(terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson

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Gabriel Laymann
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MessageSujet: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Dim 29 Mai - 21:48

A.U.R.I.S. Studios ~ external view

La valeur d'un homme se mesure toujours par rapport à un étalon. Suivant la renommée de l'étalon sur lequel notre choix se porte, cette valeur sera plus ou moins grande. J'avais appris très tôt cette règle de base en grandissant à la cour de la Grande Conseillère. Parmi ses hommes de confiance, il y avait une échelle. On aurait pu aussi comparer cela à un système solaire dont le centre était ma mère. Les Ministres et hommes d'affaires étaient des planètes  qui gravitaient en orbite autour d'elle à une distance plus ou moins éloignée.  Tous assujettis à son rayonnement négatif et noir, fait de domination et de manipulation. Les trois plus proches lorsque j'étais encore de la fête se nommaient Edouard Ravenwood, Kylian Wright et Gregory Nicholson. Plus récemment, j'ai appris que ce dernier était supplanté par son rival Tomas Van Brënner. J'ai pensé, dans mon enfance, devoir m'efforcer d'être à l'image de ces hommes pour plaire à ma mère, être aimé d'elle. Mais très tôt, j'ai compris que cela m'était impossible. J'avais peu connu mon père adoptif, qui sans doute, puisqu'il avait plu à la mante religieuse, était un mélange de ces hommes et d'un être soumis, prêt à se faire dévorer tout cru. Je voulais m'efforcer à garder de lui l'image d'un homme plus bon que la moyenne de ses pairs mais en vérité je savais peu de choses sur lui. Pourtant si je n'étais pas le même type de monstre que ma mère, c'était peut-être en partie grâce à la bienveillance de cet homme mourant. Ou pas. Depuis que j'étais revenu de ma retraite après ma disparition au domicile de Jessica Warner, j'étais bien différent de l'être en questionnement perpétuel qui jouait avec les nerfs des Anciens. J'étais au delà de cet homme assoiffé de vengeance et de justice.

J'étais le glaive qui devait trancher le fil. Des obstacles, j'en rencontrerai. Des opposants à mes projets, j'en croiserai. Des ennemis cherchant une occasion de m'abattre, j'en trouverai plus d'un sur ma route. Mais je devais aller au bout du chemin, quoiqu'il pût m'en coûter. Le sacrifice était déjà une donnée intégrée au programme. La seule variable que je m'autorisais était de tenter d'épargner ceux que j'aimais. Parce qu'il avait bien fallu l'admettre et l'assumer, Asaria portait en son sein des êtres qui ne me laissaient pas indifférent. J'aurais voulu qu'il s'agisse d'un amour platonique et éthéré comme ma nature tendait à le devenir, mais il n'en était rien. Cette petite pléiade était liée à moi par des sentiments divers par leur nature mais qui faisaient que j'aurais donné ma vie pour eux, si elle m'avait encore appartenu et que je les protégerai de toutes mes forces. Moi aussi j'avais mon système solaire. Il rayonnait tout autre chose cependant, même si ceux qui en étaient l'objet n'en avaient pas encore conscience. Ma mère dominait et asservissait ceux qui l'aimaient, moi je les aimais sans le dire et j'en étais l'esclave. C'était une parfaite illustration de rejet du modèle maternel, n'est-ce pas ?

Mais les enfants ne sont-ils pas voués à porter le poids des erreurs de leurs parents, à les expier, quoi qu'en disent les bien pensants ? J'avais sans doute l'héritage le plus lourd d'Asaria à assumer et ma nature particulière m'avait donné les clefs pour tenter de réparer. Je ne pouvais pas échapper à cette voie et elle était pavée de sacrifices au-delà du mien. Williams croupissait dans un cachot et subissait sans doute les pires tortures, la population du Bidonville était à la merci d'une pénurie en eau. Je savais tout cela et j'aurais pu, j'aurais dû intervenir. Mais je différais cette ingérence dans le cours de la vie en Asaria, parce que ces deux situations étaient, pour reprendre les propres mots d'Aaron Williams, un os à ronger pour le gouvernement. Pendant qu'ils étaient occupés à travailler sur ces points, ils ne regardaient pas trop de mon côté, ni de ce qui se mettait en place sous mes bons offices. Je ne pouvais qu'espérer que le nombre de victimes dans le Dôme Humain serait faible et que le jeune pacificateur ne succomberait pas avant qu'on le tire des griffes de ma mère.

Alors, quel homme étais-je ? Quelle valeur pouvais-je avoir, comparé à ceux qui orbitaient autour d'Alianka de Nephthis ? Étais -je si différent d'elle ? Je reconnaissais sa marque dans mes méthodes et ma détermination. Étais -je prêt à tout sacrifier pour Asaria ? Sans doute mais Asaria telle que je la voyais, différait totalement de sa vision à elle. Est-ce que cela suffisait à justifier tous ces sacrifices ? L'homme tapi sous sa carapace en doutait fortement. Gabriel, lui, était au dessus de ces considérations. L’Équilibre premier devait être rétabli. Sept clefs, sept enfants, sept ponts et quoi encore ?

Je considérai Hudson derrière le miroir sans tain dont était équipé mon bureau. Miroir qui donnait une vue sur le salon d'attente d' A.U.R.I.S.


Étais -je si différent de cet homme que j'allais recevoir pour le convaincre de s'associer à mon projet ? J'utilisais leurs méthodes, mais je ne poursuivais pas le même but. Je contemplai le profil de cet homme que j'aurais pu devenir si j'avais suivi les vœux de ma mère. Alexander Hudson était loin de n'avoir que des défauts. Il avait survécu à l'apocalypse, ce dont je ne pouvais me targuer. Nombreux parmi les anciens y succombèrent ou moururent des stigmates de cette épreuve, tel mon père officiel. Hudson avait tout perdu et tout reconstruit, par sa volonté, à force de travail et de rage. Nous nous ressemblions bien plus qu'il n'y paraissait au premier abord. Nous étions des survivants chacun à notre manière. A chacun son Apocalypse.

Je sortis de mon bureau pour rejoindre moi-même le P.DG. d'H.A.C. dans le confortable salon où il m'attendait. En passant devant la réception, je lançai à Davina ma secrétaire à la voix de maquerelle.

- Vous direz au traiteur de venir nous servir dans le salon. Vérifiez que tout est prêt dans l'auditorium. Nous irons y travailler cet après-midi, Monsieur Hudson et moi-même, après nous être sustentés. Il ne faudra nous déranger sous aucun prétexte.

Je me dirigeai vers le salon et ouvris la porte ...
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Jeu 14 Juil - 19:58



Quelques heures avant le rendez-vous.

Le Ministre de l'Urbanisme et PDG H.A.C. (HUDSON ASARIA CITY), assis dans son fauteuil confortable, les bras posés sur accoudoirs et les mains jointes devant ses lèvres, fixait et écoutait son assistante de direction lui exposer le rapport sur Gabriel Laymann. Alexander avait reçu une invitation de cet homme dont il ne connaissait rien. Il était notifié uniquement dans cet échange qu’il souhaitait s’entretenir avec le ministre et le PDG, que ses intentions étaient de donner encore plus ses lettres de noblesse à la cité. Silencieux et doué d’un sens du flegme poussé à son maximum, il écoutait la jolie rousse en tailleur-jupe lui retracer les derniers événements importants, en particulier le concert au Multiplex, qui remontait à plusieurs semaines. Un show qui avait été relié par tous les médias et tous les supports connus : des quotidiens, aux magazines spécialisés, aux chaines de TV jusqu’au net. Tout Asaria avait vibré dans ce déchaînement de sons et de lumières. « Passez-moi le résumé du concert et des chansons, je veux du concret Miss Peterfield. Qui sont ses parents ? Quelles études a-t-il suivi ? Je veux les noms des personnes de son entourage ! Vous ne me donnez rien ! Savoir que son groupe se nomme : The Scarecrow et qu’il a provoqué l’émoi de ses fans lors de son dernier concert ne m’intéresse pas ! »

« Monsieur Hudson, je suis désolée, veuillez m’excuser. Il n’y a rien de plus sur cet homme. Tout est consigné dans ce rapport. J’ai parcouru de nombreux magazines, des sites sur la toile, tous parlent de la même chose, mais aucun renseignement sur la vie du chanteur avant d’être une star adulée.  »

« Posez le dossier. Vous avez fait du bon travail. Retournez à votre bureau Miss Peterfield. »

La rousse hocha la tête et tourna les talons. Elle sortit du grand bureau du PDG sans avoir oublié de fermer la porte. Alexander avait prévu cette voie sans issue et il avait mis sur le coup un détective privé. Si les médias ne pouvaient rien lui apprendre sur cet homme, il se renseignerait d’une manière plus détournée et qui était toujours très prometteuse. Son ordinateur émit un petit son qui correspondait à un appel en vidéo. Le nom qui lui apparut tombait à point nommé, c’était ce détective. Il actionna la vidéo. «  Monsieur Mallory, je pensais à vous ! Avez-vous quelque chose de fructueux à m’apprendre sur Gabriel Laymann ? »

« Monsieur le ministre, j’ai quelques informations. Je vous préviens, elles sont assez décousues. Pas de liens entre elles. Cet homme a la faculté de ne laisser aucune trace derrière lui. C’est la première fois que je vois une telle volonté de ne mettre en avant aucun indice. »

« Je vous écoute »

« Il vit bien au Rubis Etoilé et il possède bien un studio d’enregistrement. C’est le même nom que vous m’avait donné. »

«  Je sais tout cela ! Je veux quelque chose de plus consistant que des renseignements que je possède déjà. Je vous paye rubis sur ongle, ce n’est pas pour me résumer ce que j’ai déjà découvert de mon côté ! »

Un petit silence puis la conversation reprit.

« Je n’ai rien trouvé, aucun acte de naissance à son nom. Rien qui ne remonte qu’à ces derniers mois. Tout ce qu’on trouve sur lui tourne autour de sa carrière et ses albums.  Laymann est peut-être un nom d’emprunt, mais là aussi c’est une impasse. Rien qui affirme ou n’infirme  que cela soit son vrai nom.  La dernière fois qu’il a été perçu dans un grand établissement, c’était au Light of Diamond, en compagnie de Mademoiselle Warner et … »

« Jessica Warner ?! »

« Heuh… oui Monsieur Hudson, c’est la propriétaire du night-club »

« Je sais tout cela ! Ça suffit pour aujourd’hui ! Continuez à creuser du côté du Diamond et du Rubis Etoilé »

Hudson coupa la vidéo avant même que son interlocuteur puisse prononcer un mot de plus. Jessica Warner était la fille de son ancien ami, un ministre comme lui. Après sa mort, il veilla sur elle comme sur son frère. Il avait beaucoup plus d’affinité avec la jeune femme qu’avec son frère ainé. Hudson était un gentleman, c’était dans ses gênes et il ne pouvait séduire la fille de son ami. Une Asarienne qui était devenue une magnifique femme et qui faisait tourner la tête de nombreux mâles. Pourquoi ce Laymann était venu voir sa Jessica ? Le Diamond devait être sous une plus grande surveillance. Il n’avait aucune confiance en un homme qui n’avait pas de passé, comme inexistant. Son assistante de direction lui rappela par l’interphone que son rendez-vous approchait et que sa limousine était déjà prête à le conduire au studio A.U.R.I.S. Il la remercia et se leva de son fauteuil. Il inspecta sa cravate et la chemise dans le miroir et il enfila sa veste. Savoir que Jessica avait été approché par ce même homme qui lui demandait un entretient ne pouvait pas être une coïncidence.

La limousine noire au design élégant, dernière génération, s’arrêta devant l’édifice du studio A.U.R.I.S. après une balade dans les rues d’Asaria. Le bâtiment était gigantesque et imposant. On le guida rapidement dans un salon spacieux avec tout le confort possible pour une réunion. Il défit les deux boutons de sa veste et s’installa dans le divan. Alexander porta sa main au nœud de sa cravate dans un dernier geste de maitrise de son image et il attendit la venue de cet homme.

La porte s’ouvrit et Alexander se redressa …
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Jeu 3 Nov - 22:23

- Monsieur le Ministre, Monsieur Hudson ! Soyez le bienvenu dans les locaux d'A.U.R.I.S. Entreprises, société bien modeste en comparaison de la vôtre.

Je lui tendis la main espérant qu'il accepte de la serrer, ce qui serait de fort bonne augure puis je l'invitai d'un geste à se rasseoir tandis que le fameux traiteur Lalongueur faisait son entrée poussant discrètement un chariot dont le contenu était dissimulé sous un gros dôme en acier. Les plus grandes familles d'Asaria s'arrachaient ses prestations et lorsqu'il prenait en main une soirée, la restauration des convives prenait des allures de shows. A n'en pas douter, c'était de loin mon favori et il avait déjà officié à l'after qui avait suivi le concert de Scarecrow au Multiplex. Je souris à mon invité avec amabilité avant de m'asseoir à côté de lui sur la banquette, et non face à lui, choix qui n'avait rien d'un hasard. On s’assoit face à un adversaire, mais à côté d'un ami.

- Monsieur Lalongueur! Faîtes nous rêver !


Le traiteur d'origine française s'inclina et annonça d'un air enjoué en rabattant la cloche qui couvrait sa création d'un air solennel.

- Asaria aux milles délices !


Une composition de canapés et hors d’œuvres présentés sous forme de tours de délices salés et sucrés s'étalait sous nos yeux. Il était aisé de reconnaitre Asaria elle-même et plus précisément les tours du quartier des Affaires entièrement constituées de mets à déguster. Le siège de H.A.C. y trônait largement mis en valeur, tandis qu'A.U.R.I.S. déployait les courbes de son bâtiment en forme de clef de Sol flanquée de l'élégante lance de son émetteur.

- Qui n'a pas rêvé de goûter ainsi aux affaires ? Surtout celles de ses concurrents qu'on aimerait bien engloutir. Mais j'avoue que si je peux croquer quelques bénéfices en prenant une part d'H.A.C. je trouverai cela savoureux. Et vous ? Monsieur, c'est à l'homme d'affaires que je m'adresse, présentement, souhaiteriez-vous apprécier un met nouveau et excitant, une nouvelle création dans la carte des affaires ? Seriez-vous tenté de prendre des parts dans un projet révolutionnaire et inspiré par l'Histoire même d'Asaria ?

Le traiteur, secondé d'un serveur eût tôt fait de remplir nos verres de différents vins millésimés, chacun pouvant s'accorder avec un met précis présent dans l’œuvre d'art comestible qu'il avait créée. Deux assiettes vides n'attendaient que nos ordres pour être remplies selon nos desiderata.

- Que souhaitera goûter tout d'abord Monsieur ? Questionna avec déférence le fameux traiteur en s'adressant à James Hudson.

- Savez-vous que ce diable d'homme est lui-même un excellent homme d'affaires, dont les bénéfices n'ont rien à envier aux plus estimables et anciennes maisons d'Asaria,
plaisantais-je pour taquiner notre officiant. Monsieur Lalongueur est un pionnier dans son domaine, un homme inventif et sans aucune limite à sa créativité. Il sculpte pour le plaisir des yeux, ce qui va contenter nos palais, il en fait des palaces!

Je me tus pour laisser à mon invité le loisir d'apprécier le spectacle qui lui était donné de voir. Un ballet de couteaux et de fourchettes qui taillaient, piquaient selon les indications du Ministre de l'Urbanisme, dans les tours et immeubles, rues et squares de l'Asaria comestible.  Mieux encore, les portions prélevées sur les ordres de l'homme d'affaires étaient agencées dans l'assiette de ce dernier pour former une nouvelle création, un nouveau tableau, qui une fois terminé, se révéla être le portrait de ce dernier. Mon assiette se remplit sur mes demandes et devint également le reflet de mon apparence du moment. Je battis des mains comme un enfant.

- Bravo, bravo Maestro ! Je vais vous signer un contrat à vie pour Mirage, Monsieur Lalongueur !

- C'est déjà fait, monsieur Laymann.
Murmura l'homme de l'art en rougissant.

- Je sais bien Théodore ! Je vous taquine !


Me tournant vers mon invité j'ajoutai:

- J'ai engagé dans un contrat d'exclusivité ce génie des papilles à l'issue de la soirée qu'il avait servie pour mon after! Ce contrat prendra effet sitôt la dernière pierre de Mirage apposée ! Je veux l'excellence pour Mirage et c'est pour cela que je recherche le partenariat des Meilleurs et l'appui des plus Influents. C'est pour cela que je mande vos avis et votre appui comme associé, Monsieur Hudson.


Me saisissant d'un verre de blanc sec qui s'apparierait à merveilles avec le petit cube de mousse de saumon qui me faisait de l’œil depuis mon assiette, je le levai pour porter un toast.

- A Asaria, aux affaires que nous ferons pour sa prospérité et la nôtre ! Je venais précisément de consulter les rapports concernant l'exercice du dernier trimestre de l'année dernière concernant H.A.C. Vos bénéfices feraient pâlir de jalousie les plus grands de nos hommes d'affaires et je me doute que ce sont les chiffres officiels, ceux que vous pouvez présenter. Les vrais, eux doivent être proprement indécents et inavouables, n'est ce pas ?


Je bus une gorgée de ce vin à l'éclat doré et émis un petit claquement de langue.

- Sec et fruité à la fois, comme je les aime. Vous vous dites sans doute que vous avez à faire à un petit arriviste qui se croit précisément arrivé et que vous n'avez aucun intérêt à vous associer à un novice en affaires. Ce serait vrai si je n'avais que des banalités de conversation à vous proposer.


Je lui laissai un moment pour savourer à son tour la première gorgée et la première bouchée de son choix.

- Il se trouve que ce n'est pas le cas ! Vous pouvez déjà voir que je sais m'entourer d'associés visionnaires et innovants, mais je vous rassure, le mérite de Monsieur Lalongueur n'est pas le seul atout de mon projet. L’Élite Asarienne travaille sans relâche à faire prospérer Asaria et à engranger des profits. Vous et vos pairs, Anciens et nouvelles générations confondus, travaillez d'arrache-pied pour le bien et la grandeur d'Asaria, pour laisser un patrimoine fructueux à vos descendants. Quelle volonté louable que de penser à ceux qui viendront après vous ! Mais qui pense à vous maintenant ? A votre bien-être et votre plaisir, à votre divertissement ? Tous ces Asariens travaillant à amasser du bien pour le rayonnement d'Asaria ne méritent-ils pas un peu de considération ? Un peu de détente et de plaisir ? Ne peuvent-ils concéder une part infime de leurs gains à prendre un peu de bon temps, à être heureux, tout simplement ?


Je reposai mon verre et me détendis en me câlant dans le canapé.

- Asaria est en pleine évolution. Elle a toujours évolué. Après les décennies voués à la reconstruction d'une société, d'un État, dans un effort titanesque, vint le temps des affaires, de la prospérité. Mais cette étape atteint à présent ses limites. La prochaine sera l'expansion en vue de jouir de l'aisance et des biens amassés. A quoi bon faire fortune si c'est pour ne pas en profiter un peu ? Imaginez la puissance de ce pouvoir d'achats, les capacités de consommation de ces nouveaux clients qui n'attendent qu'une chose : qu'on leur propose du divertissement, du rêve, de la nouveauté, du jamais vu, et ce dans un cadre digne de leur grandeur, qui prendrait l'apparence de leur rêve, sur mesure. Un lieu dédié aux vacances et aux loisirs, une villégiature tout droit sortie de leurs rêves secrets. Alors, Monsieur Hudson ? Êtes-vous tenté de découvrir le dessert de ce repas ?
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Lun 14 Nov - 18:08



En Gentleman perfect, Hudson s’avança vers l’homme qui venait de faire son irruption dans le salon où il attendait depuis plusieurs minutes. Il avait déjà vu plusieurs photos de ce Gabriel Laymann et c’était bien ce type qui se présentait à lui. Il prit la main tendue qu’il serra à son tour. Une poigne ferme et élégante, tout ce qui définissait Alexander. «  Monsieur Laymann, vous avez affuté ma curiosité avec ce rendez-vous dans les locaux de votre société.  Je n’ai rien d’un virtuose comme vous. »

Le ministre se rassit à l’invitation de son hôte en suivant l’arrivée du prestigieux traiteur Lalongueur avec son chariot et les dégustations cachées. Dans toute Asaria, ce magicien aux mets délicieux était devenu une célébrité. On le payait rubis sur ongles pour le faire venir à une soirée, à un gala ou toute autre prestation pour qu’il s’occuper personnellement de mettre l’eau à la bouche des convives. Et ce même homme venait d’apparaitre derrière Laymann.  La star avait bon gout. Cette pensée lui arracha un petit grognement. Alexander se remémora sa discussion avec le détective Mallory au sujet de la présence de Laymann au Diamond avec Jessica. Qu’il ne s’avise pas à s’approcher d’elle. Le traiteur Lalongueur pourrait avoir un nouveau plat à présenter à ses prochains clients : les rognons blancs accompagnés de sa sauce laymannese. La cloche soulevée, des canapés dressés représentant Asaria, ses tours et les bâtiments de diverses sociétés, comme celle d’Alexander ou bien celle d’A.U.R.I.S,  s’étalèrent sous les yeux de l’Ancien. L’imagination et la grandeur de ce traiteur l’avaient toujours fasciné. La cuisine et sa confection n’étaient pas son domaine, mais il savait reconnaitre un génie.

Le traiteur attendait anxieusement un mot du ministre. Les artistes avaient cette facilité bien plus que les autres de jouer avec les mots pour séduire leur assemblée. Gabriel Laymann en faisait partie. Un jeune serveur avait rempli leurs verres et les assiettes avaient été disposées, prêtes à accueillir les petites saveurs composées. « En affaires comme en cuisine et dans tous les domaines je suppose, toute nouveauté est toujours décortiquée, examinée, analysée puis vient le jugement. On ne précipite rien. On approfondit, on inventorie forces et faiblesses et c’est à la fin que l’on apporte notre opinion. Monsieur Laymann, je ne pourrai pas répondre à votre question aussi facilement. Les années m’ont appris la méfiance et la sagesse. Parlez. Impressionnez l’homme d’affaires et je vous ferai part de mon avis. »

Alexander répondit au traiteur qui dressa dans son assiette plusieurs canapés de formes et de couleurs diverses qu’il avait sélectionnés. Non sans perdre l’intérêt de sa conversation avec l’artiste, le ministre assista à une nouvelle création sous ses yeux. Tous ces toasts  qu’il avait choisis, formés maintenant son portrait. L’assiette de Laymann se transforma de la même façon. « Je connais la réputation de Monsieur Lalongueur. Je ne l’avais pas encore vu officié devant moi. Sa réputation va bien au-delà de tout ce qu’on avait pu me dire ou lire sur lui. »

Un nom survint dans la conversation qu’Alexander n’avait jamais entendu : Mirage. L’Ancien laissa son interlocuteur avancer ses pions. Il mémorisait chaque détail. Laymann était doué pour appâter la curiosité et séduire  l’homme d’affaires qui attendait d’avoir un peu plus d’explications que les mots enjoués de l’artiste. Il porta à ses lèvres le verre de vin et gouta à l’une des bouchées de son assiette. « Je ne juge ni mes futurs alliés ni mes futurs adversaires sans avoir quelque chose de manifeste entre les mains. Vous êtes très volubile. C’est peut-être un manque de confiance ou au contraire, un trop plein de confiance. L’excitation rend l’homme abondant dans tout ce qu’il fait, exubérant et faible, car, voyez-vous, il s’affiche et se divulgue. Mais si je suis ici, si j’ai accepté votre invitation, c’est pour en savoir davantage. Je ne mets pas fin à une entrevue sans donner la raison. Je vous invite donc à poursuivre. »

Alexander apprécia d’autres bouchées et il remercia d’un signe de tête le traiteur français de lui faire partager son don de la gastronomie. Gabriel Laymann poursuivit et Hudson se cala mieux dans le divan. L’artiste était jubilatoire et il cachait un autre visage, celui d’un homme qui savait ce qu’il voulait et où il voulait aller. «  Il existait dans les temps reculés, avant cette pluie de feu, des lieux, des destinations que nous appelions vacances. Visitez d’autres pays, d’autres villes, c’était le dépaysement que nous recherchions. Aujourd’hui, nous ne pouvons aller nulle part, qu’entre les dômes d’Asaria. Comment pourrez-vous recréer ce que nous avons perdu ?  »

Avant de reprendre la discussion, il dégusta un autre type de vin mêlé au gout prononcé d’un toast plus épicé que les autres. « Je vous suis sur cette idée de prendre du bon temps, de dépenser pour nous. Il y a déjà de grands établissements à notre service. Le dépaysement total devra venir d’un lieu éloigné d’Asaria pour plonger les individus dans leurs vacances et leur faire oublier leur quotidien. Annoncez votre dessert, monsieur Laymann. »
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Dim 11 Déc - 23:11



Une tentative pour me déstabiliser ? Venant d'Alexander Hudson, j'espérais un peu plus de perspicacité. Quelques mois auparavant, me résumer à un bavard exubérant qui masque ses doutes derrière des logorrhées verbales aurait été pertinent. Ce ne l'était plus vraiment à présent. Hudson ne voyait donc pas au delà de ce que je voulais lui montrer. Derrière l'excentrique en verve, la chaleur du baratin, il y avait l'être déterminé, inflexible, la froideur du calcul et de la préméditation. Hudson pensait me démasquer alors que c'était le contraire. Plus il me regardait, plus il se forgeait une opinion à mon sujet, plus le leurre, le mirage prenaient corps. Il pensait que je n'étais pas de son milieu, pas de son monde. Un saltimbanque qui voulait entrer dans le grand bal des requins. Il était prêt, je le sentais déjà, à m'offrir la première danse pour avoir ensuite le plaisir raffiné de me voir dévoré tout cru par ses congénères. Je sentais autre chose derrière ce masque de flegme et de pragmatisme. Gentleman behaviour, but yet ? Il croyait sans doute que cet art de la subtilité m'était inconnu. Des choses à mon sujet, qu'il savait et ne savait pas, l'agaçaient. Les maniaques du contrôle ... Rien ne les pique plus au vif qu'une donnée qui leur échappe. Je le vivais chaque jour moi-même. J'avais reconnu les signes dès qu'Hudson s'était levé pour me serrer la main. Tout dans la mesure et la retenue. Le contrôle. Nous étions deux drogués du contrôle. Mais j'avais l'audace de croire que je le dissimulais bien mieux que lui. Qu'est ce qui te gratte le col de chemise Monsieur Hudson ?

- Mille excuses si je vous ai assommé de mots. Le travers lié à l'artiste, je suppose. Le spectacle est une drogue qui envahit chaque repli de notre existence. Nous sommes en perpétuelle représentation.


J'appuyai sur une commande et parlai dans l'intercom.

- Davina, tout est prêt à l'auditorium ?

- Absolument, Véronique a installé la régie mobile et Monsieur Lalongueur a dressé le dessert et les cafés.

- Fort bien, nous nous y rendrons après le repas. Demandez à Markus d'activer la charge du couloir de simulation.

- A vos ordres Monsieur Laymann ! Répondit ma secrétaire au comble de l'excitation.

Je me tournai ensuite vers mon convive et lui dédiai un sourire. Tandis que je remplissais ses verres des différents vins débouchés par le traiteur, une moue ironique et fugace aux lèvres, je gardais volontairement le silence. Lentement mais sûrement le décor s'était modifié et le salon moderne d'A.U.R.I.S. avait cédé la place à une vaste bibliothèque aux murs couverts de boiseries finement sculptées. Après avoir reposé la bouteille, je me rassis sur le sofa tendu de velours qui avait remplacé le canapé design sur lequel nous étions. J'étirai mes jambes et posai mes bras sur le dossier. Ma nonchalance soudaine contrastait totalement avec l'aspect olddie d'Hudson. Je réajustai le col de ma redingote que j'avais choisie très sobre pour l'occasion. Un rien dandy, mais sans clinquant. Mère et mes anciennes maîtresses auraient approuvé ce choix. Malgré cette absence d'excentricité, j'avais certainement l'air d"un gamin facétieux à côté de cet homme mûr. Je n'étais d'ailleurs probablement rien d'autre à ses yeux. Il daignait m'accorder un peu de son précieux temps. Les circonvolutions rhétoriques et l'art des mots n'étaient pas ses centres d'intérêt. Business first ! Il voulait du concret ? Il en avait et allait en avoir bien davantage, pour peu qu'il cesse de tourner autour du pot comme un ours grognon qui aimerait bien y mettre le nez mais a peur de se faire piquer.. Mais avant tout... Après avoir épousseté une miette imaginaire sur mon épaule je relevai les yeux vers lui. Il était diablement grand et même assis, il me dépassait d'une bonne tête. Un sourire, encore un, suivi d'une petite moue de réflexion et je mis fin au silence qui menaçait de devenir embarrassant. Le fixant droit dans les yeux, je parlai sans détours.

- Je crois qu'une démonstration vaut mieux que tous les discours. Bibliothèque du Château de Ludwigsburg, architecture baroque allemande du XVIIIème. Le décor est-il à votre goût ? Je ne répondrai pas immédiatement à vos questions au sujet de Mirage. Néanmoins je vous en poserai une et une seule, plus personnelle. Vous ai-je causé du tort sans le savoir ? Y aurait-il une question qui vous brûlerait les lèvres à mon sujet ?
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Ven 16 Déc - 19:00



Alexander avait l’expérience des années avec lui, la connaissance des manigances des Siens et cette facilité à étudier le comportement des autres. Gabriel Laymann était une figure publique. Il était adulé par la nouvelle génération, certainement aussi asarienne qu’humaine. Le détective Mallory lui avait brossé le portrait de ce chanteur intriguant qui remplissait les salles du Multiplex en un tour de main. La vie de la star était étalée dans les magazines et sur le net, mais rien ne venait approfondir l’homme qui se cachait derrière les lumières et les strass. Sa secrétaire, la jolie pimpante Miss Peterfield n’a rien trouvé de nouveau dans ses recherches, elle non plus. Ce type était un fantôme. Sa vie commençait depuis que le succès s’était invité à lui, mais avant cela, rien. Rien sur sa naissance, ses parents, son adolescence, ses études. Hudson reconnaissait ce comportement d’une personne qui désirait par n’importe quel procédé protéger sa vie et ses secrets. Il aurait pu passer sur cette façon de faire, mais pas quand Gabriel Laymann côtoyait de trop près le night-club de sa chère Jessica.

A la mort du père de la belle Asarienne, il s’était mis en tête de veiller sur la fille de son ami. Il n’interférait pas dans la vie de celle-ci, mais il gardait toujours un œil sur elle. Elle était devenue une femme attirante, sensuelle et dotée d’un sens des affaires aussi pointilleux que son défunt père. Le Diamond était un établissement réputé dans toute la cité et savoir que Laymann avait été aperçu en compagnie de sa Jessica, n’était pas pour Hudson une simple affaire du hasard. Cet homme qui affichait et étendait ses richesses et ses goûts devant lui, ne s’était pas rendu au club pour faire seulement la conversation avec Jessica.  

Le traiteur Lalongueur s’était dépassé dans ses mets et toute la mise en scène de ses toasts et canapés. Il n’y avait rien à redire sur l’excellence de cet homme qui avait fait de son métier, une passion prodigieuse pour séduire les papilles. Le thème important de la conversation arriva aussi appétissant qu’un dessert de la création de ce même traiteur. Asaria n’avait jamais plus connu d’expansion depuis que le dernier dôme avait été construit. La cité possédait cinq voutes de verre qui formait une figure homogène dans cette partie encore fertile de la Terre. Gabriel Laymann proposait à mi-mot, sans trop en dévoiler, un lieu unique dédié aux vacances et aux loisirs, un endroit de rêve créé pour les Asariens. De la nouveauté pour donner encore plus de prestige à la cité. Alexander continua à déguster vins et canapés qu’on lui présentait et il ne perdait pas une miette de l’idée de son interlocuteur. Laymann avait besoin d’appuis pour son projet. Il n’était pas le seul ministre qu’il pourrait mettre dans sa poche. Il pensait à la ministre de la Justice et à la ministre de la culture et des arts. Si ces magnifiques Anciennes seraient sans doute charmées par l’homme et son idée, Hudson et ses origines anglaises, le rendaient méfiant et sur ses gardes. Il ne pourrait donner son accord sans en savoir davantage sur Mirage et les ambitions de son créateur.

Gabriel s’en était rendu-compte et le silence absorba le salon. Il avait donné quelques directives par l’intercom, à une jeune femme. Seul le bruit délicat du vin coulait dans les verres.  Alexander apprécia la saveur de ce nouveau vin et du coin de l’œil découvrir que le décor du salon se modifiait progressivement. Son hôte se prélassait mollement sur le canapé transformé en sofa dans cette nouvelle mise en scène. Le ministre garda son impassibilité, mais il fut tout de même impressionné par ce changement subtil. « Vous auriez pu faire encore mieux en touchant une corde sensible et en évoquant un décor anglais. Lorsque la Terre était vivante, j’ai pu visiter de nombreuses fois ce pays, l’Allemagne. L’architecture est élégante et elle me renvoie à de vieux souvenirs. Mais, nous ne sommes pas là pour évoquer l’ancien monde Monsieur Laymann. »

Il avait compris que le ministre ne céderait pas facilement aux appels du profit et des affaires. Alexander s’était cru bien plus comédien que cela, à moins que l’Asarien ne soit doté de pouvoirs de déduction très puissants. « Pour le moment, Monsieur Laymann, vous ne m’avez causé aucun tort personnellement. Avez-vous par contre causé du tort à une personne qui m’est très chère ? »

Un rictus se forma au coin de ses lèvres : « Vous êtes un homme habile. C’est un trait de caractère que je reconnais peu envers mes futurs partenaires et que je salue. Derrière cette facette volubile, vous êtes un homme d’affaires très accompli. Vous avez besoin d’appuis et vous devez taper aux bonnes portes. Je suis le ministre de l’urbanisme et vous avez besoin de moi. Vous aurez besoin du ministre de la Justice pour certifier tout cela, du ministre de la culture, d’autres ministres ? Ce sont des femmes qu’il vous faudra séduire. N’oubliez pas un point mon cher. Vous séduisez les Princesses. Elles pourront faire le poids, mais jamais elles n’auront le dernier mot. Vous devriez vous concentrer sur la Reine. Un seul geste d’elle, moi et mes belles acolytes peuvent être éjectés du gouvernement et vous devriez tout recommencer. Quelle perte de temps pour vous. »

Il mangea un autre canapé à la mousse de saumon. « Avant de me donner ce rendez-vous, vous avez dû lire des informations sur moi. C’est normal. J’ai fait de même de mon côté. On ne met pas en place une entrevue aussi importante sans connaitre son invité. Il y a beaucoup de détails sur moi, c’est très facile à trouver. Vous par contre … Vous êtes un fantôme qui n’a vu le jour que depuis peu, depuis votre succès.  »

Alexander arrêta d’un geste de main Gabriel. Il pensait savoir ce que l’Asarien lui répondrait, que les affaires sont les plus importantes et peu importe qui se cache derrière tant que le contrat repose sur des bases fiables. « Le contrat et les engagements sont prioritaires. Il m’est arrivé de faire affaires avec des personnes dont je ne connaissais que très peu leurs motivations, ou leurs parcours. Mais vous … c’est différent. Vous voulez donner une nouvelle dimension à Asaria, sans que personne ne sache rien sur vous. Vous avez le capital et les finances pour cela. C’est très bien ! Je vous en félicite. »

Il se pencha vers l’Asarien. « Monsieur Laymann, votre ambition pour la cité est passionnée. Est-ce de même envers Miss Warner ? »

Le ministre avait révélé ce qui le freinait à être aussi méfiant. Des informations trop décousues ou inexistantes sur Gabriel Laymann et cette approche auprès de la jeune Asarienne. « Vous servez-vous d’elle pour avoir mon intérêt ? »
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Mer 21 Déc - 19:29


Ayant fini mon assiette, rassasié de mets équilibrés et savoureux, je vidai mon verre afin de parfaire ce repas, hormis le dessert que j'avais prévu de faire servir dans l'Auditorium. Je m'essuyai les lèvres avec la serviette et pris mon temps pour répondre à l'avalanche de questions du Ministre de l'Urbanisme.

- L'Angleterre est un pays qui me fascine. Berceau d'une musique que j'affectionne particulièrement. Les châteaux y sont si divers, tout comme les paysages, raffinés et charmants ou sombres et mystérieux. Même la lumière s'y décline en une infinité de nuances. J'ai rarement vu une telle variété, sauf peut-être en France...


Je souriais en contemplant la surprise dans les yeux de l'homme d'affaires. Les spéculations devaient aller bon train dans son esprit aiguisé. Comment un asarien de mon âge pouvait-il connaitre ces paysages ? Seuls les Anciens pouvaient les avoir contemplés de leurs yeux, avant la pluie de feu. J'étais une énigme pour le PDG de H.A.C. et plus il échangeait avec moi, plus le mystère s'épaississait. Mes réponses à ses questions en suscitaient de nouvelles. Je menais ainsi le jeu depuis toujours et je n'allais pas faire exception pour lui.

- Je suis donc un admirateur de votre terre d'origine. Mais vous avez raison, nous ne sommes pas ici pour évoquer l'Ancien Monde, bien que le sujet me passionne, mais pour bâtir celui de demain, le rendre plus agréable. Puis-je pour cela, vous inviter à me suivre jusqu'à l'Auditorium d'A.U.R.I.S. ?


Je me levai pour ouvrir le chemin à mon invité. Nous sortîmes du salon et passâmes devant le bureau de Davina qui nous adressa un sourire, tout en me remettant un transpondeur. Puis nous arpentâmes un couloir à la décoration épurée jusqu'àun ascenseur intérieur qui permettait d'accéder au premier sous-sol, celui du studio d'enregistrement dans lequel venaient travailler les jeunes artistes émergents comme confirmés. J'appuyai sur le bouton -2. Celui de l'Auditorium.

- Enterré pour ne causer aucune nuisance au voisinage.


J'actionnai mon transpondeur.

- Davina, assurez-vous que les infras niveaux soient sécurisés.


- Infra niveaux confinés, Monsieur Laymann
.


Nous sortîmes de l'ascenseur et croisâmes plusieurs employés humains embauchés en toute légalité, dont la situation avait été régularisée. Malgré tout, ils frôlaient les murs, ayant reconnu mon célèbre invité, et cela me mettait en rage intérieurement. J'aurais tant voulu qu'ils puissent marcher la tête haute, fiers du travail accompli dans mon entreprise. Mais les réflexes avaient la vie dure... Leur comportement risquait de questionner mon potentiel associé. Quant aux autres, les esclaves que j'avais achetés plus récemment au Marché pour les soustraire à la servitude, ils attendaient dans les niveaux 3,4 et 5 du sous-sol, que mon réseau maffieux ait pu leur obtenir une identité affranchie. Aucun ne devait être vu par une personne susceptible de les reconnaître ou de les dénoncer. Encore moins par un Ministre. Je leur imposais donc un confinement drastique dans leurs sous-sols sitôt que des étrangers au projet A.U.R.I.S. mettaient le pied en dessous du niveau 0. Aucun d'entre eux n'aurait songé à me blâmer de cette discipline rigoureuse qui, bien qu'humiliante, leur permettrait pourtant d'accéder au statut d'humain affranchi un jour. Au cœur de la Cité, sous le nez de ma mère, je donnais l'espoir d'un semblant de dignité à des êtres que sa politique vouait à l'esclavage. Au début, cette simple idée de détourner ses plans me remplissait de suffisance. Je déjouais sa stratégie, je savourais ce petit plaisir, un début de vengeance. Peu importait que j'acquière du même coup une réputation abominable de consommateur d'esclaves, les achetant par camions pour les faire disparaître. Les rumeurs les plus sombres et sulfureuses courraient quant à l'usage que j'en faisais. Cela participait à la légende... La légende du Scarecrow. Mais au fil de ces manœuvres bien rodées, lorsque j'avais pris la peine de descendre leur parler de partager leurs craintes et leurs espoirs, je m'étais écœuré moi-même, de ne voir en eux qu'un instrument de revanche envers ma mère, mon bourreau. Ces gens avaient une histoire, un passé, une vie, une famille et ils fondaient en moi tous leurs rêves. A.U.R.I.S. était une échappatoire à l'infamie. C'était un premier pas. Mais nettement insuffisant. Les soustraire à leurs bourreaux n'était rien, si je ne leur donnais pas l'opportunité de devenir des citoyens à part entière, respectés et aimés de leurs pairs. Mirage avait alors germé dans mon esprit dérangé. Que faire alors de ceux qui refuseraient ce rééquilibrage de la condition asarienne ?

Mon radicalisme avait alors commencé à émerger. Tous ceux qui s'opposaient devaient périr. Asariens, Humains. Refuser l'égalité entre tous était un crime odieux passible de mort à mes yeux. Cet extrémisme avait été perçu par des forces qui me dépassaient, qui m'avaient placé là où j'étais. Prêt. J'étais prêt à leurs yeux. Et ils m'ont rappelé à eux pour me donner " l'ordre des choses". Je devais soumettre chaque âme à une sorte d'ordalie et déterminer qui était parmi les ép. argnés et qui devait périr du fait de sa turpitude. A mon retour j'étais bien moins convaincu que le remède n'était pas pire que le mal. Une alternative avait alors germé dans mon esprit. Quand les loups veulent dévorer les agneaux, il convient de les séparer, pas de condamner les uns ou les autres. Chacun devrait choisir son camp, indépendamment de sa nature.

Tandis que je guidai mon invité, bien loin de se douter de ce qui agitait mes pensées, vers l'Auditorium, je fis appel à son indulgence.

- Vous avez sans doute eu à examiner les plus grands projets architecturaux d'Asaria. Je ne suis pas architecte, mais je dessine, et je sais m'entourer des meilleurs. Le Cabinet Hazard était sans doute le plus grand, malheureusement, il n'est plus qu'un lointain souvenir. J'ai donc fait appel à ses successeurs divers. Monsieur Damien Stark a déjà ratifié des accords d'association dans mon projet. Il en sera même le coordonnateur, le Maître d’œuvre entre les différents Corps de Métiers. J'ai bon espoir aussi d'obtenir l'aide de Monsieur Wright pour toutes les technologies de pointe. Je crois pouvoir lui offrir un marché qu'il ne sera pas en mesure de refuser contre les droits à l'usage selon ma volonté de ses systèmes de surveillance au sein de Mirage. Mr Wright est un peu un artiste à sa façon. Il répugne à céder sa création, mais si on lui fait miroiter un espace d'expression inexploré et disponible pour y appliquer ses découvertes, il sera trop tenté pour ne pas céder à la raison.

Ma tirade nous avait mené devant deux larges portes. Tel un maître de cérémonie, je m'interrompis devant elles.

- Je n'ai nui à aucune de vos relations, et j'ose espérer que vous aurez la bienséance de me rendre la pareille. Quant à ce qui me lie à Miss Warner, cela est purement professionnel, puisqu'il s'agissait de négocier une prestation de mon groupe dans son établissement. Ce qui devrait se contractualiser prochainement. J'ai été très pris dernièrement et je n'ai pas eu le temps de donner suite à nos accords. Mais je vous invite à vous renseigner auprès d'elle et à venir, si le cœur vous en dit, assister à une de ces soirées prévues.

Je m'inclinai enfin, et chapeau bas, saluai mon aîné.

- Vous êtes venu ici avec des idées en tête. Même le plus honnête des hommes fonctionne ainsi ! Oubliez tout ce que vous aviez imaginé et projetez-vous simplement dans ce Mirage.


J'ouvris les portes de l'Auditorium


Je l'invitai à s'asseoir et à regarder ce qui allait lui apparaître. Lalongeur attendait dans l'ombre sa seconde heure de gloire. Hudson contemplait la vaste salle qui s'ouvrait devant nous. Il n'était pas impressionné par ses dimensions, il en avait vu d'autres. Il était probablement étonné de trouver dans cet édifice un trésor aussi inattendu.

- Le plafond est une véritable forêt inversée. Mais, vous allez vous en rendre compte, il sera un écran de projection en 3D. Et vous-même, quelles relations entretenez-vous avec Miss Warner ? Elle m'a fait comprendre clairement que son cœur était pris. Peut-être par vous, qui êtes en effet de son milieu bien plus que moi-même.


Tandis que j'actionnai différentes commandes pour activer l'écran 3D et le connecter à la lance d'A.U.R.I.S., je continuais la conversation.

- Croyez bien que je n'ai nullement perdu de vue Miss Hunter, et encore moins notre mère à tous, la Grande Conseillère. Il va sans dire que tout projet de cette envergure ne peut voir le jour sans être soumis à son bienveillant regard. Je vous laisse en découvrir la primeur ...


C'est alors que Lalongueur fit son entrée tandis que l'obscurité tombait dans l'auditorium. Sur le charriot triomphal un majestueux dessert se découpait sur la nuit, paré de couleurs lumineuses.



- Lit de chocolat et ganache pure fève cacao portant fièrement dressées Iris et Pandora, tour de garde et tour des rêves. La première délicatement ganachée de violette sur nougatine d'amandes, la seconde drapée de menthe blanche sur choux feuilletés. Le tout baigné de sauce curaçao. Je vous laisse contempler Messieurs, et reste à vos ordres pour le dressage de vos assiettes de dégustation.
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Lun 26 Déc - 14:57



Laymann était un mystère. Chacune des réponses qu’il apportait au ministre provoquaient d’autres questions. Un cercle qui se dessinait sans fin. Alexander avait eu le grand privilège de voyager dans l’ancien monde. Il avait visité de nombreux pays qui n’existaient plus. La nouvelle génération pouvait se plonger dans ce passé à l’aide de livres sauvés de la pluie de feu et à des procédés hautement technologiques et holographiques qui recréaient la Terre de jadis. Laymann évoquait l’Angleterre et la France en fin connaisseur qui n’avait rien à voir avec des études ou un enseignement approfondi. Alexander garda un maintien neutre même si son regard l’avait trahi un instant. Il se redressa du canapé à l’invitation de l’Asarien et emporta avec lui le dernier verre de vin qu’on venait de lui servir. « Monsieur Laymann, je vous suis »

Hudson découvrit finalement à qui appartenait la voix  féminine qu’il avait entendue dans l’intercom du salon. Il adressa un signe de tête élégant à l’Asarienne et reprit son chemin en compagnie de Gabriel Laymann. Le studio A.U.R.I.S. avait été pensé pour garder sa plus belle inventivité sans causer de dommage aux bâtiments extérieurs.  L’ascenseur les mena au niveau inférieur -2. Le ministre avait suivi son hôte autant par curiosité d’esprit que ce jeune prodige éveillait en lui que pour l’avenir de la cité. Déployer la beauté d’Asaria et créer un lieu de vacances unique pour les Asariens, ce projet serait sans doute une diversité nouvelle qui deviendrait une mine d’or sur le plan économique. Il existait déjà des établissements, mais rien de comparable avec les premières idées que lui avaient suggéré Gabriel Laymann lors de leur repas. Une fois hors de l’ascenseur, Alexander garda le silence et il suivit le jeune homme dans ce long couloir où ils croisèrent des employés. Leur présence n’aurait pu être qu’un infime détail dans tout ce décor, mais le comportement qu’ils adoptèrent à la vue du ministre, ces regards baissés et inquiets, la gestuelle des corps se recroquevillant dans les recoins pour le laisser passer. Ce n’était pas digne de la nature asarienne. Seuls des humains se comportaient de cette façon soumise et répugnante. Il y en avait beaucoup trop pour Alexander. Trop d’humains, des déchets qui ne servaient qu’aux travaux quotidiens, aux emplois les moins enviables dans la société et esclaves de la race puissante que le père fondateur avait créée grâce au SEER. Les plus grandes entreprises, les divers établissements gastronomiques, culturels, de soins, de plaisirs et administratifs regorgeaient d’humains. Ils étaient  utilisés pour divers services et rémunérés au taux le plus bas. Que faisait donc Laymann avec tous ces humains ? Ce n’était pas l’attitude d’un homme d’affaires. Quelque chose clochait dans l’image de Laymann et il trouverait sa réponse, tôt ou tard.

Son verre de vin à la main, il poursuivit la promenade parmi les murs et les couloirs du studio d’enregistrement A.U.R.I.S. qui cachait une identité secrète dont personne ne se douterait de l’extérieur, apparemment comme son propriétaire. L’un n’allait pas sans l’autre. Un point de vue que le ministre avait pu, dans sa vie, appliquer à plusieurs reprises. « Je ne suis pas architecte. Je me vois un peu comme le Maitre de cérémonie de tout un projet où toutes les pièces doivent se mettre en place et trouver un lien entre elles. Le cabinet Hasard avait une telle réputation au début de la naissance d’Asaria que la Grande Conseillère lui avait confié la conception de quelques dômes. Son fils suivait les traces de son père. Mal lui en a pris de devenir un traitre, de suivre une humaine qui l’a amené à sa disgrâce. »

Les deux hommes s’arrêtèrent devant deux larges portes. Alexander porta son verre à ses lèvres : « Vous connaissez cette histoire comme tout le monde. Elle a fait le tour des médias. L’humaine recherchée est la leader des Pacificateurs. Le ministre Wright a bâti sa vengeance autour de cette femelle. Savez-vous qu’elle a été sa prisonnière, son esclave sexuelle ? Elle lui a échappé. Mais revenons à notre sujet important. Je connais de réputation Monsieur Stark. Il a repris les rênes de l’entreprise familiale et a redonné les lettres de noblesse à son nom que son père avait souillé dans des affaires peu glorieuses. Monsieur Laymann, si je ratifie à mon tour votre programme, je ne le ferai pas dans l’aveuglement de vos mots que vous savez si bien pratiquer. J’aurai besoin d’une simulation sur quatre ans couvrant les emplois, l’organisation de ce nouveau phénomène par rapport à la cité, l’aménagement du territoire, la politique qui y sera exercée, les logements, et les transports, la qualité des services que vous proposerez. »

Ce n’était pas le PDG qui s’exprimait. Le ministre avait une plus grande importance dans ce dialogue. Il avait entre ses mains tout ce qui touchait à l’urbanisation. Un secteur très large aux limites non définies. « Je ne nuis à personne sauf à ceux qui nuisent à Asaria et à notre Grande Conseillère, Monsieur Laymann. C’est le rôle qu’on m’a confié en me nommant ministre...»

Nul besoin d’ajouter d’explications supplémentaires à sa tirade. Laymann était très intelligent. L’homme facétieux, provocateur cachait l’homme rusé et manipulateur.  Les portes s’ouvrirent et Hudson entra le premier en s’exclamant d’une voix claire: « Qui es-tu Mirage ?! »

L’Ancien prit place dans l’un des fauteuils et ses yeux contemplaient ce plafond incroyable et d’une beauté gracieuse, telle une femme aux mystères indomptables. Il déboutonna les deux boutons de sa veste et se cala contre son dossier, face à la scène. Laymann rebondissait toujours sur une parole, une idée. Hudson l’avait très bien compris. « Je veille sur Miss Warner depuis la mort tragique de son père, ministre lui aussi.  Vous semblez, comme une abeille, attirer par le miel. Faites attention où vous mettez les pieds, Monsieur Laymann. Je n’abuse pas de mon lien avec elle pour en savoir davantage sur sa vie privée. Vous êtes talentueux Monsieur Laymann dans les mots. Savoir prêcher le faux pour en savoir le vrai. Seriez-vous l’homme de cœur de ma chère Jessica ? »

Un sourire galant aux lèvres, il détourna son attention de Laymann qui actionnait différentes commandes pour activer l’écran 3D. Le traiteur les avait suivis jusque dans l’auditorium pour leur servir le dessert. Toujours avec autant de grandiose et d’ingéniosité, le plat final se dégusterait sur une déclinaison de saveurs et de couleurs. Alexander se pencha vers le chariot pour admirer tout l’art de Lalongueur, mais ce ne fut pas au maitre de la gastronomie à qui il s’adressa. « Mirage est d’une beauté incomparable. Des courbes élégantes et séduisantes, des couleurs harmonieuses comme celle d’une femme. Serait-ce un hommage à une amante ? Un amour perdu ? »
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Dim 19 Fév - 16:31



Tout en mettant une dernière touche aux préparatifs de la projection, j'écoutais Hudson me narrer la chute de Gaïus Hasard après sa rencontre avec Mara. Bien entendu je connaissais l'histoire par cœur et bien mieux que lui. Pourtant, l'entendre de la bouche d'un autre, un autre malveillant, me dévasta à un point que je n'aurai pu anticiper. Je me concentrai sur la table de mixage de la régie, y prenant appui sur un de mes bras. C'était comme si le Ministre de l'urbanisme venait de me donner un coup de poing en plein estomac. J'avais du mal à respirer et mes oreilles s'étaient mises à bourdonner. Je devais me ressaisir, mais les souvenirs affluaient en masse. Cette fameuse soirée où j'avais voulu voir par mes yeux, où j'avais infiltré le système de la Milice et ses archives pour chercher son dossier... Le dossier Mara. Oh bien sûr il n'existait pas, de même que celui de Gaïus Hasard. Les mesures de sécurité étaient appliquées stricto sensu. Était-ce cela qui qui pourrait m'arrêter ? Non, bien sûr. Les Administrations sont telles qu'il leur est impossible de ne pas garder trace de chaque événement dans lequel elles sont impliquées. J'avais donc infiltré leurs archives avec un logiciel de recherche dont j'étais l'inventeur et qui triait les dossiers par années de création. J'avais une date: celle de la "mort" de l'architecte et c'était un début. Le nombre de dossiers extraits par mon logiciel m'avait arraché une exclamation. Il me faudrait plus d'une vie pour tous les lire.

Qu'à cela ne tienne, j'avais reprogrammé mon logiciel pour qu'il fasse un tri puis encore un autre, en introduisant chaque fois une donnée nouvelle, une aperture. Un mot, une expression, comme "arrestation", "mort d'un traitre", "terroriste", "pacificateurs", "mission réussie". Peu à peu les dossiers disparaissaient et à la fin il n'en restait que deux. Le premier était celui des états de services d'un milicien récompensé pour une mission délicate. Il avait mené l'arrestation de Gaïus Hasard qui, contre toute attente, n'avait opposé que peu de résistance. Un asarien aussi puissant que lui, avec le prestige qui l'avait auréolé, un homme dont l'image m'était revenu en mémoire pour l'avoir croisé dans mon jeune âge lors de réceptions, en compagnie de ses parents, issu d'une famille de bâtisseurs, de pionniers. Comment avait-il pu se rendre à un seul homme qui avait, selon le rapport, réussi à le filer dans une traque effrénée ? Certes cet homme était très bien noté par ses supérieures, un Milicien aux états de service irréprochables. Mais je ne pouvais croire qu'une légende comme Gaïus Hasard ait pu rendre les armes devant un seul homme et se résigner à mourir dans l'ombre d'un cachot, oublié du monde... Je ne pouvais y croire, sachant qu'il aimait Mara et qu'elle ... devait l'aimer en retour, ou tout au moins, avoir cette reconnaissance légitime envers lui. Lui qui avait osé ce que je n'avais pas pu faire. Lui qui l'avait sauvé des griffes de son bourreau. Quand j'avais connu Mara, Wright l'avait déjà marquée à jamais dans son être et dans sa chair. J'avais croisé son chemin trop tard mais j'aurais pu, j'aurais dû anéantir ce monstre. Comment avais-je pu le laisser vivre sachant ce qu'il avait fait à Mara ? Cette culpabilité, ce regret me rongeaient. J'aurais probablement échoué car à l'époque, mes pouvoirs n'étaient pas aussi développés et affronter un Ancien tel que lui s'apparente à un suicide pour la majorité des être vivants sous les Dômes. Il est probable que seule ma mère soit en position de l'anéantir. Mais j'aurais dû essayer. Au lieu de cela, j'avais préféré profiter du bonheur d'être avec elle, lui montrer que nous n'étions pas tous des monstres, rêver d'un avenir possible et juste pour tous. J'étais fou, inconscient et égoïste. Lâche aussi. Le contraire de ce type qui avait tout sacrifié pour la sauver cette fois-ci d'une seconde souillure de son bourreau contre lequel je n'avais rien tenté. Gaïus Hasard avait payé le prix fort pour un acte de courage que je n'avais pas su avoir des années avant lui. Il avait d'une certaine façon vengé l'honneur bafoué de celle que j'aimais, que nous aimions. Combien il devait l'aimer, oui, pour renoncer à sa propre vie. Un courage que je n'avais pas eu. Une dette qui me rongeait. Voilà pourquoi j'avais voulu savoir comment. Comprendre ce qui s'était passé et apprendre comment cet homme avait fini sa vie en héros.

Mais ce que j'avais découvert soulevait bien des questions. Trop d'incohérences. Le second dossier parlait de la mort du prisonnier Gaïus Hasard suite à une maladie. Une façon souvent édulcorée de dire que les malheureux détenus meurent de manque de soin ou de mauvais traitements. Mais là aussi, cela ne collait pas. Ma mère aurait dû ériger sa mort en exemple à ne pas suivre, exhiber des photos de son cadavre. Or cela ne donna lieu qu'à quelques lignes dans le Times et à un laconique communiqué résumant la vie peu exemplaire de ce traitre. Je me souvenais encore avoir entendu ce communiqué dans le bar où je travaillais alors sous une fausse identité, récupérant de mes blessures mortelles, encore partiellement défiguré. "Gaïus Hasard, l'ancien architecte condamné pour haute trahison envers Asaria, a succombé dans la nuit à la maladie qu'il avait contracté depuis son arrestation. Une mort qui met un point final à un bien triste parcours: promis à une brillante carrière, héritier d'une famille au destin tragique, il a entrainé la fin de celle-ci en prenant fait et cause contre les terroristes, n'hésitant pas à se dresser contre ses semblables pour les aider à échapper à la justice. En effet, il avait contribué à l'évasion d'une esclave appartenant à Monsieur le Ministre Kylian Wright, lequel a estimé que cette mort "paisible" témoignait de toute la mansuétude d'Asaria en regard des services rendus à la Cité par le père du traitre qui aurait dû être exécuté selon son avis."

Ainsi s'était clôturée l'affaire Gaïus Hasard. La fin d'un traître qu'étrangement, le Gouvernement et ma chère mère ne mettaient pas à profit pour étaler leur toute puissance et leur exemplaire sévérité. Bizarre, très bizarre. Cela ressemblait peu à la panthère de glace. L'histoire de Mara et de Wright avait été largement relayée par les médias, provoquant  en moi à chaque flash, à chaque bulletin d'information une crise de rage dévastatrice. Un pas de plus à chaque fois, vers la folie. Mais de Gaïus Hasard, une fois arrêté et mort, on ne parla plus jamais. Cela m'avait poussé, bien entendu à creuser la question en fouillant dans le dossier du Milicien héroïque qui avait arrêté le traître. Le retrouver n'avait pas été le plus difficile. Le faire parler non plus, même s'il savait ce qu'il risquait en trahissant le sceau du secret qu'on lui avait grassement payé. En tout homme sommeille un monstre qui ne demande qu'à se révéler en certaines circonstances. Ce jour là, j'avais franchi un pas de plus dans la folie, et pas des moindres. Tout en étant conscient que je sombrais, que je me perdais un peu plus, bien loin des idées que j'avais défendues à ses côtés, j'avais torturé  ce Milicien, certes, mais être vivant doté de sentiments et d’émotions, tout de même. Oh bien entendu, je ne l'avais pas soumis à des sévices classiques chez les bourreaux. Mes pouvoirs étaient d'une nature bien plus insidieuse. Mais tout aussi pernicieuse, voire plus. Le pire pour un être humain est d'être soumis à toutes les représentations monstrueuses qui peuvent naître de l'esprit. Mon polymorphisme avait fait céder l'un après l'autre tous les barrages mentaux de ce pauvre soldat. Si cela n'avait pas été le cas, j'aurais usé de mon pouvoir de désintégration moléculaire sur un de ses membres. Le mal ne réside jamais dans le pouvoir lui-même, mais dans l'usage qu'on lui choisit. Ce jour-là j'avais aussi découvert, dans un ricanement sinistre, que je n'étais pas si différent de ma mère. Le Monstre était né.

Bien entendu j'avais appris le sort véritable de Gaïus Hasard. Mais ma mère ne pouvait s'en prendre qu'à elle. Elle aurait dû faire exécuter ce Milicien, au lieu de le laisser poursuivre sa carrière. Ce brave soldat avait fini par apprendre par des bruits de couloirs, la Milice c'est comme une grande famille, que sa capture n'était pas morte comme annoncé mais avait bel et bien faussé compagnie à ses geôliers. Information qu'il me délivra sous l'effet de quelques visions horrifiques supplémentaires. Et bien plus tard, j'avais appris que l’esclave en fuite avait donné la vie à une enfant Hybride. Information que Mara n'avait pas niée lorsqu'elle avait fait irruption dans mes Studios pour me demander des comptes sur mon silence et ma véritable identité. Le dessein que j'avais alors m'avait imposé le silence et contraint à la tenir éloignée de moi. Mais bien davantage, ce qui m'avait retenu était de savoir par d'autres biais que Mara vivait le parfait amour avec un autre type, un certain photographe. Pour cela, il ne m'avait pas fallu aller chercher bien loin? Le centre de recherche, Amaria Saria, Aaron Williams. Recouper leurs conversations alors que j'avais placé leurs deux portables sur écoute, m'avaient appris plus que je ne désirais au sujet de la vie privée de mon premier amour. Un amour dont je devais faire le deuil et dont la sépulture serait Asaria telle que nous la connaissions. Peu d'élus seraient épargnés à mes yeux. Mara et sa nouvelle famille en faisaient partie. Mais pour cela il fallait qu'elle renonce à moi et que je renonce à elle. Je n'étais qu'un instrument du Destin et un instrument n'a pas de désir propre, ou doit les oublier. Me rendre détestable à ses yeux avait été une souffrance terrible, mais bien moins que de la condamner. La voix distinguée du Ministre me fit revenir à la réalité. Ma silhouette se redressa comme pour effacer les signes de l'affectation passagère que ses mots avaient produit sur moi. Je m'étais raidi dans ma posture, tournant le dos à l'Ancien, au Britannique raffiné. L'éclat de mes yeux avait viré à l'orage, mais il n'en avait rien pu voir. Un masque troubla mon visage et se fixa. Je me tournai vers mon invité, un visage avenant, empreint de passion et de la facétie d'un enfant qui va épater ses parents.

- Allons bon ! m'exclamai-je enthousiaste. Savez-vous que cette histoire m'a inspiré une chanson ? J'adore notre Cité pour cela. Elle regorge d'histoires édifiantes, presque des légendes, maudites ou non. Je suppose que toutes les grandes civilisations sont fondées sur des mythes de cette nature ou des mésaventures de héros faibles dont il faut tirer une morale ? Mais nous sommes là, n'est-ce pas, pour parler d'autres fondations et je gage que celles-ci vont davantage vous faire rêver !  Et, de surcroit, répondre à beaucoup de vos questions au sujet de Mirage. Quant aux autres détails, au suivi du projet, je serais vraiment honoré de répondre à vos attentes. Laissez-moi vous conter l'édification de la légende du futur d'Asaria ... Mirage !

Je me tournai vers Lalongeur et frappai entre mes mains.

- Allez mon bon ami ! Dispensez votre art avant que j'éteigne les lumières ! Que notre hôte savoure Mirage de ses papilles en même temps que de ses yeux.
Puis m'adressant à nouveau à Alexander, je poursuvis dans l'obscurité .

- Une seule femme ?  Vous devez me connaître bien mieux que cela Monsieur le Ministre. Mirage est inspiré de toutes les femmes qui ont illuminé ma vie. C'est un hommage à leur beauté ... un hommage au plaisir ... à la vie, tout simplement ! Et qui mieux que les femmes savent nous rappeler combien la vie est sacrée ?

Le traiteur s'activa puis nous tendit les assiettes tandis que je servais un champagne frais à notre invité pour accompagner sa dégustation. Dans un silence religieux l'obscurité se fit et le beau volume, le plafond, les murs de la salle disparurent pour laisser place à une projection 3D  du rêve le plus fou de Gabriel Laymann.

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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Mar 21 Fév - 18:58







Assis dans ce sublime fauteuil au milieu de cet Auditorium spectaculaire, Alexander évaluait chaque mot, chaque geste de son interlocuteur qui pourraient lui en apprendre plus. Laymann était un homme redoutable pour son jeune âge et derrière la facétie d’un prodige qui veut atteindre son rêve, il y avait autre chose, une apparence qui se découvrait par petits signes. Le ministre et PDG tâtait différentes voies et les réponses de l’Asarien créateur et ingénieux le guidait sur un chemin qui prenait forme lentement. Il avait essayé de le faire parler sur sa relation avec Jessica Warner et Laymann avait trouvé le moyen de mettre fin en une seule phrase à ce qui pouvait le lier avec la femme qu’il protégeait jalousement. La conversation dévia sur les différents maîtres en architectures qui avaient déployé leur talent pour donner à la cité d’Asaria ses dômes. Le domaine de l’Anglais s’apparentait à une science et une technique visant l'aménagement des agglomérations humaines et non de les construire. Tout ceci lui avait rappelé l’histoire malheureuse de la famille Hasard et de son dernier membre Gaius qui s’était illustré comme traitre à la cité en avouant son alliance avec les Pacificateurs.

Laissant sa main faire tourner doucement le vin dans son verre, Alexander prit conscience du long silence de son hôte qui n’avait eu de cesse d’être éloquent depuis le début de cette invitation. Etait-ce l’histoire qu’il venait de raconter qui avait provoqué la torpeur de Gabriel Laymann ? Il lui tournait le dos. Il aurait pu se lever et se planter devant lui, mais l’aspect de sa silhouette, l’affaissement de ses épaules et son silence, tous ces aspects étaient encore plus significatifs que tout autre aveu pour le Longue-Vie. Laymann aurait-il été un ami de Gaius Hasard ? Ils n’étaient pas loin d’avoir le même âge et les deux hommes auraient pu se croiser dans des soirées. Cela se tenait. Laymann vengerait-il l’honneur bafoué d’un vieil ami ? Pire encore Laymann serait-il un allié des Pacificateurs si on en croyait les rapports de l’arrestation de Gaius Hasard qui avait été enrôlé par la leader même, cette sale petite humaine qui portait le nom de Mara Jade ? Connaissait-il cette femme ? Il porta son verre à sa bouche et le termina. Songeur, la voix du Maître de Mirage le tira de médiation. « Quel est le titre de cette chanson et que raconte-t-elle ?  La vie d’un ami piétinée et qui a été honni par ses pairs ? La perte d’une femme de cœur ? »

Un léger sourire fendit ses lèvres. Il tendit la main vers l’assiette offerte par le traiteur qui avait découpé subtilement sa création pour qu’Alexander puisse déguster toutes les saveurs possibles qu’il avait imaginées : le lit de chocolat et sa ganache pure cacao, le ganache de violettes et sa nougatine d’’amandes, la saveur intense de la menthe blanche sur des choux feuilletés accompagnés de sauce curaçao. Il planta sa fourchette et regarda attentivement la vidéo projection en 3D qui exposait et retraçait tout l’œuvre de Mirage et qui allait apporter à Alexander des réponses aux questions qu’il avait posé à Laymann.

Le vidéo terminée, Alexander resta mystifié parce qu’il venait de recevoir comme informations et images en quelques minutes. « C’est une architecture unique ! Un projet colossal ! Un Eden. Vous savez séduire et conquérir les personnes les plus réfractaires. Doter Asaria d’un tel paradis exceptionnel demande des efforts prodigieux. Je comprends votre acharnement à le mener jusqu’au bout. »

L’Anglais décroisa ses jambes et se leva de son fauteuil. Il déposa son verre vide et son assiette à desserts sur le charriot de Traiteur et se tourna vers le jeune Asarien ambitieux. « C’est un rêve fou que vous mettait en place. La grandeur de cette invention est démentielle. Elle peut apporter beaucoup à Asaria. Elle peut vous exploser en plein visage Monsieur Laymann. Vous vous rendez bien compte que vous allez devoir faire face aux grognements de vos concurrents. Je sais ce que vous allez me répondre. Vous n’en avez pas parce que Mirage est unique. Je vous parle ici des restaurants, des établissements de luxe, des hôtels grandioses que l’on trouve sous les autres dômes. Cela va faire chuter inexorablement leur chiffre d’affaires.  Des comités anti-mirage vont voir le jour pour freiner votre construction. A chaque dépôt de plainte, l’avancée de Mirage sera ralentie ou arrêtée et vous allez devoir attendre que le dossier soit traité pour reprendre les travaux. Ce n’est pas parce que je signerai cet accord, que vous aurez le soutien du ministre Hunter et du ministre Bowman que vous pourrez détourner les lois et leurs applications. Vous en êtes conscient, j’espère ? »

Alexander vérifia ses boutons de manchette et s’avança droit sur Laymann :  « Je vous donne mon accord sur le principe que Mirage aidera Asaria à s’épanouir et que ce nouveau dôme pourrait promettre des rêves à nos concitoyens. Ma signature n’est  pas un passe-droit Monsieur Laymann. Si vous perdez un procès contre un concurrent, vous serez tenu seul responsable. M’avez-vous bien compris ? »
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Mer 1 Mar - 20:40

La projection s'acheva, mettant fin au silence de mon invité. Les lumières tamisées au début laissèrent place à un éclairage plus vif. Mais en était-ce bien un ? Tandis que je m'appliquais à répondre à Alexander, notre environnement changeait à nouveau sous l'influence d'une de mes inventions directement inspirée par mon premier don : le déplacement moléculaire. Je faisais face à cet Ancien qui s'était levé et semblait séduit par mon projet visionnaire. Comment ne pas l'être ? Moi-même je ressortais la tête pleine de rêves de chacune de ces projections. Il était le premier à y avoir assisté. Même Damien Stark, mon maître d’œuvre, n'avait pas encore eu l'occasion de voir ce court métrage que j'avais commandé à la plus prestigieuse société d'arts graphiques d'Asaria. Une jeune entreprise parrainée par la Ministre de la Culture elle-même. La réaction de cet ancien face à cet exposé vivant de mon projet était très prometteuse quant à celles des autres partenaires que j'avais encore à convaincre. Ils ne le verraient pas tout de suite, cependant. avec Emily Bowmann j'avais usé d'autres supports et atouts pour la convaincre, plus qu'une associée, elle serait la marraine du projet. Voir la vidéo serait en quelque sorte un hommage, un remerciement à sa confiance et à son soutien. De même pour Damien Stark, qui ignorait encore que nous avions été amis dans notre jeunesse, cette vision animée serait une occasion de lui montrer à quelle œuvre époustouflante son engagement allait aboutir et peut-être de lui faire changer sa vision du monde. Nul doute qu'ils en seraient tous deux éblouis et touchés. Quant à Kylian Wright, il me fallait avancer mes pièces avec une infinie prudence et rien n'était gagné. J'avais besoin de sa technologie et je préférais l'obtenir par un accord commercial, mais s'il le fallait, je prendrais de force ce qu'il me refuserait. Le temps était loin où je n'étais pas de taille à rivaliser avec ce monstre. Ses dons, si puissant qu'ils fussent, ne le protégeraient pas de l'ire démentielle que j'allais déchaîner à la surface d'Asaria. Je n'avais pas d'inimitié personnelle envers Alexander Hudson, bien au contraire, je l'admirais sur bien des plans. Seule son appartenance à la caste des Anciens rendait aléatoire une perspective de grâce quand l'heure viendrait. Rien n'était encore fixé et écrit à son sujet. Un recours de dernière minute pouvait encore laisser un espoir. Mais Wright, lui, avait signé son arrêt de mort le jour où il avait posé la main sur Mara. Le fait même qu'il puisse simplement troubler l'existence paisible à laquelle elle méritait d'accéder, par le simple fait d'être en vie, le condamnait à mes yeux. Wright était un être dégénéré qui faisait honte à la vie elle-même. Le vaincre impliquait nécessairement d'user de pouvoirs tout aussi dévastateurs et monstrueux que lui et j'avais bien conscience que le combat qui nous opposerait me contraindrait à renoncer au peu d'humanité qui vivait en moi.

Alexander Hudson n'était redoutable que parce qu'il pouvait m'opposer un refus qui compromettrait Mirage et par sa perspicacité sur le plan relationnel. Il venait de m'accorder une autorisation sans pour autant un soutien sans réserve. C'était moins que j'aurais souhaité mais plus qu'il ne fallait pour poursuivre mes desseins. Avait-il décelé l'atteinte que l'évocation de la famille Hasard avait eu sur moi ? Certainement. Sa question en attestait. J'avais d'ailleurs provoqué cette question en faisant allusion à la chanson mais je ne lui dirais pas que cette chanson était plutôt dédiée aux membres du gouvernement et s'appliquait plutôt à ce qu'ils m'avaient infligé. Le plafond de la salle s'illumina tandis que je lui donnais la réponse à sa question. Une musique s'éleva dans les airs.



- Cette chanson s'appelle Serpents in Paradise. Elle narre l'égarement d'un fils qui demande pardon à son père parce qu'il s'est laissé corrompre par l'amour d'une sorcière.


Vérité partielle. Mais j'avais mieux à lui montrer. J'appuyai sur le bouton d'activation de la lance d'Auris.


- Maintenant, Monsieur Hudson, je vais vous montrer pourquoi Mirage ne sera pas une concurrence pour les lieux de plaisirs traditionnels de notre Cité.  Je vais signer des partenariats avec les hôtels et restaurants, les salles de concert, les cinémas, les théâtres. Ils pourront y exporter leur savoir faire, leurs prestations. Loin de leur faire concurrence, Mirage leur permettra d'ouvrir des succursales reprenant la personnalité de leur établissement asarien mais en mieux. Pourquoi en mieux ? Parce que, ne l'oubliez pas, Mirage sera un lieu de vacances. Ici, les Asariens sortent le soir ou durant un jour de congé pour se détendre après une journée ou une semaine de travail. Mirage c'est tout autre chose. C'est une immersion dans une autre dimension. Vous allez avoir droit en avant première à un petit échantillon de la technologie sur laquelle reposera le concept de Mirage, c'est à dire l'immersion dans l'univers de votre choix.

Au moment où j'achevais ma phrase, les murs de l'auditorium devinrent opalescents, et des vibrations de basse fréquence firent trembler l'édifice. J'actionnai mon intercom et m'adressai à l'un de mes collaborateurs.

- Markus ? Tu peux ajuster le canon sonique, s'il te plait ?


- Le programme d'émission de la lance est censé balayer toutes les fréquences actuellement.


- Non mon vieux, désolé tu es dans les basses uniquement ... Ouvre tous les canaux.


- Je n'arrive pas à ouvrir tous les canaux. Est ce qu'il y a un émetteur hautes fréquences qui est en cours d'émission actuellement dans le bâtiment ?

- Négatif ! Je passe juste une vieille chanson à mon invité...

- Laquelle ?

- Serpents in paradise ...


- Eh ben la voilà ! L'explication ! Gabriel  tu montes dans les hautes fréquences sur certains passages. Ça a verrouillé l'émission des hautes fréquences. Ça prouve que notre système de sécurité fonctionne. T'es pas malade d'alimenter le canon avec une de tes chansons ?


- Telle n'était pas mon intention ! mentis-je effrontément en riant, faussement désolé. Je n'avais pas pensé que ...

- Tout bruit émis dans la lance d'A.U.R.I.S. pendant que le canon d'émission est activé est transformé en énergie, tu le sais ! Dis-donc, c'est toi l'inventeur de ce concept, je n'ai pas oublié tu sais ! Tu peux arrêter de faire mumuse avec tes jouets et me laisser faire ma part du job ? Nous devons être sérieux pour être crédibles !


- Je suis un peu distrait parfois, tu le sais et c'est pour cette raison que je m'entoure des meilleurs collaborateurs, comme toi, afin de cadrer mon génie créatif.


- Tu ne me feras pas croire que c'était accidentel ! En plus excuse-moi mais d'une part, ton illustre invité va faire des cauchemars si j'active le canon sur les fréquences cette chanson, d'autre part, tu veux faire voler toutes les vitres des immeubles en éclats, pulvériser les tunnels du métro aérien ?


Je ricanai, légèrement embarrassé, et changeai de sujet.

- Tu me prêtes des intentions et des pouvoirs que je n'ai pas, Markus. Tu m'en tiens toujours rigueur pour la déculottée que je t'ai mis aux jeu d'échecs tridimensionnel, n'est-ce pas ?


- Pfff! Encore un jeu que tu as inventé ! Comment pourrais-je te battre ?


- Et encore, je n'ai pas activé la quatrième dimension du jeu ... Mais je dois te laisser, je ne veux pas faire attendre notre prestigieux invité !

Je me tournai vers Alexander et lui posai la question fatidique.

- Dans quel monde voulez-vous passer vos vacances, Alexander ? Passé, futur, monde onirique généré par votre esprit ou dimension parallèle ? Faites votre choix. Dans quel univers voulez-vous jouer avec moi ? A quel jeu ? Course de voiture, escrime, boxe, échecs , paint ball, guérilla urbaine, bataille historique. Préférez-vous des vacances reposantes, culturelles, aventureuses ? Découvrir un monde, en être l'explorateur ou de nouvelles planètes, voyager dans l'espace ou le temps ?  Et en parlant de temps quelle durée voulez vous prendre ? Dans quelle conversion ? Normale, accélérée, ralentie ?


Je souriais tandis que la musique venait de prendre fin, déverrouillant enfin tous les canaux de la lance sonique, ce qui provoqua l'arrêt des vibrations. Je souriais devant l'air plus que surpris de mon prestigieux invité.

- Remettez-vous, mon cher. Il ne s'agit que de loisirs. Mais vous commencez à comprendre à quel point ce n'est en rien une menace pour le monde du divertissement asarien déjà existant mais plutôt un ajout complémentaire dont les Asariens ne pourront bientôt plus se passer. Alors ? Prêt à tester l'effet Mirage ? Faites votre choix !
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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Jeu 9 Mar - 18:04





Mirage fasciné et intrigué Alexander. Il se méfiait de cet enthousiasme bien trop programmé par Gabriel Laymann. Il défendait parfaitement  son projet, mais la vigilance ne pouvait pas en être écartée. Mirage ne serait donc pas une concurrence pour les activités des autres sociétés et labels de la cité asarienne tels étaient les mots de l’Asarien. C’était là aussi un choix des mots bien pensés : le partenariat. D’un point de vue économique, les hôtels, les restaurants, les PDG de tout genre trouveraient des accords alléchants. Laymann savait séduire et faire avancer les gens dans sa direction. Et c’était là qu’il fallait éviter d’être aveugle. Le jeune génie maitrisait et contrôlait tout, un maitre d’orchestre qui ne laissait rien au hasard et qui ne désirait que rien ne vienne freiner sa créativité et son projet. Chaque projet avait un but précis pour son inventeur. Celui de l’Asarien n’était pas simplement une intention d’offrir un site dédié aux vacances, un paradis autre que les dômes de verre. Il aurait la main mise sur l’image de Mirage, tout ce qui s’y passerait à l’intérieur. Personne ni même le gouvernement ne pourrait aller contre cette machine incroyable qui se mettait en marche sous les yeux d’Alexander si les Anciens le laissaient faire.

Quel était le but de cet homme ? Pas celui de faire plaisir à ses congénères. Il n’était pas assez altruiste pour cela. Laymann pouvait  mettre toute sa technologie au service des autres pour leur apporter, comme il l’avait si bien avancé plusieurs fois dans la conversation, un peu de bonheur, de dépaysement. Cela aurait pu être l’idée majeure de cette entrevue. Cela ne l’était pas pour Alexander. Une fois tous les contrats signés, tous les accords acceptés, Asaria et son gouvernement n’auraient plus aucun moyen de pression sur cet individu. Le jardin d’Eden avait été détruit. Mirage pourrait suivre cette même voie et ses habitants avec ? Gabriel ne lui dévoilait qu’une infime partie du dessein et Hudson ne serait pas aussi facilement influence que ses autres collègues du gouvernement. Wight avait pu être charmé par ce déploiement de capacités hors normes qu’il aimait pour être lui aussi un Ancien friand de procédés exceptionnels. Il imaginait sans mal  Emily, ses jolies cuisses écartées, se faire culbuter sur son bureau et accepter l’offre de Laymann dans le dernier souffle de son orgasme. Alexander ne jouait  pas dans la même catégorie que ses pairs.

Mirage était le centre névralgique du canevas. Auris était une information à ne pas rater. Les paroles de la chanson n’avaient plus l’attention de l’Ancien qui s’approcha dans le dos du jeune Asarien qui discutait avec l’un de ses employés par un intercom. La sorcière n'avait pas échappé au ministre. Il y reviendrait certainement plus tard. Le domaine de la musique, des ondes et de leur portée étaient un terrain inconnu pour le ministre, mais il savait être attentif et son esprit emmagasiner les informations de cet échange très surprenant. Il ne comprenait pas tout de ce langage particulier dans lequel les deux hommes étaient à l’aise. Il avait néanmoins noté des mots qui demandaient immédiatement une explication.

A la fin de sa discussion avec cet homme nommé Markus, Gabriel Laymann se retourna vers Alexander qui lui lassa tout le loisir de s’exprimer jusqu’au bout. Le ministre allait devenir le cobaye de cette grande aventure, le premier à essayer l’un des voyages que proposait la terrible et prestigieuse puissance de Mirage. Il relèverait le défi. Sa main droite glissa dans la manche de son veston et il la garda de cette manière en s’avançant beaucoup plus devant son jeune interlocuteur. « Les mots sont la plus puissante des drogues si l’homme qui les prononce sait comment s’en servir. Vous êtes passé maitre dans cet art Monsieur Laymann. Vous jouez avec eux. Vous leur donnez l’apparence que vous désirez. Vous les manipulez comme des tours de magie pour séduire votre assemblée. Vous laissez filtrer des informations selon votre rythme, votre envie. Vous n’aimez pas perdre le contrôle et les mots sont ceux qui vous donnent cette puissance. »

Alexander contourna Gabriel et sa console de jeu. « Mirage est aussi extravagant que son créateur. Vous détournez ma pensée de votre Auris. De ce canon qui capte l’émission de fréquences, basses et hautes. Votre employé a bien précisé que si le canon est activé, ces fréquences qu’il enregistre pourraient faire exploser les vitres des immeubles, les tunnels du métro aérien ! A plus grande échelle, vous seriez capable de faire exploser les dômes de verre au-dessus de nos têtes ! Ceci n’est pas une question Monsieur Laymann. Une supposition de mon esprit. »

Il s’avança vers l’Asarien pour qu’il puisse se décoller de sa console et les yeux dans les yeux, Alexander poursuivit. « Ces mêmes fréquences, encore, ont le pouvoir d’accéder au cerveau de l’homme et de lui faire vivre ce que vous avez programmé, comme un cauchemar ? Vous possédez l’arme nécessaire à détruire Asaria ? Etes-vous conscient que vous êtes passible Monsieur Laymann d’arrestation immédiate, d’être un danger, vous, vos hommes et vos créations pour la cité et ses citoyens ?  Puisque je ne suis pas expert dans ce domaine de la science. Faites-moi le plaisir de me faire changer d’avis sur le danger de ce canon. Fascinez-moi sur la manière que ce même canon, votre Auris, sera une avancée gigantesque pour la cité et non sa perte ? Ce n’est pas le moment de perdre votre éloquence mon jeune ami. Poursuivez. Amusez-moi si cela vous fait plaisir, mais faites très attention aux explications que vous allez me fournir. »

Le sourire d’Alexander était d’un froid dangereux. Il sortit enfin sa main de la manche de la veste de son costume et il lui tendit une carte en somme toute ordinaire qui ressemblait à une simple carte d’un jeu populaire.  Une manifestation d’un de ses pouvoirs. Alexander la lui présenta. Gabriel n’aurait plus qu’à la retourner pour y lire les indications du ministre. « Je ne suis pas un homme à me défiler devant l’inconnu. J’ai déjà choisi ma destination et ce que nous allons y faire, selon une durée normale pour le temps. La voici. Avant d’être embarqué dans ce voyage, j’attends votre plaidoyer.  »




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MessageSujet: Re: (terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Business is business feat Alexander Hudson   Sam 18 Mar - 23:18



Alexander Hudson était un homme redoutable à bien des égards et je n'en n'avais jamais douté, même alors que je n'étais qu'un effronté adolescent débraillé et un rien dandy déambulant dans les couloirs du pouvoir. Il avait toujours eu cette espèce d'aura raffinée, de classe et de sobriété qui faisaient tellement défaut à la cour de ma Mère. Bien entendu, j'aimais l'ostentation, le glitter, le bling bling, comme tous les pré-ados et les post ados. J'avais un intellect décalé et des embryons de pouvoir abominablement prometteurs à l'époque, mais je demeurais un gamin, comme tous les gamins, ayant besoin de se frotter aux normes, aux balises, aux interdits, pour mieux les intégrer, les dénoncer ou m'en écarter. C'était selon. Hudson avait toujours figuré en grande part dans la catégorie des choses à intégrer. J'avais une passion pour la culture et l'Histoire du peuple britannique alors que ma mère avait balancé entre l'Egypte, Israël, pour finir mariée à un vieil amerloque mourant et finalement se faire prendre par un teuton  droit dans ses bottes. Je n'étais pas obtus en matière de culture, par le fait. Et je ne voyais dans chaque battement de cœur qu'un être vivant sur notre planète. Ce pendant la culture anglo saxonne était l'une des plus fascinante. La charnière entre deux empires colossaux: Celle entre les  Ave Cesar et les God save the King. Cette succession impériale ... Et finalement si peu de changement dans les prémices de ce premier Moyen-Age . Hallucinante période durant laquelle la culture méditerranéenne entra en collision avec l'esprit celtique, le front germanique. Cette tripotée de despotes, de tyrans qui n'avaient changé que de culte, que de Dieu que de langue ...

Des peuples toujours asservis, dressés les uns contre les autres, dans la haine, l'ignorance, l'inculture.
Hudson était magnifique. Hudson était tout ce qu'un fils voudrait comme père. Un monstre de certitudes, de réassurance, de loyauté, de droiture. Un monstre tout de même. Au service des Anciens, d'un pouvoir sclérosé et obsolète, d'une vision du monde erronée et dépassée ne serait ce qu'en cette simple restriction : vision du monde. Quand nos pouvoirs nous offraient une infinité de mondes  ... Ils avaient voulu de dignes enfants d'Asaria, des fils d'Anciens et d'Asariens , des sang-purs ... Ils les avaient ! Je n'étais sans doute que le premier, issu de cette mutation en perpétuelle évolution, peut-être le plus incontrôlé dans ses pouvoirs. Ceux qui naitraient après moi seraient certainement plus préparés et aboutis, moins bruts, plus éloignés du sang du Prophète. Mon Père ... Cher Père inconnu. Ma douleur et ma malédiction... Auriez-vous pu imaginer donner la vie à un être aussi misérable, tourmenté, déchiré et malheureux que ce fils indigne ?

Pourtant je vais faire quelque chose qui va vous rendre fier. Quelque chose que vous vouliez certainement à l'échelle du Monde en son entier. Vous avez échoué, Père. Je vais réussir à l'échelle de ce continent. Une calotte glacière revenue à la vie par la folie puis la frénésie de vos créatures. Les Hommes dans tout cela, Père ? Ohhh ils auraient bien aimé que vous soyez tous crevés, vous les Anciens et que vous les laissiez se démerder avec le Monde dans l'état où eux et vous, ensemble, l'aviez mis. Mais bien sûr, vous avez survécu et vous avez pris, encore une fois, les choses en main. Mère a prit le relais de votre folie. Je suis né de ces deux êtres égocentriques, mégalomaniaques. Et on voudrait que je sois  sain d'esprit ? Comment ça, je blasphème ? Il y a toujours un espoir. La vie trouve toujours un chemin. Parfois si on peut lui ouvrir la voie, c'est pas mal aussi, non ? Vous savez ce qu'on dit, Père ? Les plus belles moissons poussent sur les pentes d'un ancien volcan ! Vous verrez que mes moissons seront magnifiques !

Émergeant de mon monologue intérieur, je fis enfin face à mon invité qui avait capté, comme je le souhaitais, l'échange entre Markus et moi.

- Vous avez raison, mon cher. Vous voyez bien que physiquement je ne suis guère taillé pour argumenter. Comme beaucoup des personnes dans ce cas, j'ai développé l'art rhétorique. Est-ce qu'on ferait grief à un colosse muet de développer ses muscles ? Rares sont les personnes qui, comme vous, cumulent les deux dons. Les mots sont mes seules armes. Et j'en use dans le but de m'entourer des meilleurs collaborateurs ou associés dans toutes mes entreprises. Est-ce un crime devant la Loi Asarienne d'être un gringalet à la langue bien pendue ?


Mais Alexander ne comptait pas s'en tenir à de vagues explications. Et si cela ne me dérangeait pas, si cela même, était inespéré, pour un être qui cherchait en vain à se confronter à quelqu'un d'assez redoutable pour le mettre en péril, je savais jouer gros, très gros, même sur la réponse suivante. Hudson me faisait face. Seule la console de commande nous séparait. Je lui souris et soutins son regard.

- Sans nul doute, les ondes soniques sont expérimentées depuis la seconde guerre mondiale de l'ancien monde. Utilisées à des fins malveillantes, elles peuvent détruire bien des matières , les fragmenter, les restructurer. Leur application est en fait assez proche de la science moléculaire. Chaque objet émet des ondes sur une fréquence. Les êtres vivants aussi, mais différemment. On peut faire ce qu'on veut d'un outil. Générer la vie, la beauté, l'espoir ou la mort, l'horreur et les ténèbres. On a sauvé des vies grâce aux avancées scientifiques sur l'atome et aussi provoqué des millions de morts. Et je pourrais ainsi vous parler de la découverte du feu ou de la massue par nos très lointains ancêtres.


J'actionnai l'intercomm et pris la parole.

- Davina, Véronique, Markus, Robert, Aichim, Kurt, veuillez me rejoindre dans l'auditorium pour que je vous présente à mon Invité.


Je me plongeai à nouveau mon regard dans celui d'Hudson, d'un bleu glaciaire. Il posa la première question inattendue de la journée.

- Les ondes soniques, entrer dans l'esprit des gens ? Hummm je suppose que vous avez raison. Quand je chante, je touche leur esprit et par conséquent j'ai un contact par la trace que ma musique laisse dans leur esprit. On peut résumer cela ainsi. Certaines musiques vous rendent joyeux, d'autres mélancoliques, d'autres vous font pleurer. Alors, oui, je suppose que ma musique est assez bonne pour entrer dans l'esprit des gens et le toucher. Des procès ont déjà impliqué certains artistes accusés de manipuler des personnes à l'esprit fragile ou particulièrement sensible et ce, tout au long de l'Histoire de l'Humanité. Mais leur pouvoir n'a jamais été scientifiquement avéré.


Je m'assis sur un des confortable fauteuil de l'auditorium et frappai dans les mains. Immédiatement, Monsieur Lalongueur réapparut en poussant un mini bar contenant des fioles de cognac, de digestifs et autres liqueurs précieuses, ainsi d'un assortiment de cigares à faire pleurer Fidel Castro et Winston Churchill. Je fis signe à mon invité et agrémentai le geste de paroles.

- Un hôte prévenant choisira les hors d’œuvres, un hôte avisé commandera le menu, mais un hôte civilisé laissera le choix du digestif et du cigare à son invité ! Faites votre choix, mon ami ? Puis-je vous appeler ainsi ? Non eu égard à notre longue connaissance et fréquentation, mais considérant que nous allons être adversaires dans une aventure totalement inédite !


Je me versai moi-même un armagnac cordon rouge et pris un fine mecarillos havane, un de mes préférés, un de ceux que je réservais aux grandes occasions. Je le coupai avec méticulosité et le chauffai avec la flamme de mon allumette avant d'en embraser l’extrémité. Une volute de fumée bleutée, violacée s'éleva bientôt dans les airs.

- Savez-vous que la cendre de cigare ne contient que 5 %  de détritus ? Tout le reste est du vent ... Bien moins que la cendre d'une cigarette ou que celle d'un corps carbonisé. Un plaisir bien léger finalement et qui a pourtant si mauvaise réputation à cause de son odeur. Pour en revenir à notre conversation, effectivement, je détiens un outil capable de causer de gros dégâts à Asaria. Si vous voulez arrêter et placer sous le coup d'accusation de haute trahison tous les Hommes dans ce cas  sous les Dômes, vous allez devoir demander un mandat pour le Général Van Brënner, Monsieur Wright, Monsieur Huyana, Monsieur Stark, et j'en oublie certainement qui ne produisent aucun outil mais sont des armes eux-même ...  Ca va faire du monde dans les cachots ... Ne croyez-vous pas ? Je me demande d'ailleurs si vous ne devriez pas vous inclure...

Je souriais derrière mon nuage de fumée et savourait cet instant où je me sentais en péril mais faisant osciller les accusations de mon adversaire sur le fil entre le plausible et l'absurde.

- Mettons en cage tous les Asariens dans le doute ! Tous ont en eux le potentiel don de faire exploser Asaria. Lequel d'entre eux vous aurait convié, vous et d'autres Ministres pour vous l'exposer ? Certainement pas celui qui voudrait nuire à Asaria. La vérité, c'est que j'aime cette Cité et ces gens comme ... comme un artiste inspiré aimerait sa patrie et son peuple. J'ai des pouvoirs, une intelligence, et je veux les mettre au service des miens. Si je dois passer un examen ou un interrogatoire, pour en avoir le droit, alors je m'y plierais, même si je doute que vous ayez infligé une telle vexation à Kylian Wright, à Brennan, Huyana, et autres créateurs visionnaires. Sans doute un artiste vous parait-il moins fiable ? Faites, mon cher. Tout ce que vous trouverez, c'est la bienveillance et la volonté de partager mon art... et un peu de rêve ...


Je reposai mon grand verre de dégustation sur le charriot, pris la carte des mains d'Alexander, souris de plaisir et actionnai quelques codes sur la console de commande.

- C'est la version bêta de celle qui sera mise en œuvre sur Mirage. Elle a juste 87000 options dans son répertoire d'univers. Soit 750 000 fois moins que la version livrée qui sera en plus évolutive. Mais vous aurez à peine le temps d'explorer un infime cheveu de la trame. Voici les avatars que nous revêtirons dans notre duel.
 



Un portail nimbé d'une lumière laiteuse se matérialisa sur la scène et j'invitai d'un geste mon invité à le franchir.

- Prêt ? L'arrestation pourra attendre la fin du Grand Prix de Monaco, non ?

Alors que je faisais le premier pas dans le halo, mon apparence changea aussitôt et je fis signe à mon équipe qui venait de faire irruption dans l'auditorium.

- Préparez une bassine et des serviettes fraiches pour Monsieur le Ministre. Il en aura besoin à son retour.

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