fameux tatouage qui était toujours présent. Je plaçai le médaillon à l’abri dans un des tiroirs du buffet et mon attention se posa sur cette rose vermeille. Je l’humai et je constatais que son parfum était toujours aussi  captivant. Un apaisement qui ne dura pas longtemps, car une nouvelle douleur gangréna mon bras au niveau de ce tatouage qui prenait très exactement les mêmes tons que la fleur. Je la laissai sur le meuble. Cette énigme allait devoir attendre. Un grognement plaintif retentit dans le salon. Mon invité venait de bouger légèrement.  Je ne pouvais pas rester là sans faire quelque chose pour lui. Je pris l’interphone qui me reliait directement au Diamond. Je composais le code de la cuisine.

- Jeff, veuillez me faire monter de quoi grignoter. Aucun plat, je veux juste des fruits, du fromage, des tranches de pain. Tout ce qui sera facile à avaler. Un pichet d’eau et une bouteille de vin.

- Je vous apporte tout cela Mademoiselle Warner.

Même si je n’étais pas certaine qu’il mangerait en se réveillant, il lui faudrait tout de même de quoi retrouver un peu de son énergie. Je retournai auprès de Gabriel Laymann. Il paraissait dormir, mais était-ce bien le cas ? Doucement, ma main toucha son front. Il était fiévreux. Sa chaleur se propagea le long de mon bras et le tatouage étincela étrangement.  Je chancelai et je me reculai du canapé. Un phénomène inexpliqué se jouait sous mes yeux, indescriptible. Je secouai la tête devant l’incompréhension de cette scène. Je partis dans la salle de bain, récupérer une petite bassine que je remplis d’eau et un gant de toilette propre. A l’instant où je revins près de lui, on sonna à ma porte et l’Asarien marmonna quelque chose  comme si la sonnerie lui était insupportable. Je déposai sur la table basse ma bassine et j’allais réceptionner notre repas. L’employé ne fit même pas un pas à l’intérieur lorsqu’il aperçut mon visage fatigué. Il me souhaita bon appétit et s’éclipsa aussitôt. Je fis rouler la desserte près du canapé pour la rapprocher près de nous quand nous en aurions besoin. Je m’agenouillai près de lui et j’humidifiai le gant dans la bassine. Je caressai doucement son visage pour le rafraichir et je recommençai mon geste plusieurs fois avant de le poser sur son front pour essayer de calmer son mal.

- Je ne sais pas si vous m’entendez, si vous êtes conscient de ce qui se passe autour de vous. Vous pouvez vous reposer tranquillement. J’espère que vous pourrez répondre à toutes mes questions qui se bousculent dans ma tête au sujet d’Aaron et de ce vortex.




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Mar 29 Déc - 21:29


J'avais vécu le déplacement jusqu'à l'appartement de Jessica dans un état comateux et je ne me souvenais pas avoir été aussi mal, aussi faible et fébrile depuis que Jeko m'avait ramené de la morgue après que ma vie eût été fauchée par la Tueuse, dix ans auparavant. Quelque chose m'avait atteint et fait régresser dans le passé au niveau de mon état physique mais j'étais conscient de tout ce qui s'était passé et se passait encore autour de moi. La part ténébreuse de ma personnalité avait pris le relais et su puiser des forces vitales et nécessaires là où elles se trouvaient. Alors que la part de moi qui conservait quelques scrupules hésitait encore à utiliser ouvertement Miss Warner, l'autre avait tranché devant l'urgence et en avait fait un pion plus ou moins consentant. Au fond, je savais bien qu'elle l'aurait accepté si j'avais pris le temps de lui expliquer le pacte. Elle l'aurait fait par amour pour Williams. Mais l'ombre tapie en moi ne s'était pas embarrassée de préambules et la belle propriétaire du Light of Diamond se trouvait maintenant au cœur d'une conspiration dont les aspects n'étaient pas que politiques et naturels.

Je la sentais s'activer autour de moi pour me porter secours dans une sorte d'angoisse fiévreuse. Elle savait, consciemment ou pas, que j'étais le seul lien avec son amant. La nature du lien ne la rebutait pas malgré ses aspects pour le moins occultes, ce qui en disait long sur la passion qu'elle nourrissait envers son scientifique. Le linge mouillé sur le visage fut néanmoins apprécié et me ramena à mon enfance. Comme tous les petits asariens j'étais rarement et peu de temps malade sauf quand je m'ingéniais à apaiser mes angoisses en plongeant-déjà- dans les fontaines des jardins et en y restant en apnée plus que de raison. Malgré ma constitution asarienne, je n'avais pas de don particulier pour protéger mon corps des écarts thermiques trop importants. Quand le majordome venait me "repêcher" avec forces réprimandes, j'étais déjà bleu et en anoxie. Je revenais à moi en crachotant de l'eau et en murmurant invariablement:

- Jeremy, je voudrais tellement nager dans l'océan... Tu ne voudrais pas m'y emmener une nuit ?

- Maître, vous savez quel prix je paierais alors... Mais pourquoi cette attirance pour l'eau ?

- Sous l'eau tout est calme, si calme Jeremy ... Toutes les voix ... Ces voix ... elles se taisent... Je ne les entends plus... Ni les cris, ni les pleurs, ni le bruit des brasiers... Ni les explosions... Et le grondement de la terre qui se fend, se fissure... Tout ça. Je ne l'entends plus sous l'eau... Alors, imagine... Sous l'océan ... Comme ce doit être beau et paisible.

Jeremy hochait la tête d'un air tellement triste et désolé et me serrait plus fort contre lui avant de me remonter dans ma chambre en murmurant

- Mon pauvre petit ... Pauvre enfant ...


Puis les voix et les bruits s'étaient estompés, au fil des années, pour disparaitre totalement avec les préoccupations propres à l'adolescence. Mes pouvoirs avaient peut être réussi à repousser ces hallucinations qui n'avaient rien de commun avec l'armadan tel que peuvent le connaître certains asariens. Jusqu'à l'âge de neuf ans j'avais été une sorte de réceptacle de flux moléculaires extérieurs à notre réalité présente. J'étais le fils de deux anciens et mon intelligence mettait cela sur le compte d'une mémoire atavique. J'aurais en quelque sorte "hérité " des souvenirs de mes ancêtres. La pluie de feu, les voix, les cris... Ce n'était que des empreintes mémorielles héritées. Cette hypothèse rassurante s'avéra totalement erronée par la suite. Après la trop grande sollicitation de mon don de désintégration, lors de la Nuit des blouses blanches -ainsi appelais-je cette nuit où j'avais du choisir entre l'amour et la haine et contribué à sauver la fille de Mara - les visions et les hallucinations s'étaient à nouveau invitées au bal et avec tout le réalisme dont peut se montrer capable un esprit adulte. Comme elles se manifestaient avec encore plus d'acuité après un déplacement moléculaire de ma personne, il m'apparut comme évident que je ramenais cela de mes "pérégrinations" dimensionnelles.

Depuis lors, je n'avais cessé de chercher des explications rationnelles à quelque chose qui ne l'était pas. Bien entendu, j'avais creusé du côté de la science et je me rendais régulièrement tant à l'Université, qu'à l'Hôpital pour y consulter des pointures en physique quantique. Les premiers m'avaient démontré par des équations et courbes apparentées à la théorie des Cordes que j'étais parvenu au fil des années à une désintégration qui atteignait le seuil subatomique. A les en croire, le stade du quark était atteint ce qui expliquait aussi l'instabilité de ma ré-agrégation. Leur charabia me demeurait hermétique mais j'avais compris les grandes lignes. C'était comme si je passais à travers un tamis de plus en plus fin. Certes les particules infiniment petites se déplaçaient plus vite et traversaient même des frontières qui restaient étanches pour d'autres corps, mais lorsqu'il s'agissait de tout ré-assembler à l'arrivée, la tâche était de plus en plus complexe pour une carte A.D.N. somme toute héritée du modèle humain. A un moment "l'intelligence" imprimée dans mon A.D.N. serait dépassée et se trouverait aussi impuissante à me re materialiser qu'un mécano devant un moteur en pièce détachées et bien trop complexe à remonter pour lui. Quelle joyeuse perspective  ! D'autre part, une fois reconstruit, mon corps matériel conservait une structure de base très petite qui ressentait plus que les autres les attractions liées aux déplacements de matière ou de flux magnétiques ou supra luminiques. Cela me faisait une belle jambe de savoir que je pouvais être aspiré par un trou noir comme un tas de semoule par un aspirateur.

Les seconds quant à eux, m'avaient fait toute une batterie de tests et préconisé divers traitements, le seul avéré efficace à me soulager était l'immersion dans l'eau. Cette pseudo révélation éclaira d'un jour nouveau certains souvenirs d'enfance un peu confus qui remontèrent à la surface. L'eau ne me soignait pas véritablement. Elle me protégeait, m'aidait à conserver ma structure moléculaire. Elle faisait écran à tout ce qui pouvait me désagréger... Et le cas échéant, me permettait de réparer les dommages grâce au blood healer. Penser de façon trop récurrente à ce que j'étais devenu, ce phénomène de foire quantique, me faisait parfois plonger dans une spirale de démence assez violente pour qu'il me soit nécessaire de m'isoler. A travers ma déraison, je refusais malgré tout d'être un danger pour les autres, de frapper aveuglément. Si je devais déclencher le chaos, je voulais qu'il ait un sens, une justice. Ce qui était totalement antinomique mais reflétait bien l'écartèlement permanent auquel j'étais soumis.

Ce soir, Jessica Warner avait été le témoin, et la victime, de la manifestation de cette démence et de tous les pouvoirs qu'elle déchainait. Mais elle n'avait pas été le seul témoin, j'étais prêt à en jurer. Tandis que j'avais retracé l'itinéraire psychique de Williams jusqu'au confinement de sa cellule puis étais remonté aux jours précédent son arrestation, j'avais même pu le revoir le jour de notre rencontre, près de la fontaine de la place centrale, alors que je lui avais fourni mon aide pour sa mission suicide. Mais je n'avais pas pu remonter très au delà. Les dernières plus vieilles images gravées dans la mémoire de cet homme que j'avais téléporté s'arrêtaient à une fin d'après midi alors qu'il quittait le domicile de ses parents. Un mur sombre et implacable se dressait devant ma volonté et derrière ce mur sombre... La sensation d'une aura connue et pourtant corrompue qui me faisait terriblement souffrir. Que s'était-il passé avant pour Aaron Williams ? Je n'avais aucun moyen de déplacer cet homme plus loin dans son passé. Comme si une main mise infiniment plus puissante que la mienne l'avait scellé.

Il me fallait rassurer ma nouvelle alliée que je sentais, à travers ma transe, aussi agitée qu'une guêpe. Je fis un effort conséquent pour émerger de ma léthargie physique et murmurai:

- De l'eau sil vous plait ... Un verre d'eau ...

Le goût du sang, sa saveur ferreuse, me donnait la nausée. Elle me tendit un verre que je saisis en clignant les yeux.

- Merci. Baissez la lumière voulez-vous ... Poursuivis-je en avalant une gorgée. Il y a certaines choses, à mon sujet ... Que vous devez savoir ... Mais surtout comprendre. Et vous allez devoir me croire sur parole pour certaines, alors que je pourrais vous en prouver d'autres. Vous en savez déjà d'ailleurs certaines, puisque vous en avez vu la manifestation ... Mais de là à les comprendre ...

Je me redressa et m'assis en m'adossant dans un soupir contre le dossier du canapé.


- Je vais beaucoup mieux déjà, rassurez-vous!  Ce que vous avez vu ce soir peut vous avoir préparée à une certaine ouverture d'esprit ou au contraire vous avoir tellement terrifiée que vous ne voulez plus vous monter réceptive à ce qui dépasse l'entendement commun.


Je sortis un mouchoir de ma poche. Il était encore humide mais cela convenait pour m'essuyer la commissure des lèvres encore marquée par un filet de sang. Puis je fermai les yeux et sous le regard de Mis Warner, je changeai de tenue.


- Me voici plus présentable.

Je lorgnais le chariot d'un œil gourmand et lui adressai un sourire de petit garçon.

- Je peux prendre quelques gâteaux ? Alors, Jessica ? Êtes-vous prête à tout entendre, même le plus incroyable ? Je peux tout expliquer au sujet de ce soir. Tout, de l'apparition de Monsieur Williams à ce symbole qui est désormais gravé dans vos chairs, jusqu'aux propriétés de cette rose que je vous ai donnée...


Je me calai dans les coussins du profond canapé et fermai les yeux pour savourer simplement le soulagement de me sentir un peu mieux.

- Vous pourrez poser aussi des questions mais je ne promets pas d'y répondre. Sachez simplement que je peux aider votre ami, donc vous aider. Je préfère être franc, je le fais autant par intérêt que par ... relative sympathie pour vous deux. Mais disons ... plutôt par intérêt... N'y voyez aucun altruisme ou engagement politique... Je suis ... ce que je suis ... Quelqu'un de pas très recommandable. Mais une partie de nos intérêts convergent.

J'étendis mes jambes engourdies et soupirai malgré moi. "N'en rajoute pas trop Gabriel. A force de noircir le trait, tu vas perdre en crédibilité. Les salauds ne chantent pas sur les toits, ni dans les canapés, qu'ils le sont. Et puis les filles aiment les mauvais garçons donc tu vas obtenir l'effet inverse de celui escompté".

- Ta gueule Pace à la con ! C'est ta face de Roméo que je vais noircir! Grognais-je en mettant un coup de poing dans le mou de mon chapeau. Désolé ... Ce chapeau me rappelle de mauvais souvenirs ... Donc, je disais... Êtes-vous prête à ouvrir votre esprit et à collaborer avec moi ?

"Demande lui si elle est prête à ouvrir ses cuisses, pendant que tu es lancé ! " Je me retins de me mordre le poing cette fois-ci et tapotai nerveusement un coussin.

- Pourrais-je avoir un autre verre d'eau pour me ... m'éclaircir les idées, Mademoiselle Warner ?
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Sam 9 Jan - 16:47




Les minutes paraissaient s’étirer sur une éternité quand je posai mes yeux sur lui. Je n’avais jamais encore été témoin d’une aussi grande puissance au niveau des pouvoirs d’un Asarien de ma génération. La puissance apportait parfois avec elle la folie dans l’esprit de celui ou de celle qui en était détenteur s’il n’était pas capable d’y faire face. Il se faisait dévorer ou alors il ne cessait de combattre pour ne pas plonger dans le chaos. C’était ce que j’avais vu sur le toit, prêt de la piscine. Gabriel Laymann était beaucoup de choses pour son public : une star, un fantasme, un messie, une idole, un génie créatif, mais il n’était pas que cela quand on grattait la pellicule de strass et de maquillage. Quelque chose c’était passé là-haut et mon esprit avait encore beaucoup de mal à emmagasiner les données. Le maelström au-dessus de nos têtes, la transformation même éphémère de Laymann dans la piscine, ce tatouage, cette rose … et Aaron. Si je croyais que l’arrestation de mon compagnon  était liée à des enjeux politiques, à l’orgueil et à la fierté de nos Dirigeants, je m’étais trompée sur toute la ligne. Une partie d’échec commençait et je me trouvais alliée à cet homme mystérieux qui détenait des clefs et des secrets que je ne préférai même pas deviner. Les paris étaient ouverts et les pièges placés avec brio sur notre route.

Je faisais les cent pas dans le salon et le bruit du bruissement de ma robe tranchait avec le silence de la pièce. Un de mes employés avait monté le petit buffet que j’avais commandé au cas où il aurait faim. Je ne pouvais pas le brusquer et pourtant une foule de questions m’étreignaient au point de ne plus savoir contenir mon impatience. Ma louve réagissait de la même façon, mais elle, c’était l’inquiétude pour sa moitié, pour son loup qui primait sur tout le reste. J’entendis un léger gémissement dans mon dos et je me retournai prestement. Gabriel Laymann se réveillait de son sommeil dans un état de fatigue qui me serra le cœur soudainement. Je servis le verre d’eau qu’il venait de me demander et je le lui apportai. La lumière du lustre lui faisait mal aux yeux et je me précipitai pour l’éteindre et allumer une petite lampe de chevet qui trônait sur la table du salon. Son éclairage était très faible, mais nous n’avions pas besoin de plus pour voir parfaitement dans la nuit grâce à notre nature. Il se redressa péniblement du divan pour se caler contre les coussins et il me dévoila ses premières intentions. Je pris place prêt de lui, mais à l’autre bout du canapé pour ne pas l’importuner. Mes prunelles ambrées percèrent l’ombre des ténèbres qui nous entourait et il se transforma devant moi, adoptant une tenue et un aspect fort différent du chanteur qui s’était présenté au Diamond quelques heures plus tôt.  J’oscillai entre l’émerveillement et l’anxiété. Je l’écoutai avec attention n’ajoutant qu’un hochement de tête à sa question sur les petits gâteaux qu’il voulait goûter.

Au moins, il était direct et franc, cela m’éviterait de faire des ronds de jambes et des battements de cils trop fréquemment pour obtenir des renseignements tant sur Aaron que sur toute cette scène à laquelle j’avais assistée. Alors que j’allais répondre à tout cela en essayant de bien faire le tri dans mes pensées, il prononça un mot qui raidit tous mes muscles. J’en eus le souffle coupé et heureusement que j’étais assise, car je ne sentais plus mes jambes. Était-ce un piège de sa part ? Me poussait-il dans une toile d’araignée ou bien me montrait-il une voie pour que je prenne confiance en lui ? Ma louve ne ressentait aucun danger et me poussait de nouveau à faire de cet homme un partenaire. Je me levai du divan dans un mouvement d’automate. Je n’avais pas terminé de digérer ce qu’il venait de me dire et je me questionnai sur le fait s’il s’en était aperçu. Je remplis son verre que je lui tendis et je me servis un verre de vin. Je revins à ma place. Je lui avais laissé le temps de s’exprimer. C‘était à mon tour maintenant.

- Je vais vous poser des questions, vous l’avez deviné. J’en ai même beaucoup. Tant pis si je n’ai pas de réponses de votre part, mais j’aurai au moins tenté.

Je baissai mes yeux sur le verre que je tenais ente mes doigts. La couleur orangée prenait des tons plus ou moins sombres grâce au faible rayonnement de la lampe de chevet.

- Ainsi vous êtes ou vous avez été un Pacificateur. Je pencherai pour la seconde option à vous entendre dire que cela vous rappelle des souvenirs. Je vais être franche à mon tour. Je suis une animorphe et je partage énormément avec mon double canidé. Grâce à ma Louve, je peux discerner les dangers. Elle me met en garde contre mes ennemis. Je ne sais pas pourquoi, mais elle ne vous craint pas. Même si vous êtes le seul lien que je possède pour sauver Aaron, elle m’aurait indiqué d’être sur mes gardes avec vous. Elle ne l’a pas fait.

Je me tus un instant pas pour lui donner un répit dans la formulation de ses répliques, mais bien pour ne rien oublier et tracer le cheminement de mes idées.

- Je suis toute ouïe d’entendre ce que vous avez à me dire … sur vous. J’ai vu, oui, la manifestation de votre pouvoir. Un don exceptionnel qui vous ronge, n’est-ce pas ?  Ma mère travaillait au Centre de Recherches, dans le secteur de la génétique et des problèmes que pouvaient engendrer certaines capacités chez les Asariens.  Mais je ne suis pas scientifique pour connaitre tous les tenants et les aboutissants sur ce genre de phénomènes. Je remarque que l’eau à des propriétés adoucissantes sur vous et que votre apparence publique n’est pas la même que la vraie que vous m’offrez maintenant.

Je bus enfin une gorgée de mon verre et mes iris changèrent aussitôt en celles de mon double sauvage. Ma voix allait devenir elle aussi plus rauque.

- Je serai bien stupide de me complaire dans des limites ou de jouer à la jeune Asarienne aveugle. Quoi que … je l’ai été. Je ne me posais pas de questions, je vivais selon les critères de notre race et de ma lignée. Je joue encore le jeu pour préserver ceux que j’aime et ma vie privée. Ne vous en faites pas pour moi, si je suis encore près de vous et que je n’ai pas appelé mes gardes de la sécurité pour vous mettre dehors, c’est que mon esprit est très curieux. Je suis donc prête à collaborer avec vous.

Le sujet d’Aaron était celui qui me peinait le plus. Dès que je pensais à lui, que je prononçais son nom, mon cœur s’emballait et une tristesse m’enveloppait. Je l’aimais tant. C’était un amour qui dépassait la raison. Un sentiment qui ne se décrivait pas, mais qui se vivait pleinement.

- Êtes-vous certain que c’était vraiment Aaron ? Vous savez que certains d’entre-nous sont pourvus du don de métamorphisme. Cela aurait pu être un piège ? Je dois vous avouer que je n’ai pas reconnu l’homme que j’aime … ni ma Louve n’a reconnu son Loup. Aaron et moi possédons le même pouvoir. Notre union  n’est pas juste celui de l’homme et de la femme, c’est plus complexe, plus intime. Il n’y a pas de mots pour comprendre cela. Il faut le ressentir et le partager.

Je tendis mon bras pour détailler ce tatouage qui était apparu au même moment que ce tourbillon nébuleux.

-  Que pouvez-vous me dire sur cela ? Que représentent ces arabesques … et sur cette rose ? Est-ce que nous sommes liés par cela ?




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Dim 10 Jan - 16:51


J'imaginais, même si j'étais probablement loin du compte, quels bouleversements ce que venait de vivre Jessica pouvait impliquer pour elle. Je ne possédais pas le don de télépathie et, même si cela m'aurait parfois rendu bien des services, je pensais qu'il valait mieux ne pas avoir en mon pouvoir cette autre facette de la boite de Pandore dont je possédais déjà tellement de talents. Je devinais sans les lire véritablement les affres de la magnifique jeune femme qui se tenait à l'autre bout du canapé. Elle était elle aussi pleine de facettes, et j'en entrevoyais déjà plusieurs tout en sachant que d'autres ne demanderaient qu'à se dévoiler quand les circonstances le nécessiteraient. Quant à moi, j'étais fidèle à moi-même, à tous les aspects de ce qui me constituait et même si j'étais terriblement affaibli, je n'en demeurais pas moins un séducteur, un joueur, malgré la tension dramatique de cette soirée. Même à l'agonie, je conserverai probablement ce cynisme et cette grivoiserie qui avaient finis par devenir partie intégrante de ma personnalité. De l'ancien Gabriel ne subsistait que la notion de justice, le courage, l'abnégation et le sens du sacrifice. Mais plus au service des mêmes intentions. Si avant j'avais cru en la paix possible entre Humains et Asariens, cette illusion s'était envolée au profit d'une haine farouche à l'égard de ma génitrice. Ce que je projetais allait bien au delà d'une simple pacification que je jugeais illusoire sur le long terme. Pour y parvenir, je devrais tisser des alliances, qu'elles soient conscientes ou pas de la part de mes interlocuteurs. Certains ne seraient que de simples pions dans mon jeu, d'autres seraient informés d'une partie de mon vaste dessein dans lequel ils auraient un rôle à jouer, mais tous ignoreraient jusqu'au dénouement final la chute de cette épique pièce de théâtre qui se jouait pourtant sous leurs yeux depuis des années. Jessica, comme les autres, apprendrait juste l'utile pour elle et pour moi. Lui en dire davantage l'exposerait à plus de dangers inutilement, et je doutais qu'elle acceptât de m'aider si elle en connaissait certains aspects. Je souris lorsqu'elle évoqua mon ancien engagement.

- J'ignore ce qui peut vous laisser penser que j'ai fait partie de ce groupe politique. Si vous avez perçu la bribe de phrase que je dédiais à mon chapeau comme un aveu, il n'en est rien. Comme vous avez pu l'entendre, ce n'était qu'un propos plein d'agressivité de ma part, destiné à l'un d'entre eux que j'ai croisé à une époque de ma vie. Un fan qui m'avait offert ce chapeau.
Mentis-je à moitié.

De fait, je m'étais offert ce premier chapeau après ma rencontre avec Mara et pour ennuyer ma mère qui trouvait que cela me donnait un genre "voyou". Il avait constitué ma première désobéissance à la toute puissance maternelle. Je n'avais pas envie d'entamer une introspection pour déterminer pourquoi j'avais choisi de m'affubler de ce chapeau précisément en changeant de tenue. Je n'avais pas envie de me trouver face à cette partie de moi. Ce n'était pas le bon moment et je n'avais pas le courage de lui faire face. Louvoyer, esquiver, était plus facile en présentant en avant une facette qui lui était opposée. Je savais le faire à la perfection.

-Trouvez-vous que j'ai l'air de faire de la politique ? La politique est un jeu qui s'attache au présent sans guère regarder vers l'avenir et tenir compte du passé. C'est bien dommage, mais ce jeu ne m'intéresse plus. Êtes-vous certaine de m'avoir entendu évoquer des souvenirs de cette teneur ? Où n'avez-vous pas plutôt espéré que je sois ce genre de personne, pour donner une explication qui vous rassure à ce comportement totalement étrange qui est le mien ?

Je reposai mon verre sur la table basse en secouant la tête négativement. J'étais certain de n'en avoir rien fait. Je n'évoquais jamais mes souvenirs, non seulement parce qu'il m'était terriblement douloureux de le faire mais aussi parce qu'un souvenir pouvait trahir la vraie nature ou l'identité d'un homme.

- Considérez que je travaille pour moi et uniquement pour moi. Je n'ai à rendre de comptes qu'à moi-même et à ma conscience. Ce qui est déjà assez lourd quand on est ... ce que je suis. En revanche, je manipule et affronte des pouvoirs et des forces qui me dépassent, qui nous dépassent tous. Vous aussi, jouez avec un de ces pouvoirs anciens de la Création. Un pouvoir qu vous dépasse et que vous ne comprenez qu'en partie. C'est une très bonne chose qu'il vous permette de savoir si vous pouvez vous fier à moi. Et il va aussi vous aider à comprendre ce que je suis. Nous sommes tous le fruit d'une évolution. Pensez-vous que la Pluie de Feu, le S.E.E.R. soient les premières accélérations de cette évolution ? La mutation… c'est la clé de notre évolution. C'est elle qui nous a mené de l'état de simple cellule à l'espèce dominante sur notre planète. Le processus est long et remonte à la nuit des temps. Mais tous les deux ou trois cent mille ans, l'évolution fait un bond en avant.


Je pris un petit gâteau et l'enfournai dans ma bouche avec un plaisir non feint.

- Auriez-vous quelque chose de très fort à boire ? Parce qu'il va me falloir du courage pour vous expliquer ... Vodka polonaise, ou russe, sinon un bon scotch fera l'affaire. J'eus un petit rictus amusé devant sa perplexité puis posai mon regard sur le verre de vin qu'elle tenait. Mais je vois que je ne suis pas le seul à apprécier un bon alcool. C'est une des caractéristiques qui me distingue des nôtres: je ne tiens absolument pas l'alcool. Méfiez-vous, je pourrais même vous faire du charme sous son effet...

Je la regardai se lever, pour se diriger, toute en grâce féline, vers le bar pour ouvrir un petit frigo et me remplir un verre malgré mon avertissement à peine voilé.

- Courageuse, à ce que je vois ... Dis-je en le prenant et en humant le parfum de la Bizonka. Comment avez-vous deviné que c'est une de mes préférées ? Rassurez-vous, je suis un gentleman quoi qu'il en soit et je ne prends jamais que ce qu'on m'offre volontiers.

Je bus une gorgée avant de poursuivre d'un air sombre.

- Avant toute chose, avant même de tenter de comprendre ce que vous avez vu, il faut que vous sachiez que je n'existe pas... Je n'ai pas d'existence légale, pas d'histoire, pas de passé, avant celui qu'on me connait en tant que leader du groupe Scarecrow. Ce que j'étais avant a été effacé, annihilé, éradiqué de la Cité.  Pour apporter un début de réponse à votre question sur "mon pouvoir", je rectifierai d'abord en parlant de "mes pouvoirs". Comme la plupart d'entre nous, je suis né avec trois pouvoirs latents. Chez vous, je pense avoir identifié, hormis l'animorphisme, la pyrokinésie mais pas le dernier... Quels sont selon vous, les pouvoirs que je possède ?

J'étais loin de répondre à toutes ses questions mais j'avais envie de prendre mon temps afin qu'elle comprenne par elle-même, en faisant ses propres constats plutôt que de lui donner des explications toutes faites dont la plupart lui paraîtraient absconses. Les autres réponses viendraient plus tard ou pas ... C'était dans ma nature de répondre à une question par une autre et je n'allais pas changer les bonnes vieilles habitudes ...
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Dim 10 Jan - 23:29



Il m’avait laissée parler. Il m’avait laissée m’empêtrer dans les mailles sinueuses qu’il avait tissées pour retomber  avec exactitude sur ses pieds. Un jeu que je connaissais sur le bout des doigts… Le bout des griffes… Toujours faire en sorte d’avoir une porte de secours lorsqu’on a dépassé les limites qu’on s’était nous-mêmes fixé. De temps en temps, il arrivait que le jeu nous échappe. Je l’avais vécu durant ma rencontre et ma première nuit avec Aaron. Le sourire de mon invité était désarmant, arrogant et séducteur, une arme qui aurait fait fondre n’importe quelle femme, moi la première si mon cœur n’était pas déjà pris. Une arme que je savais aussi bien manier que lui et s’il fallait jouer à cette partie, à son jeu … Soit ! J’accepterai ses règles. Les mots et les phrases se succédaient à une vitesse qui ne mentait pas sur le fait que Gabriel Laymann entrelaçait d’une main de maître mensonges et vérités. Des illusions pour dissimuler ce qu’il ne désirait pas qu’on voie de lui, en m’entraînant dans une spirale de données pour m’écartait d’un chemin trop secret, trop ténébreux. Ces cartes-là, ces moyens de fonctionner, je les avais si souvent utilisés maintes fois qu’ils étaient reconnaissables pour une ancienne succube qui se servait des mâles pour une nuit de plaisir, pour une Asarienne qui avait caché l’amour d’un esclave, pour une femme qui se battait aujourd’hui pour l’homme qu’elle aimait. Je faisais tournoyer légèrement mon verre de vin tout en ne le lâchant pas du regard. Etrange comme le corps et les yeux pouvaient communiquer deux informations différentes. L’homme assit près de moi ne dérogeait pas à ce précepte même s’il était très doué … Extrêmement doué pour masquer une expression et m’en formuler une autre. Les questions se succédaient, mais je n’y répondrai pas tout de suite. Je le laissai aller jusqu’au bout de son objectif et de ses explications tandis qu’il me concédait le loisir de mieux l’analyser.

Peut-être lui parus-je mal polie de ne pas m’investir plus dans la conversation, pourtant aucun de ses mots ne m’échappaient. Mon esprit s’agitait méthodiquement. Encore plus  quand il me demanda de lui servir quelque chose de plus fort qu’un simple verre d’eau et qu’il me mit en garde contre l’effet que l’alcool avait sur lui. Il n’eut comme unique réponse de ma part que mon sourire charmeur et amusé. Je me redressai du canapé et je me dirigeai vers mon bar. Au milieu de toutes ces bouteilles, je choisis celle dont la saveur ne pourrait que lui plaire. Je revins avec le verre et il reconnut l’alcool que je lui offrais. Je me penchai vers lui, féline et latine, en lui murmurant à l’oreille ma réponse.

-  Courageuse pour rester prêt d’un homme qui pourrait me séduire et qui ne tient pas l'alcool ? Jouer de ses charmes ? Ne vous en faites pas pour moi. Et pour la boisson : Une saveur exceptionnelle pour un homme enivrant, tout simplement.

Une petite touche d’espièglerie matinée de séduction avant qu’il ne poursuive sur un ton plus sérieux, son monologue. Cet homme était une énigme, il ne s’en cachait pas. Il n’avait pas de passé, rien, avant d’être la star que l’on adulait aujourd’hui. Cependant, chaque personne avait bien un passé qu’on le veuille ou non. Certaines  tirait un trait définitif sur ce qu’ils avaient été pour plusieurs raisons qui leurs étaient personnelles et Gabriel Laymann était l’un d’eux. J’arquai un sourcil devant l’intérêt de mes pouvoirs. Je venais de lui avouer mon animorphisme et voilà qu’il m’annonçait que j’étais aussi pourvue de pyrokinésie.  Je croisai mes longues jambes satinées, découvrant par un subtil jeu de mouvement ma peau halée.

- je ne sais pas comment vous avez pu identifier ma pyrokinésie, mais vous avez vu juste. Quant à mon troisième pouvoir … peut-être qu’une démonstration sera plus éloquente que des mots.

Je cherchai ce que je pouvais désintégrer. Pas le chapeau, quelle que soit son explication, il y tenait énormément. On pouvait se montrer odieux envers quelque chose qui nous avait blessés, mais tant qu’on le gardait auprès de nous c’était que quelque part, on y tenait.  C’était une situation complexe qui ne pouvait ni se décrire ni se comprendre. Je ne pouvais pas non plus désintégrer son verre de vodka, il aurait été fort contrarié de voir sa boisson préférée, se volatiliser sous ses yeux. Il ne me restait plus qu’une solution. Je l’employais très souvent sur Aaron, à chaque fois que je le pouvais : pour m’amuser, pour le désirer, pour le rendre dingue de moi. Ma paume glissa doucement sur le bras du chanteur et son sweat disparu instantanément avant qu’il puisse protester. Mon sourire s’esquissa de nouveau sur mes lèvres rosées.

- Voilà mon troisième don : la désintégration. Pour vos pouvoirs, je vais m’appuyer sur ce que j’ai vu sur le toit du Diamond. Vous pouvez  subtiliser une personne comme pour Aaron et  je suppose aussi des objets, sur une assez longue distance. Vous avez laissé une sorte de leurre dans sa cellule et vous l’avez matérialisé devant moi. Cela vous demande beaucoup de concentration et d’énergie. J'ai vu votre état au bord de la piscine ...

J’agitai ma main de libre devant lui, désignant l’apparence qu’il avait prise sous mes yeux, ici, mais aussi dans la piscine.

- Vous êtes un polymorphe. Vous changez d’apparence, mais elle doit rester proche de votre physique. Ce qui vous différencie du métamorphe. Pour le troisième pouvoir, je ne sais pas … c’est en rapport avec ce que vous pouvez faire apparaitre, comme la rose ?

C’était à mon tour de monopoliser la conversation. J’avais bien emmagasiné tout ce qu’il avait pu me dire depuis son réveil et mes interrogations étaient diverses ainsi que mes réflexions. J’avalai une gorgée de mon verre de vin, et je poursuivis sur ma lancée.

- Monsieur Laymann, on peut aimer et haïr une même cause, une même personne suivant le temps qui s’écoule. Votre chapeau qu’il soit à vous ou bien à ce fan, vous attire vers des souvenirs qui ne sont pas aussi futiles que vous me le laissez croire. Que ce Pacificateur soit un fan ou bien un « vous » plus jeune, c’est un lien dont vous ne pouvez-vous défaire. Peut-être ai-je espéré cela  de votre part ou peut-être m’avez-vous malencontreusement mise sur une voie inconsciemment.  Il y a bien quelque chose qui ne ment jamais chez une personne si on y est sensible et si on a déjà utilisé ce subterfuge. Vous savez  ce que c’est ?

Je posai mon verre sur la table basse qui se tenait devant le canapé et je m’approchai de lui, réduisant l’espace entre nous deux.

- Ce sont les yeux.

Au même instant mes iris changèrent et l’ambre se transforma en une couleur plus intense, plus chatoyante. Celle de ma louve.

- Toute personne peut faire de la politique à sa manière, il n’y a pas besoin pour cela d’occuper une place importante ou le devant de la scène. En politique, il faut savoir être un stratège hors pair et connaitre contre qui on se bat. Vous ne semblez pas être stupide, bien au contraire.  Pourquoi devrai-je juger votre comportement d’étrange ?  Vous êtes venu pour m’aider et aider Aaron même si nous sommes vos pions que vous déplacez sur l’échiquier de votre plan. Vous m’avez donné ce que personne n’a pu me donner jusque-là : un instant pour voir et parler à Aaron. C’est ce qui est le plus important à mes yeux. C’est pour cela que je vous écoute et que vous êtes encore chez moi. Vous m’utilisez. J’accepte cela pour délivrer  et sauver mon Amour.

L’amour qui m’unissait à Aaron comprenait aussi cette partie de nous, animale. Gabriel l’avait parfaitement notée et il l’avait soulignée un peu plus tôt. Ce n’était pas que cela qui m’avait intriguée. Il avait ajouté des propos plus scientifiques, sur l’évolution de notre race.

-  Vous pensez que les Anciens et Asariens ne sont pas le dernier chainon ? Qu’il y aurait une autre évolution à tout cela ? Que le SEER n’aurait servi que de tremplin à une autre forme  d’avancement ? Une troisième race ?  Où cela va-t-il nous mener … J’aimerai bien en connaitre davantage sur votre pensée.




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Dim 24 Jan - 20:03





Certaines circonstances peuvent révéler un être à lui-même, en mal comme en bien. On peut voir un héros qui s'ignorait s'interposer entre des innocents et un péril imminent ou un homme apparemment aguerri prendre ses jambes à son cou devant une horreur insoutenable. Il ne s'agit pas forcément de courage ou de lâcheté. Jeko m'avait expliqué le second jour où il avait dû changer mon pansement au visage que pour être courageux, il fallait connaître la peur, que sans cette perception, la bravoure n'était que la manifestation d'une inconscience profonde. Je réfléchissais à ses paroles lorsqu'il avait arraché d'un coup sec le pansement qui adhérait à la plaie. Le vieux mercenaire savait avoir un visage inexpressif quand il le fallait. Pourtant je lus son ressenti ce jour-là. Ç’aurait pu être de la pitié ou de la compassion considérant la gueule cassée qu'il avait sous les yeux, mais c'était tout autre chose. C'était la colère. La colère universelle et non orientée contre quelqu'un en particulier. La colère à l'état pur. De celle qu'on peut ressentir devant un gâchis inutile. Et tandis qu'il me soignait et désinfectait la plaie purulente, m’arrachant des cris de souffrance, quelque chose d'incroyable se produisit. Lorsque la douleur se calma enfin et me permit de le fixer à nouveau, je vis Jeko une main levée occupée à bloquer mon bras, me regardant le visage baigné de larmes et un sourire triste sur les lèvres. "Je me méfie maintenant, mon gars. Hier tu m'as tiré un direct à démonter la mâchoire avant de t'évanouir.  T'as un sacré punch pour un mec de ta taille et dans ton état." De fait, mon poing était serré, près à frapper et il me fallut quelques respirations avant d'arriver à ouvrir ma main. "Désolé, Jeko. Tu mérites vraiment pas ça ..." Il avait haussé les épaules et répondu "P'têtre bien que si. Bien plus que tu méritais ça, en tout cas." Je compris qu'il parlait de mon visage. La seule conséquence que j'avais intégré immédiatement était la répulsion possible de Mara à mon égard. Mais ma situation était tellement en équilibre à cette période que je n'envisageais même pas de survivre. L'autre blessure était bien plus préoccupante. Il m'était apparu comme évident que je ne pouvais plus l'approcher sans la mettre en danger de toute façon et dans ces conditions autant mourir. Prendre la décision de vivre malgré tout, en étant conscient du calvaire qui m'attendait, était courageux. Peut-être l'acte le plus courageux que j'ai accompli depuis ce jour où j'étais mort officiellement.

Par la suite, tout ce que j'avais construit, tous les choix que j'avais faits, n'étaient dictés que par ma soif de vengeance et donc dénués de la valeur du courage. Il n'y a pas plus aveugle que la vengeance, car en frappant, elle touche forcément des personnes qui ne sont pas en cause dans la situation originelle. J'avais dû affronter bien des épreuves oui, mais je l'avais fait porté par ma haine, ce qui me privait d'en retirer quelque fierté.  En revanche, je pouvais dire que ces épreuves m'avaient révélé certaines facettes insoupçonnées de ma personnalité, de mes personnalités pour être plus exact. Notamment cet attrait pour le jeu sous toutes ses formes. La séduction en faisait partie. Avant Mara, j'étais un jeune salaud qui se servait comme cela lui plaisait grâce à son don de désintégration. Puis je l'avais connue et l'être inconscient de sa monstruosité que j'étais avait muté en un être constant et fidèle. Je ne voyais qu'elle, au grand dam de ma mère qui avait bien tenté de me jeter dans les bras tout azimut, des filles de bonne famille, des call-girls, des esclaves sexuelles. Peine perdue... Peine trouvée. Je perdis Mara en mourant. En effet, c'est peu évoqué, mais le mort perd aussi des êtres chers. Allez donc essayer d'entretenir les liens quand vous êtes privé d'identité puisqu' officiellement mort. Bien sûr j'aurais pu ressusciter en conservant mon identité, sans me soucier des mauvaises langues qui n'auraient pas manqué de dire que je faisais encore mon intéressant. Mais j'aurais eu tôt fait de mourir à nouveau, un mercenaire au service de ma mère ne laissant certainement pas un travail inachevé. Et croyez-le si vous voulez, mourir c'est tuant. J'avais donc décidé de revenir, mais sous une autre identité, qui du reste, présentait beaucoup d'avantages. Pouvoir jouer avec son apparence, pouvoir jouer de la musique, pouvoir jouer avec les petits pions de la grande mascarade, pouvoir jouer avec les femmes... Franchement, vous échangeriez la vie de Gabriel Laymann contre la mort assurée de mon ancienne personnalité ? Et puis Laymann était vraiment un outil parfait pour accomplir ma vengeance. Il le démontrait encore une fois face à la séduisante Jessica Warner.

Amoureuse de son cher scientifique, succombant à l'appel du loup, mais bien sûr ! C'était une femme fidèle. Où avais-je la tête ? Sous mon chapeau, bien entendu ! Il n'empêche qu'elle répondait au jeu de séduction que j'avais engagé, même si elle était absolument consciente d'être utilisée. Enfin, peut-être pas sur tous les plans. Mais elle avait bien saisi la teneur de mon avertissement au sujet de l'aide que je consentais à lui apporter. Elle disait le faire par amour, pour sauver Williams et j'étais prêt à la croire. J'étais également conscient qu'elle me faisait du charme pour me complaire et s'assurer mon appui. Je n'étais jamais dupe dans mes relations aux femmes. Chacune d'elle m'avait autant utilisé que je l'avais utilisée, à l'exception de Mara que j'avais perdu. Jessica Warner m'aurait giflé et remis à ma place, je ne l'en aurais pas moins aidée car ce qui motivait ma présence ici dépassait de loin la satisfaction de mes appétits sexuels. Même si mettre cette jolie tigresse brune au menu ne me déplairait pas. Mais jusqu'où irait-elle si je la prenais à son propre jeu dont elle déployait les atouts un à un sous mon regard amusé ?

- A quel titre me trouvez-vous enivrant ? J'avoue que mes musiciens me disent parfois que je suis saoulant, mais bizarrement, je ne pense pas que le sens soit le même ... plaisantai-je  en trempant mes lèvres dans le breuvage incolore qui me procura cette inégalable sensation de brûlure.

- Juste à la bonne température ... Pour votre pyrokinésie ... Je l'ai identifiée quand j'en ai fait les frais. C'est une de mes "manifestations" que vous avez bombardée tout à l'heure en pensant me défendre. Je sais que vos intentions étaient pures,
poursuivis-je en riant doucement. Mais il faut parfois se méfier des apparences et de la perception qu'on a des choses. Certains anamorphes peuvent prendre l'apparence d'un être en qui vous avez confiance et un inconnu peut vous vouloir du bien...

Je jouais machinalement avec mon chapeau tout en continuant mon explication. Il était rare que je parle autant de moi et de mes dons mais il fallait que Jessica puisse se tenir sur ses gardes et ne pas frapper la mauvaise cible à l'avenir.

- C'était bien Aaron ... Aucun doute la dessus. L'anamorphisme n'est qu'une illusion. Une illusion qui n'aurait pas résisté à un déplacement moléculaire. Ce serait comme vouloir transporter une bulle de savon dans sa poche. On ne sait pas le faire, elle éclate avant l'arrivée. Et on aurait vu l'anamorphe se matérialiser... En revanche, il n'était pas lui-même, bien qu'il en soit convaincu. Je n'ai pas encore cerné les forces qui sont à l’œuvre dans ce phénomène et cela prendra peut-être du temps, sera risqué. C'était bien lui... Mais pas tout à fait...


Mais je n'achevai pas ma phrase et me maudis instantanément d'avoir changé de vêtements pour arborer sous mon sweat à capuche ce hideux t-shirt jaune que les membres de mon groupe m'avaient offert pour se moquer de ma tenue à l'alcool. Si à l'époque, je m'étais prêté au délire collectif, je me sentais un peu ridicule sur le canapé de Miss Warner.

horreur:
 

- C'est ... intéressant ... comme don ... Rappelez-moi de vous tenir éloignée de mes guitares lorsque vous me rendrez visite ... J'ai presque le même à une exception. A l'origine, nous avions probablement le même don ...


Je l'écoutais poursuivre son raisonnement au sujet de la politique et des engagements qu'on pouvait prendre et je vidai mon verre d'une traite pour me donner une raison de déglutir. Une vague de tristesse menaçait de me submerger et ce n'était pas un état que je pouvais me permettre. La fatigue me faisait souvent baisser la garde et j'étais extrêmement fatigué de mon tour de prestidigitation au bord de la piscine. Comme toujours, je trouvai la parade en changeant de sujet.

- Savez-vous rematérialiser ce que vous désintégrez ? Savez-vous désintégrer puis reconstruire dans un autre lieu la structure d'un objet ou d'un être vivant ?

Tout en lui parlant, je m'étais rapproché d'elle dans le but de lui susurrer ma réponse.

- Mais peut-être qu'une démonstration vaut tous les discours! Ajoutais-je, reprenant ses mots à mon compte

J'effleurai sa robe qui se dématérialisa et réapparut posée sur le fauteuil en face de nous.

- Très jolie dentelle, murmurai-je à son oreille tout en effleurant la bride de son soutien gorge.

Puis mon souffle se perdit dans ses cheveux, dans son cou.

- Les yeux ? ... Vraiment, êtes-vous certaine? ... Et que lisez-vous dans les miens, actuellement ? ...


Je m'avançai sur le bord du canapé pour lui faire face et approcher son visage du mien.

- Parce que moi, dans les vôtres je perçois bien des changements ... Et ... peut-être ... la tentation ...


Je n'avais jamais croisé d'animorphe auparavant et cela ajoutait à la fascination qui s'éveillait en moi face au nouveau défi que représentait Miss Warner. Il restait encore bien des choses à lui expliquer et bien des réponses en suspens aux questions qu'elle avait posées, mais j'avais envie de jouer peut-être bien avec le feu, peut-être bien pour faire tomber la pression de cette soirée, peut-être bien pour tester l'inaltérabilité de ce sentiment qu'elle exprimait et pour lequel elle voulait que nous combattions côté à côte. Son amour pour Williams.
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Jessica Warner
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Ven 29 Jan - 12:29



J’étais captivée par la façon à la fois conventionnelle et sincère de se dévoiler à moi suivant les sujets que l’on abordait. Derrière la star, l’homme public et tout ce que sa notoriété pouvait engendrer comme artifices, Gabriel Laymann était insaisissable. Il y avait des secrets qu’il vaut mieux ne jamais faire sortir de la tombe me répétait souvent mon père, et ce principe s’appliquait à mon invité assis près de moi. L’alcool que je venais de lui servir, l’avait surpris. J’avais hérité de James Warner cette passion pour les liqueurs et les boissons d’exceptions et Gabriel venait d’entre percevoir une toute petite facette. Le jeu de séduction prenait de plus en plus de proportions entre nous deux. J’aurai pu y apposer très rapidement une non-réponse, mais j’étais joueuse et il ne savait pas à quel point. De tout temps, la séduction et ses atours avaient été placés sous le sceau de l’attirance et de la tentation.  Beaucoup voyez cela comme un péché, pour moi, c’était un divertissement fort plaisant et mon nouvel allié allait découvrir que j’aimais les défis de ce genre. Je posai mon coude sur le rebord du dossier du canapé et ma joue  se cala contre la paume de ma main ouverte. Mon sourire s’accentua à sa question tout en ne le quittant pas des yeux.  

- Je  ne peux pas parler à la place de vos musiciens. Comme tout artiste et à la tête d’un groupe, vous devez demander beaucoup à votre entourage et pousser les répétitions à n’en plus finir. J’ai entendu votre voix sur le CD que vous m’avez envoyé. Une très belle voix, mais cela n’a rien à voir avec l’homme. Pourquoi enivrant, Monsieur Laymann ? Vous avez un don pour les mots, un mystère chevillé au corps, une innocence flétrie par un passé qui vous consume, un besoin viscéral malgré tout de vous raccrocher à la beauté que vous croisez, une quête que vous poursuivez inlassablement même au péril de votre vie. C’est ce qui s’est passé ce soir sur le toit du Diamond avec ce vortex.  

J’étais persuadée que durant cet instant où j’avais déployé ma pyrokinésie, Gabriel Laymann avait glissé dans une semi-inconscience, bien trop fragile et épuisé pour assimiler mes dons. Je m’étais trompée. Et pire encore, j’avais bombardé cette spirale nébuleuse de mon pouvoir en croyant qu’elle allait nous engloutir, nous détruire … J’étais loin de la vérité. C’était une manifestation de ses capacités à lui. J’étais si mal à l’aise, soudain.

- Je suis … je … suis vraiment désolée. Je n’ai pas pensé un seul instant que c’était vous. Vous étiez si exténué, que j’étais convaincue que ce maelstrom vous attaquez. Pardonnez-moi mon erreur.

Même si son léger rire m’indiquait qu’il ne m’en voulait pas, moi j’étais très mal de m’être comportée de cette façon sans réfléchir et sans raisonner avant de lancer mon attaque.

- Il n’y a malheureusement pas que les anamorphes qui peuvent jouer avec nos sens et nos nerfs. Chaque personne peut revêtir une apparence pour nous manipuler. La confiance se meurt de plus en plus, car cette société où nous vivons est gangrénée par une éducation malsaine qui se perpétue à  chaque nouvelle génération.

C’était très étonnant de voir comment il triturait ce fameux chapeau, un cadeau soi-disant offert par un fan. Une explication qui n’avait pas trouvé écho en moi et je lui avais fait remarquer.  Mentionner le prénom d’Aaron était à chaque fois un supplice pour mon cœur. C’était donc bien lui sur le toit, mais si différent que même un Asarien avec des dons aussi puissants que mon invité n’avait pas pu en discerner les tenants et les aboutissants.

- Comment est-ce possible ? Lui a-t-on retiré toute conscience, l’a-t-on « reformaté » pour devenir cet être si contraire à l’homme que je connais ? Vous parlez de forces … Qu’avez-vous ressenti ? J’avoue que ma louve était très perturbée, elle était sur ses gardes comme si elle avait débusqué un danger. Je partage avec Aaron le même pouvoir sur l’animorphisme et nous sommes tous les deux des loups. C’est un lien très complexe qui nous unit. Ce n’est pas seulement l’homme et la femme qui sont liés par des sentiments très forts, il y a aussi le loup et la louve qui communiquent entre eux de façons très surprenantes parfois …

Je me souvenais de ce cinq à sept torride dans mon appartement et les conséquences de notre corps à corps. Je l’avais entraîné à laisser tomber ses chaînes, à ne plus retenir son loup et Aaron avait libéré sa part sauvage. J’entraînai, à mon tour, la conversation sur un autre terrain et je lui fis découvrir mon dernier don : celui de la désintégration. Je ne pus m’empêcher de rire devant le tee-shirt jaune qu’il arborait à l’effigie d’un personnage de dessin animé.

- Ne vous inquiétez pas pour vos instruments … je ferai très attention. Je n’utilise ce pouvoir que dans certains cas bien précis … ou quand je suis impatiente d’obtenir quelque chose …

… Comme le corps d’Aaron quand la passion et le désir se faisaient très insistants et incontrôlables. Notre échange redevint un moment sérieux lorsqu’on échangea nos points de vue sur la politique et les engagements que chaque personne pouvait faire. Il ne répondit pas à tout cela et ma louve me fit ressentir une émotion troublante, une sorte de tristesse qui émanait de lui sans en comprendre l’origine. J’étais prête à l’interroger de nouveau, à le pousser à me répondre, mais Gabriel Laymann sortit de son chapeau une pirouette facétieuse pour changer de sujet. Prédateur baigné d’une aura pleine de charme, il s’approcha de moi et je lui laissai tout le loisir d’abattre ses cartes pour m’ensorceler. Mes prunelles s’étaient parées de l’ambre de ma louve et à travers mes longs cils noirs, je détaillais le mâle qui s’aventurait vers mes contrées voluptueuses.  A mon oreille, il me murmura sa motivation de me faire découvrir son pouvoir sur la rematérialisation moléculaire. Un frisson agréable coula sur ma peau et en une fraction de seconde ma robe de soirée se retrouva posée sur le fauteuil en face de nous. J’arquai un sourcil devant ce talent, mais rien ne vint trahir ma réaction devant ma semi-nudité. Je n’avais jamais été pudique et me retrouver en sous-vêtements auprès d’un homme tel que lui n’allait pas me déstabiliser pour autant. Son souffle caressait ma peau et se perdait dans le creux de mon cou et mes cheveux. C’était très agréable, je ne pouvais pas le nier. Il se recula assez pour que nos regards se perdent l’un dans l’autre, assez pour que mes lèvres effleurent les siennes.

- Je vois dans vos yeux la même chose  que vous lisez dans les miens … la tentation.

J’avançai au point de sentir ses lèvres contre les miennes, mais avant qu’il fasse un quelconque mouvement plus formel, je décalai mon visage. Ma joue glissa contre la sienne et je susurrai à mon tour près de son oreille.

-  Nous ne sommes pas à égalité Monsieur Laymann, c’est fort fâcheux.

Il découvrit certainement mon sourire malicieux que lorsque son tee-shirt disparut sous mes doigts.

- Et ce n’est pas encore tout à fait cela …

Ma main s’imposa sur sa cuisse que je faisais remonter très lentement dans un geste sensuel et coquin. Son jean n’échappa pas à la même fatalité que son sweat et son tee-shirt.

- C’est beaucoup mieux.

J’étirai mon bras vers la desserte que j’avais fait commander dès que nous étions revenus dans mon appartement. Je ne le perdais pas des yeux, et encore une fois mes lèvres flattèrent les siennes. Ce n’était pas un baiser, juste un voile de délice, une caresse éphémère qui fut très vite remplacée par un toast que je lui présentais. Joueuse ? Absolument

- Vous devriez vous sustenter un peu Monsieur Laymann.




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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Dim 31 Jan - 16:02



La tentation peut prendre des formes bien différentes dans la vie d'un homme. Les principes sont ses défenses mais il convient de les fourbir régulièrement si on veut leur conserver leur efficacité. Les épreuves, les combats peuvent émousser les principes comme les lames. Ainsi, l'homme se découvrira-t-il bien plus vulnérable qu'il le pensait face à la tentation. Il doit interroger sa loyauté envers ses alliés mais aussi et surtout sa loyauté envers lui-même. Succomber à la tentation de posséder Jessica serait sans nul doute considéré comme une trahison envers Williams dont je me faisais le champion sans qu'il l'eût demandé. D'aucuns pourraient même y voir une manœuvre de ma part pour séduire son amoureuse esseulée. Lorsque j'avais sollicité ce rendez-vous, je m'étais un peu renseigné sur le sujet Warner. Beaucoup même, comme il est dans mes habitudes, je n'avais rien laissé au hasard, j'avais été méticuleux, perfectionniste. Je savais me présenter devant une très belle femme, une séductrice sulfureuse, dont la réputation brillait au firmament des nuits asariennes, une sorte d'alter ego de ce que j'étais devenu moi-même. Vivant la nuit, collectionnant les conquêtes, menant ses affaires de manière très avisée. Elle avait tissé sa toile de relations et d'influences tout comme je l'avais fait. Je savais me confronter à une adversaire plus difficile que ces femmes, épouses ou filles d'hommes influents, dont j'attisais les fantasmes pour mieux les faire succomber.

Certains auraient pu s'étonner de la personnalité de la petite amie de Williams, si peu en accord avec le jeune scientifique idéaliste que j'avais côtoyé des mois durant à son insu. Moi pas. Je savais, pour l'avoir vécu, que deux êtres très différents pouvaient tomber amoureux, souvent pour leur malheur. Je ne sous-estimais donc pas la réalité et la profondeur de l'attachement qui liait ces deux êtres, et encore moins maintenant que je le savais marqué par l'animorphisme. Pour autant, cela ne m'empêchait pas, tout en voulant sincèrement les aider, et servant mes intérêts, de jouer à ce jeu enivrant de la séduction avec cette femme magnifique. Une femme comme Jessica avait dû ne faire qu'une bouchée de Williams, tout loup qu'il était, et se confronter à moi était un défi sans aucun doute bien plus ardu pour elle, même si l'homme que je connaissais n'était pas dénué de charmes. Sur ce terrain piégé, Miss Warner et moi étions deux guerriers chevronnés dans l'art de la subornation, deux adversaires qui se jaugeaient pour le moment en poussant l'autre dans ses retranchements. Je devais reconnaître qu'elle était habile stratège même si j'avais prévu, voire espéré, me retrouver aussi en sous vêtement sous l'effet de sa propre volonté. D'ailleurs voir disparaitre mon T-shirt ne m'occasionna de regret que parce qu'il s'agissait d'un cadeau de mes musiciens. Avec un peu de chance, j'arriverai à en trouver un identique dans un petit commerce du Dôme humain. Je suspectais que c'était un achat de Zack même si au nom du groupe entier. Il correspondait bien à cet humour bon enfant dont il était coutumier. Le pantalon n'avait aucune valeur autre que son prix -assez exorbitant - et le fait qu'il m'allait plutôt bien. Mon hôtesse, qui avait l'air fort satisfaite de son tour de passe-passe, n'en resta pas là. Après le frisson que m'avait procuré sa main remontant sur ma cuisse, nos lèvres flirtèrent encore en une délicieuse caresse à laquelle elle mit fin en me présentant un toast sous couvert de me nourrir. Je n'étais pas dupe de la manœuvre de diversion et, beau joueur, je l'acceptai, sachant que le jeu ne faisait que commencer. Je saisis le toast entre mes dents tout en attrapant sa main au vol. Elle pouvait être surprise. Même sans déclencher mon don de dématérialisation ma vitesse de mouvements était souvent supérieure à la normale quand j'étais sous l'effet de l'excitation et n'y prenais pas garde. Sur scène, par exemple, cela me demandait un effort supplémentaire pour canaliser cette nouvelle extension de mon talent, sous peine de ne pouvoir être capturé par les caméras et les yeux des fans.

- Il se pourrait que mon appétit soit d'une autre nature, Jessica ... Mais je ne fais jamais passer le plaisir avant les affaires et je suis certain que vous vous imposez les mêmes règles ..
. Murmurai-je après avoir englouti le toast.

Baissant les yeux sur mes pieds j'eus du mal à retenir un éclat de rire en me voyant en boxer et bottes ... Sur le plan de la séduction, l'image était assez brouillée mais rien qui pût me désarçonner pour autant.

- Il faut avouer que si une femme en talons aiguilles et dessous est pour moi terriblement sexy, l'association boxer/bottes est assez étrange, bien qu'elle plaise à certaines d'entre vous, je peux en témoigner... Tous les goûts sont dans la nature... Si vous le permettez je vais les ôter tout de même...
Ajoutai-je en dévoilant des chaussettes décorées d'animaux ressemblant à de grosses souris. Euh ... des kangourous, vous savez ces animaux qui font hop! hop!

Je me resservis en canapés et hors d’œuvres tout en la gratifiant d'un clin d’œil.

- Vous voyez, je suis vos conseils, je me sustente. Vous devriez en faire autant car la nuit ne fait que commencer et nous avons beaucoup de sujets à aborder... Nous parlions donc de mes dons et d'Aaron ...  Je sais que ce sujet vous angoisse aussi vais-je nuancer mes propos. Ce que j'ai ressenti quand j'ai retracé son déplacement dans le vortex m'est inconnu. Habituellement je peux retrouver le chemin des personnes que je transporte à travers l'espace. Ils laissent comme une empreinte que mon esprit peut voir, un peu comme votre odorat suivrait un parfum, une odeur. Celle d'Aaron s'était déjà évanouie comme s'il était in-traçable. C'est peut-être une nouvelle expérimentation du Gouvernement ou lié à sa nature animorphe, je ne sais pas. Tout est possible. Les télékinésistes  de toute nature sont sans doute une source de préoccupation pour les Militaires car, vous l'imaginez bien, ils sont un contre pouvoir potentiel qu'il leur faut contrôler. Je ne suis pas télékinesiste à proprement parler. Je vais vous expliquer des choses sur mes dons pour que vous appréhendiez mieux ce à quoi vous risquez d'être confrontée à l'avenir. Mais pour en revenir à Aaron, sa conscience était bien là, ses souvenirs aussi. Quand j'ai parlé avec lui dans sa cellule, il ne se souciait que de deux choses: votre sécurité et la situation dans le Bidonville...

Je tus volontairement ce que je savais, ce que j'avais compris de son engagement. Jessica ne m'avait pas questionné au sujet de ce que faisait Aaron dans la tour gouvernementale, pas plus qu'elle ne l'avait fait en lui parlant, sa priorité étant de savoir comment il allait. En vérité, je savais qu'il n'allait pas trop mal hormis cette anomalie difficile à cerner.

- Il va aussi bien qu'il peut aller en ces circonstances. Physiquement, il n'a pas subi de mauvais traitements, même si on ne peut exclure qu'ils y viennent s'il résiste. Vous savez le Gouvernement a toute une batterie d'autres moyens que la torture physique pour briser un être ... Il est en grand danger, c'est certain. Je pourrais le soustraire à sa cellule et ne pas l'y ramener, mais ce n'est pas ce qu'il souhaite... Il a mentionné la nécessité d'une diversion, ou d'un os à ronger pour le Gouvernement... Je l'ai donc fait repartir. Je ne peux maintenir l'illusion d'un changelling très longtemps.


Je me levai et me déplaçai avec une désinvolture certainement déstabilisante pour Miss Warner, pour me diriger vers le bar afin de me resservir une vodka glacée. Puis je pris la bouteille de vin sur la table basse pour lire l'étiquette.

- Excellent cru ! Je vous ressers ? Où peut-être préférez-vous garder toute votre lucidité face à l'homme enivrant qui se tient devant vous ?

Je reposai la bouteille, me rassis et redevins sérieux, considérant le sujet grave. J'étais un clown, un être cynique, mais face à quelqu'un que je respectais, je savais aussi avoir des égards.

- Peut-être a-t-il raison et peut-être vaut-il mieux le laisser là-bas tant qu'on n'a pas élucidé ce malaise que j'ai ressenti et que votre louve à ressenti face à lui ? Peut-être veut-il vous protéger contre quelque chose qu'il a pressenti ?

Je bus une gorgée et réfléchis un instant en l'écoutant. Puis je me remémorai à voix haute les événements qui avaient conduit Williams en prison.

- Le changeling est mon pouvoir le plus simple à expliquer, celui qui a le moins évolué, bien qu'il soit celui qui m'épuise le plus rapidement. Il m'a permis d'essayer de sauver Aaron. Mais il est encore très imparfait. A la réflexion j'aurais dû user de ma désintégration moléculaire pour l'évacuer de la salle. Mais le changeling m'a permis de mettre un sacré bordel dans le Grand Conseil et si ça avait marché Van Brënner serait sur la touche .
Dis-je en souriant comme un gosse. Bon, mon leurre n'a pas marché sur tout le monde parce que j'ai projeté des images que j'ai trouvées au dernier moment dans les bases de données des médias. C'était totalement improvisé. Je n'avais pas prévu de l'aider au départ ... J'avais même tenté de le dissuader de cette folie ... Il est têtu votre mec sous ses airs d'intellectuel inoffensif ! Il a mis un sacré bazar dans la Tour d'ivoire. Ils ne doivent pas encore s'en être remis. Il fallait des couilles pour faire ce qu'il a fait... C'est aussi pour ça que je veux l'aider...

Si flatter l'image de Williams pouvait ne pas paraître une très bonne stratégie pour séduire sa compagne à première vue, en l’occurrence, ce n'était plus le séducteur qui parlait mais l'homme qui pose un regard sur ses semblables. J'éprouvais un regret sincère de n'avoir pu le soustraire à son arrestation et c'est avec cette même sincérité que je m'adressais à Jessica Warner à cet instant.

- Si mon changeling ne m'avait pas autant épuisé, j'aurais pu lui venir en aide sur la place ...


J'eus un petit rictus amer tandis que mon regard plongeait à nouveau dans l'ambre fascinante de celui de mon hôtesse.

- Mes pouvoirs sont une malédiction depuis ma naissance... Rien ne serait arrivé sans eux ... Depuis que je suis devenu un homme, je m'efforce d'en faire une bénédiction pour moi et les autres. Pour moi il est trop tard ... Pour ceux qui le méritent, j'aurai besoin d'aide... De l'aide de personnes comme vous ... Mais le temps presse car ce qui me différencie de vous, des autres asariens, c'est l'évolution imprévisible de mes pouvoirs ... Les vôtres se bonifient mais demeurent les mêmes. Vous apprenez à les maîtriser. Les miens ... sont en perpétuelle évolution sur leur base... Vous avez raison Jessica, quelque chose me consume ... Et c'est tellement ... effrayant ...
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Asarienne, 2e Génération
MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Ven 5 Fév - 21:35





La séduction est un art que peu de personnes savent manier et apprécier avec  justesse. J’ai commencé très tôt à séduire les hommes, à les charmer de mes attraits exotiques, à les manipuler, car il faut  bien l’admettre que la séduction a toujours été une histoire de manipulation, par intérêts ou par plaisir. Certains vous direz que la séduction est de l'ordre du rituel et qu’elle s’oppose au sexe et au désir qui sont de l'ordre du naturel. Chacun se positionnant  comme il le souhaite suivant la personne qu’il rencontre, qu’il a en face de lui, de ce qu’il veut, ce qu’il cherche. L’homme et la femme sont deux Êtres à la nature complexe et différente, mais au final nous nous ressemblons sur beaucoup de points quand nous voulons attirer l’autre dans nos filets. A vous qui me lisez, je vais vous dévoiler un secret sur la séduction qui est universel : La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments. C'est de les faire soupçonner. C’est là aussi tout un art, toute une maîtrise pour faire passer le message à celui ou à celle qui aura captivé votre attention, qui aura su faire battre votre cœur. Rien n’est jamais facile, n’est-ce pas ?


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Ne vous méprenez pas sur ce que je viens de dire. Je ne jouais pas avec mes sentiments ni avec celui de mon hôte. Ici c’était tout un jeu qui se déroulait entre nous, chacun se retrouvant piégé par l’autre. Gabriel Laymann était beaucoup plus libre que moi dans ses mouvements et ses mots. A une certaine époque j’aurai joué cette partie jusqu’au bout sans me soucier des conséquences. Ce soir, ma vie était très différente tout comme j’étais une femme nouvelle et je n’avais aucune intention de venir entacher mon amour par un dessert qui semblait être très délicieux à savourer de plusieurs façons. Et il ne fut pas dupe quand je lui présente le petit toast qui met fin à la première partie de ce jeu plaisant et dangereux entre lui et moi. Ce qui me surprit le plus n’était pas tant ses mots toujours joueurs et séducteurs, c’était la rapidité de sa main qui enlaça la mienne. Je n’avais pas vu son déplacement, je n’avais ressenti que sa chaleur sur ma peau quand il la guida à ses lèvres.

- Nous avons les mêmes règles … Gabriel. Les affaires sont prioritaires, mais il ne faut jamais laisser une faim sans la combler.

Je gardais à l’esprit que cette rencontre devait m’aider à libérer Aaron, à comprendre pourquoi il avait été fait arrêter, qu’est ce qui avait bien pu se passer à la tour gouvernementale. Seul Gabriel Laymann semble posséder toutes les réponses à mes interrogations. Mon invité est un challenge fort intéressant en tout point, mais il était plus que cela. Sa franchise, concernant les modalités de notre alliance, était à saluer. Il me manipulait à sa guise et j’en acceptais les conséquences parce que je ne pouvais pas me permettre de laisser de côté toutes les possibilités qui s’offraient à moi pour libérer mon Amour.  Sa remarque sur nos tenues me fit sourire. Une femme en lingerie délicate faite de soie et de dentelles noires et rouges, rehaussée par un porte- jarretelle, des bas et des talons aiguilles, était l’un des fantasmes les plus raffolés par les hommes. Et mes courbes latines mettaient en valeur ce soutien-gorge et mon tanga. Quant à lui, avec son boxer et ses bottes, il était sexy. Cela lui donnait une touche originale dans sa personnalité qui fut très vite masquée par ses chaussettes à motifs de kangourous. Une idée folle traversa mon esprit et je dus réprimer mon envie d’effleurer sa hanche pour désintégrer son boxer et en faire de même avec ses chaussettes. Je dissimulai ce petit plaisir coquin derrière mon verre de vin dont j’appréciais une nouvelle fois son goût, mais mes prunelles ambrées trahissaient ce pêché qui se tenait près de moi.

- Si vos chaussettes vous gênent … je peux arranger cela … le reste aussi d’ailleurs.

Je l‘observais toujours, d’un œil pétillant, dans sa démarche. Tout était réfléchi et étudié chez mon invité, chaque attitude était sensuelle et provocante même quand il grignotait les toasts et les petits clubs sandwichs que j’avais commandés. Je me penchai pour prendre quelques canapés sur sa requête, mais toute mon attention était tournée vers ce qui nous amenait à être ici, chez moi. J’avais besoin d’en connaître davantage sur ses pouvoirs qui détonnaient beaucoup avec tous ceux que j’avais pu voir chez les Nôtres.  J’avais beau vouloir garder une attitude neutre, mon cœur se serrait à chaque fois un peu plus au fil des explications qu’il me donnait sur Aaron. Pourquoi le gouvernement s’acharnerait-il sur un scientifique qui travaillait pour eux ? Pourquoi Lui ? Je n’avais jamais cru à une autorité religieuse quelconque. C’était plutôt les humains qui tendaient vers cette direction, mais s’il y avait encore un Dieu quelque part, je priais de toutes mes forces pour qu’il n’arrive rien à Aaron et qu’il le protège. Je fermai mes yeux un instant pour m’efforcer à ne pas chanceler sous cette douleur qui m’étreignait.  Je n’entendais que vaguement la voix de Gabriel, au loin, comme un bruit de fond. Je devais me ressaisir immédiatement. Je n’avais pas le droit de baisser les bras, pas maintenant. Quand je reposai mes prunelles sur lui, mon invité m’annonçait qu’Aaron ne voulait pas être sauvé, qu’il avait demandé à rester dans sa cellule pour créer …

- Une diversion ? !! Pourquoi l’avez-vous écouté ?!  Il est hors de question qu’il se sacrifie pour un plan dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants.  Que se passe-t-il dans le bidonville ? Pourquoi était-il à la tour gouvernementale ? Et vous comment saviez- vous où le trouver ? Quel est votre lien avec lui ?

J’arrêtai le flot de questions qui sortaient de mes lèvres. J’en avais encore beaucoup, mais je n’étais pas certaine qu’il réponde à chacune d’elle. Il avait l’art et la manière de se défiler et de glisser entre les mots.  Je me rappelais de son arrivée au Diamond quand il avait perdu connaissance et qu’il avait prononcé dans sa semi-conscience le prénom d’Audrey.  Il avait fui la conversation en m’offrant la projection d’Aaron. Tout me revenait par vagues. Je commençais à faire des liens de plus en plus logiques.

- Aaron … vous le connaissez grâce à votre fille et ne me dites pas qu’Audrey n’est pas la vôtre. Fille biologique ou adoptive, vous avez un lien avec Aaron grâce à Audrey et à sa mère Leanna. Mais vous êtes tellement empêtré dans vos multiples identités Monsieur Laymann que vous vous y perdez … Vous essayez de dissimuler beaucoup de choses, mais vous en parsemez tout autant à côté. C’est encore très flou et très complexe dans ma tête.

Gabriel s’était levé du divan  dans toute son effronterie et sa sensualité de mâle. Je suivis son déplacement jusqu’à mon  bar.

- Non ne me répondez pas. J’ai accepté les termes de notre contrat. Vous avez besoin de moi, j’ai besoin de vous et je ne reviendrai pas sur cet accord. Mais faites- moi une faveur, ne mentez plus Monsieur Laymann. N’enrobez plus la vérité de fausseté. Je préfère encore écouter votre silence. Nous avons tous des jardins secrets et je peux le comprendre, mais je n’accepte pas les mensonges. Cela peut marcher sur des personnes de votre entourage … Pas sur moi.

Je lui tendis mon verre pour qu’il puisse le remplir de ce vin que j’avais choisi. Mon sourire revint sur mes lèvres et il se fit alors facétieux et charmeur.

- Je n’ai aucun souci avec l’alcool pour ma part … Vous pouvez me resservir, s’il vous plaît.

La conversation oscillait entre le sérieux et toutes les conséquences qui en découlaient et la légèreté de la séduction.

- Je n’ai pas à être protégée. Il n’a pas compris que le sacrifice de sa personne, je ne l’accepterai jamais et que je ne resterai pas là sans rien faire. Si j’avais le don de pouvoir me téléporter dans sa cellule et lui parler de nouveau … Pourquoi ne choisis-t-on pas nos pouvoirs ?

Question stupide. Pourtant que n’aurai-je pas fait pour échanger un de mes pouvoirs pour celui-ci. Aaron avait changé et c’était le point de départ de toute cette étrangère histoire. Gabriel poursuivit sur son don du changeling et j’entrevis quelques informations sur le déroulement de l’arrestation d’Aaron.

- Il a peut-être changé … Quelque chose a fait de lui cet autre homme, mais ce n‘est pas pour cela que je lui tournerai le dos et qu’il va sortir de ma vie. Il a oublié dans toute son équation de scientifique un élément très important : mon acharnement. S’il est têtu, moi aussi. Son combat est une noble cause, j’ai beaucoup de respect pour ce qu’il est. Mais il n’aurait pas dû entreprendre cela … Pourquoi s’attaquer aux Anciens de front ? Il savait où cela le mènerait …

Je baissai mes yeux sur mes mains qui serraient mon verre de vin et je perçus ce tatouage en forme d’arabesque à l’intérieur de mon bras. C’était aussi un mystère à élucider. J’entendis alors l’excuse et le regret de Gabriel Laymann dans sa voix et je sus que cet homme, Maître de l’Illusion à la beauté du Diable, était aussi un homme de cœur et loyal.

- Je ne vous en veux pas Gabriel. Vous n’y êtes pour rien. Aaron a cette capacité d’être très obstiné dans ce qu’il veut. Vous n’aviez aucune chance de le détourner de son objectif.

Ma main se posa sur la sienne, douce et sincère. L’aveu qui suivit me perturba au plus haut point. Il ne mentait plus comme je lui avais demandé et il me confessait que ses pouvoirs le rongeaient et le détruisaient. La finalité de son destin était inévitable … peut-être pas … Mon emprise sur sa main se resserra tendrement.

- Il existe de grands généticiens. Je ne doute pas que vous ayez déjà rencontré beaucoup de ces personnes. Une seule fait office de tête pensante dans ce domaine. C’est la meilleure. Ma mère l’a côtoyée durant des années au Centre de recherches et elle m’en disait que du bien. Ses recherches sont exceptionnelles. C’est le Docteur Amaria Saria.
Vous n’êtes pas seul Gabriel. Arrêtez de vous battre seul contre ce qui vous consume.


Je laissai mon verre sur la table base et mes doigts glissèrent lentement sur sa joue que je caressais doucement. J’avais peur qu’il recule, qu’il pense que je le piégeais, mais ce n’était pas le cas. La couleur de ses yeux était si intense et si exceptionnelle que cela en était déroutant. Lentement je m’approchai de lui, abolissant l’espace entre nous et  mes lèvres embrassèrent les siennes en un baiser authentique.

- Ne voyez là Gabriel que la manifestation de mon amitié …  murmurai-je contre sa bouche avant de me reculer de lui.




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Localisation : dans tes cauchemars
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Gabriel Laymann
Asarien, 2e Génération
MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)   Jeu 11 Fév - 23:47



Le baiser n'avait rien de ces baisers torrides que les femmes pouvaient me réserver pour espérer devenir l'unique favorite de mes nuits ou encore me soumettre, me dompter. C'était comme la caresse d'une sœur un peu incestueuse sans le savoir et que l'élan de tendresse aurait portée à embrasser son frère sur la bouche. Du moins était-ce assez curieusement ainsi que je voulais le voir. Peut-être me leurrais-je en effet sur la pureté des intentions de miss Warner et du regard qu'elle posait sur moi. Pourtant, le regard qu'elle posait sur les choix de son compagnon m'interpellait bien davantage que ma libido mise en éveil par la proximité de cette femme magnifique. J'allais d'ailleurs les défendre avec bienveillance, lorsqu'elle mentionna un nom cruellement connu  comme celui d'une personne pouvant m'aider. Je devais être très pâle depuis mon malaise, mais sans doute mon teint devint-il encore plus livide ou mes yeux reflétèrent -ils encore plus de tristesse. Amaria Saria était ma sœur ... Ma demi sœur, plus exactement. Jamais, sans doute, elle ne le saurait, et jamais non plus elle ne croiserait ma route. Elle faisait partie des êtres sur lesquels je veillais de loin ou de près lorsque j'étais employé au Centre de Recherches. Elle faisait partie de cet héritage révélé tardivement. Elle était dotée, elle aussi, de dons puissants, j'en étais certain. Mais les siens s'étaient certainement stabilisés. Elle n'était pas le fruit d'un croisement entre deux mutants de la génération 0. Hypothèse retenue par les médecins que j'avais consulté pour expliquer la mutation perpétuelle de mes dons. J'avais dans le sang des facteurs mutagènes d'une concentration totalement aberrante. Comme si j'avais fait une overdose de S.E.E.R. alors même que je n'étais pas un Ancien. Certains facteurs conjugués s’annihilaient, ce qui expliquait que j'avais certaines faiblesses typiquement humaines, tandis que d'autres s'additionnaient, se multipliaient, provoquant l'apparition de ces facultés totalement monstrueuses. J'eus un rire triste lorsque Jessica évoqua Amaria et son expertise dans le domaine génétique... Et je me laissai embrasser, fermant les yeux et ne me dérobant pas à cette douceur inattendue. Répondant peut-être finalement avec plus de fièvre qu'à une étreinte amoureuse. Je n'étais pas en manque de sexe, mais de chaleur "humaine". Même si cette appellation nous renvoyait cruellement à ce que nous n'étions pas. Mais lorsque qu'elle détacha ses lèvres des miennes, les masques étaient tombés pour quelques secondes. Je répondis à sa justification pour ce baiser, et je murmurai dans un sourire: "les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent "

- Aucun médecin, si doué et visionnaire soit-il ne pourrait me sauver, Jessica. La nature se débarrasse des aberrations qui ne se conforment pas à son plan harmonieux. Les Asariens étaient déjà une offense à sa légitimité toute puissante. Moi, je suis le chainon vers une voie qu'il faut condamner parce qu'elle remet en question les fondations de l'Evolution. Personne n'est prêt à cela Jessica, ni les Humains, ni les Asariens. Vous savez, chaque avancée majeure dans l'Evolution ne s'est opérée que pour répondre à un seul et unique désir impératif. Je parle de désir mais je devrais dire instinct. Celui de la survie. Je voulais vivre... Je voulais simplement vivre ...

Je baissai la tête et détournai le regard pour le fixer sur le mur blanc du salon qui s'anima bientôt d'une projection d'images. On y voyait un homme se faire abattre, puis son corps être mis dans un sac, emmené à la morgue, puis à nouveau sorti par un homme. On y voyait les hoquets de douleurs qui avaient jalonné le retour à la vie.

- Je ne suis que la fleur qui pousse dans le ciment. Mais j'ai tellement plus de résistance que ces fleurs de serre ou que celles qu'on trouve dans les champs des terres sauvages. Mais je suis le pire d'entre nous, Jessica. Et en même temps le meilleur, peut-être bien. C'est pour cela que je porte en moi le programme génétique de ma propre destruction. Le compte à rebours est lancé, et rien ne peut l'arrêter...


L'image d'un cerf royal en pleine course à travers une forêt s'afficha sur le mur. Je voyais les iris d'ambre de Jessica totalement fascinés par l'animal et je souriais.

- Magnifique, n'est-ce pas ?  Il peuplait les forêts du Saint Empire Germanique et il a progressivement disparu, pour ne rester qu'un temps dans un espace naturel nommé Forêt Noire. Voyez la taille de ses bois. Impressionnants non ? On prétend qu'une fois coupés, ils pesaient le poids d'un homme à eux seuls. Son brame était audible à plus de quarante kilomètres à la ronde. Il était majestueux, le fruit d'une évolution millénaire... Pourtant la nature ne l'a pas retenu. Ses bois trop encombrants ont fini par le rendre peu habile pour échapper aux prédateurs. La forêt ne pouvait plus être son refuge mais les hommes occupaient les plaines. Et il fût le gibier préféré des rois. Sa taille et sa puissance qui le faisaient respecter et craindre au début, s'avérèrent finalement des handicaps pour échapper aux chasseurs. L'invention de l'arbalète semi mécanique signa sa fin . Elle tirait plus loin et plus vite que l'arc. Ainsi disparut le maître des forêts.


Je me tus un moment et me levai pour aller jusqu'à la baie vitrée du salon qui offrait une vue sur les étoiles et le dôme des Plaisirs.

- Je dois vous révéler quelque chose au sujet d'Aaron, Jessica... Quelque chose que lui-même ne sait pas... Et je ne l'aurais jamais fait ... Si je ne vous voyais si inquiète à son sujet... Mais c'est en lui et c'est sans doute ce qui fait qu'il est déterminé à aller jusqu'au bout... Vous ne devez pas juger ses choix, son sacrifice... Parfois, un homme sait qu'il n'a pas d'autre voie ... il comprend qu'il est ici pour cela, qu'il est revenu pour cela... Cela s'impose comme le parfum envoûtant d'une rose rouge. On sait qu'elle va se nourrir de notre sang, mais aussi que le pire sera évité grâce à un unique sacrifice.

Elle m'avait rejoint et je sentais les questions prêtes à pleuvoir à peine en avais-je satisfaites quelques unes précédemment posées.

- Que vous acceptiez ou pas son sacrifice n'y changera rien. Même lui ne peut pas se soustraire à ce qu'il doit faire. Sachez que si sa vie ne s'arrête pas dans cette cellule, s'il en sort ... Il aura une autre quête à mener, peut-être plus personnelle mais qui en même temps nous concerne tous. Elle prend racine dans les fondements même d'Asaria ... L'Histoire de l'Humanité est jalonnée de Cités qui se sont bâties sur des sacrifices, des actes monstrueux, des massacres, des trahisons. Croyez-moi... Nous sommes loin, très loin du mythe de la fondation d'Asaria.  Je pourrais vous compter ce que j'ai appris sur la Fondation d'Asaria et ses premiers colons. Vous en apprendriez en même temps sur l'ancêtre de celui que vous aimez...

Je me tournai alors vers elle et dessinai sur la vitre embuée de la baie, la forme de l'arabesque que je connaissais par cœur.



Elle s'illumina aussitôt et de petits grains lumineux s'envolèrent pour aller se poser sur son bras.
- Je ne sais même pas comment c'est arrivé ... J'ai la même chose quelque part gravé en moi. Depuis que j'ai du faire un choix ... Le premier choix qui risquait de révéler ma nature, ma présence, mon retour... La vie d'une enfant contre la mienne ...

La forme s'anima et s'éleva dans le ciel noir d'encre. Ses immenses ailes battaient lentement et je me tournai dos à la fenêtre pour tendre la main à Jessica.

- Ce n'était qu'un rêve ... de gosse ... et c'est devenu réel... enfin dans la dimension à laquelle j'accède... Vous sentez cette vie, cette lumière, cette force ... C'est  ... vivant ... Vous le voyez aussi parce que je vous ai marquée ... Vous avez la marque ... Mais un jour, ils l'auront tous ... Jessica... C'est le symbole de la renaissance ... Le Phoenix ... La renaissance d'Asaria ... C'est pour la rendre possible qu'Aaron est prêt à mourir ... Mais lui, peut encore être sauvé ... Parce que vous l'aimez ... Et parce qu'il est aimé des siens.


Je pouvais imaginer à quel point ces révélations étaient incroyables et bouleversantes pour Jessica tant sur le plan personnel que spirituel et je lui souriais avec une bienveillance que peu de personnes avaient lu dans mon regard à ce jour.

- Vous me demandiez tout à l'heure si j'étais un Pacificateur ... Je suis bien plus que cela ... Je suis le fantôme de leur âme... Je suis leur esprit ...
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(Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] In Quest for (pv Jessica Warner)

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