(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)

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Gabriel Laymann
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MessageSujet: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Jeu 2 Juin - 22:31

Ce RP est la suite du RP Le contrat du siècle pour moi et de Last days on Paradise before the Storm pour Sélène.




Juste le temps d'une envolée à travers les sables du temps et juste la force de briser le miroir de ma destinée. Un autre costume, un de plus. Une autre apparence, proche de celle de Scarecrow mais juste plus éthérée. J'avais à peine quitté Damien dans l'alcôve Saphir que j'apparaissais déjà dans l'Obsidienne aussi noire que mon âme, aussi frémissante que mon cœur en cage, aussi soyeuse que l'onde d'une magnifique chevelure de femme. Le Noir moiré ondoyant entre le gris anthracite et le vert Jade, la chaleur d'une obscurité brune et le fumé d'un verre chargé d'illusions. L'âme de la plus dangereuse des armes d'Asaria au service de l'âme la plus corrompue et perverse de cette funeste Cité méritait bien un écrin d'Obsidienne.


"Mère, regardez! Voyez comme je fais honneur à vos origines ! Je triche, je le sais. Ma chevelure ne devrait pas se parer des feux de l'astre solaire alors que je brûle au fond de moi d'un sang qui prend racine dans le Nil et a épousé le berceau de l'Humanité. Père ! Regardez votre enfant! Pour survivre, pour anéantir votre dessein, il a dû se travestir en fils de Râ. Il fait honneur à votre génie et à celui de la ville qui vous a vu naître en excellant dans le cyber piratage et les projets immobiliers interurbains futuristes. Vous pourrez être fier de lui ! Il va faire plus rapide que l'autoroute Carmel Tunnels de votre ville natale ! Regardez votre enfant!  Il est Obsidienne et sous le volcan éteint bouillonne le sang de ses Ancêtres. Je suis revenu d'entre les morts pour vous maudire ! "



Jouer. Encore jouer ... Je hais cette pratique autant que j'en suis dépendant. Faire illusion, brouiller les pistes sont deux activités devenues une seconde nature pour moi. Dix ans d'une représentation qui a pris tous les aspects et les reflets les plus troublants de cet art, tous les genres dont le Théâtre au sens noble peut se parer.  Drame, tragédie, pantomime, comédie, close set, vaudeville, kamichi bai, comédie burlesque, satire. Amis du jeu, du bon goût subtil et de la grande cavalerie des grosses saintes ficelles de la scène, nous voici. Je sors côté cour et me voilà côté jardin. Le jeu devient soudain plus tendu, plus vital et primordial. Comment me satisfaire et recueillir la jouissance d'une totale et absolue revanche sur celle qui m'a volé ma vie, mon âme, mon amour ? De vie, elle n'a certainement pas. Ou alors elle est bien minable et dérisoire. Comment peut-on être l'ombre ? Comment peut-on vivre sa vie dans la perspective d'en prendre d'autres, sur ordre, par commandement d'une volonté et d'une raison supérieure à la sienne, sans devenir un fantôme, une marionnette, une arme, un objet ? C'est ce qu'est Sélène Warren. Elle est SA marionnette. Elle deviendra la mienne. Ma volonté n'est même pas de la mettre à genoux. Je veux juste qu'elle passe d'un maître à l'autre. S'il faut pour cela déchainer les feux de l'Enfer ou les flots du Déluge, je suis déterminé à les provoquer.

Je ne l'ai même pas tracée, je ne l'ai même pas suivie tandis qu'elle s'avance dans la foule mobile de la salle de bal, tandis qu'elle vient à moi, sollicitée par un majordome que j'ai envoyé auprès d'elle pour la guider jusqu'à l’alcôve Obsidienne. Je n'ai eu qu'à fermer les yeux et à me souvenir, à rassembler et superposer les souvenirs que j'ai gardé de mon dernier jour de cette autre vie, et les images toutes fraiches de sa présence aux côtés de Damien ce soir. Je n'ai eu qu'à faire le vide pour la voir avancer, le port hautain d'une Princesse, la rage d'une hyène et la luxure d'une succube, au milieu de mes vrais et faux amis. Son sillage est d'or et de sang, comme l'une des tenues que le grand couturier des stars Yko Sparo m'a taillé sur mesure pour ma prochaine tournée. Je la hais, comme on peut haïr l'ombre de sa propre mort. Je la convoite comme le feu rampant qui couve depuis des temps immémoriaux sous les cendres de la Terre, en apparence apaisé, rêve de jaillir et d'anéantir ce qui l'a emprisonné dans les méandres de l'Oubli. Je hais cette silhouette qui s'avance vers l'arène que je nous réserve, mais encore plus le visage angélique qui se révèle lorsque le rideau s'écarte. Et pourtant, le regard qui se pose sur elle n'est pas celui d'un homme haineux, mais celui d'un suborneur qui joue encore un jeu, pour un temps. Juste un temps.

Nous voici face à face, sur la ligne d'arrivée, prêts à faire feu. Le regard de l'un plongeant dans celui de l'autre. Je souris pourtant, alors que je voudrais mordre. J'invite d'un geste de la main celle que je voudrais étrangler à s'asseoir près de moi pour partager une coupe de ce breuvage qui ne sert personne, ainsi l'ai-je voulu, mais révèle simplement ce que nous sommes et désirons profondément, désinhibe nos fantasmes et nos rêves et les projette à la vue de tous.

- Mademoiselle Warren ! Enfin j'ai le plaisir de vous côtoyer de plus près et sans interférence aucune. Comment ai-je pu ignorer jusqu'à votre nom de famille alors qu'il s'orne d'une si beau visage et de formes si désirables ? Mes fréquentations, passées et présentes ne m'ont jamais permis de côtoyer aucun membre de votre famille ! Comment est-ce possible ?


A peine a-t-elle pénétré dans l'alcôve qui s'est transformée entre temps en une vaste chambre, que des serveuses en tenue des mille et une nuits y font leur entrée,  les bras chargés de plateaux offrant un festin et un supplément du breuvage de mon invention.


J'observe Sélène, avec un sourire indéfinissable, étrangement perturbé par son regard face à toutes ces débauches de transformations que j'ai étalé à ses pieds. Je lui tends une coupe de Scarecrow servie par mes soins après y avoir trempé mes lèvres et en avoir bu une gorgée. Un gage de sureté à son égard. Ou le moyen, selon un vieux dicton, de lui livrer mes pensées les plus secrètes si elle y trempe ses lèvres après moi.

- Bienvenue, Beauté, dans le monde de l'Illusion selon Scarecrow ! Bienvenue dans mon univers !


Le seul que je connaisse depuis qu'elle m'a précipité dans le néant. Deux balles ont suffit à me coucher sur le flanc la première fois. Mais il en faudra bien plus cette fois-ci. Elle a ouvert les portes de mon Enfer. Elle en détient les clefs. Il lui suffira de répondre à mon appel lorsque le moment d'achever son travail sera venu. Mais qui a ouvert les portes du sien pour l'y précipiter ? Un homme ? Un amant ?  Une femme ? Une mère ? Je veux savoir. Je veux comprendre . Je veux connaître celle qui m'a tué, par une belle journée de printemps, il y a dix ans. Qui m'a volé ma jeunesse, ma vie, mon amour ? Qui me doit autant de bonheur, de plaisir, de joie, de vie perdue ? Je la hais tant qu'elle me fascine. La dette impossible à effacer qu'elle a envers moi nous lie depuis ce jour funeste et ne sera déliée que par la mort de l'un d'entre nous. En a-t-elle conscience alors qu'elle se tient debout  devant moi, scrutant le décor somptueux que j'ai dessiné pour elle ?

- Seriez-vous intimidée, Miss Warren , que vous vous teniez toujours debout devant moi au lieu de vous asseoir sur ce canapé confortable ?

Je suis moi-même toujours debout, sans doute un peu flou et paré d'ombres dans la lumière factice de l'illusion que j'entretiens. Je suis debout alors qu'elle m'a laissé il y a dix ans, allongé dans mon propre sang, agonisant. Je rayonne de cette lumière étrange qui fascine les foules depuis que j'ai appris à maîtriser mes dons. Je me tiens debout, monstre plein de séduction qu'elle a engendré en accomplissant partiellement son destin...

- Tu aurais dû m'achever tant que tu le pouvais, petite marionnette. A présent il est trop tard. La gueule béante du néant va s'ouvrir et nous engloutir tous ... A moins que ... tu n'achèves ta mission... Murmuré-je dans un sourire.
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Sélène Warren
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Ven 3 Juin - 11:18

Les rendez-vous se succédaient, mais aucun ne paraissait être le même. Le PDG de la KA. CORP et la journaliste du Times avaient suivi l’Epouvantail et ils n’étaient jamais réapparus depuis. Leur tête à tête avait duré un moment avant que ce soit le tour de Damien Stark de rejoindre le Maître de Cérémonie. L’alcôve principale avait changé de visage au fil des heures qui s’égrenaient de manière bien étrange. Certains musiciens du groupe avaient fait leur apparition en compagnie de leurs groupies. Le Docteur Lee et son épouse tentaient vainement de se fondre parmi ces invités, et moi j’essayais de m’occuper comme je le pouvais avec la venue d'une certaine Milicienne. Le champagne avait été commandé et chacun dégustait sa coupe. Certaines personnes trouveraient cela très intéressant, mais pas moi … Comme une prière muette qui aurait été exaucée en vue de m’extirper de là, un majordome se présenta à moi en m’indiquant de bien vouloir le suivre auprès de Gabriel Laymann. Enfin … ! Après toutes ces heures à attendre, le jeu allait pouvoir prendre une toute autre tournure. Rien que lui et moi, sans personne autour de  nous, sans faux semblants. Je m’excusai auprès des autres invités et je suivis l’employé, non sans récupérer avec moi ma petite pochette de soirée où j’avais placé le fameux bracelet du pantin à chapeau.

En traversant l’immense salle de fête où la foule était encore dense malgré l’heure que je n’avais plus en tête, je vis un peu plus loin, le retour de Damien vers l’alcôve principale. Nous étions bien trop éloignés l’un de l’autre pour pouvoir échanger quelques mots. Nos regards se croisèrent seulement, un instant. Le majordome, devant moi, était silencieux, certes, mais d’une nervosité qui me rendait nauséeuse. De quoi avait-il peur ? Des foudres royales de son Altesse l’Epouvantail ? De ma réaction ? De ne plus savoir où se situait l’alcôve qui m’était destinée ? La seule information que j’avais encore en mémoire, était son nom : l’alcôve Obsidienne. Laymann avait un sens du détail qui frôlait trop la perfection à mon goût. Ce type était un maniaque du contrôle et à trop vouloir tout contrôler, il devait passer à côté de beaucoup de choses simples. Mais peut-être en était-il conscient et qu’il ne connaissait que cela pour survivre dans cette jungle. Pauvre petit volatile.

En suivant le majordome, je découvris que cette salle était encore plus démesurée qu’au premier coup d’œil. Le cœur de la salle se divisait en plusieurs ramifications et au bout de chaque extrémité, il y avait une alcôve. L’Obsidienne se découpa devant moi et le majordome s’arrêta à quelques mètres de l’entrée. Il ne me suivrait pas au-delà de cette limite qu’on avait dû certainement lui fixer.  Les voiles soyeux qui cachaient l’entrée s’animaient lentement au grès d’une brise qui n’existait pas et pourtant, je sentais ce petit vent venir jusqu’à moi, comme un appel du démon à la succube. Il avait joué avec mes nerfs durant tout le concert. C’était maintenant à moi de distiller le chaud et le froid. Il allait comprendre qu’il ne possédait pas le monopole de ce genre de numéro.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~






A pas feutrés et félins, au son de l’étoffe légère de ma robe de soirée transparente qui dévoile mes jambes, je glisse enfin ma main de libre entre les voiles et je m’avance à l’intérieur de cette arène qui sera le seul témoin de nos échanges et de notre mort … Reste à savoir de quelle manière elle viendra pour lui comme pour moi. Mes prunelles se portent immédiatement, non pas vers la silhouette qui se tient debout pour m’accueillir, mais sur le décor de l’alcôve. La mise en scène est spectaculaire. Je ne sais pas s’il a imaginé tout cela pour m’appâter comme le prédateur qui chasse sa victime pour la prendre au piège ou bien par pur plaisir des yeux, mais je dois admettre que l’ambiance aux couleurs chaudes est très agréable. Cette alcôve mélange des effluves de danger et de luxure. C’est une chambre qui me tend les bras et s’il compte me baiser aussi facilement, je vais lui prouver que ce ne sont pas tous ces trésors qu’il déploie devant moi qui me feront lui céder.

Sa voix retentit dans cette chambre et cette fois-ci je croise son regard, à la fois irréel et séducteur. Un jeu qu’il connait aussi bien que moi. Il est maître de cette situation, de ces effets charmeurs et ensorceleurs qu’il utilise pour m’attirer à lui. Je le laisse parler, tout comme je laisse les jeunes serveuses déposer leurs plateaux. Depuis le début de cet after, je n’ai jamais vu autant de nourriture s’étaler sur tous ces plateaux. Les serveuses ressortent et nous redevenons … 2 … Uniquement 2. Je reconnais le verre de ce breuvage qu’il porte à sa bouche. Je suis le mouvement de ses lèvres qui apprécient cette boisson dont la journaliste n’a pas arrêté de faire des éloges, un peu plus tôt dans la soirée.  Ce verre m’est adressée. Tu aurais peut-être dû me laisser boire la première Scarecrow pour connaître la vérité sur une histoire qui t’échappe complètement et lire mes pensées. Je n’ai pas besoin de connaître les tiennes  pour deviner la vengeance qui t’étreint comme les bras d’une amante possessive et jalouse.

L’homme de scène revient au galop. Le spectacle commence et le fait que je reste silencieuse et que je ne bouge pas dans sa direction le perturberait presque. Je l’écoute de nouveau et ses dernières phrases, ses menaces me font sourire. Je laisse échapper un petit rire cristallin et je me dirige vers la table basse où il a posé le breuvage que je goûte.

- Tu es bien impatient Scarecrow ? La patience est une vertu que peu de personnes possèdent de nos jours.  Tu es toujours ainsi ? Rapide pour tout ? Ainsi donc ... je serai intimidée ... par toi ? Si toutes tes fans te sautent au cou et que tu les préfères hystériques au point de crier GAAAAAABRIIIIIEL ... navrée, je passe mon tour.

Mon sourire se fait malicieux tandis que je bois une seconde gorgée de mon verre que je repose. Je ne le quitte pas des yeux et je le détaille sans aucune gêne comme la prochaine gourmandise qu'il va devenir.

- Mmm … le blanc ne sied pas vraiment à ton teint … Tu aurais dû choisir quelque chose de plus … plus …plus rouge.

Je m’avance vers lui jusqu’à sentir son souffle sur ma bouche, jusqu’à deviner l’arôme de son parfum mêlé à celui de sa peau.

- Je crois que tu ne sais pas qu’elle puissance tu as déchainée en faisant ton petit numéro sur scène ce soir. Et ne pense pas que je parle des ministres, du gouvernement et de ta mère … Je parle de quelque chose qui t’échappe depuis toutes ces années. Tu ne t’es pas posé les bonnes questions, pourquoi j’avais raté ma cible ce jour-là … ?

Et je change le sujet de conversation, comme il sait si bien le faire. C'est à mon tour d'appliquer son enseignement et de le désarçonner.

- D'ailleurs ... tu as une Milicienne parmi tes invités ... Le sais-tu ?



Passé, Présent, Futur, parfois les toiles se tisent et s'entremêlent



La Main du Diable:
 
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Lun 6 Juin - 0:09



Elle me nomme par mon groupe, un nom qui n'est même pas officiellement reconnu comme celui d'un artiste, mais d'un ensemble d'artistes. Mais Scarecrow est aussi l'un des surnom que me donnent mes acolytes de scène, parmi bien d'autres tels le Boss,  le Caméléon, le Marionnettiste. Mais ceux qui m'affublent de ces surnoms ignorent ma filiation et mon fardeau. Ils ne voient que ce que je veux bien. La Tueuse en sait forcément plus. Beaucoup plus. Elle en sait plus à mon sujet, plus au sujet de ma Mère, plus au sujet de ce qui s'agite dans ma tête. Je suis bien plus que ce saltimbanque agaçant ou séduisant, selon les goûts. Et elle le sait parce qu'elle est comme moi un être instinctif et intuitif doté d'une sensibilité exacerbée. Mes lèvres ne s'étirent pas du sourire probablement espéré lorsqu'elle prend la parole enfin. Le sourire s'épanouit dans mon regard, s'exprimant d'une manière beaucoup plus intense que s'il avait embrassé ma bouche.

- Dix ans ... Et vous trouvez que je manque de patience, Miss Warren ? Quant à l'hystérie, ne soyez pas présomptueuse ... Vous pourriez être la plus hystérique d'entre elles au sortir de cette alcôve...


Tandis que je la détaille, mon regard glissant sur son corps de succube magnifique dans sa robe de voiles ornée de perles, elle se meut dans un froissement soyeux et nos regards ne sont que défi, le mien l'invitant à prendre place face à moi et elle, faisant durer le plaisir, comme une enfant capricieuse refusant de prendre part au festin. Tout en la couvant du regard, un éclat indéfinissable s'y reflétant dans l'image que me renvoie le miroir face à moi, je joue avec le verre que je me suis servi à mon tour. Lequel est assorti à l'alcôve et chatoie d'un éclat irisé sur un gris anthracite. Puis je le pose sur la table et tandis que je m'assois enfin face à son fauteuil encore vide, il change de couleur pour virer au carmin.

Spoiler:
 

- Bien sûr nous sommes de petits joueurs par rapport à Osiris et Isis qui attendirent des Lustres avant d'être réunis. Seth avait démembré son frère et dispersé les dix morceaux de son corps sur la Terre d’Égypte. Son épouse et sœur Isis le reconstitua et lui redonna vie en s'accouplant à son défunt mari. Ne trouvez-vous pas cette légende scabreuse ? Inceste, nécrophilie ? Nous sommes des enfants sages par rapport à mes Ancêtres. Et je ne parle pas de maman ni de papa.

Je la fixe sans ciller tandis que je prends un petit insecte croustillant pour mordre dedans.

- Des sauterelles frites !  Goutez, c'est délicieux ! J'ai découvert ça lors de mon séjour au Bidonville. Là-bas, ils ont plein de recettes, comme pour le rat cuisiné, ou la souris. Le moineau est un plat de luxe.

Je sors d'un recoin entre deux banquettes un narguilé et j'en allume la pipe avec une négligence d'habitué. Je plisse les yeux.

- J'espère que votre employeur vous a renseigné sur les origines de votre contrat cette fois. Et pour répondre à votre appréciation sur ma tenue, avant le blanc m'allait magnifiquement. Imaginez  de longs cheveux châtain foncé, sur une peau hâlée et des yeux clairs. Malheureusement, j'ai tendance à oublier que les couleurs du linceul vont mal à un fantôme ...

Spoiler:
 

Je prends la pipe et tire dessus pour amorcer l'échange gazeux puis je lui tends d'un air de défi.

- Je suis un mauvais garçon, et on a dû vous laisser croire que cela vient de mes mauvaises fréquentations ... Je vais vous révéler un secret, Miss Warren. Je suis bien pire que le pire des Humains, que le pire de ceux que vous tenez pour des vermines. J'ai plus de haine en moi que tout le Bidonville à l'égard de vos employeurs. J'ai plus d'aversion envers la Vie que tous ces êtres futiles qui se débattent pour la conserver. Ils ont encore un fragile espoir que demain sera mieux. Moi, je sais que demain sera aujourd'hui et hier. Je n'ai rien à perdre et rien à gagner pour l'avenir. Juste une délivrance.

Elle s'est approchée si près de moi que nos chaleurs se mêlent en une danse suave et musquée. Je reste rivé à son regard tandis que je me cale dans mon fauteuil et l'invite à prendre place face à moi autour de la petite table ronde qui doit présider à notre banquet. Les divans et autres banquettes qui n'étaient là que pour servir l'illusion que cette alcôve était identique aux autres s'évanouissent et ne laissent place qu'à une suite majestueuse au centre de laquelle trône un lit. Nous sommes pour le moment au hors d’œuvre. Je la regarde à travers les volutes que les encensoirs dégagent en abondance dans la pièce. Son regard est tellement envoûtant. Combien d'hommes y ont déjà succombé ?

- Et si, précisément, je me doutais de ce que j'ai déchainé ce soir, Miss Warren ... Si je n'avais fait que l'appeler de toutes mes forces ? La différence, voyez-vous, entre nous, c'est que vous espérez encore sortir vivante de tout cela, alors que je sais que ma vie est le prix à payer au passeur, pour votre salut à tous.


Je tends la main nonchalamment vers une assiette  de petits gâteaux fourrés en forme de scarabées. Mais en est-ce seulement la forme ? Je croque dedans sans dégoût aucun.

Mes yeux sourient tandis que je remplis à nouveau la coupe de mon invitée.

- Tu as raté ta cible, Sélène, parce que tu étais jeune et inexpérimentée. Nous avions le même âge. Mon apparence t'aura troublée. Ce n'était pas la première fois que je troublais une femme et cela n'a, indéniablement, pas été la dernière. Buvons à ta beauté !


Je lève mon verre et l'invite à faire de même, mon regard rivé au sien. Sélène, ce prénom, enfin sur mes lèvres. Un breuvage mortel, une incantation démoniaque. Je le murmure comme pour m'en délecter

- Buvons en formant le vœu que tu ne rateras pas à nouveau cette même cible quand l'heure viendra !

Tandis que je porte mon verre tâché de sang à mes lèvres, mon autre main glisse sur la table et y emprisonne la sienne restée libre. Je bois une gorgée puis le repose tandis que mes doigts gardent toujours les siens captifs. Mon regard la brûle et je souris enfin.

- Ne te soucie pas de la Milicienne, à moins que tu aies envie de la baiser ?  Donne-moi à présent les réponses aux questions que je n'ai pas encore posées ...  
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Sélène Warren
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Mar 7 Juin - 14:30





Twisted Mind ...

Son vouvoiement me fait sourire, ses politesses aussi. Des illusions supplémentaires à ajouter à son petit jeu qui dure depuis le commencement du concert jusqu’à cette alcôve qui se transforme sous mes yeux lorsque les serveuses nous laissent en compagnie des plats qu’elles viennent de déposer. Je ne suis pas surprise par autant d’effets de sa part, mais je suis curieuse de savoir d’où il tire autant de puissance après s’être retrouvé presque à terre sur la scène du Multiplex.  Je pourrai le nommer par son prénom, mais cela deviendrait presque trop intime entre une victime et son  assassin.  Jamais je ne prononcerai son prénom devant lui. Je l’ai déjà déclaré devant ses invités, c’est déjà beaucoup. Je suis celle qui lui a ôté la vie  et j’aurai dû m’assurer qu’il ne puisse pas voir mon visage ce jour-là. La balle aurait dû l’anéantir. Une balle en plein cœur et pourtant il est devant moi, dix ans après. Je sais que j’ai bien visé ce second coup, alors comment a-t-il pu survivre ? L’enfant prodige est donc de retour et il demande réparation. Vas-y Scarecrow, met un genou à terre et demande moi ce que tu veux … Mais chaque chose a un prix, tu devrais le savoir.

Il m’invite à prendre place dans le fauteuil vide qui fait face au sien. Il est impatient d’en apprendre davantage, mais que puis-je lui dire de plus ? Je me doute bien que depuis toutes ces années, son esprit torturé a cherché la vérité, à comprendre, à construire le puzzle de sa mort. Je ne suis que celle qui a suivi un ordre. Un ordre silencieux. Après tout, De Nephthys n’a jamais répondu à ma question au moment où je l’avais dans ma ligne de mire. Mes prunelles aux éclats mordorés glissent sur lui comme une caresse sucrée teintée de poison, puis sur son verre qui change de couleur pour prendre la carnation du sang. La couleur la plus fascinante et ambiguë qui soit. Elle joue sur les paradoxes, anime des sentiments passionnels en complète contradiction : amour / colère, sensualité / sexualité, courage / danger, ardeur / interdiction… Cette couleur remue les sentiments et les passions. Elle s'impose comme une couleur chaleureuse, énergique, pénétrante et d'une certaine manière rassurante et enveloppante. D'un autre côté, on l'associe au sang, à l'enfer et à la luxure. Cette couleur chaude le définit avec précision sans aucun doute. Le mien, de verre, n’a pas changé. Il est posé sur cette même table base. Même ce breuvage particulier n’arrive pas à détecter ce que je suis réellement : si je suis le Diable en personne ou bien un Ange. Si je suis contaminée par le Mal ou s’il subsiste en moi une petite part qui reste encore immuniser par tout cela.  Je sais aussi que mon pouvoir me protège et assure une sorte de voile invisible autour de moi depuis des années. Je finis par rejoindre cet homme et je prends place enfin dans le fauteuil confortable. Je tends ma main vers ma coupe et je me force à laisser les volutes sombres de mon don sur les ténèbres se retirer de ma peau et lorsque mes doigts l’effleurent, le verre change lentement d’apparence. Mais ce qui se passe est fascinant. La couleur est instable et elle vacille entre deux tons. Un mélange de rouge et de bleu …
Je suis une énigme pour moi, pour mon entourage et pour Lui.



Spoiler:
 



Il me conte la légende d’Osiris et d’Isis tandis que mes ténèbres se referment à nouveau sur ma peau comme un cocon protecteur. Une seconde peau qui n’a cessé de s’imposer à moi tout au long de cette décennie.  La marque de ce que je suis. Plus vraiment moi, captive d’enjeux qui ont atteint ma vie privée ainsi que la seule personne à qui je tiens dans ce monde de fous. Je me replace mieux dans le fauteuil, posant mes bras sur les accoudoirs en velours et mes mains sur le haut de mes cuisses

- Je ne suis ni ta sœur, ni ton épouse, Scarecrow pour te reconstituer en un seul état après ta mort ou chercher tes morceaux à travers le temps et les dimensions. Je n’ai pas ce pouvoir.  Toutes les légendes ont leur singularité. Quelle est la nôtre ?
Le pauvre petit garçon à sa Maman qui s’est fait éliminer sur son ordre par une Tueuse ? Tu connais toute cette histoire, du moins l’as-tu reconstituée comme tu le pouvais. Je t’ai suivi jusque dans les réceptions pour t’analyser. Jeune garçon aux cheveux longs qui se rebellait déjà contre sa mère et l’étiquette de son rang. Pourquoi a-t-elle voulu te tuer ? Je n’en sais rien. J’ai été convoquée un soir dans son bureau avec le nom de ma prochaine cible et c’était toi ! Je n'ai aucun droit de poser des questions.
J’avoue être fascinée par cette force que tu as trouvée pour survivre avec une balle en plein cœur.
Comment vas-tu nommer le grand projet de ta seconde vie ?


Je me penche vers lui comme si nous étions entourés d’une foule de curieux pour partager un secret intime. Mes yeux s’arriment aux siens. Je veux qu’il me regarde, qu’il voit que la vérité peut être ailleurs et différente de la sienne.

- Tu es en quelque sorte ma création … Si je ne t'avais pas tiré dessus. Nous ne serions pas là, ensemble, face à face.

Son regard est perturbant maintenant qu'il est proche de moi et que je peux le détailler à ma façon, sans tous ces invités avec nous. Mon sourire s'affiche sur mes lippes et je me redresse contre le dossier. Je goûte à ces mets surprenants dont il m’explique sa trouvaille dans le bidonville. Des sauterelles grillées, voyons quel gout cela peut avoir … Scarecrow pique, tourmente et mord comme le plus grand prédateur de son temps. Le narguilé n’est qu’un prétexte pour masquer son aversion.

- Je n’ai pas de contrat sur ta tête, peut-être qu’ELLE me convoquera de nouveau. Elle a vu ton corps à la morgue ce jour-là et moi aussi … Surprenant comme tu sembles en pleine forme, légèrement pâle c’est vrai ! Tu devrais freiner sur les plaisirs qui usent ton énergie.


Le Blanc de sa veste. Le Noir de ma robe. Le Ying et le Yang. Deux énergies qui s’affrontent et qui s’attirent, perpétuellement en mouvement. Elles se cherchent alors qu’elles sont si opposées l’une de l’autre. Elles ont besoin de s’éloigner, mais aussi de se réunir même un bref instant et de ne faire plus qu’un comme le Soleil et la Lune voués à vivre à l’opposé et qui n’ont qu’une hâte dans leur rotation, de se rejoindre lors d’une éclipse.

- Un fantôme qui va réveiller les Anciens, ceux qui savent pour la traîtrise de Gabriel Nicholson. Je ne sais pas combien ils sont, la seule chose dont je suis certaine, c’est que les ministres sont peu nombreux à connaitre ton histoire et celle de ta mère. Est-ce que la Grande Conseillère sera capable de poser sur la tête de son fils défunt un nouveau contrat ? … ça peut être intéressant …

Dix ans ont passé, nous avons changé tous les deux, nos pouvoirs se sont développés ainsi que nos capacités. Nous ne sommes plus des jeunes adultes. Nous sommes plus que cela. Le Diable face à la Succube. Le prédateur face à la Chasseresse sur un même point d’égalité. J’accepte la pipe du narguilé. Entre le breuvage et le mélange d’essences, je ne sais comment mon pouvoir sur les ténèbres va réagir. Je tire sur la pipe lentement  et je me laisse envahir par des sensations exquises avant de la lui redonner pour qu’il la reprenne en main.

- Mes employeurs … Oui, tu connais ceux qui sont à la tête du gouvernement! Et encore … certains ministres ne savent même pas que j’existe. Mais ce n’est pas moi qui fixe les règles.  

Je n’ai aucun droit de juger ni d’émettre des suppositions lorsque je reçois un contrat entre les mains. Je ne suis pas à même de refuser, car telle est ma fonction dans cette tour dorée où figurent les plus grands monstres de notre cité. J’en suis UN aussi. Ils m’ont formée, ils m’ont façonnée à leur image pour être leur Soldat de la mort.

Le décor se modifie encore. Le faste des banquettes et les divans se transforment. Je tourne mon visage pour détailler tout ce qui se passe et un lit se matérialise alors derrière nous … ou bien était-il déjà là, bien caché grâce à ses pouvoirs. Je repose mon attention sur cet homme que je hais … par pour ce qu’il est, ni même à cause de son affiliation, mais pour ce qu’il vient d’engendrer … Il aurait dû rester six pieds sous terre.  Sa main qui étreint la mienne, soudainement, me ramène à l’instant présent. Que sens-tu Scarecrow à mon contact ? Le froid de ma peau ? Elle est glaciale. Ce sont les conséquences de la part des ténèbres qui m’enveloppent, de ce pouvoir dont je suis dépendante et soumise. Tu ne seras pas le seul à retirer ta main en sentant cette brûlure. Tu ne seras pas le seul à te questionner au sujet de ce froid qui commence à  t’envahir à toi aussi. Les volutes sibyllines agissent ainsi. Elles emprisonnent leur ôte. Elles investissent tous ceux qui osent me toucher …
Mes iris deviennent aussi noirs que l’ébène puis en quelques secondes reprennent leur couleur initiale.

-  J’ai raté ma cible parce que j’ai attendu trop longtemps pour tirer … J’avais ta mère en relation avec un système d’oreillette. Je t’avais dans mon viseur.  

Un petit mensonge de ma part. Dois-je tout te dire ? Qu'elle a hésité et pas moi ? La Grande Conseillère ne m’a jamais reparlé de cette journée. Jamais elle ne m’a dit quoi que ce soit, si j’avais fait une erreur, que j’aurai dû attendre son ordre. Elle est restée silencieuse et je n’ai pas pris la liberté de la questionner. Mais je sais que tôt ou tard, De Nephthys me convoquera dans son bureau. Pas ce soir, pas demain, mais dans les prochains jours, car si j’ai compris a qui nous avions à faire durant le concert, elle est encore meilleure télépathe que moi.



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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Sam 25 Juin - 0:23


Le froid, la solitude, la peur... Celle de tout perdre, de se retrouver face à soi même. On appelle ce néant, on l'implore de venir à nous. L'enfer, c'est les autres. Mais dans le même temps on est tétanisé, anéanti à la pensée de se retrouver en huis clos avec pour seule compagnie la folie qui nous guête. Relever les yeux et plonger son regard, sa contemplation dans le reflet de l'âme qui nous habite. Quel effroi ? Et si nous y découvrions un monstre ? Et si un ange nous était révélé ? Et si l'être que nous sommes n'était que ce mélange à la fois décevant et subjuguant ?

Lâchant la sienne qui s'est refroidie soudain, je tends la main vers sa joue et capture une mèche qui boucle contre la peau si blanche, si douce.

- Tu te trompes, Sélène Warren. Nous sommes, je pense, frères et sœurs de peine. Nous sommes le fruit d'une éducation, d'une filiation. Réfléchis bien. Nous ne nous connaissions pas, n'avions aucune raison de nous haïr . Pourtant quelque CHOSE a fait en sorte que nous nous haïssions. Quelque chose t'a ordonné de me tuer, alors que tu n'avais aucune raison de le faire, hormis la peur, mais la peur de quoi, je l'ignore et il t'incombe de me l'apprendre. Je t'ai haïe des années durant, tant tu m'as arraché au bonheur que je pensais atteindre, et je te haïs encore à présent de m'avoir montré comme il est vain de l'espérer. Je remercie ce soir qui nous met en présence. Les Démons savent que j'ai orchestré cette soirée et ce concert pour reprendre contact avec de vieilles connaissances, mais toi, oui TOI ! Je n'aurais pas pu espérer te voir avant le grand ménage. Je suis finalement heureux de pouvoir te dire en face que chaque choix porte son poids.

Mes doigts libèrent la mèche de cheveux qu'ils tenaient prisonniers et glissent jusqu'à sa joue, puis ses lèvres. Je souris.

- Je suis d'accord. Je suis ta création, ta créature, même, si tu veux. En partie. Mais un assassin peut-il prévoir ce que deviendra le cadavre qu'il laisse derrière lui ? A quelle putréfaction il l'a condamné. Surtout quand il ne connait pas sa victime ? Tu ne savais pas vraiment qui tu tuais. J'ignore moi-même qui tu as tué ce jour-là. Était-ce un être en devenir promis à une vie facile, ou un idéaliste condamné au martyre et à un amour maudit ? Tu connaîtrais tout ce que ton commanditaire connait de mon histoire, tu hésiterais peut-être entre les deux. Et dans les deux cas tu te tromperais. J'étais les deux, mais j'étais aussi, déjà, un être sans illusion sur le monde qui l'entourait, un être qui se savait condamné à laver de son sang l'infamie du monde comme on efface un tableau sale.

Je pressens qu'elle aussi n'est pas ce qu'elle parait, pas aussi simple qu'une machine à tuer bien dressée. Elle a dans le regard le reflet de l'enfer qui l'habite, l'ombre qui trahit le sacrifice. Dans ses veines coule le poison qui la tuera, elle aussi. La Haine.  

- Tu t'étais dit que mon corps pourrirait, deviendrait poussière, que sais-je ? Il a changé, c'est vrai, mais il n'a pas disparu comme tu l'espérais. Mon âme l'a sans doute protégé. Tu sais on raconte des histoires incroyables dans les hôpitaux, sur des patients qui sont mourants mais refusent de mourir et ce, de façon inexpliquée. Leur corps est foutu mais ils refusent de s'en aller. Parfois simplement parce qu'ils ont oublié d'éteindre le four ou qu'ils ont promis d'aller à la kermesse du petit. Leur âme a pris un engagement, futile ou important. Elle refuse de lâcher l'affaire. Il faut croire que la mienne a signé un putain de pacte avec le Diable. C'est le genre d'engagement qu'on a du mal à oublier, je pense. Il m'a sans doute rappelé mes vieux contrats en cours et claqué la porte de l'Enfer au nez.  

Je sens le froid qui la possède à présent, après avoir senti une chaleur fugace, une gangue de glace dans laquelle elle se drape et se fige à nouveau. Je me souviens de cette glace qui me tenait à distance de ma Mère. Je plisse les yeux. Chacun son indifférence. La mienne est comme le souffle brûlant du désert. Une vision de brasier consumant tout sur son passage, sans état d'âme. Je rêve de pouvoir me coucher chaque nuit dans un linceul d'indifférence. A vrai dire, je ne fais qu'en rêver, sans jamais l'atteindre. Je ne suis pas doué pour l'abandon des sentiments. J'ai toujours cultivé leurs extrêmes, j'ai toujours ressenti à l'excès. Le négatif comme le positif. Je m'empare d'un plat sur lequel est disposé un canard rôti à l'orange et je commence à le découper. La lame s'enfonce doucement dans la chair tendre cuite "à la rosée. Le sang coule et se mélange à la sauce couleur ambre. Je dispose avec art les pièces ainsi dégagées du corps. L'épicurien, l'esthète qui sommeillent en moi y ont pris un plaisir qui pourrait passer pour un snobisme cruel. Ce n'est qu'un reste de mon éducation combiné à une vision sans doute symbolique et malsaine du monde qui m'entoure. Un volatile innocent sacrifié à la débauche des plaisirs. Couteau et fourchette en suspension, je demande:

- L'aile ou la cuisse ? Tout est préparé dans les cuisines du Rubis, avec des produits frais des Terres Sauvages. J'ai toujours apprécié l'authenticité des mets. Je suis chez moi ici, tu l'ignorais ? Tu es sur mon territoire ... Sélène ... Mon fantôme ... Rassure-toi, tu seras traitée comme une Reine. On dit que je sais aimer comme un Dieu, on sait moins que je suis capable de haïr avec autant de raffinement et de prévenance.


Je la fixe, mes armes dérisoires en main. Elle pourrait tenter de me poignarder avec celles-ci.  Ma voix est redevenue cynique et froide.

- Ma mère ? Je n'ai pas de mère ni de père sur cette terre oubliée de son créateur. Je suis orphelin. Tu dois me confondre avec une personne de ta connaissance. Je suis Gabriel Laymann, à ton service pour ce soir. tu as raté ta cible, petite fille, parce que ton cœur était troublé. Un tueur se fie toujours au dernier ordre qu'il a reçu du commanditaire. T'es-tu jamais posé cette question : et si cette femme n'était pas ma mère ? Pourrais-tu tuer ton propre enfant, ou quelqu'un de ta famille, Sélène Warren ? Quelqu'un que tu as chéri, protégé et aimé ?


Je repose finalement couteau et fourchette de service et pousse le plat vers elle. Sélène Warren est femme à choisir elle-même ce qu'elle déguste. Je remplis à nouveau nos verres de Scarecrow sans rompre l'emprise de mon regard sur le sien.

- Nous n'avions pas fixé les règles ce jour là, Sélène. Nous avons subi celles des autres. Décidons ensemble des règles du jeu à partir d'aujourd'hui, si tu le veux bien ...
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Sélène Warren
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Dim 26 Juin - 19:21





Les Ténèbres… que suscitent-elles pour nous ? Humains et Asariens ? Enfants, femmes, hommes, Vieillards ? Chacun d‘entre nous à sa vision propre de tout cela. Elles évoquent essentiellement la nuit, cette partie de la journée où le soleil disparaît pendant plusieurs heures qui peuvent devenir interminables pour certains, et durant laquelle nous sommes privés de lumière. La nuit, à cause de l’absence de lumière, il est plus difficile de se déplacer avec aisance, moins facile d’accomplir les gestes de la vie quotidienne, car nous ne parvenons pas à voir avec précision ce qui nous entoure. Sauf pour  nous Asariens dont la vision nocturne nous offre beaucoup de possibilités. Aussi, la nuit semble parfois menaçante, elle peut susciter angoisses et peurs sur toutes les races, sans distinctions cette fois-ci. De même, la nuit peut servir de cachette aux malfaiteurs, désireux de réaliser leurs méfaits. Ma définition des Ténèbres est loin d’être aussi évidente. Elles ne m’ont jamais fait peur. Je me suis liée à ELLES parce que je savais qu’en luttant contre, je perdrai entièrement le combat. ELLES sont bien plus puissantes que moi. Je suis asservie par leur pouvoir. ELLES sont tapies en moi et m’ont fait don d’un pouvoir qui dépasse toutes descriptions. Même moi je ne saurai décrire dans les détails toutes les possibilités que m’offre cette capacité. Je n’en suis qu’aux prémices et parfois je me dis que sa seule limite serait de me fondre dans ces Ténèbres et de disparaitre avec ELLES lorsque je lâcherai les dernières rênes que je maintiens encore pour des raisons qui me sont personnelles. Je ne fais cela que dans des moments de plaisirs où ELLES me laissent tranquille

Le froid, il vient de le sentir sur ma main qu’il relâche soudainement. Mes amants se laissent surprendre au début, mais les volutes sibyllines, pour une raison que j’ignore se retirent de mon corps dans les moments les plus intimes et cette gangue dans laquelle elles me maintiennent à chaque seconde s’effacent et ma peau redevient chaude, mon corps revit dans les corps à corps et les orgasmes. Ses doigts viennent effleurer ma joue et s’attardent sur une de mes mèches. La dernière caresse du bourreau pour sa victime ? La dernière tentation avant l’ultime geste pour ôter la vie ?

Ce qu’il raconte me perturbe et me renvoie à ce que je suis, le rôle et l’héritage maudit que j’ai endossé pour donner la possibilité à une personne que j’aime de vivre une adolescence normale, celle que je n’ai pas eue totalement. Je fronce les sourcils sur cette peur qu’il met en avant. Avais-je peur à cette époque ? Ai-je encore peur aujourd’hui et de quoi ? Ce sont des questions qui n’amènent aucune réponse facile. C’est trop complexe, trop tortueux pour répondre à cela. Je le laisse parler, faire son monologue sans jamais le couper dans son élan, mais déjà mon esprit s’enfonce dans les méandres de mes démons qui ont tissé pour moi cette toile morbide. Ses doigts libèrent cette boucle sombre et glissent sur ma joue puis sur mes lèvres.  Sa caresse est ensorcelante et diabolique. Froide comme la glace, torride comme le feu.  Je maintiens mon regard rivé au sien comme il ne cesse de le faire avec moi. Je ne sais effectivement pratiquement rien sur lui, les détails ne m’ont jamais servi. Pourtant, des souvenirs remontent en moi, lointains, il y a une dizaine d’années, dans ces réceptions où j’ai appris à connaître ma proie. Il se trompe, son corps n’était pas mon problème, qu'il soit pris entre le Paradis ou l’Enfer, je n’avais aucune raison de me soucier de plus …





Mes prunelles s’assombrissent, je sens mon pouvoir refaire surface. Je freine en moi la montée des Ténèbres et je l’observe découper avec une précision presque chirurgicale ce canard rôti à l’orange. Des gestes sûrs d’un homme qui n’a cessé de répéter ces mouvements, d’un homme qui n’a fait que grandir et se métamorphoser durant ces dix longues années, dans l’ombre, comme un guetteur prêt à bondir, à sortir de sa tanière et s’enveloppant de la cape du messie pour absoudre tout le Mal qui se cache et dont le cœur monstrueux bat de plus en plus fort au sein de la cité. Sa petite menace déguisée par des mots subjuguants non pas d’effet sur moi. Je plante ma fourchette dans la cuisse, elle est toujours plus goûteuse, plus charnue  que l’aile et je la dépose dans mon assiette. Le Scarecrow coule de nouveau dans mon verre et sa dernière réflexion me rend perplexe  Nous deux ? Fixer de nouvelles règles de ce jeu de fous ?  Je replace mes couverts près de mon assiette. Je suis restée bien trop silencieuse. A mon tour. Cynique, ma voix se fait grave.

- Tu devrais savoir qui je suis. N’était-ce pas ton rôle d’Héritier de connaitre tous ces petits secrets du pouvoir ? Dis-moi Scarecrow penses-tu que je suis la seule assassin ? Le gouvernement ne pourrait se passer de leur Main, homme ou femme, peu importe, ils sont dans les sous-sols de la tour gouvernementale à s’entrainer, à attendre leur destinée. Certains sont plus jeunes que d’autres…

Ce surnom avec lequel je le nomme à chaque fois comme si prononcer son prénom me serait fatal. Je me plaque contre le dossier du fauteuil et j’y cale ma nuque, fixant le plafond de cette alcôve

- Je n’étais pas destinée à être ce que je suis. Ce n’était pas moi. C’était ELLE parce qu’elle était plus jeune que moi de quelques années, donc plus facilement manipulable, malléable à souhaits. Mon géniteur … a offert ses filles au Diable, mais j’ai fait en sorte qu’elle ne soit pas souillée par tout cela. J’ai pris sa place en devenant ce qu’il désirait LUI et tous les Anciens. Tu m’as posé la question à savoir si je pourrai tuer mon propre enfant ou quelqu’un de ma famille ?

Je me redresse un peu et je retrouve ses yeux qui me détaillent et se passionnent pour ce que je lui conte. Ma haine devient palpable. Le venin refait surface.

- Je pourrai tuer cet homme qui n’a pas hésité à donner sa plus jeune fille en pâture et qui n’a même pas émis un avis lorsque sa fille ainée a pris sa place. Mais je ne pourrai pas pointer mon arme sur ELLE.

C’est la seule personne que je chérie dans ce monde : elle est mon univers, celle qui me permet de ne pas me donner définitivement corps et âme à l’Enfer, même si je sais être contaminée par le Mal. Cet homme quant à lui, je n’arrive pas à l’appeler père depuis longtemps …

- Ton âme ne veut pas lâcher prise parce qu’elle sait que tu n’as pas encore terminé ton temps ici. La mienne est toute aussi rongée par ces Ténèbres, mais au lieu de m’étouffer et de me prendre la vie, elles me poussent en avant. Peut-être parce qu’elle serait alors toute seule. Elle ne prendrait bien sûr pas ma place si je mourrai, mais qui la protégerait  de tous ces vices ? Une mère asservie à son époux qui n’a jamais élevé la voix ? Un géniteur qui n’a fait qu’assurer sa place auprès des Puissants pour profiter du pouvoir ? Je ne peux pas abandonner.



Je reprends mes couverts en main et je commence à trancher dans cette chair tendre dont je goute un morceau.

- Je t’ai suivi durant de nombreuses réceptions pour t’analyser. Tu étais déjà en rébellion contre toi-même, contre toute la société et certainement contre ta mère. Le protocole n’était pas pour toi. Tu arrivais dans ces soirées les cheveux longs, des tenues extravagantes et le sourire aux lèvres qui en disaient bien plus long que des mots.  C’est vrai, je ne savais pas tout de toi, mais si les gens avaient pris la peine de t’observer un peu mieux, ils auraient compris qu’aucun cocon doré, aucune loi, aucun statut n’aurait pu avoir d’emprise sur toi.

Je secoue ma tête négativement et je bois ce breuvage qui a bizarrement à un gout de plus en plus délicieux.

- Ton corps était à la morgue. J’avais fait mon boulot. Point. C’était tout. Je ne me pose jamais de questions sur les corps que je tue.  Mon boulot était terminé. Ton breuvage est une invention de ta part ? Dis-je en changeant subitement de sujet.   Plus je le goute, plus je le trouve exquis au palais comme si son gout se familiarisait à mes papilles.

Je me fous de savoir ce que sait. Après tout, j’ai accepté de le rencontrer et de le voir en tête à tête. Mon rire léger se fait entendre avec l’idée qui me vient en tête.

- Le plat est excellent. Le dernier repas du condamné ? Je n’ai pas besoin d’être traitée comme une Reine. Je n’en suis pas une. Et je ne désire pas en être une.

Ma main se risque contre sa joue. Une marque masquée, ensevelie que j’ai remarquée sur scène. Elle est très légèrement, mais je sais qu’elle est là et c’est la mienne. De la pulpe de mes doigts je frôle lentement, à mon tour, sa peau. La mienne reste froide et je ferme mes yeux pour dissiper cet état glacial qui est le mien. Ma peau se réchauffe tout à coup à son contact.

- Fixer de nouvelles règles du jeu ? Tu veux réécrire quelle légende ? David contre Goliath ? Les Dieux de L’Olympe contre les Titans ?



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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Dim 26 Juin - 22:34



Je me suis préparé à bien des réactions et des parades, violence ou silence butté, ou bien un arsenal sophistiqué pour m'anéantir. Après tout, même si elle ignorait en venant au concert, qu'elle allait être confrontée à un ancien contrat manqué, elle est la Tueuse et se doit d'être toujours prête à tuer. Je souris à son brusque épanchement verbal qui succède à un long silence analytique.

- Tu te fais une idée de ce que je suis et je me fais une idée de ce que tu es. Tu penses que j'étais cet Héritier docile que tu évoques et que j'avais déjà appris par cœur les noms de tous les ministères, de tous les corps d'armées. Que tous les rouages du pouvoir n'avaient plus de secret pour moi. Tu as raison. Mais tu penses que cela m'importait ? Tu as tort. Je sais où se trouve le ring où tu dois t'entrainer depuis que tu as sept ans. Je connais les protocoles, les douches glacées et les coups sur les parties intimes pour endurcir les recrues. Maman ne m'a rien épargné des détails auquel j'avais la chance d'échapper parce que je serais un jour celui pour qui tous ces robots travailleraient. Elle voulait que je connaisse "le prix du pouvoir".

Je me sers à mon tour et l'écoute finir son laïus. Je lui dois bien cela après tout. Elle m'a écouté sans m'interrompre. Alors je l'écoute et je repose lentement mes couverts. Je tapote pensivement le bord de la table de mes longs doigts nerveux. Bien sûr, je ne suis qu'un nom sur une liste qui n'a fait que se rallonger. Je l'écoute encore, en silence, le regard perdu dans le vague. C'est le contact de ses doigts sur ma joue qui me ramène à la nécessité de répondre. Je l'ai entendue argumenter, mais mon âme vagabondait au fil de ses mots. Le contact me fait reculer et lui saisir le poignet, brutalement. Mes traits, mon apparence se sont métamorphosés et je suis redevenu Gabriel Nicholson l'espace de quelques secondes.


- Ne me touche pas !


Ma poigne de fer ramène son bras sur la table mais je pourrais aussi bien le briser en deux comme une branche. Je me lève pour me pencher au dessus d'elle.

- Ne t'avise PLUS JAMAIS de me toucher sans y être invitée. Règle numéro 1. Tu l'as déjà fait par le passé et tu vas payer pour ça


Puis je me rassois et elle pourrait croire avoir rêvé ces secondes, tant le retour à mon apparence première est rapide. Elle aurait eu la puissance nécessaire pour résister et dégager son bras, ou tenter un bras de fer. Elle en a la force. Je le sais. Mais ce qui lui a manqué, c'est autre chose. Je souris encore en contemplant sa surprise.

- Tu peux me battre dans les Ombres, Sélène Warren. Tu peux m'ôter la vie. Mais tu ne pourras choisir le moment et tu ne peux me surpasser en rapidité. Tu me tueras quand je t'en donnerai le temps. Règle numéro 2.

Je me penche à présent légèrement et ma main vient se poser sur sa cuisse, sous la table.

- Moi non plus, je n'étais pas destiné à devenir ce que je suis. J'étais destiné à succéder à ma Mère et à bouleverser l'ordre établi, à redessiner le visage d'Asaria, à mettre fin aux aberrations qui t'ont asservie. Je n'avais pas prévu qu'elle était folle. Je n'avais pas pensé croiser ta route, toi, ma Nemesis, mon permis de tuer. Tu as tué l'espoir et donné vie au monstre que tu as sous les yeux. Rage, Haine, Vice, Souffrance, Torture, Sadisme. Je suis ce qui est tapi dans tes chères ténèbres, les plus profondes. Je suis ton cauchemar. Tu as réveillé la Géhenne qui sommeillait depuis des millénaires, prisonnière du plus pur des diamants. Toi et ma folle de mère, avez brisé ce sceau sacré. Moi aussi je pourrais la tuer... D'une seule main, crac. Briser son cou si gracile. Tu vois, la même Haine nous habite. La même chose l'a réveillée en nous.


Je sors de ma poche un collier et joue avec dans la paume de ma main.





- La différence entre toi et moi, c'est que tu as quelqu'un sur qui tu ne pourrais pas tirer. Tu as une famille ... Quelqu'un qui te pousse à avancer, à rester. Moi, je n'ai plus rien ... Personne à protéger, à aimer... D'ailleurs aimer, même, m'est devenu étranger, impossible. Tu n'as pas tué un homme il y a dix ans, Sélène. Tu as tué l'amour, tout cet amour qu'il avait en lui. Pas seulement pour une femme qu'on lui interdisait, mais aussi pour toute une Cité, pour tous les êtres qui la peuplaient. Tu as tué leur sauveur, leur rédempteur. Tu as brisé la clef de ta propre prison. Tu as condamné ta sœur, que tu viens d'évoquer, à vivre dans les ténèbres dont tu voulais la préserver ...


Je pose le collier sur la nappe et l'éclat des rubis qui composent les délicats pétales, à la lueur de la bougie, ensanglante la nappe immaculée et ornée de fines broderies.  Voici venu mon tour de déguster la chair tendre de cet oiseau probablement abattu par un chasseur braconnier. Il faut aller loin dans les marais des Terres Sauvages et peu de paysans s'y risquent à cause des légendes qui trainent au sujet des Loups Géants. Sélène a -t-elle entendu parler de ces légendes. Mara ne les connaissait que de loin en loin par son père et elle avait adoré lorsque je lui avais narré ce vieux conte trouvé dans les étagères de Leroy. Un conte sur des Loups géants qui auraient protégé un bébé, la jeune louve l'allaitant tandis que le vieux mâle chassait pour les nourrir. Bien entendu mon éducation et ma culture m'ont immédiatement fait penser à un auteur ayant revisité la légende de la fondation de Rome. Remus et Romulus allaités par une louve ... Sauf que je sais depuis, qu'il n'en est rien et que ce récit romancé est inspiré du carnet de bord d'un vieux milicien qui a recueilli l'enfant. Toujours est-il que les paysans ont préféré s'en tenir aux aspects les plus romantiques de l'histoire et ne pas s'approcher des Marais. Je fouraille à la recherche des plombs. Ma lame butte sur une résistance et j'extrais de la pointe du couteau un plomb irrégulier.

- Grenaille d'Insoumis ou je ne m'y connais pas. Mon canard est cent pour cent sauvage ... Comme nous, au fond, Sélène ... Tu as raison, tu sais. Je n'ai pas terminé mon temps ici et je vais te faire une révélation. Ce temps, c'est à toi qu'il incombera de le clôturer. Si je ne parviens pas à renoncer à la vie, tu devras m'y aider, quand j'aurais fini ce que je dois finir.


J'ai mangé quelques bouchées et elle a raison. La chair est divinement savoureuse. Je me recule à mon tour dans mon fauteuil et je la contemple à présent, le regard grave et fiévreux. Je suis si las que même sourire me coûte à présent.

- Nous avons cela en commun, Sélène. Ne pouvoir renoncer... Dis-moi, et si nous sauvions ta sœur ? Si je te proposais un marché. Ta sœur en sécurité et en échange, la promesse que tu m’achèveras le moment venu ...

Je repousse mon assiette et pose ma serviette, comme lassé de cette ripaille.

- Bien sûr, tu peux me dire que tu aimerais me tuer dès à présent, pour finir le travail que tu as laissé inachevé, même si tu prétends, petite fille déraisonnable, que tu avais achevé ton travail. Tu aurais pu t'assurer que ce corps était vraiment mort, non ? Tu n'as pas osé ? Me toucher encore, après m'avoir écrasé ta botte sur le visage  ?


Je me lève à présent et je me glisse derrière elle, le collier en main. Je caresse la courbe de son cou et remonte jusqu'à son menton, dessine l'ovale de son visage, m'aventure à la commissure de ses lèvres et en trace les contours en fermant les yeux.

- Je n'ai jamais oublié ton visage. Celui de la Haine penchée sur mon trépas. Sais-tu seulement quel sang coule dans mes veines, et combien souhaiteraient me voir mort pour éradiquer la menace, s'ils savaient ce que je puis être pour Asaria ? Mais ce sera toi qui répandras mon sang jusqu'à la dernière goutte et consumeras mon corps.


Je me penche lentement au dessus de son visage alors que je vois son sein palpiter sous la dentelle noire de sa robe.

- Tu vois, je puis accomplir trois vœux, comme le Génie de la lampe. D'ailleurs, ne trouves-tu pas que cette chambre ressemble à la caverne d'Ali Baba. La différence est que je fixe moi-même les vœux. Mais je suis certain que tu seras comblée quand je vais te les énoncer. Le premier: ta sœur libre et protégée loin des Dômes d'Asaria...  Le second : me posséder. Je sais que tu en rêves. Peut-être pourrait-on penser que c'est présomptueux de ma part, mais je sais lire le désir dans le regard d'une femme. Moi aussi j'ai reçu un entraînement de ma génitrice ... Et enfin le dernier ... Tu auras le privilège de me donner la mort et de choisir la manière ...


Mon bras descend le long de son buste et caresse sous la dentelle la courbe de son sein. Je peux imaginer le bouillonnement et la rage qu'elle contient, l'envie de me réduire à néant et de me soumettre qui l'agitent. Je pourrais m'étonner qu'elle n'aie pas réagi déjà lorsque j'ai effleuré sa cuisse sous la dentelle de sa somptueuse tenue, mais je sais qu'elle est aussi joueuse que moi et qu'elle voulait repousser les limites pour voir jusqu'où j'aurais l'audace d'aller. Elle doit avoir compris à présent que je n'ai aucune limite et je souris à nouveau, le sent-elle dans ma voix, lorsque je murmure:

- Te voilà tiraillée entre l'envie de me trucider et de me baiser ... Mais avant de choisir,  veux-tu que je te montre ce qui aurait pu être si j'avais succédé à Mère ? Et ce qui sera si je n'interviens pas ? Veux-tu entrevoir l'espoir que tu as tué, et les ténèbres qui nous menacent ?


Je passe les fins maillons sur son décolleté et laisse glisser la rose entre ses deux seins, mes doigts sur le fermoir, effleurant sa nuque.

- En auras-tu le courage ? Avant de décider ce que tu vas faire de moi ce soir ?
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Lun 27 Juin - 19:09




On me l’avait déjà expliqué que certains Asariens possédaient des pouvoirs qui dépassaient la logique. J’ai déjà pu voir des Êtres dotés de capacités rares voir mêmes excentriques comme le pouvoir du ministre Wright et son ubiquité. Mais pas celui-ci. Le bruit sourd dans lequel repose mon bras sur la table démontre à quel point il détient un don exceptionnel. La vitesse du son ou célérité du son, c’est certainement cela,  est la vitesse de propagation des ondes sonores. Elle dépend très peu de la fréquence de la vibration, et varie selon la compressibilité et la masse volumique du milieu de propagation.  C’est peut-être aussi une question moléculaire. La désintégration qui passe par cette forme de rapidité. Il n’a pas l’âge d’être un Ancien et pourtant il partage leur puissance sans l’expérience.  Un corps qui subit l’évolution de ses pouvoirs, certainement un peu trop vite pour que l’organisme puisse composer un parfait équilibre avec l’esprit. Mes prunelles sont  fixées sur ses doigts qui me maintiennent loin de lui puis remontent sur ce visage qui se transforme et prend l’apparence du jeune homme d’il y a dix ans. Une autre manifestation de son pouvoir. Le monstre a pris vie dans les Ténèbres … Cela me rappelle soudain un vieil ouvrage de l’ancien monde : Frankenstein ou le Prométhée moderne.

Alors que Scarecrow redevient ce qu’il est aujourd’hui, ce soir, je tire d’un coup sec sur sa main pour me libérer de sa pression. Je plisse les yeux. Il nage entre la folie et la lucidité. Un bateau fantôme qui essaye d’atteindre une rive qui lui échappe. Y-a-t-il des lumières au bout de ton voyage ?

- Personne ne t’égale peut-être dans le domaine de la rapidité… Mais possédez de tels dons doit te coûter petit Épouvantail …. Tu te déplaces ou te dématérialise, peu importe ce que tu fais avec ton pouvoir. Tout courant, tout rayonnement électromagnétique, peut-être coupé ou détourné. Il faut juste savoir appuyer sur le bon bouton.

Les règles. Nous y voici. Les siennes, pas les miennes. Ce type est un vrai maniaque du contrôle. Rien ne doit lui échapper, tout est calculé, analysé, commenté, rationalisé. Tu as peur de perdre pied, n’est-ce pas ? Que serais-tu sans toutes ces règles ? Un pauvre petit pantin perdu ? Sa main glisse sous la table et cherche ma cuisse. Je fixe le couteau  près de mon assiette. Je n’ai qu’une envie, le lui planter. J’ai déjà arraché une main et bien plus encore rien qu’avec cette toute petite arme bien tranchante. Je lève mes yeux vers lui et je penche doucement ma tête sur le côté, comme le chat qui va bondir sur la souris qui se trouve face à lui. Et comme le Magicien qu’il est, il sort de sa poche un magnifique et délicat collier.

- Nous sommes tous condamnés Scarecrow, certains vivront plus longtemps, d’autres seront sauvés, mais la plus grande parties d’entre nous seront noyés dans les flots du Styx. Tu es si loin de deviner ce qui est tapi dans mes Ténèbres.  Il y a une éternité que nous sommes déchus. C’était écrit. Nous étions aveuglés parce que nous croyions que la vie nous mènerait ailleurs, mais c’est faux. Tu n’étais pas destiné à renverser ta mère. Tu étais destiné à être cet Ange damné. Lucifer en était un … Tu portes après tout un prénom qui revendique cette affiliation. Comme je suis la fille de la Lune. Il n’y a jamais de hasards dans ce jeu. Le voyage de l’autre côté du miroir ne fait que commencer et même si tu as prévu toutes les parades possibles, le voile entre les illusions et la vérité est infime.

Les rubis que forment la rose et ses pétales presque fragiles se modifient sous la lueur flamboyante des bougies. Une mare de sang se dessine sur la nappe immaculée, comme une vision du futur. Je reprends mes couverts et je continue la dégustation de ce canard rôti à l’orange tandis que le Maître des Illusions s’efforce de tenir tête à un plomb dû à la chasse sauvage de cet animal. Il m’a choisi pour être celle qui mettra fin à ses jours.

- Tu n’as trouvé personne d‘autre pour faire le boulot ? Ha non ! C’est vrai ! Tu m’offres la chance de finir le mien ! La boucle sera ainsi bouclée. Mort de mes mains.

Je porte un autre morceau à mes lèvres et ma fourchette reste en suspens dans mon geste lorsqu’il évoque ma sœur. J’inspire nerveusement et je pose mes couverts. J’ai horreur de le voir s’immiscer dans mon espace privé.

- Comme tu t’en doutes, un chasseur aime les défis, mais c’est à lui que revient le choix des armes et la mise à mort. Tu proposeras le jour de ta mort, je déciderai de l’heure, du moment, des armes et de la façon de mettre un terme à toute cette mascarade. Tu aimes le jeu … Jouons jusqu’au bout. Tu aimes tout prévoir. Le musicien- compositeur par excellence … jusqu’à la dernière note … C’est moi qui apposerait sur ta partition la touche finale. Tu ne découvriras le chef d’œuvre que lors de ton dernier souffle.
Quant à ma sœur … elle était déjà condamnée. Je n’ai fait que reculer le moment, lui donner un peu d’espoir, des souvenirs autres que ceux d’un soldat qu’on entraîne, que l’on bat pour qu’il devienne le meilleur d’entre-deux.


Il se lève de son fauteuil et au pas félins, il contourne le mien et vient se positionner derrière moi. Je redresse mon menton, fière et arrogante, sans détourner ma tête pour le chercher. Si tu veux encore essayer de me toucher, je te promets que tu auras droit à la lame du couteau plantée dans ta chair ! Mais ma raison entre en combat avec mon plaisir, celui de le faire taire, de lui faire implorer mon nom, de le faire hurler sous mes tortures. Ce breuvage avait quelque chose de particulier depuis le début et maintenant j’en suis plus que persuadée.  Je ferme les yeux et je suis le mouvement de sa main, le chemin qu’empruntent ses doigts sur ma peau. La rage qui m’anime fait place à un sentiment tout aussi puissant qui exalte mon cœur et enflamme ma peau qui la délie de sa gangue glaciale.

- Si tu es une menace pour les Anciens, garde-toi de trop te dévoiler. Si tu veux jouer dans la cours des Grands, alors attend-toi aux représailles Scarecrow. Tu es un dingue du contrôle … Eux aussi. Et tôt ou tard, ce contrôle t’échappera comme à eux.

Ses trois vœux qu’il m’énonce ont un gout sulfureux, d’interdit et de danger. Un mélange explosif qui anime encore plus mon corps. Mes sensations m’échappent et je serre les poings au contact de sa main qui, joueuse et impertinente, caresse la courbe ronde de mon sein. Je me demande ce que j’attends pour me redresser, le prendre par la gorge et le renverser sur cette table ?

- Ma sœur, ta mort en ajoutant ce que je t’ai annoncé plus haut.

Je n’émets aucune opinion sur le second vœu. Je perds tous mes moyens. Ma haine, même si je la ressens, se mélange à l’envie de le chevaucher et de le baiser. La chaine se referme autour de mon cou, le fermoir scelle la rose rouge sur ma peau blanche. Son murmure à son oreille me fait reprendre une certaine contenance. Quel est donc ce futur, si ce n’est celui qui se dessine déjà à nos portes ?

- Laisse la tempête descendre sur … Nous. Je te suis. Montre-moi ce qu’aurait pu être Asaria et ce que l’Enfer a prévu pour nous tous.

Je me redresse de mon fauteuil et je pivote lentement sur moi-même au son du tissu et des volants de dentelles de ma robe pour lui faire face. Ma main cherche à tâtons le médaillon qu’il vient de m’offrir et je serre dans ma paume cette rose écarlate.

- Et je déciderai de quelles façons je vais te baiser toute la nuit. On ne peut plus parler de trucider puisque nous venons de conclure un marché sur ton avenir … Mais pour le reste, tu peux oublier tes règles … Il n’y aura plus que les miennes lorsque je te posséderai.



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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Dim 24 Juil - 19:47


Je souris tandis qu'elle se lève et consent enfin à me faire face. Toutes ces paroles qu'elle m'a assenées seront vanité pure dans quelques instants. Je réduis l'espace qui nous sépare et saisis à nouveau son poignet entre mes longs doigts. J'en porte l'intérieur jusqu'à mes lèvres pour y déposer un baiser tout en plongeant mon regard changeant dans le sien. La caresse de mes lèvres sur sa peau tendre se fait morsure. Je prends sa main entre les deux miennes. Un filet de sang coule sur sa paume et descend sur ses doigts. De la pointe de ma langue, je lèche le sang au creux de sa main et suis un chemin invisible qui remonte jusqu'à son index que je happe.  La simple ébauche d'un plaisir primal qui nous enivre déjà et je la sens vaciller. Mon bras s'enroule autour de sa taille et plaque son dos contre mon torse. Je me penche au dessus de son épaule et elle tourne son visage vers moi. Mon regard l'enveloppe tandis qu'elle y ancre le sien. Mara m'avait dit au cours d'une nuit que nous avions partagé dans les Terres Sauvages que mes yeux contenaient la carte inversée de l'univers et qu'elle pourrait s'y perdre. Des points d'azur dans un ciel brûlant. Je plonge dans les abysses sombres de ceux de Sélène et je murmure doucement à son oreille.

- Tu peux fermer les yeux si tu ne te sens pas bien ou te retourner pour ne plus voir, si le spectacle est trop insoutenable ...

Je tends la main, paume ouverte devant nous et l'air se met à trembler, le décor semble fondre sous l'effet d'une chaleur de source indéterminée. Les murs s'effacent, la pénombre s'estompe et une lumière aveuglante nous avale. Je la serre contre moi, protégeant son visage de mes bras. Je la sens qui tente de les repousser puis renonce. L'enveloppe qui nous entoure se déchire et s'étire à n'en plus finir, incandescente, blanche à aveugler. Nous glissons de plus en plus vite et le bruit devient assourdissant, tel le cri d'agonie de milliards d'âmes. Je lutte moi-même pour ne pas perdre conscience, ce qui nous serait fatal. Sélène a agrippé mon bras et je peux sentir ses ongles à travers la manche de mon manteau. Je la sens lutter, s'accrocher pour ne pas sombrer, ne pas s'évanouir. Je resserre l'étau de mes bras pour l'empêcher de se perdre dans le néant. Puis quelque chose opère, comme une sorte de gaine qui nous entoure, une ombre qui nous recouvre et atténue la violence du transfert. Je souris à travers le chaos, pensant identifier l'origine de ce cocon. Enfin, je sens la vitesse décroître et des paysages identifiables se dessinent. J'ai du mal à stabiliser notre entrée dans cette dimension.

- Sélène, si c'est toi qui joue avec les Ombres, tu dois arrêter à présent. Je ne peux pas contrôler notre matérialisation à travers ce .. rideau

Le voile se déchire et je récupère la main sur notre portail de matérialisation. Nous sommes au sommet d'une montagne et la vallée se déroule à nos pieds. De verdoyants alpages dévalent les pentes jusqu'au cours d'une petite rivière. Dans une anse, un village s'épanouit. On peut aisément identifier ce lieu comme le village des Terres Sauvages. J'entraine Sélène de l'autre côté du plateau et un spectacle magnifique s'offre à notre vue. L'océan ... Et sur la plage, des familles en train de profiter des rayons du soleil.

- Il y a des Asariens parmi eux ... Tu remarqueras d'ailleurs qu'ici, le soleil ne te blesse pas ... Moi non plus, mais il ne me blesse plus non plus dans notre dimension d'origine. En revanche toi, tu devrais frire comme une sorcière que tu es. Mais pas ici.

Le vent du large fait voler les cheveux de Sélène et je la sens se raidir contre moi, comme sous l'effet d'un coup.

- Tu sens l'odeur de la mer ? La caresse du soleil et de l'air sur ta peau ? C'est ... presque douloureux, non ?


Je l'entraine au centre du sommet et m'écarte d'elle pour scruter son visage. Un maelstrom de sentiments contradictoires s'y bousculent mais je suis bien incapable de déchiffrer aucun, tant elle semble en proie à un combat intérieur.

- Ça c'est le possible que tu ... qu'on a voulu te faire effacer il y a dix ans ... Ma réalité alternative ...


Je souris en scrutant le ciel libre de tout dôme apparent.

- Je crois qu'on va avoir de l'orage en fin d'après midi ... j'aurais quelques personnes à te montrer, mais il faut me promettre de ne pas trop approcher ni te faire voir... On ne doit pas interférer ...  Alors, de quel côté veux tu commencer ? La plage, ou la lande et plus loin ... La ville ?
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Sélène Warren
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Mer 27 Juil - 18:46


J’aurai dû me méfier de ce Démon à l’apparence d’un Ange, ne pas baisser de trop ma garde. Le défi était lancé. J’avais accepté ses conditions et voici qu’il changeait les règles du jeu. Son baiser au creux de mon poignet, devient la morsure d’un vampire. La douleur n’en est pas une. C’est quelque chose de presque indéfinissable, des préliminaires qui transforment cette marque en un plaisir sauvage, électrique qui se répand dans tout mon corps, jusqu’ entre mes cuisses. Je suis subjuguée par ses lèvres  qui se referment sur ma peau, de sa langue qui suit le chemin de mon sang et de sa bouche autour de mon doigt. Mon cœur s’affole. J’ai grande peine à garder mon calme, à ne pas le plaquer contre le mur ou dans ce lit qu’il a fait apparaitre au début de notre diner, à lui montrer l’effet qu’il a sur moi, de cette onde chaude qui se propage et me rend moite, ouverte à un corps à corps animal. A sa merci, son prénom effleure presque mes lèvres et fort heureusement pour moi, son geste, au moment où il me retourne et me plaque contre son torse, anéantit ma faiblesse. Je cligne des paupières pour reprendre mes esprit et j’essaye de comprendre où il veut en venir en cherchant son regard pour en découvrir davantage, sans résultat probant. L’effet qu’il a sur moi perdure alors que je me maudis d’être aussi faible. Ses yeux sont magnifiques. Ils sont insaisissables.


Je détourne la tête et je fixe un point face à moi. Je ne sais pas ce qu’il va faire, mais il ne me laissera pas le choix de toute façon. Son bras se fait étau autour de ma taille tandis qu’au creux de sa main de libre, se forme les prémices de son pouvoir. Tout tremble, tout change, tout se transforme. J’ai soudain l’impression de suffoquer. Le décor de l’alcôve se déforme et se distant. La lumière tamisée devient aveuglante et entraine une réaction vive de ma part. Je me cache les yeux. La clarté me fait trop mal et même en me protégeant, je distingue la luminosité.  Il s’en rend-compte parce que je devine ses bras qui se déplacent pour m’aider à me protéger. Je n’en veux pas et je tente de le repousser avec cette fierté qui me caractérise. Pourtant je dois admettre que j’ai besoin de lui. Je garde les yeux fermés durant tout ce voyage énigmatique et je m’agrippe à ses bras quand je sens mon corps tomber dans le vide, comme aspiré par le néant qui nous ouvre sa gueule béante. C’est à ce moment-là que je fais l’effort de regarder tout ce qui se passe. Le vide est monstrueux. Ce bruit est assourdissant et je perds la maitrise de mes dons … Du moins je crois … parce que les Ténèbres que je possède ont toujours eu une sorte de vie propre. Elles se déplacent autour de nous, s’étirent lentement jusqu’à former une gangue de protection. Je me sens mieux, plus en sécurité que dans ce vide sans fin. Gabriel a perçu lui aussi ce changement et mon pouvoir freine le sien. Je ne suis même pas certaine de pouvoir retirer ce voile noir. Les Ténèbres tiennent à me garder vivante et doutent des intentions de cet homme qui me fait voyager.  Avec difficulté, j’arrive à percer l’enveloppe d’ébène et à la réduire permettant à l’Épouvantail de reprendre le contrôle.


Le néant devient création.
Le vide devient beauté.
Je me fige.

Je sens le sol sous mes pieds. Mes yeux s’écarquillent pour absorber toute la scène que je découvre et un maelstrom d’émotions se propage en moi. La télépathe que je suis est obligée de se concentrer pour éviter la perturbation de mon pouvoir qui pourrait s’avérer inconfortable pour Gabriel. Je dois freiner ce déferlement d’agitation qui ébranle ma raison.

Cela ne peut être qu’un mirage … C’est impossible de ressentir la douce caresse du vent qui s’engouffre dans mes longs cheveux bruns, de percevoir les effluves iodés de l’océan qui me parviennent. Ce contact chaud sur ma peau que je ne connais pas et que je découvre. Le soleil dans toute sa splendeur ne me brule pas. Je n’éprouve aucune douleur.  Ce type est le Diable et il m’a entrainé sur son terrain. Pourtant mes sens asariens me prouvent que je ne rêve pas.  Je ferme les yeux et je laisse le bruit des vagues et celui des conversations arriver à moi. J’entends tout cela, comme je respire les parfums et les fragrances qui m’entourent. Tout ceci est vrai … trop vrai. J’ai besoin de comprendre et je me dégage de ses bras qui m’entourent et me soutiennent encore. Mais le voyage a été pénible pour mon organisme et le simple fait de bouger me donne la nausée. J’ai la tête qui tourne, mes jambes me lâchent et je me retrouve de nouveau contre son torse.

- Co… Comment peux-tu passer d’une dimension à une autre ?

Cette question n’est pas celle qui tambourine dans mon esprit, mais c’est la seule pour le moment que je conçois à prononcer. Celle qui me perturbe me renvoie à mon passé, il y a dix ans. En éliminant le fils héritier, ce n’est pas qu’une âme qui a disparu, c’est l’avenir … de la cité.

- Ils étaient au courant … Ma voix n’est plus qu’un murmure perdu dans le chant de la brise marine.  Ils étaient tous au courant de ce que ta disparition engendrerait et tout le bouleversement qui allait s’accomplir. Lâche-moi s’il te plait …

Ce n’est pas ordre, juste un souhait. Je ne sais si c’est moi qui me libère ou si c’est lui qui retire ses bras, et lorsque je ne ressens plus aucune pression contre mon corps, je me laisse tomber à genoux dans l’herbe. Mes doigts s’y glissent et jouent avec la nature qui respire et vit près de moi. Les rayons de l’astre baignent ma peau pour la toute première fois de ma vie. C’est si réel. C’est tellement troublant. Je lève la tête à ce qu’il a dit au sujet d’un orage pour la fin de l’après-midi. Il veut me faire visiter cette dimension à la seule condition de rester discrets et de ne pas se mêler à ces gens. Nous ne sommes pas d’ici.

- Je … je ne sais pas … Ce que tu veux … N’importe quoi.

Mon regard qui scrute les cieux se repose aussitôt sur l’étendue bleutée qui scintille sous le soleil. C’est de ça dont j’ai envie.

- L’océan… Je veux commencer par la plage. Scarecrow, est-ce que tu n’aurais pas un autre tour de passe-passe dans ta manche ?

Je me redresse et de mes mains, je nettoie les voiles de ma robe de soirée.

- Quelque chose pour changer de tenue. Des vêtements plus adaptés à cette dimension ?



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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)    Dim 21 Aoû - 21:53

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(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] : Then he rose from among the Dead and they called him the New Builder. (pv Selene Warren my Nemesis)

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